Le tour précédent : 

Gold State Warriors (bat Portland Trail Blazers 4-0)

Dominants, sans pitié. Les Warriors ont littéralement décimés des Blazers qui ne semblaient pas avoir grand chose à faire, que Kevin Durant soit présent, ou pas. Entre un Draymond Green et un Stephen Curry sur un nuage, Golden State a donné le ton. Ils ne feront pas de quartiers, sont bien plus concentrés que l’an passé, et ne ralentissent pas peu importe le score. Véritable symbole de ce premier tour, une équipe des Warriors qui roulent sur des Blazers pourtant déterminés à arracher un match, en brisant leur volonté dès le premier quart-temps du Game 4. Le message est clair « nous sommes là pour le sweep », et les Blazers portés par un Damian Lillard solide, ont du se rendre à l’évidence, l’adversaire est trop fort.

Bien sûr, nous pourrons avancer que les Blazers étaient privés de Jusuf Nurkic, qui a tenté un come back douloureux, et vain dans le Game 3, et ce alors que la franchise de Portland a réalisé une saison décevante, qui n’en faisaient pas des adversaires de taille pour Golden State. Certes, mais la franchise de la baie d’Oakland n’a pas flanchée par orgueil, et c’est déjà un message envoyé à leurs prochains adversaires.

Utah Jazz (bat Los Angeles Clippers 4-3)

Seule équipe qualifiée sans l’avantage du terrain, on pourra dire que le Jazz a profité de la nouvelle blessure de Blake Griffin. D’autres diront certes, mais le Jazz a été privé de Rudy Gobert pendant l’essentiel de ce premier tour, lui qui est la véritable tour défensive de sa franchise.

Toujours est-il, que le Jazz a séduit. Accrocheurs en défense comme attendu, ils ont poussé des Clippers menés par un excellent Chris Paul, trop court pour venir à bout d’un groupe, savant mélange entre fraîcheur et expérience. Capables de jouer contre tout type d’attaques, et d’arracher des paniers de l’autre côté du terrain, la troupe de Quinn Snyder n’a pas dominé, mais elle a assuré l’essentiel en passant un premier tour – et ça faisait depuis la fin de l’ère Deron Williams que la franchise n’avait pas connu cela.

Le calendrier:

Game 1 : 03/05 4h30 à Golden State

Game 2 : 05/05 4h30 à Golden State

Game 3 : 07/05 2h30 à Utah

Game 4 : 09/05 3h00 à Utah

Game 5 : A Golden State (date et heure à determiner)

Game 6 : A Utah (date et heure à déterminer)

Game 7 : A Golden State (date et heure à déterminer)

Les match up clés :

Meneurs

Fini les trous d’airs du duo Lillard/McCollum, si Stephen Curry va avoir un tour moins compliqué à garder George Hill ou Rodney Hood, il va aussi devoir composer avec une véritable défense de Playoffs, et pour être plus précis, avec une des meilleures défenses de la ligue. Rugueux, les joueurs du Jazz sont capables de switcher en défense, sans se trouver avec des mismatchs insurmontables – et quand bien même vous passer votre vis-à-vis, vous risquez de devoir vous frotter dans la raquette aux longs segments de Rudy Gobert. S’il sera moins attaqué qu’au tour précédent, Curry risque de souffrir un peu plus à la création, surtout que la défense sur 3pts du Jazz est d’une toute autre intensité.

En face, George Hill risque de se retrouver avec Klay Thompson dans les pattes, une autre paire de manche, que le volontaire mais beaucoup moins athlétique, J.J Reddick, ou que Chris Paul beaucoup plus petit que ses prochains adversaires. Le travail de Hill sera pourtant crucial des 2 côtés du terrain pour que son équipe puisse tenir le rythme, face à une défense des Warriors qui sera beaucoup plus agressive que celle de Los Angeles, qui a pourtant souvent maintenu le Jazz sous les 100 pts.

Malgré la belle saison de Hill, difficile de ne pas donner l’avantage au double MVP sortant.

Avantage Golden State.

Arrières/Ailiers

Côté Warriors, on devrait retrouver le duo Thompson/Durant à plein temps. Probablement la paire la plus talentueuse de la ligue sur les postes 2/3, ils sont les garants de l’instopabilité de l’attaque des Warriors, tant Thompson est capable de prendre feu, tant Durant s’affirme années après années comme le joueur offensif le plus intraitable de la ligue. Défensivement, on a vu que les inquiétudes autour de la perte de Bogut n’était pas pleinement justifiée, puisque Durant est capable d’apporter une force de dissuasion, notamment sur les aides. Doté de la taille d’un pivot, avec une mobilité hors norme, il peut défendre sur les extérieurs tout en se transformant en second rideau lorsque son équipe subit un spacing de l’adversaire. Thompson, quant à lui sera toujours en mission sur le meilleur extérieur adverse, et s’impose de plus en plus comme l’un des meilleurs défenseurs de la ligue.

En face, Rodney Hood et Gordon Hayward ont prouvé leur fiabilité des 2 côtés du terrain. Si le premier est une arme indispensable par sa capacité à dégainer derrière l’arc, le second est la pièce maîtresse du Jazz, offensivement. Enregistrant plus de 23pts/match sur le premier tour, il a confirmé tout le bien qu’Utah pensait de lui, et a justifié son statut. Toutefois, en dépit de leurs capacités, difficiles de les imaginer lutter contre le duo d’en face.

Avantage Golden State.

 

Secteur intérieur

Draymond Green a réalisé deux matchs énormes dans ce premier tour, notamment un G1 tonitruant. Toujours aussi dur en défense, le potentiel futur défenseur de l’année, continue de jouer son rôle de couteau Suisse, tout en étant capable d’apporter son écot offensif. A ses côtés, Zaza Pachulia est toujours rugueux, mais est souvent dépassé par les équipes trop mobiles. Le Géorgien n’est cependant pas au centre du dispositif de son équipe qui se tourne très souvent vers le small ball.

En face, c’est la paire 100% française qui devrait commencer les matchs. Malgré un temps de jeu limité (18min/matchs), Boris Diaw est précieux dans l’animation offensive, et a montré dans ce Game 7 qu’il pouvait apporter dans les moments difficiles, sans coûter défensivement à son équipe. A ses côtés, Rudy Gobert a connu un 1er tour compliqué, à l’inverse d’une saison régulière tonitruante. D’abord gêné par les blessures : genou puis cheville, il a connu un dernier match limité à 11 minutes par les fautes. En dépit de ces difficultés qui peuvent inquiéter, sa présence donne une dimension défensive supplémentaire à son équipe, qui devient alors intraitable. Sa présence à 100% pourrait poser beaucoup de problèmes aux Warriors, notamment au rebond offensif qui reste la faiblesse principale du dispositif de Golden State.

Si l’affrontement s’annonce rude, l’absence d’un 5 incontestable d’un côté, et d’un 4 incontestable de l’autre rend le duel indécis, même si cette bataille s’annonce cruciale dans la série.

Égalité.

Bancs

Voilà un autre combat qui s’annonce intéressant, et déterminant.

D’un côté, un banc de Golden State qu’on a annoncé décimé, mais qui s’avère finalement une ressource solide. Entre le duo Livingston/Iguodala, expérimentés et capables d’apporter des variations qui font le succès du jeu small ball des Warriors. Iggy, reste un des défenseurs incontournables de son équipe, à même de défendre du poste 1 à 4. A ses côtés, on retrouve des joueurs précieux comme Ian Clark, mais surtout JaVale McGee qui en 15min/match, est devenu un energizer à même de changer le cours du match. Dissuasif en défense, et seul joueur à même de l’apporter sous le cercle, avec cette verticalité, il est devenu aussi une arme offensive sur Pick & Roll.

Néanmoins, en face le banc est un prolongement du 5, et est une des raisons majeures de la qualification du Jazz. Joe Johnson, toujours aussi clutch a été décisif à plusieurs reprises, dont un Game Winner. Il apporte des points en isolation lorsque l’équipe patine, et prend des tirs cruciaux dans les derniers moments. Joe Ingles, quant à lui, s’est imposé comme un défenseur supplémentaire sur les postes extérieurs. Pas toujours régulier, il est capable de compenser par sa capacité à créer pour les autres, ce qui en fait un support important pour George Hill, à l’instar de Dante Exum, dont les capacités physiques densifient le secteur extérieur d’Utah. Enfin, à l’intérieur, Derrick Favors a sorti une série solide, et un Game 7 décisif, ce qui laisse espérer qu’après une saison galère, il puisse commencer à retrouver des sensations. Auquel cas, il donnerait une autre dimension au secteur intérieur de son équipe.

Avantage Utah.

Coaching

Toujours embêté par ses problèmes de dos, Steve Kerr pourrait ne pas revenir pour les matchs de son équipe. Bien que le groupe semble s’auto-coacher par moment, ses ajustement en cours de match pourraient manquer, puisqu’il est remplacé par Mike Brown, dont les qualités tactiques peuvent aisément être remises en cause.

Quinn Snyder semble, du coup être le meilleur coach, si Kerr ne revient pas. Toutefois, la tâche qui l’attend n’est pas évidente. Arrêter une équipe avec autant de talents, tout en étant capable de trouver les moyens d’exploiter ses faiblesses de l’autre côté n’est pas évident – d’autant que les Warriors peuvent adapter leur plan de jeu. Si le coach du Jazz a de la ressource, difficile d’imaginer comment renverser cette série.

Avantage Utah.

Facteur X

Le rythme du jeu.

En effet, les Warriors ne sont jamais aussi dangereux que sur transition. Mike D’antoni est revenu au coaching parce qu’il a eu la preuve que sa méthode marchait, et depuis, Golden State a ajouté Kevin Durant à son dispositif. Quand ils peuvent courir, ils sont inarrêtables. Ils montrent de rares faiblesses, en revanche lorsque le jeu est plus lent.

Justement, c’est bien là qu’Utah peut faire une différence. Fort d’une défense étouffante, et de la capacité à aller au contact, ils vont proposer une différence énorme à Golden State, opposé au premier tour à une équipe beaucoup moins efficace en défense. Si le Jazz arrive à ralentir le jeu, ils sont capables d’arracher des matchs. Si les Warriors peuvent galoper, en revanche, ils auront du mal à suivre le rythme offensif des Dubs.

Pronostic 

4-2 en faveur des Warriors.

Même ce pari me semble risquer. En dépit des qualités certaines du Jazz, arracher 2 matchs aux Warriors semble terriblement difficile, surtout que Golden State peut défendre très dur – là où le Jazz, semble incapable de vraiment scorer massivement. Les matchs pourraient vite virer aux carnages, si Utah laisse des run passer.