Après les deux défaites au TD Garden face aux Bulls lors du premier tour, beaucoup voyaient déjà Chicago l’emporter et se qualifier en demi-finale. C’était sans compter sur l’orgueil des verts, mais aussi sur la blessure de Rondo qui a joué en la faveur des N°1 de la conférence Est. Les Celtics ont enchainé quatre victoires d’affilés et partent pour ces demi-finales à l’aventure face à un adversaire plus bien coriace que les Bulls (qui finalement ont été à l’image de leur saison : décevants) : Les Washington Wizards, pour une série qui s’annonce passionnante.

Meneurs de jeu

Que ce soit chez les Wizards ou chez les Celtics, nous avons deux des meilleurs meneurs de la ligue et très certainement les deux meilleurs meneurs de la conférence Est cette saison, en concurrence avec Kyrie Irving.

Tout d’abord, du côté du Massachusetts, on retrouve l’un des plus grands des « petits meneurs » de l’histoire de cette ligue : Isaiah Thomas. Lui qui a souvent été considéré comme un meneur de second rang, un sixième homme tout au plus, a franchi un cap cette saison. Il est devenu le leader de la franchise la plus titrée de la NBA, ce qui à la fois un honneur et une responsabilité. Avec une saison statistique exceptionnelle (28,9 points de moyenne, 5,9 passes), il a mené son équipe jusqu’à la première place de la conférence Est, devant les Cavs, champions en titre. Mais malheureusement le rêve sportif a laissé place à un drame familial. Cela a bouleversé Thomas, mais a tout de même décidé de jouer le premier tour des playoffs, ce qui est tout à son honneur.  Dès le Game 1, il a réalisé une belle performance individuelle avec 33 points à 10/18. Mais son esprit, ainsi que ceux de toute l’équipe étaient ailleurs durant les deux premiers matchs. Dès lors, c’est en jouant le Game 3 à Chicago que Thomas a réussi à se focaliser sur le basket et à jouer comme il l’a fait durant toute la saison. Il mène son équipe de la meilleure des manières et sort les gros tirs aux bons moments. Sur la série, il tourne à 23 points et 5,7 passes. Des stats légèrement en dessous de celles de la saison régulière, ce qui est facilement explicable en vue du contexte expliqué ci-dessus. Il aura alors envie de tout donner lors de ces demi-finales et de retrouver ses stats de saison régulière au scoring, mais ce ne sera pas chose simple car face à lui, ça ne sera ni Michael Carter-Williams ni Isaiah Canaan mais un certain John Wall.

Le n°1 de la draft 2010 a effectué sa meilleure saison en carrière avec 23,1 points, 10,7 passes décisives et 4,2 rebonds. Il a montré à tout le monde qu’il était bien l’un des meilleurs meneurs de la ligue, très certainement le meneur le plus rapide balle en main, et cette saison l’un des meilleurs passeurs de la ligue. Il a été impressionnant tout au long de la saison et tout simplement stratosphérique face aux Hawks d’Atlanta lors du premier tour : 29,5 points, 10,3 passes et 4 rebonds. Des chiffres ahurissants qui montrent à quel point John Wall est dans la forme de sa vie. De plus, il a battu deux fois de suite son record de points marqués dans un match en playoffs (32 points lors des Game 1 et 2) avant de le pulvériser lors du Game 6 avec une ligne de stats digne des plus grands (42 points, 8 passes, 4 interceptions à 16/25). On comprend vite que le match-up Thomas vs Wall va être à la fois intense et extrêmement serré.

Meneurs de jeu : Egalité

Postes extérieurs

Côté Boston, nous allons avoir deux possibilités : Soit Brad Stevens, le coach des Celtics, garde son effectif des derniers matchs, à savoir du Small-Ball avec Avery Bradley en 2 et le retour de Gerald Green en 3, ou bien, il décide de revenir au duo classique qui a fonctionné tout au long de la saison, c’est à dire, Bradley et Jae Crowder. Ce qui est sûr c’est que Bradley sera l’arrière titulaire et de loin. Alors, on le sait, ce dernier fait partie des meilleurs défenseurs de la ligue, si ce n’est le meilleur défenseur de la ligue sur les postes 1 et 2. Mais, maintenant, il est devenu une option offensive de qualité. Il tourne à 16 points de moyenne sur les six matchs face aux Bulls, ce qui est dans la lignée de sa saison régulière. Toutefois, sur les Game 5 et 6, il a passé un cap offensivement avec respectivement 24 et 23 points, avec des pourcentages exceptionnels (57% à 11/19 lors du Game 5 et 75% à 9/12 au Game 6). Cela a d’ailleurs surpris Fred Hoiberg, le head coach des Bulls, qui ne s’attendait pas à voir un Avery Bradley si fort offensivement. S’il reste sur cette cadence, Boston aura un back court à très haut scoring, rivalisant avec celui des Wizards, John Wall et, Bradley Beal. Celui-ci fait également un très bon début de playoffs, même s’il est un peu moins étincelant que son compère John Wall. Il tourne tout de même à 25,8 points, soit près de 3 points de plus que sur la saison régulière. Il ajoute à ça 3,5 passes et 3,1 rebonds. Il a tout de même sorti 3 matchs à plus de 30 points lors du premier tour (31 points lors du Game 2, 32 au Game 4 et 31 au Game 6). Tout comme John Wall, il prouve qu’il est dans un forme olympique. Néanmoins, un petit bémol vient gâcher son bilan du premier tour : son adresse extérieure. Si son adresse générale est très honorable (46%), son pourcentage à trois points est médiocre : 26%. On est bien loin des 40% de saison régulière. S’il règle ce problème d’adresse, il pourrait tourner à plus de 28 voire 30 points, ce qui serait phénoménal. Mais face à lui, c’est bien Avery Bradley qui fera tout pour le ralentir voir le stopper.

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Concernant les ailiers, Brad Stevens pourrait donc aligner Gerald Green. Lui qui a réalisé une saison extrêmement discrète (5,6 points en 11 minutes de jeu), a eu la chance d’intégrer le cinq majeur suite à la volonté de Brad Stevens de jouer petit. Ce choix a été payant puisque Green a été très honnête lors des quatre matchs où il était titulaire : 18 points lors du Game 4 à 7/13 en 23 minutes ou encore 16 points lors du Game 6 à 6/13. Il apporte son dynamisme, son côté très athlétique, mais aussi une belle adresse à trois points (40%). Toutefois, Brad Stevens pourra aussi aligner Jae Crowder sur le poste d’ailier et revenir à ce qu’on a connu lors  de la saison régulière. Si c’est le cas, Jae Crowder sera une valeur sûre. C’est son poste naturel, même s’il a été plutôt bon sur le poste 4 face à Chicago. Sur les deux matchs où il a joué ailier, il aligne 9 points dans le Game 1 et 16 lors du suivant. Il tourne sur la série à 12 points et 5,3 rebonds, soit un tout petit peu moins que ses stats en saison (13,9 pts, 5,8 rebonds). Il est en difficulté sur son adresse extérieure (27%) mais reste un atout solide en défense.

Que ce soit Green ou Crowder, ils feront face à Otto Porter. Après une belle saison où il s’est imposé comme le poste 3 titulaire et incontestable des Wizards avec 13,4 points, 6,4 rebonds, il avait hâte d’en découdre en playoffs. Son premier tour face à Atlanta a été plutôt mitigé. Avec ce qu’il nous a montré en saison régulière, on est resté un peu sur notre faim. Il a compilé 9,8 points et 5,5 rebonds. Il a pris beaucoup moins de tirs qu’en saison (6,5 contre 10 en saison), les laissant à John Wall et Bradley Beal. Il reste un ailier très correct, très physique, qui peut prendre chaud à tout moment et qui pourra être un facteur X s’il sort des performances à plus de 15 ou 20 points, ce qui peut faire basculer un ou deux matchs.

Jae Crowder, Otto Porter Jr.

Postes Extérieurs : Avantage Washington

Postes Intérieurs

Boston pourra compter sur Al Horford. Après une saison régulière discrète, où on attendait beaucoup plus de lui (14 points, 6,8 rebonds), il s’est réveillé lors de la série face aux Bulls. Par séquences, on a retrouvé l’Al Horford d’Atlanta. Depuis que Brad Stevens l’a replacé sur le poste 5, il a été plus libéré, plus fluide, en forme avec un bon Game 3 à 18 points, 8 rebonds, 6 passes, et un excellent Game 5 avec 21 points, 7 rebonds, 9 passes. Sa capacité à délivrer de bonnes passes est un atout majeur dans son jeu. Attention tout de même au rebond et à ne pas se faire bouger comme il a plus l’être face à Robin Lopez. Il pourra être aligné soit avec Jae Crowder, soit avec Amir Johnson. Celui qui a vu sa place de titulaire être prise par Gerald Green est en grande difficulté lors de ces playoffs. Après deux matchs en tant que titulaire avec des stats limitées (4,5 points, 3 rebonds), et un match sur le banc à 2 points et une passe, il est totalement sorti de la rotation avec trois DNP d’affiliés. On ne sait pas si Brad Stevens tentera de le faire revenir dans le cinq. Cette option est tout à fait possible quand on voit les intérieurs de Washington qui sont dans un registre plutôt physique. En effet, on a sur le poste 4 Markieff Morris qui sort d’une belle saison régulière (14 points, 6,5 rebonds) mais qui a réalisé un premier tour face aux Hawks en demi-teinte. Après un énorme Game 1 (21 points, 7 rebonds et 4 contres), il a été très discret lors des matchs 2, 3, 4 et 5 (7,2 points, 4,5 rebonds), avant de ressortir la tête de l’eau pendant le Game 6 (17 points, 8 rebonds, 3 contres). C’est un ailier fort très mobile, dynamique, qui pourra poser des problèmes à Amir Johnson si celui-ci joue, et même à un Jae Crowder. Il sera aligné avec Marcin Gortat. Les deux sont plutôt complémentaires. Morris aime parfois s’écarter au large, shooter à mi-distance et à trois points, alors que le marteau polonais est un pivot très classique, longiligne, fort dans la raquette et puissant. A 33 ans, il reste un élément majeur de cette équipe, notamment défensivement. Cependant, on attend beaucoup plus de lui au scoring. Lui qui a compilé 10,8 points lors de la saison régulière ne tourne qu’à 6,5 points, et seulement 2,7 points lors des Game 3 à 6. Il est heureusement bien présent au rebond (10,7 par match) et pourra peut-être marquer à nouveau face aux possibles lacunes défensives d’Al Horford.

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Postes Intérieurs : Egalité

Les bancs

Les bancs des deux équipes sont de bonne qualité. Les Celtics peuvent s’appuyer sur leur sixième homme qu’est Marcus Smart. A 22 ans, il montre déjà qu’il fait partie des meilleurs défenseurs sur le poste de meneur et qu’on peut compter sur lui en playoffs. Il a profité des lacunes sur le poste de meneur à Chicago pour les bouger et s’imposer défensivement. Il a été plus en difficulté offensivement avec un pourcentage moyen (36%) et un scoring un peu léger (7,8 points). On retrouve ensuite dans l’axe 1-5 le pivot Kelly Olynyk qui fait du bon boulot. Il est bien sûr dans un rôle de pivot au large avec du shoot longue distance et des petits hooks de temps en temps. Il est propre, il force de moins en moins et cela se prouve dans ses pourcentages (50% au shoot, 35% à trois points). Ses 8,8 points sont très précieux pour les Celtics en sortie de banc. On retrouve aussi le jeune Terry Rozier qui a eu un bon temps en jeu face aux Bulls (17 minutes) et qui a prouvé qu’il avait sa place dans le roster. Il apporte 5,5 points, 2,5 passes. Sans être flamboyant, il est juste et fait de son mieux pour remplacer I.T quand il se repose. Vint ensuite Jonas Jerebko sur le poste 3,4 qui sort quelques tirs qui peuvent faire du bien de temps en temps. Par contre, on regrette que le rookie Jaylen Brown soit quasiment sorti de la rotation : 4,5 minutes de jeu en moyenne sur le premier tour. C’est un choix fort de la part de Brad Stevens de le sortir de la rotation, ce qui est peut-être dû à sa jeunesse, et au retour de Gerald Green au premier plan. Il paie aussi le fait que les rotations se réduisent beaucoup en playoffs.

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Pour Washington, on retrouve aussi du beau monde. Le sixième homme des Wizards est clairement devenu Bojan Bogdanovic. Avec ses 21 minutes de jeu, il apporte énormément en sortie de banc, notamment grâce à son adresse extérieure. Il compile quasiment 10 points et 4,3 rebonds à 40% au shoot. A la mène, le back-up de John Wall, Brandon Jennings est plutôt correct. Il ne joue que 15 minutes mais apporte son dynamisme, son explosivité, dans la lignée du style de jeu de Wall. Ses stats sont modestes sur le premier tour face à Atlanta (5 points, 3 passes). Cependant, après ces deux-là, c’est un peu faible. Kelly Oubre fait de son mieux avec ses 5 points en 16 minutes de jeu mais reste encore limité, ce qui est normal pour son jeune âge (21 ans), Jason Smith n’apporte que 3 points et 3 rebonds et n’arrive pas du tout à remplacer Ian Mahimni, qui est blessé depuis le début des playoffs. Le frenchie manque cruellement à son équipe. Il ne devrait pas revenir d’ici la fin de la série.

Le banc : Avantage Boston

Les coachs

Brad Stevens a réalisé une saison exceptionnelle en ayant créé un puissant collectif autour d’Isaiah Thomas. Il a fait de cette équipe que personne n’attendait vraiment un sérieux candidat à la finale de conférence à l’Est. Puis, lors de ce premier tour face aux Bulls, il a su à la fois, être solidaire avec toute son équipe depuis le drame qui a touché Isaiah Thomas, faire en sorte de les focaliser sur le jeu, et, réagir de la meilleure des manières lors des défaites. Après avoir été mené 2 à 0, il a changé son cinq majeur pour contrecarrer le jeu des Bulls et cela a payé avec quatre victoires de suite. Il a montré qu’il méritait d’être dans la course pour le meilleur coach de l’année.

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Face à lui, on retrouve également un bon coach, en la personne de Scott Brooks. Contrairement à Brad Stevens, Scott Brooks a l’expérience des playoffs avec son ancienne équipe d’OKC, en même les finales NBA. Il a lui aussi réalisé une très belle saison avec Washington. Il a su réagir quand on équipe sombrait dans les basfonds de la conférence Est, pour les mener à la quatrième place. Pour résumer simplement, Brooks domine Stevens sur l’expérience, Stevens domine Brooks sur le côté tactique et la réactivité.

Coach : Égalité

Résultats en saison régulière : Égalité 2-2

9 Novembre 2016 @Washington: Washington Wizards 118 – Boston Celtics 93

11 Janvier 2017 @Boston: Boston Celtics 117 – Washington Wizards 108

24 Janvier 2017 @Washington: Washington Wizards 123 – Boston Celtics 108

20 Mars 2017 @Boston: Boston Celtics 110 – Washington Wizards 102

Calendrier

Game 1 @Boston : Dimanche 30 avril à 19h

Game 2 @Boston : Mardi 2 mai à 2h00

Game 3 @Washington : Jeudi 4 mai à 2h00

Game 4 @Washington : Dimanche 7 mai à 0h30

Game 5 @Boston : Mercredi 10 mai (horaire à déterminer)

Game 6 @Washington : Vendredi 12 mai (horaire à déterminer)

Game 7 @ Boston : Lundi 15 mai (horaire à déterminer)

Conclusion

Cette série semble être la plus serrée, la plus passionnante et la plus intense parmi toutes les demi-finales NBA cette saison. Même si Boston est favori de part leur première place en saison régulière et leur avantage du terrain, cette série est totalement ouverte. Les deux équipes possèdent des joueurs de très haut niveau, qui peuvent faire basculer la série à tout moment. L’affrontement des deux duos Thomas/Bradley vs Wall/Beal nous promet des matchs exceptionnels. Boston pourra peut-être compter sur un banc plus profond pour rester frais le plus longtemps possible alors que Washington devra compter quasi exclusivement sur son cinq majeur. Cela sera peut-être la clé de la série.

Pronostic : Boston 4-3

FAÏSSAL BERKANI /  RÉDACTEUR QI BASKET