Tanguy Rom Clav /  CONTRIBUTEUR QIBASKET

Troisième volet de notre Draft Report, consacré au probable first pick de la draft 2017, le jeune Markelle Futlz. Après avoir étudié le jeu de Dennis Smith Jr et Franck Ntilikina, nous restons dans la même lignée, celle du poste de meneur. Cependant, Fultz correspond plus à un profil de combo guard, pouvant évoluer sur les deux postes arrière qu’à un meneur pur. Bien qu’il ne soit pas qualifié pour la March Madness 2017, Fultz n’a pas trop de soucis à se faire, il devrait être en NBA l’an prochain et devrait devenir le deuxième first pick de l’histoire à ne pas avoir participer à la MM après Ben Simmons l’an passé. A l’instar de Dennis Smith, Fultz a décidé, en début d’année, de rejoindre une fac moins huppée, celle de Washington avec leur équipe des Huskies, pour sa seule et unique saison en NCAA.

Tout d’abord, Markelle Fultz possède des capacités physiques impressionnantes. Sa grande taille (193cm) et sa grande envergure font de lui un combo guard, capable potentiellement d’évoluer sur les postes 1 et 2 dans la grande ligue.

Attaque :

En premier lieu, le jeune meneur de D.C est un joueur très complet offensivement, autrement dit, il est capable de marquer d’à peu près partout sur le terrain. La première chose que l’on remarque dans le jeu de Fultz, c’est son incroyable explosivité. Ce guard bondissant peut faire la différence grâce à son premier pas et son bon touché de balle, et finir près du cercle après avoir pénétré dans la raquette. Ajoutez à cela, des changements de direction très efficaces, tout cela fait de lui un excellent « slasher ». Toutefois, il reste encore un peu frileux pour attaquer le cercle. Effectivement, il se rend très peu sur la ligne des lancer-francs et shoote seulement à 64% sur la ligne des 4m80.

De plus, il est capable de se créer son propre tir. En effet, sur de nombreuses séquences, il réussit à se créer de l’espace pour son jumpshot suite à un très bon stepback, rappelant ceux de James Harden (à qui il est souvent comparé) ou de DeMar DeRozan.

Sur le jeu en catch & shoot, Fultz s’est avéré être un shooter correct à 3 pts mais encore capable de s’améliorer (41,7% à 3pts). Cependant, bien que sa mécanique soit bonne, elle manque encore de fluidité. En situation de catch & shoot, il a parfois tendance à relâcher le ballon trop tard, on peut aussi observer qu’il a de mauvais appuis sur certaines séquences. De plus, certes, il réussit très bien à attaquer le cercle après réception du ballon utilisant des moves impressionnants pour son âge. Néanmoins, il ne choisit pas forcément toujours la bonne option. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’il préfère attaquer le cercle ou prendre de longs deux points alors qu’il est ouvert à trois points.

En outre, étant donné sa grande taille et son bon handle, Fultz représente une réelle menace sur PnR. En effet, sa taille lui permet de shooter ou de faire la passe au-dessus de son vis-à-vis. Son handle naturel lui permet d’être très performant sur PnR, par conséquent, il peut se sortir de situations très compliquées en éliminant son défenseur attitré uniquement au moyen de son dribble. De surcroît, le jeune meneur des Huskies a acquis une bonne vision de jeu en sortie de PnR pour trouver la bonne passe à réaliser et offrir des caviars à ses coéquipiers démarqués.

Qui plus est, il a montré de belles promesses en terme de lucidité offensive, il ne fonce pas tête baissée bien qu’à certains moments il shoote trop tôt en début de possession. Fultz a également su mettre en avant ses qualités de playmakers cette année. Son sens de la passe lui permettant de distribuer le jeu efficacement (il effectue en moyenne 6 assists par match).

Quant à son jeu sur transition, il est doté d’un contrôle du corps très intéressant pour son âge et d’un jeu up tempo de qualité. Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il mènera des contre-attaques éclairs en NBA. Par contre, il s’enflamme parfois, balançant de longues passes hasardeuses ou des no-look passes pas forcément nécessaires. Cela représente une petite ombre au tableau, provoquant des pertes de balles évitables comme lorsqu’il s’oublie dans ses innombrables dribbles.

Défense :

Défensivement, ce jeune guard originaire du Maryland possède un sacré potentiel. Le plus intéressant correspond à sa très bonne lucidité défensive, il a, cet instinct d’intercepteur, capable de couper intelligemment les lignes de passe (environ 1,6 interceptions par match). Notamment, grâce à sa grande envergure, ses très grandes mains ainsi que d’excellentes rotations défensives. Lors de son année NCAA, il s’est révélé être un défenseur très correct sur PnR et un défenseur très solide sur l’homme quand il fut motivé (ce n’est pas pour rien qu’on le compare à un certain James Harden…). De plus, il s’illustre souvent par sa capacité à bloquer les shoots et à se placer de la bonne manière pour gober le maximum de rebonds (5,9 rebonds par match).

Néanmoins, comme nous l’avons déjà noté, il n’est pas rare que Fultz fasse preuve d’un manque de concentration en défense. Premièrement, en défense sur l’homme, il a tendance à être là sans être là. En effet, sur certaines séquences il ne propose aucune réelle pression, prenant une position les bras le long du corps basée sur des appuis pas toujours très bons. Quant à la défense loin du ballon, il laisse parfois de grands trous d’air. Effectivement, il est fréquent qu’il lâche son vis-à-vis du regard, se faisant absorber par le ballon. En plus de cela, il propose parfois des aides défensives pas toujours utiles, voire totalement inutiles. Dans de nombreux cas, pour effectuer ces dernières, il laisse son vis-à-vis ouvert dans le corner qui ne se prive pas pour le punir à trois points.

Au petit jeu des comparaisons, Markelle Fultz pourrait devenir un mix entre James Harden et Russell Westbrook dans le meilleur des cas. En effet, il possède les qualités athlétiques de Westbrook lui permettant d’attaquer le cercle avec beaucoup d’agressivité. Quant à « The Beard », Fultz a montré des similitudes au niveau de son intelligence de jeu ainsi que son jumpshot. Outre cela, c’est de l’autre coté du terrain qu’on observe également une ressemblance. Fultz pourrait devenir un défenseur d’élite mais il manque, tout comme Harden, parfois de concentration et de motivation surtout.

Seulement dans une optique plus réaliste, le profil de Fultz peut nous faire penser à un de ses jeunes ainés sur le poste de meneur, D’Angelo Russell. Les deux étant capables de jouer avec et sans ballon et pouvant faire des cartons au scoring. A l’instar de ce dernier, le meneur des Huskies pourrait éprouver certaines difficultés à mettre en exergue ces qualités de playmakers lors de ces premières années dans la grande ligue.

Markelle Fultz n’a donc pas trop de soucis à se faire, il devrait être sélectionné en première position. Tous les scouts sont d’accord sur un point, Fultz devrait être le fit parfait pour n’importe quelle équipe qui le draftera. Le fait qu’il n’ait aucune réelles lacunes dans son jeu et qu’il puisse évoluer en tant que meneur et en tant qu’arrière, font de lui un joueur ultra polyvalent pouvant répondre à différents rôles en NBA.

Equipes susceptibles de le sélectionner : Boston Celtics, Phoenix Suns, Los Angeles Lakers, Orlando Magic, Philadelphia Sixers.

Ligne statistique 2016/2017 : 

GP Min Pts FG% 3P% FT% Reb Ast Stls Blks Tos
24 35,9 23,3 48% 42% 65% 5,9 6 1,6 1,2 3,2