@STEUF76  /  CONTRIBUTEUR

Après un détournement d’Elton John je passe sur du Prodigy pour introduire mon nouvel article qui va porter sur…les stats.

C’est vrai qu’on vit dans un monde où les résultats priment sur tout le reste y compris la manière. Sans vouloir remettre en question notre époque contemporaine, on va se pencher d’un peu plus près sur le côté sportif et puisque vous avez la brillante idée de venir faire un tour sur qibasket, sur la NBA.

Dans cet article on va voir que les stats sont loin de traduire toute la réalité d’un match et nous ferons marcher notre loupe de l’élément le plus large : Une saison NBA (voire une carrière complète) vers l’élément le plus petit : Une phase de jeu en passant par une série en playoff et un match. Le tout via 4 joueurs différent mais avec un point commun, un titre au bout du chemin.

On finira l’article avec des stats majeures (Qui se trouveraient aux côtés des célèbres points, assists, rebonds,…) qui devraient être créées et/ou modifiées.

Voilà j’espère que le programme vous plait si oui rangez vos calculatrices parce qu’aujourd’hui on va parler vrai basket.

Le premier joueur qui nous servira d’exemple n’a jamais dépassé les 10 points de moyenne par saison en carrière, n’affiche qu’à peine 1.3 assist en carrière et 9.6 rebonds. Donc à priori niveau stat, c’est le genre de gars qui passe inaperçu et pourtant notre homme a été 4 fois meilleur défenseur de l’année (Ce qui n’est pas rien quand on sait que le seul autre à avoir réussi ça est Dikembe Mutombo) Il est aussi le seul à être parvenu à freiner le Shaq qui est surement ce qui se faisait de mieux en terme de pivot dans les années 2000. Certains l’auront reconnu il s’agit de Ben « Big Ben » Wallace.

Sur la saison 2003-2004, où il laissera filer le trophée de meilleur défenseur de l’année à Ron Artest des Pacers, il aura une empreinte sur toute la saison des Pistons avec une défense de fer. Ses stats seront très correct mais il va surtout se révéler être un épouvantail de peinture dissuadant tout ceux qui s’y aventurent à y revenir en multipliant les contres et les rebonds au point de dominer le Shaq en finale NBA perdue par les Lakers 4-1…Oui oui on parle pas de game 7 ou même 6, on frôle le sweep pur et simple alors que les Lakers venait d’en remporter 3 de suite en 2000-2001-2002 et quand on connait l’importance du Shaq dans les titres des Lakers, la performance est encore plus belle. C’est comme si les Bulls avait fini par perdre après les 3 titres (avec MJ qui ne part pas à la retraite évidemment) Au-delà de ces finales, il y a aussi la série contre les Nets à New Jersey en ce temps-là.  Detroit se fait remonter et dépasser à 3-2 match 6 chez les Nets mais ce soir là, Ben a dit ça suffit les conneries et va leur faire une misère défensive totale ponctuée de 20 rebonds captés.

Si on se souvient de Ben Wallace aujourd’hui c’est surtout pour ce physique imposant, dominateur et effrayant des raquettes de NBA. Pas de besoin de stat pour faire trembler les genoux des adversaires, de voir sa coupe afro, ils tressaillent d’avance.

Second joueur et on commence avec une question : Quel est le point commun entre commencer sa carrière en Pro B, 3 titres NBA, son maillot retiré chez les Spurs, une carrière qui tourne en 6pts/1.3 assists et 2.8 rebonds et avoir cadenassé Lebron en final NBA ? La réponse c’est Bruce Bowen.

En effet après avoir vu Ben Wallace sur une saison/carrière, on peut regarder cette série des Finals entre les Spurs et les Cavs en 2007 où Lebron sort d’une saison avec 27pts de moyenne à 47% de réussite pour finir en finale avec 22pts pour 35%…

Alors bien sur ce sont les 1ères finales pour James, en finale les défenses se resserrent mais il reste le pourcentage qui plonge de 12% ce qui est énorme, ce qui signifie que vous avez quelqu’un qui vous colle et vous empêche de prendre vos shoots ou de faire jouer vos partenaires et c’est exactement ce que Bruce Bowen a fait. Si vous êtes curieux, taper sur youtube Bruce Bowen Lebron James game 4 2007 et vous allez voir LeBron tenter de s’extirper du piège Bowen tout au long de la vidéo et je vous parle pas de tir légèrement raté, on parle ici de jet de brique en mode manifestant contre CRS.

Bref voilà encore un joueur qui ne parlera pas au tout venant et qui pourtant sans briller par les stats a su changer le cours de l’histoire en grande partie grâce à cette série. Car si LeBron avait pris feu… Le meix c’est que vous demandiez à un fan de Détroit il vous expliquera mieux que moi.

Je vous sens derrière votre écran en train de vous dire « OK, c’est encore des vieux gars qu’on connaît pas » OK OK on va revenir sur les Finales de 2016 pour terminer avec 2 Cavs : JR Smith et Kevin Love

Je vous avais dit qu’on allait zoomer de plus en plus et on en est donc sur le gars qui a pas des stats de ouf mais qui va changer le cours d’un match et la particularité de JR Smith dans le game 7 c’est qu’il va le faire 2 fois.

Sur ce match JR ne va mettre que 12 points. C’est honorable pour son statut au sein des Cavs mais l’important c’est quand il va les mettre.

A la mi-temps le score est de 49-42 pour les Warriors. +7, match 7 à la maison, on est en scénario idéal pour aller chercher le back to back MAIS en début de seconde période, JR va s’embraser et coller 8 points et surtout 2 3pts (ces 2 seuls du match) en moins de 3 min dans la musette de Golden State. Résultat, les Cavs sont à moins 2 dans la finale de la finale qui est relancée.

Mais c’est pas tout ! Un JR peut en cacher un autre.

Il reste moins de deux minutes à jouer et le duo Curry-Iguodala part en contre attaque pour égaliser, dans son dos un aigle de 2.03m et 113kg est entrain de fondre sur lui pour écraser la balle contre la planche pour créer The block mais il risque d’arriver trop tard ou trop court. Sur la route d’Igui, MVP des Finals 2015 (beau clin d’œil du destin) se dresse JR . Smith ne va pas se jeter sur le MVP unanime de la saison, il va prendre la meilleure décision défensive de sa carrière, il va se placer à égal distance entre Curry et Iguodala pour faire douter Curry (qui est déjà bien engagé sur la voie du doute dans ce game 7) Stephen joue la facilité au lieu d’assumer son rôle quitte à aller chercher la faute ou le and one et passe la balle, JR se retourne et aperçoit (peut-être) LeBron revenir à toute allure, il sait donc qu’il doit compliquer la tâche et éviter un panier facile, il conteste le layup juste assez pour forcer Andre a faire une petit mouvement parasite mais pas assez pour faire faute. Cette petite seconde grattée par JR Smith va permettre à James d’arriver à faire un chasedown block devenu célèbre par la suite mais comme l’a avoué Iguodala par la suite, le véritable artisan de ce move défensif c’est JR, il va d’ailleurs récupérer le ballon après le contre et relancer la machine des Cavs qui file vers son 1er titre même s’il reste encore un obstacle qu’un autre Cavs va leur permettre de franchir.

Pour finir sur Gérard (comme on dit chez Trashtalk) au différentiel +/- des points de son équipe il terminera ce game à +9, LeBron +4 comme quoi…

Dernier exemple pour ce papier sur les stats : Kevin Love et là ça ne rigole plus puisqu’à l’Oracle Arena il reste moins d’une minute à jouer et Kyrie vient de mettre un gros 3pt sur la tête de Stephen Curry, qui deviendra The shot. Golden state remet son avenir entre les mains de sa meilleure gâchette de la saison et il remonte le ballon tranquillement avec 3 points de retard. A 45 secondes de la sirène, Draymond Green vient poser un écran sur la droite de l’arc pour permettre à Curry de se défaire du marquage d’Irving et de repiquer vers le centre pour pouvoir prendre son 3pt face à l’anneau mais Kevin Love anticipe bien la sortie d’écran et saute dans les pieds de Curry et là Kevin Love défend comme jamais. Latéralement et verticalement, il force Curry à tenter une passe sur Green, la meilleure gachette de la soirée à 35sec de la fin mais celui-ci lui renvoie la patate qui passe de chaude à bouillante. Kevin Love reprend sa lambada défensive de plus belle. Curry donne tout, step back, crossover, mais Love tient et force Baby Face à prendre un tir compliqué qu’il va rater. Lebron arrache le ballon dans les airs et relance Kyrie Irving, … vous connaissez la suite, cette fois-ci la malédiction est levée et c’est tout l’Ohio qui pleure de joie ses champions.

Durant ces finales et même match, Kevin Love n’a pas brillé, et ces 9 points dans le game 7 n’arrangeront pas son cas mais cette pugnacité défensive sur cette action a empêché Golden State d’égaliser et peut-être changer le destin des Cavs et par la même celui de LeBron aussi. Pourtant cette défense n’apparait sur aucune ligne de stat mais au différentiel de points Love finit en tête des Cavs avec +19. Sa présence aura par conséquent changé la donne sans que ce soit lisible sur une ligne de chiffres.

Dans le stats invisibles, il y a les écrans qui permettent aux scoreurs de prendre des shoots faciles. Les assists qui n’en sont pas parce que le joueur qui reçoit la balle fait 3 dribbles qui ne servent à rien avant de marquer. Les pourcentages de réussite aux tirs qui sont tronqués par les gars qui ne savent que dunker (Coucou DeAndre, Andre, Hassan,…) et pour lesquels on devrait séparer les tirs des dunks histoire d’avoir une stat qui ressemble à quelque chose. Bref tous ces chiffres sont à retravailler et il serait bon que la NBA se penche là-dessus et fasse une petite mise à jour.

Alors à quoi servent les stats ? Sans doute à laisser une trace visible. A l’époque il n’y avait pas internet et Youtube pour revoir des highlights de joueur et il a bien fallu trouver une solution pour les meilleurs. Les journalistes et analystes aussi se servent des stats pour prédire la tournure d’un match. Les fans se régalent de voir un des leurs rentrer un triple double ou faire une grosse saison au scoring mais elles ne rendent pas hommage aux soldats de l’ombre qui par moment passent dans un rayon de lumière plus ou moins large. C’est à nous, fans de basket qu’il advient de continuer à raconter ces histoires pour que la jeunesse, qui ne jure que par le spectaculaire, pour leur faire comprendre que chacun peut avoir son rôle à jouer dans un titre. Même si tu ne dépasses jamais les 10pts en carrière. Même si tu commences en Pro B. Même si tu ne mets que 2 3pts en tant que shooter. Même si tout le monde dit que tu ne sais pas défendre.