Deux matchs en cette nuit du 4 avril, et pas des moindres. Washington n’avait pas le droit à l’erreur et se devait de l’emporter, dans son fief, face à Boston afin de revenir à 2 à 1 dans la série. De l’autre côté du pays, Golden State voulait garder l’avantage du terrain en continuant sa domination sur un Jazz privé de George Hill pour ce match 2. Que doit-on retenir de cette nouvelle soirée de Playoffs? Retour sur la nuit du 4 avril !



Game 3 – Washington WizardsBoston Celtics : 116 – 89 (1 – 2)

Après deux excellentes rencontres de basket-ball au TD Garden remportées par les Celtics, c’est Washington qui se devait de réagir dans son antre pour revenir au plus près de Boston dans la série. Et réaction, il y a eu et c’était même mieux que ça ! Les Wizards ont infligé une gifle à leurs adversaires dans une rencontre qui ressemblait plus à une baston de rue qu’à du basket-ball: 8 fautes techniques, 3 expulsions, et une haine qui s’accentue entre les deux équipes de la Conférence Est. Dés le début du match, c’était plié. Les Wizards étaient surmotivés et ont pris, naturellement, le meilleur départ, comme lors du Game 1 et du Game 2. Bradley Beal marque les premiers points et les Wizards commencent avec un avantage de 7 à 2. Les Celtics reviendront, mais Washington enchaînera, au milieu du premier quart-temps, avec un run de 20-0, Boston n’arrivant pas à trouver la mire (32-12). Tout le monde y participe: Wall et Bogdanovic depuis le parking, Otto Porter en contre-attaque puis dans la raquette, puis encore Bogdanovic, c’est une véritable orgie offensive que nous offre les Wizards qui prendront un avantage conséquent à la fin de ce premier quart-temps (39-17). Ian Mahinmi est de retour dans le roster de Washington et va ouvrir les hostilités avec Jonas Jerebko suite à un accrochage entre les deux big men. Vous l’aurez compris, le deuxième quart-temps est la période où tout part en vrille. Cette altercation entre Mahinmi et le suédois n’était qu’un prémisse de l’événement phare du match, qui n’aura certes aucune incidence sur la rencontre, tant Washington est déjà loin au score, mais qui en aura une sur la série toute entière. Suite à un écran rugueux de Kelly Olynyk, Kelly Oubre Jr se lève et fonce sur l’ailier-fort des Celtics pour le faire tomber. On le savait que les confrontations entre Washington et Boston étaient tendues, et le début de série le montre aussi avec beaucoup de trashtalking, mais cette série passe un cap avec ce match, une vraie rivalité est née. Dans tous les cas, les arbitres montrent bien gentiment la sortie à Kelly Oubre qui pourra en profiter pour boire quelques bières devant le match afin de se décompresser après ce barfight, mais aussi pour réfléchir à ce qu’il pourrait faire pendant que ses copains joueront le quatrième match de la série, ce dimanche. Pendant ce temps-là, les Wizards ne se décompressent pas et continuent à infliger un lourd écart à leurs nouveaux amis celtes, notamment avec Otto Porter sur des fadeaway (55-30). Boston essaye de revenir, notamment par deux tirs primés de Bradley et d’Horford réduisant ainsi l’écart à -19, mais cela reste compliqué pour les Celtics qui retourneront aux vestiaires avec vingt-trois points dans la musette (63-40). La pause, marquée par la performance d’un acrobate, au look d’un candidat moldave de l’Eurovision, en équilibre sur des chaises, n’aura pas porté ses fruits pour apporter le calme et la sérénité dans les deux équipes suite à cette première mi-temps. Isaiah Thomas aura même besoin de quelques minutes en plus pour rafistoler ses dents. Dans tous les cas, c’est Washington qui domine les débats avec un John Wall qui réveille le Verizon Center en mettant un and-one qui met les Celtics à -30 dans la rencontre (86-56). Il n’y a plus de match, Washington gagne largement, mais on peut tout de même apprécier quelques petites actions comme le dunk en contre-attaque de Bogdanovic ou encore le 3+1 de Marcus Smart, par exemple. À la fin du troisième quart-temps, le score est de 95 à 69. Le début de quatrième quart ne sera, pourtant, pas ennuyeux grâce à Brandon Jennings et Terry Rozier qui se chamaillent sur le terrain. Les deux ne s’aiment pas et le trashtalking est de sortie, et pas qu’un peu. Résultat: une double-technique pour les deux joueurs et une pour Brad Stevens, le coach des Celtics, qui n’en revient pas de ce qui se passe. Les deux meneurs remettent le couvert quelques minutes plus tard et cette fois-ci, rebelote: double-technique pour Jennings et Rozier qui sont expulsés du match, rejoignant ainsi Kelly Oubre Jr dans les vestiaires pour se partager une bière avant la fin du match, et une pour Scott Brooks, afin d’accentuer la marque des techniques. Il n’y a plus de match néanmoins, puisque le garbage time a commencé depuis le début du quatrième quart-temps. La fin du match suit la logique: Boston essayera de revenir mais Washington termine le boulot très facilement. Victoire des Wizards sur le score de 116 à 89, une véritable gifle infligée pour revenir dans la série face à un Boston muet offensivement. Après un match marqué par les embrouilles entre les deux équipes, il sera très intéressant de voir la réaction de Boston suite à ce revers, de voir combien de match de suspension prendra Kelly Oubre suite à sa charge sur Kelly Olynyk, mais, surtout, de voir comment va se passer ce Game 4. Rendez-vous dimanche !



Game 2 – Golden State WarriorsUtah Jazz : 115 – 104 (2 – 0)

Le score des deux premiers matchs ne reflète pas vraiment la dynamique de cette série. Certes, Utah se bat et ne se prend pas de raclée, fait avec les moyens du bord et résiste un minimum, mais Golden State domine de A à Z cette série. Mis à part les débuts de match, Golden State n’a jamais été mené sur cette série, ja-mais. Ceci s’est encore prouvé hier avec une victoire sans aucune contestation possible sur le score de 115 à 104, avec une bonne répartition des points entre Curry, Durant et Green. Ce dernier fait des ravages à l’équipe de Quin Snyder. Dés le début du match, l’ailier-fort des Warriors se distingue par deux tirs primés et un contre sur Rudy Gobert, permettant ainsi à son équipe de prendre le meilleur départ (12-3). Le Jazz souffre, notamment sur les switch défensifs de GS, ce qui est prouvé par une mauvaise adresse au tir (5/17) et les pertes de balle (5), tandis que Draymond Green parachève le très bon premier quart-temps d’Oakland (33-13). Avec sa second unit et sa défense, Utah essaie de lutter, provoquant des pertes de balles notamment. Klay Thompson n’est pas dans un bon soir et butte sur la défense de Salt Lake, une des meilleures du pays. Après un très bon retour de Stephen Curry qui remet les deux équipes à vingt points d’écart, Utah profite d’un moment de flottement des joueurs de Mike Brown pour revenir grâce aux balles perdues (à nouveau) de leurs adversaires. Rudy Gobert claque trois dunks de suite pour revenir, avec l’aide d’un Gordon Hayward replacé au poste 4, à dix points de l’équipe de Stephen Curry, passant ainsi un run de 12-2 aux Dubs. Et même si les Warriors finissent bien la mi-temps, Utah réalise un bon quart-temps et revient à treize points de GS, faisant ainsi le plein de confiance (60-47). Rudy Gobert le dit lui-même après le match: « à -20 nous n’avons plus rien à perdre ». Utah, dés la sortie des vestiaires, jouera à fond sa chance et ça payera. Deux tirs primés de suite de Joe Johnson et de Shelvin Mack permettent au Jazz de revenir à six points des Warriors (63-57). Cependant, Mike Brown aligne, à la suite d’un temps-mort, un cinq composé de Curry/Thompson/Iguodala/Durant/Green pour contrer le run des hommes de Quin Snyder, et ça marche parfaitement. La défense impitoyable des Dubs se remet en route et les Warriors infligent un cinglant 10-1 leur permettant de reprendre un matelas confortable (73-58). Cela n’a pas de quoi effrayer Gordon Hayward. Discret lors du Game 1, le visage de Salt Lake City va mettre 12 points dans ce troisième quart-temps permettant ainsi à Utah de s’accrocher. Ils luttent, maintiennent leurs têtes hors de l’eau et n’accuseront que dix points de retard sur les finalistes en titre à la fin du troisième quart-temps (92-82). Le début du quatrième quart-temps est marquée par la chute de Draymond Green suite à un contact avec Rudy Gobert. Touché au genou, l’ailier-fort polyvalent des Warriors s’en va aux vestiaires, laissant ainsi les clefs du camion à Kevin Durant, qui marquera six points de suite pour accroître la marque. Utah répond de suite grâce à Hayward, puis Rudy Gobert, qui fait un très bon match avec 16 points et 16 rebonds (109-98). Gordon Hayward, lui, excelle et maintient Utah à la hauteur de GS, ceci malgré le retour de Draymond Green sur le parquet (21 points, 7 rebonds, 6 passes et 4 interceptions). L’ailier du Jazz inscrit un fadeaway difficile pour revenir à sept points des joueurs d’Oakland, il ne reste que deux minutes à jouer, c’est possible. Cependant, Kevin Durant (25 points, 11 rebonds, 7 passes) envoie une merveille de passe pour Iguodala, seul dans la raquette, puis va sur la ligne des lancers pour terminer le travail et boucler une nouvelle victoire sur le Jazz. Victoire 115 à 104 pour les Warriors qui se promènent dans cette série avec une facilité déconcertante, face à un Utah Jazz pourtant courageux et combatif. La série bascule désormais à Salt Lake City, lieu où se déroulera les matchs 3 et 4 de la série, au grand dam de Matt Barnes qui s’ennuiera profondément là-bas selon ses déclarations, mais vu la série, il semble qu’il n’y aura que deux matchs là-bas…



Cette soirée NBA était placée sous le signe de la domination et de la castagne. Si on attendra avec impatience la prochaine rencontre entre Washington et Boston, on aura de quoi prendre notre mal en patience avec deux nouvelles rencontres cette nuit: Cleveland – Toronto à 01h du matin puis San Antonio – Houston à 03h30. Si Toronto se doit de réagir pour espérer au moins prendre un match aux champions en titre, San Antonio devra trouver des solutions, à l’extérieur, pour pallier l’absence de Tony Parker qui souffre d’une rupture du quadriceps qui le tiendra éloigné des parquets pendant une période de six à huit mois minimum. Courage Tony.