ROOKIE WALL / CONTRIBUTEUR QI BASKET

Il ne fallait pas être cardiaque pour suivre les matchs de la nuit dernière, surtout si vous venez de Toronto. Deux matchs au programme et beaucoup de suspense ! Milwaukee et Memphis avaient le même objectif: gagner à la maison pour gratter un Game 7, respectivement face à Toronto et San Antonio. Y sont-ils parvenues? Voici le résumé de la nuit du 27 avril !



Game 6 – Milwaukee BucksToronto Raptors : 89 – 92 (2 – 4)

 

Que ce fut poussif pour Toronto. J’avais écrit qu’on avait vu tous les visages de Toronto sur cette série, mais on avait, finalement, pas encore vu celui des Raptors qui se mettent en danger tout seul, et c’était le cas hier dans un match au scénario incroyable et au suspense intenable que Toronto a finalement gagné sur le score de 89 à 92 sur le parquet du Bradley Center. Sur ses terres, Giannis a bien fait comprendre aux Dinos qu’ils n’allaient pas passer une agréable soirée, en inscrivant les huit premiers points de la rencontre de son équipe en deux minutes, donnant ainsi un premier avantage (8-2). Les Bucks bousculent Toronto en ce début de match: Thon Maker contre Norman Powell, puis DeMar DeRozan, provoquent deux fautes d’entrée de jeu pour Serge Ibaka, cherchent à empêcher les Raptors d’imposer leur jeu… Bref, Milwaukee est focus dans son match et on en attendait pas moins. Ainsi, l’équipe de Jason Kidd culmine à 7/9 au tir et avec un Giannis Antetokounmpo avec déjà 14 points, mais les Raptors veulent terminer la série sous l’impulsion d’un DeMar DeRozan offensif avec 10 points dans ce même quart, permettant à son équipe de reprendre l’avantage (24-28). Les Bucks subissent un gros coup dur à ce moment là du match: on remarque les limites offensives de l’équipe, la défense des Raptors se veut oppressante, ces derniers perturbent les Bucks par son jeu de passe… Milwaukee est à la ramasse offensivement et n’arrive quasiment plus à marquer, si ce n’est sur quelques inspirations comme cette passe de Thon Maker en backdoor pour un Giannis Antetokounmpo, parti pour dunker. À part cela, les Raptors dominent et prend un gros avantage, empêchant Milwaukee de marquer plus de quatorze point sur ce quart-temps. Le banc des Raptors fait mal, apportant 19 points contre 6 pour les daims, et l’écart grandit encore et toujours plus. À la pause, Milwaukee est mené de treize points (38-51). Au retour des vestiaires, le pugilat continue avec des Raptors qui continuent à augmenter leur avance au score, grâce à Kyle Lowry, discret jusque là, qui inscrit à trois points et provoque des passages en force. Comme dans le second quart-temps, Toronto presse défensivement et empêche les Bucks d’inscrire le moindre panier, Antetokounmpo étant trop esseulé pour lutter. L’écart grandira à 25 points d’avance pour Toronto sur un tir à trois point de DeMarre Caroll à cinq minutes de la fin du quart-temps, shoot qui transforme le Bradley Center en cathédrale (46-71). Néanmoins, les Bucks trouveront la force nécessaire pour réduire l’écart avant d’entamer le sprint final, avec un 15-3 pour clôturer le quart, sous l’impulsion de Dellavedova, Tony Snell et de Middleton (61-74). Et c’est là que le show commence. Jusque là, Toronto séduisait et assurait sa qualification en toute tranquillité, mais c’était sans compter des Bucks motivés à l’idée de ne pas terminer leur saison sur une raclée. Malcolm Brogdon ne faisant pas une bonne performance, c’est Jason Terry, le vétéran, qui s’occupe du poste de meneur, et Jason Kidd a flairé la bonne idée encore une fois… Le Jet permet aux Bucks de revenir à dix points, puis reviendront petit à petit grâce aux lancers-francs d’un Giannis Antetokounmpo qui en rate la moitié, exténué par son match marathon (47 minutes de jeu sur les 48). Quatre points d’écart, à ce moment-là du match Toronto n’a inscrit que quatre points en huit minutes, accumulant les fautes, les pertes de balle et les paniers manqués. C’est à ce moment précis que Middleton fait lever le Bradley Center et probablement tout l’état du Wisconsin: Giannis tire à longue distance, ça ne rentre pas mais Jason Terry récupère le rebond offensif face à des Raptors les mains dans les poches, passe à Giannis qui l’envoie vers Khris Middleton dans le corner, tir à trois point, faute, et ça rentre ! Les Bucks ne sont qu’à un point des Raptors après avoir été mené de vingt-cinq points quelques minutes plut tôt. Et si Middleton n’inscrit pas le lancer-franc, c’est Jason Terry qui profite de l’absence de Kyle Lowry, parti défendre sur le drive de Middleton, pour inscrire un trois point retentissant. Oui, Milwaukee est bien revenu d’un écart de vingt-cinq points en plein Game 6 de Playoffs, c’est un fait, et l’exploit est incroyable. Milwaukee est à trois minutes d’obtenir un Game 7 face à Toronto… Sauf que DeMar DeRozan n’en veut pas de ce match 7. Patterson sert Cory Joseph dans le corner pour récupérer l’avantage, puis c’est DeMar DeRozan qui va dunker sur tout le monde pour redonner un lead de cinq points à Toronto. Cette fin de match est incroyable et Jason Terry va la perdurer avec un trois points qui va permettre aux Bucks de revenir à deux points. Cependant, Milwaukee n’arrivera pas à repasser à nouveau devant, après une perte de balle sur remise en jeu sur la dernière possession, les Raptors peuvent pousser un grand « Ouf! » de soulagement. Victoire dans la douleur pour les joueurs de Dwane Casey sur le score de 92 à 89 grâce à un très bon DeMar DeRozan (32 points à 12/24 au tir et cinq interceptions), dans un scénario incroyable, une ambiance de folie et une remontée ahurissante de Milwaukee sur les Dinos. Ces derniers se qualifient donc pour les demi-finales de conférence face à Cleveland, mais il faudra montrer un bien meilleur visage que celui montré au quatrième quart-temps pour inquiéter les Cavs d’un LeBron James en mission.

Qualifié: Toronto Raptors (4-2).



Game 6 – Memphis GrizzliesSan Antonio Spurs : 103 – 96 (2 – 4)

 

Comme Milwaukee, Memphis était dos au mur ce soir. Mené 3 à 2 dans la série, les Grizzlies pouvaient compter sur l’appui de tout le FedEx Forum pour pouvoir accrocher un Game 7 face à leurs ennemis, les Spurs. Cependant, le basket est un sport fabuleux, mais à la fin c’est toujours San Antonio qui gagne, et le match d’hier soir ne déroge pas à la règle, Tony Parker se chargeant d’assommer les oursons dans le money time. Ce dernier a donné le ton dés l’entame du match avec un 4/4 au tir et onze des dix-huit premiers points de son équipe dans le premier quart-temps, permettant ainsi aux Spurs d’entamer de la meilleure des manières la rencontre (11-18). Les Grizzlies trouveront néanmoins la solution pour stopper l’hémorragie en provenance du banc, Andrew Harrison inscrit deux tirs primés de suite, puis Vince Carter sur un spin move, réduit l’écart en fin de quart-temps. Et si Kawhi Leonard redonne, à ce moment-là, cinq points d’avance, Mike Conley réduit la marque sur un tir à trois point au buzzer (22-24). Tony Parker continue son récital offensif, mais Memphis reviendra à égalité dans le second quart-temps grâce à leur Big Three, Conley, Randolph et Gasol (30-30). Le match est serré, mais Memphis trouvera les solutions pour prendre un petit avantage avant de rentrer aux vestiaires, grâce aux shoots longue distance de Vince Carter et de Troy Daniels. Kawhi Leonard est dans un bon soir (15 points à la pause) tout comme Tony Parker (15 points aussi) mais c’est bien les Grizzlies qui mènent à la pause (50-45). Ces derniers maintiendront la pression sur les visiteurs en début de troisième quart, grâce Randolph et Conley, mais aussi Gasol avec une sublime passe pour Ennis (57-47). Memphis veut son Game 7 et va tout faire pour y arriver, mais ils n’arrivent pas vraiment à distancer leurs adversaires qui reviendront petit à petit au score grâce à Danny Green, puis à LaMarcus Aldridge sur un 2+1, avant que Ginobili n’inscrive un shoot à trois points avec la faute pour redonner l’avantage à San Antonio (69-73). Mike Conley maintient l’espoir en toute fin de quart-temps, il reste douze minutes à jouer et les Spurs ne mènent que d’un tout petit point (72-73). Le FedEx Forum est bouillant, les Grizzlies sont sur-motivés, et c’est normal, surtout que Memphis démarre le dernier acte de la meilleure des manières, prenant un avantage de six points sur un tir primé de Ennis à sept minutes de la fin (85-78). Cependant, les Spurs sont intenables et cet écart disparaît aussi vite qu’il est arrivé, grâce à un Kawhi Leonard chaud comme la braise qui ramène à lui seul son équipe au coude-à-coude sur un 2+1 et un 3 points, avant que Patty Mills ne redonne l’avantage aux Spurs (90-92). Il reste deux minutes et l’ambiance est électrique. Si Pau Gasol, aux lancers, et David Lee, sur une passe de Leonard, se répondent, c’est bien Tony Parker qui va mettre le feu au FedEx Forum. Bien servi par Leonard, TP donne un avantage de quatre points sur un jump shot, puis en inscrit un autre sur la tête de Mike Conley à cinquante secondes de la fin de la rencontre. Clutch, Tony P s’assure de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué et termine le travail en transition pour sceller la victoire des Spurs. Victoire 96 à 103 pour San Antonio qui se qualifie, non pas sans trembler, pour les demi-finales en disposant de Memphis sur le score de 4 à 2 dans la série. Les Grizzlies peuvent sortir la tête haute, mais comme l’année dernière, ils tombent à nouveau sur des Spurs plus fort et devront revenir mieux armés s’ils veulent passer cet obstacle. Pour la clique de Kawhi Leonard, le prochain défi est Houston, un défi de taille face à James Harden, Eric Gordon et Mike d’Antoni.

Qualifié: San Antonio Spurs (4 – 2)



Du suspense, des matchs incroyables, c’est ça les Playoffs ! Et ça continue ce soir avec des rencontres qui sentent la poudre. Tout d’abord, direction la Philips Arena d’Atlanta, à 01h30, pour le sixième match entre Atlanta et Washington (3-2 pour les Wizards). Dans le même temps, Boston aura à coeur de terminer le travail pour sortir Chicago, ce sera à l’United Center à 02h du matin (3-2 pour les Celtics). Enfin, Utah peut créer la première grosse sensation de ces Playoffs en éliminant les Los Angeles Clippers en six match. Pour cela, il faudra gagner ce soir, à 04h30 heure française, à la Vivint Smart Arena face à un Chris Paul qui sera tout fâché normalement (3-2 pour le Jazz).