@STEUF76  /  CONTRIBUTEUR

C’est en modifiant légèrement les paroles du titre d’Elton John qu’on peut définir le mieux James Harden en ce début de saison. The Beard est tout simplement irrésistible avec 28.5pts, 12.8 assists, 8.2 rebonds.

Si on ne sort pas d’une longue hibernation, on sait qu’Harden a toujours des stats bien touffues mais on se souvient aussi que l’an passé, Houston a agonisé avant d’être achevé en Playoffs (8ème de conférence, merci Kobe) par Golden State 4-1. Les Rockets sauvant l’honneur à la maison au game 3 grâce aux 35 points d’Harden dont le panier de la gagne avait créé de nombreux Meme, puisque tandis qu’Harden offrait un match supplémentaire à son équipe, le banc restait sans réaction. On y reviendra.

Suite à ce fiasco on a changé des choses au Texas avec les départs de Dwight Howard, initiateur du back to the roots de la période de transfert, mais aussi on a viré le coach J.B. Bickerstaff. On a fait venir Mike D’Antoni pour insuffler son fameux run and gun (système de jeu ultra rapide basé sur la transition et la prise de tir immédiate) qui avait fait les beaux jours des Suns époque Nash-Stoudemire. On a récupéré Nene pour combler la perte de Dwight Howard et surtout on a adopté deux Pelicans malades Eric Gordon et Ryan Anderson. Je dis malade car Gordon sortait d’une saison lourde en blessure mais avec des stats pas vilaines et qu’Anderson était coincé sur le banc. Quand on voit ce qu’ils apportent et leurs statuts chez les Rockets, on peut parler de guérison. On y reviendra aussi.

Pour comprendre un peu mieux pourquoi James Harden cartonne, on va se pencher un peu sur les schémas de base d’attaque que Houston pratique en ce début de saison.

L’un des premiers chantiers de Mike D’Antoni a probablement été de remobiliser ses troupes autour de son talentueux arrière. La réaction du banc sur le shoot de la victoire contre les Warriors a certainement mis en lumière l’un des gros problèmes d’Harden, son manque de leadership naturel, son aura. Bien sur l’équipe aime les joueurs qui marquent beaucoup de points mais elle n’ira pas au feu pour eux. Si vous ne saisissez pas bien la notion de leader naturel (ce qui serait normal) prenez Westbrook, regardez l’énergie communicative qu’il dégage, idem pour un LeBron James. Harden a bien des qualités mais ça il ne l’a pas et je ne pense pas que ce soit simplement dans sa nature et pourtant c’est important quand on veut être un Grand.

Donc comment impliquer l’équipe autour de son leader et comment demander à un leader de l’être quand ce n’est pas dans sa nature ? D’Antoni a tranché, il va placer Harden au centre de son système et le placer comme meneur. Il va aussi demander beaucoup de spacing (écarté le jeu vers l’extérieur pour laisser plus d’espace dans la raquette)  et c’est pour cela qu’il a pris Gordon (+/- 40% à 3pts en carrière mais capable de driver aussi) et Anderson (40% aussi en carrière dont +5% par rapport à l’année dernière) qui est un 4 stretch (pour faire simple) et qui peut jouer en catch and shoot (tir immédiat après réception de la passe) quand Harden sort d’un écran posé par Clint Capela ou en pick and pop (Il vient placer l’écran, Harden part en drive, Ryan se décale légèrement du marquage et reçoit le ballon quand les 2 défenseurs sont embarqués par Harden)

Sans oublier qu’on a toujours Ariza qui est toujours capable d’en mettre un ou deux ou du moins d’attirer un défenseur. Donc l’espace pour bosser et régaler ses copains du parking, Harden l’a. Harden fait des assists, il est content. Anderson, Gordon et Ariza on des shoots ouverts ou presque, ils sont contents.

Il est aussi à noter que pour que cela fonctionne il faut une vista et une vision impeccable sur 1) la défense adverse 2) les spots de tir des copains et ça Harden l’a en lui. Il est capable de partir en drive rapidement et à 2m de l’anneau, avec 3 défenseurs sur lui de décaler un gars sans regarder. De même qu’il est capable de sortir une petite « pocket pass » (petite passe avec rebond entre un ou deux défenseurs) au moment opportun. Il tente beaucoup et ça explique aussi son nombre élevé de turnover (perte de balle). Forcément quand on cherche la belle passe en permanence, on le paye un peu de l’autre côté, la nonchalance finissant de remplir la stat.

 

L’autre axe développé dans l’attaque de Houston fonctionne avec Clint Capela et James Harden. Et c’est à ce moment-ci que vous allez comprendre que défendre Houston est un véritable casse-tête car si vous arrivez à défendre au large sur les shooteurs, vous allez être puni version XXL à l’intérieur.

Concrètement, il y a 3 configurations générales au duo.

  • Clint Capela monte pour jouer un pick and roll classique. Bim écram, Bam James démarre à gauche, Hop Capela le suit, Pouf les deux intérieurs défenseurs montent pour bloquer le drive d’Harden et qui passe à côté d’eux sans se faire checker ? Capela qui attend la petite passe lobée dans sa course pour le alley-oop  BOUMCHAKALAKALA (Bruitage NBA JAM certifié conforme)
  • Clint monte faire son écran, Harden se cache un peu derrière et envoie une mine de derrière le cercle. On a tendance à l’oublier quand il démarre le match par 4 drives et 4 assists mais il a du shoot le pépère ! Alors c’est pas Stephen Curry mais quand même, quand un adversaire a oublié, la mémoire revient vite.
  • Capela se fait un peu oublier baseline (ligne de fond) à droite, quelqu’un d’autre va poser un écran quand c’est pas Harden pas qui met un cross, les 2 intérieurs montent sur lui et qui est dans leur dos en prenant la backdoor ? Ben oui Capela qui reçoit sa petite passe lobée direction écrasage (oui on invente des mots) d’anneau.

Donc Harden fait des assists, il est content et Capela qui avait engrangé 542pts sur toute la saison passée est déjà 111 sur celle-ci, il est content aussi du coup.

 

Aaaaah James Harden le bienfaiteur, le généreux. Ouais…Enfin vous avez un peu vite oublié que le coco, sa qualité première c’est son layup ! Sortie de drive, si ça bouge pas : petit jump shot tranquille à 3m ou un floater et si ça sort couvrir les lignes de passe vers les shooteurs extérieurs, double pas et surtout euro step (double pas avec changements de direction). Sa stature (1m96 pour 99 kg) lui permettent d’encaisser les charges (d’où la préférence pour le Euro step je pense) et donc de rentrer le tir avec la faute et là le cauchemar continue puisqu’il tourne à 83% de réussite aux lancers.

 

Pffff ça fait beaucoup à défendre tout ça et souvent ça fait trop pour les équipes surtout en ce début de saison où les défenses mettent du temps à trouver leurs marques (Ce qui explique les scores fleuves et les grosses moyennes de points par match de certains). N’empêche que ça fait beaucoup et que les mauvaises langues diront qu’au fur et à mesure de la saison les équipes vont trouver la parade. C’est sans doute vrai mais n’oublions pas que leur coach n’est pas un novice en la matière et qu’on peut déjà se réjouir de voir quels seront les ajustements nécessaires, si besoin il y a, pour emmener les Rockets dans le firmament de la NBA.

 

« Bon ben alors coach on fait quoi on reste chez nous aujourd’hui ? »  Alors quelles solutions existent pour bloquer cette équipe de Houston ?

  • Jouer leur jeu et gagner : Ca peut paraitre con comme ça mais c’est vrai. Si vous avez une force de frappe offensive équivalente autant s’adonner à un petit concours de qui a la plus longue. C’est ce que les Cavaliers ont réussi à faire en ne se crevant pas en défense pour mieux cracher le feu en attaque. Résultat 120-128 pour les Cavs malgré un Harden a 41pts. La victoire des Lakers peut également rentrer dans cette catégorie même si on était en opening night.
  • Asphyxier Harden : Ca parait tout aussi simple mais il vous faut un gars prêt à donner ses poumons et ses jambes à la cause avec de temps en temps une prise à deux pour être sur que The Beard n’en touche pas une. C’est ce qu’OKC et plus particulièrement Andre Roberson ont réussi en tenant Harden à 13pts et surtout en réduisant ses prises de tirs. Résultat 103-105 pour OKC
  • Pour le reste, il faudra compter sur des jours de moins bien de Gordon (défaite 97-112 contre Atlanta) ou Anderson (Défaite 100-106 contre les Spurs par exemple)

Si jamais vous avez fait des schémas obscurs dans votre tête pour empêcher Harden and co de gagner en se promenant, n’hésitez à nous en faire part sur Twitter via le compte @QiBasket on transmettra à qui de droit.

Comme je l’ai dit plus haut il sera intéressant de suivre les Rockets de près cette année pour savoir s’ils sont capables de tenir la cadence, si les équipes vont trouver la solution et si oui comment réagira Houston, si les anciens Pelicans tiendront la saison à ce rythme, si le retour de Patrick Beverley ne va pas chambouler un peu ça et si les Rockets peuvent aller chatouiller le top de l’Ouest et plus si affinités.

 

Sur ce je vous laisse cogiter sur l’attaque des Rockets… bonne chance !