ROOKIE WALL / CONTRIBUTEUR QI BASKET

Cette nuit, c’était le début du troisième acte des séries du 1er tour. Trois rencontres étaient au programme, et pas des moindres: Indiana recevait Cleveland pour essayer de revenir dans la série, Toronto voyageait à Milwaukee pour récupérer l’avantage du terrain et San Antonio posait ses valises à Memphis pour en finir, au plus vite, avec les Grizzlies. Autant vous l’annoncer de suite, la soirée à été folle. Focus sur les premiers Game 3 de ces Playoffs 2017 !



Indiana PacersCleveland Cavaliers : 114 – 119 (0 – 3)

Impardonnables, les Pacers. Tout simplement im-par-don-na-bles. Quand tu es mené 2 – 0 dans la série, après deux défaites frustrantes où tu n’es pas loin de l’emporter, quand tu arrives remonté à bloc dans un Game 3 chez toi, quand tu fais une première mi-temps quasiment parfaite pour maintenir Cleveland en dessous de la barre des 50 points à la mi-temps, et surtout quand tu mènes de 25 points à la pause, tu ne peux pas te permettre de laisser le match filer sous ton nez. Certes, on pourra reprocher un arbitrage bizarre, mais ça ne peut pas excuser la faute professionnelle d’Indiana. Les Pacers auront de quoi s’en mordre les doigts, dans ce Game 3 décisif pour la suite de la série. L’objectif? Revenir dans la série et empêcher Cleveland de prendre une option sur un éventuel sweep (4 – 0 dans une série). Tout avait pourtant bien commencé, les Pacers sont dans le match et tout le monde est impliqué: Myles Turner trouve, enfin, son rythme, Jeff Teague marque à 3 points, Thaddeus Young est présent des deux côtés du terrain… finalement, seul Paul George ne rentre pas dans son match, trop maladroit au tir, se concentrant donc à faire participer les copains avec des assists. En face, LeBron est présent, mais pas Kevin Love, ni Kyrie Irving. Tristan Thompson récupère, certes, quatre rebonds offensifs dés le premier quart, mais les Cavs sont trop maladroits offensivement et trop fébriles défensivement pour inquiéter les locaux. Kevin Séraphin fait une entrée parfaite en fin de premier quart, apportant neuf points et permettant aux Pacers de faire le premier écart du match: 37-27. Le second quart ne sera guère mieux pour les Cavaliers avec un Paul George qui se réveille: 21 points en 12 minutes, des rebonds et des passes à foison et un écart qui s’accentue. Cleveland est méconnaissable, pire, ils se buttent à Myles Turner qui fait une très bonne première mi-temps, et à Lance Stephenson qui possède un plus/minus affolant. Actif offensivement, à l’image de ce monstrueux dunk sur Tristan Thompson, mais aussi défensivement en contrant LeBron James, le pivot sophomore d’Indiana réponds aux attentes de son franchise player et contribue à l’énorme quart-temps des Pacers: 37-22 sur le quart, et 74-49 (!) à la pause pour les locaux, soit 25 points d’avance. On se dit qu’Indianapolis a assommé d’entrée des Cavaliers trop maladroit, à l’image de Kevin Love (13 points à 4/12 au tir) et de Kyrie Irving (13 points à 4/17). Cependant, il y a un homme qui n’est pas du tout d’accord avec ce scénario, enfin un homme… un cyborg plutôt. Au retour des vestiaires, Cleveland réagit et inflige directement un 13-3 pour revenir dans le match. Stephenson et Jeff Teague ont beau redonner un large avantage aux Pacers, mais rien n’y fait: LeBron James et ses Cavs sont en mission et ne veulent pas laisser ce match filer entre leurs pattes. Paul George est fantomatique (0 point dans le troisième quart) et l’arrivée de Deron Williams sur le terrain permet de fluidifier l’attaque des Cavaliers. Tyronn Lue fait un choix drastique qui s’avéra payant: pas besoin de Kyrie Irving, pas besoin de Kevin Love, mais Deron Williams et Channing Frye joueront l’ultime quart, dans un jeu en small ball et ça suffira pour faire plier la défense des Pacers qui explosera dans le quatrième quart-temps. Korver et Frye permettent de revenir à trois points de l’équipe de Nate McMillan, puis LeBron commence son show: que ce soit en drive, derrière la ligne à trois points, en contre attaque, en martyrisant Monta Ellis… Le King est partout et bien décidé à repartir avec la victoire en poche. Au final, c’est 28 points, 7 passes et 6 rebonds uniquement en seconde mi-temps pour le natif d’Akron, dans un match où il sera en triple-double : 41 points, 13 rebonds, 12 passes à 14/27 au tir. Un match de mammouth pour un come-back historique. Les Pacers n’inscriront que 40 points en seconde mi-temps, bien loin des 74 points inscrits dans la première partie du match. Les 36 points, 15 rebonds et 9 passes de Paul George ne suffiront pas, les Pacers échouent à nouveau dans leur quête de victoire dans cette série, face à un LeBron James qui prouve, à nouveau, qu’il est bien le meilleur joueur du monde. Ce dernier en profitera d’ailleurs pour progresser dans l’histoire des Playoffs en NBA: il est désormais le troisième joueur ayant marqué le plus de points en post-season derrière Michael Jordan et Kareem Abdul-Jabbar avec 5669 points, dépassant Kobe Bryant au classement ; le quatrième joueur ayant inscrit le plus de tirs primés de l’histoire des Playoffs, dépassant à nouveau la néo-retraité des Lakers avec 295 tirs à 3 points ; mais aussi il signe sa vingtième victoire de suite en 1er tour de Playoffs, le bougre n’ayant plus perdu à ce stade de la compétition depuis 2012 face aux Knicks. On pouvait pas rêver mieux comme soirée pour LeBron James. Prochain match contre les Pacers ce dimanche pour le Game 4, peut-être déjà le dernier match de la série…



Milwaukee BucksToronto Raptors : 104 – 77 (2 – 1)

Tant qu’on en est dans les équipes qui abusent, parlons des Toronto Raptors. Le carton rouge est de sortie pour l’équipe de Dwane Casey tant la prestation collective des Dinos fut médiocre. Tu n’as plus l’avantage du terrain, face à une équipe qui te saute à la gorge à chaque rencontre et tu perds de 27 points avec le sentiment que le score ne reflète pas assez bien la raclée que tu t’es prise cette nuit? C’est moche, très moche. Parce que soyons clair, il est possible de résumer ce match en une phrase: Milwaukee a étouffer des Raptors qui n’ont jamais existé, relégué à 30 points de retard sur ses adversaires pendant la totalité de la rencontre. Pourtant Toronto a toute les qualités requises pour lutter et dominer cette série, mais hier soir fut un non-match. Trois chiffres pour illustre cela: 12 – 18 – 16. Non, ce n’est pas la ligne statistique de Giannis Antetokounmpo, mais bel et bien le nombre de points que Toronto a inscrit sur les trois premiers quart-temps, étant réduit à ne scorer que 46 petits points à l’entame du dernier quart-temps. Une raclée vous dit-je. Qu’est-ce qui explique cela? Tout d’abord, du début à la fin, les Raptors ont été pris à la gorge par une très grosse défense de Milwaukee, excellemment mise en place. Offensivement, ces Bucks impressionnent: Middleton met 6 points en 11 minutes dans le premier quart, Thon Maker résiste à Serbe Ibaka et marque sur lui, tout le monde est investit en attaque, que ce soit Giannis, Dellavedova, Monroe ou encore Beasley, qui inscrit un tir primé extrêmement chanceux pour donner un avantage de 20 points au terme du premier quart-temps (32 – 12). En face, l’adresse fait cruellement défaut face à une défense très rugueuse, personne n’arrive à amener du scoring et c’est en toute logique que l’écart ne fera que grandir, jusqu’à arriver à la trentaine de points dés le second quart-temps, sur un hook shot de Greg Monroe. Probablement perturbé par la musique mise par le Bradley Center lors de la présentation des Raptors (le générique du dessin animé pour enfant « Barney et ses amis » dont le personnage principal est un dinosaure plutôt soft…), aucun joueur de Toronto est adroit: Kyle Lowry ne marque que 13 points à 4/10, Valanciunas cumule à 11 points à 3/9 et surtout DeMar DeRozan ne rentrera aucun shoot, à 0/8 au tir pour 8 petits points. Le reste de la rencontre se passe de commentaire, l’écart étant maintenu à 30 points environ. Les Raptors marqueront tout de même 31 points dans le dernier quart, mais bien trop tard, Milwaukee étant bien trop loin pour être rattrapé. Retenons tout de même que Giannis a inventé un nouveau genre de contre, le block avec le coude, parce qu’avec la main c’est trop facile. Bref, match à oublié pour Toronto qui devra se reprendre dés le Game 4 ce samedi soir pour ne pas se retrouver dos au mur, et surtout pour récupérer l’avantage du terrain. Ça passera par une équipe plus adroite, avec un DeMar DeRozan qui devra hausser son niveau de jeu, et pas qu’un peu.



Memphis GrizzliesSan Antonio Spurs : 105 – 94 (1 – 2)

Dave Fitzdale a été entendu après son coup de gueule à la suite du Game 2. Tout d’abord, le FedEx Forum reserva une standing ovation pour le coach des Grizzlies, une salle à 100% derrière son coach, mais c’est surtout sur le parquet que la réponse est arrivée puisque Memphis a pu battre San Antonio afin de se relancer dans la série. Si le début de match commence mal pour les oursons, ils se reprennent très vite grâce à James Ennis III et Marc Gasol. Les Spurs agressent néanmoins les Grizzlies, notamment au rebond (11-4 aux rebonds pour entamer ce match). Le premier quart-temps reste très serré au scoring, 21 partout à la fin du premier quart, marqué notamment par un énorme dunk de Kawhi Leonard sur Vince Carter. Le deuxième quart-temps sera à l’avantage d’un Memphis plus dominateur dans la raquette avec Marc Gasol ou encore Zach Randolph, en feu sur cette première partie de match (13 points à ce moment là). En parlant d’un joueur sortant du banc, de l’autre côté, Patty Mills assure 8 points lors de ses entrées en jeu, mais c’est bien Memphis qui mène au score à la pause (50 – 46). Le premier gros écart du match, c’est les Grizzlies qui l’auront avec un très bon début de seconde mi-temps: Zach Randolph avec un hook puis un and-one, ainsi que Marc Gasol sur un tir primé, donnent un avantage de 12 points. La franchise du Tennessee tiendront cette avantage dans ce quart-temps, résistant aux tirs réussis par Patty Mills et Kyle Anderson, répondant coup sur coup par le biais de leur Big Three, Marc Gasol, Mike Conley et Zach Randolph. Le meneur, d’ailleurs, fait la totale dans ce quart-temps, que ce soit à la passe ou à la finition, le riche meneur est présent et assure un avantage de 18 points pour Memphis à l’entame de l’ultime quart-temps, et ne seront plus jamais rattrapé. Les joueurs du Grit and Grind assurent en ce quatrième quart-temps et Pop’ renvoie ces joueurs sur le banc, laissant la victoire à un Memphis meilleur sur ce match. Aucun joueur des Spurs ne scorera plus de 18 points (Kawhi), reléguant même Tony Parker et Manu Ginobili à 0 points. En face, Mike Conley aura joué juste, magistralement, avec 24 points, 8 passes à 7/13 au tir ainsi que 8/8 aux lancers. À ses côtés, Zach Randolph cumule à 21 points et 8 rebonds et Marc Gasol 21 points, lui aussi, et 6 rebonds, le Big Three du Tennessee assurant une grande majorité des points de l’effectif de Dave Fitzdale. Ainsi, les Grizzlies reviennent à 2 – 1 dans la série, avec l’opportunité de revenir à égalité dans la nuit de samedi à dimanche. Cependant, il faut compter sur Gregg Popovich pour réajuster son effectif pour ce match, histoire de reprendre un avantage plus conséquent avant de revenir à la maison.



Une soirée incroyable, encore une fois, dans ces Playoffs NBA avec le come-back historique de Cleveland, la victoire de Memphis et la barbecue de dinosaure à Milwaukee. Cette nuit, trois rencontres à nouveau au programme. Les Celtics affrontent les Bulls à l’United Center et doivent impérativement faire un résultat pour ne pas être dos au mur (01h00 du matin, heure française), James Harden et sa bande vont à la Chesapeake Arena d’Oklahoma City dans un match qui s’annonce bouillant (03h30), puis, pour finir, les Clippers vont au pays des mormons pour faire face à Gordon Hayward et ses copains, Utah étant toujours handicapé de l’absence de Rudy Gobert… La soirée est à manquer sous aucun prétexte, donc on branche son réveil pour 01h00 du matin, pour les plus courageux on ne dort pas car, dés ce soir, des séries peuvent basculer.