Dans la constellation de stars qui ont fait ou font le ciel de la NBA, on peut compter nombre d’étoiles filantes. Brandoy Roy est de celles-là. Retour sur un joueur qui a marqué la Grande Ligue de son empreinte, et à qui le meilleur était promis.

Une belle carrière universitaire

Brandon Roy fait partie de ces quelques joueurs (ils sont relativement peu) à avoir réalisé un cursus universitaire complet. Il jouera quatre ans pour la fac de Washington, le temps de progresser saison après saison, pour devenir meilleur joueur de sa conférence (la PAC 12) et être nommé dans la All American First Team lors de son dernier exercice NCAA, en 2005-2006. Cette année là, les Huskies s’inclineront au Sweet Sixteen (3ème tour de la March Madness), l’un des meilleurs résultats de l’université. Roy compilera 20,2 points, 5,6 rebonds et 4,1 passes lors de cette ultime campagne.

Il se présente donc à la draft NBA avec un gros bagage basket, et surtout une panoplie offensive qui va faire trembler nombre de franchises.

Début de l’aventure NBA pour celui qu’on surnommera notamment « The Natural »

Son nom est cité en sixième position de cette draft 2006, choisi par les Minnesota Timberwolves, mais échangé dans la foulée contre Randy Foye aux Portland Trail Blazers.

Dès la Summer League, Roy pose son empreinte en scorant 19 points par match à 65%, avec déjà une pointe à 35 points le 12 juillet 2006 contre les Suns !

Une entrée fracassante en NBA

Pour sa première saison, Brandon ne fait pas dans le détail avec 16,8 points, 4,4 rebonds et 4 passes par match. Et surtout, la NBA découvre un arrière complet offensivement : plutôt doué techniquement, un shoot très élégant et efficace, des moves poste bas, une capacité à finir au cercle malgré des shoots contestés, capable de scorer en catch and shoot, en sortie de dribble… bref, une machine à marquer des points. C’est également un joueur plein de sang froid, un véritable tueur en fin de match. Portland tient sa pépite et peut envisager l’avenir sereinement.

Roy finit ROY, et est même plébiscité pour obtenir ce trophée : 127 premières places sur 128 possibles.

Malgré cela, le bilan collectif de Portland n’est pas glorieux : 32 victoires pour 50 défaites, très loin donc des Playoffs.

Les Blazers obtiendront le premier choix de la draft 2007 et sélectionneront Greg Oden, annoncé futur crack à l’intérieur, juste devant un certain… Kevin Durant.

L’équation est simple : ROY = ROY !

Une étoile est née

Lors de la saison 2007-2008, Roy confirme et voit ses stats augmenter (19,1 points, 4,7 rebonds, 5,8 passes), il est même sélectionné pour le All Star Game. Dans son sillage, Portland progresse, et atteint un bilan à l’équilibre (41 victoires pour 41 défaites) mais échoue dans sa quête de post-season.

L’échéance n’est repoussée qu’à la saison suivante, où avec un excellent bilan de 54 victoires pour 28 défaites, les Blazers atteignent les Playoffs pour la première fois depuis six saisons. Lors de son troisième exercice en NBA, Roy marque encore plus de points (22,6), à un grand pourcentage (48% aux tirs, 37,7% à trois points).

Le 6 novembre 2008, il réalisera une très grosse performance face aux Rockets : il reste 10 secondes à jouer, les Blazers récupèrent le rebond suite à un jump shoot manqué par Tracy McGrady, 96 partout. B-Roy n’est pas dans un grand soir (12 pts à 4/16 aux tirs), mais c’est bien lui qui hérite de ce ballon chaud, preuve de son sang froid. Il rentre un gros step back à 6 mètres, Portland reprend l’avantage 98-96, 1.9 secondes à jouer, temps mort Rockets. Tous les spectateurs pensent que le match est plié. Mais c’est sans compter sur Yao Ming, qui inscrit un panier avec la faute ! Il convertit le lancer bonus, temps mort Blazers, 0.8 secondes restantes. Steve Blake effectue la remise en jeu, Roy arrive à se démarquer suite à une défense suspecte de T-Mac et reçoit le ballon presque deux mètres derrière la ligne à trois points, il se retourne et déclenche immédiatement son tir qui transperce la ficelle ! Blazers wins by 2. Cette fin de match est restée gravée dans les mémoires de beaucoup de fans.

Pour la petite histoire, Damian Lillard, que l’on peut considérer comme son héritier de par sa capacité à scorer et à tuer les matchs, mettra un soir de mai 2014 un buzzer beater très similaire à celui de B-Roy. La comparaison est troublante : même adversaire, même position, score quasi identique, temps restant quasi identique, mécanique de shoot très ressemblante, la comparaison est édifiante !

Cette capacité à rentrer des gros shoots dans les moments chauds, B-Roy en fera sa marque de fabrique. Ses stats en carrière en attestent :

  • Dans les cinq dernières minutes, quand l’écart entre les deux équipes est inférieur ou égal à cinq points : 166/371, soit 44.7% aux tirs, dont 33.8% à trois points.
  • Dans la dernière minute, sur des shoots permettant d’égaliser ou prendre l’avantage : 26/60, soit 43.3% aux tirs, dont 40% à trois points.
  • Dans les 24 dernières secondes, sur des shoots permettant d’égaliser ou de prendre l’avantage : 16/38, soit 42.1% aux tirs, dont 42.9% à trois points.

C’est bien simple, en fin de match à Portland entre 2007 et 2010, on file la balle à Brandon Roy. C’est d’autant impressionnant que dans 9 cas sur 10, il se créée son shoot lui même, là où d’autres joueurs clutchs passent par un écran pour se libérer (on pense notamment à Ray Allen). La preuve en images :

Le 18 décembre 2008, il établira son record en carrière au scoring, avec 52 points plantés face aux Suns de Steve Nash et du Big Cactus, Shaquille O’Neal : 14/27 aux tirs, 5/7 à trois points, 19/21 aux lancers francs, le tout agrémenté de 6 passes et 5 rebonds. Un vrai chef d’oeuvre.

Ces grosses performances lui offrent une nouvelle sélection pour le All Star Game, sa seconde participation. Lors de la victoire de son équipe de l’Ouest face à l’Est 146 à 119, il rendra une ligne de stats très propre : 14 points à 7/8, 5 rebonds et 5 passes décisives.

 

L’étoile parmi les étoiles : Roy fait bien partie du top de la NBA.

Pour sa première campagne de Playoffs, il hausse son niveau de jeu pour atteindre 26,7 points de moyenne avec une pointe à 42 points au match 2, mais c’est insuffisant, les Blazers sont sortis 4 à 2 au premier tour contre les Rockets.

La saison suivante, Roy enchaîne, et même si son apport au scoring baisse légèrement (21,5 points par match), il enchaîne les grosses performances, avec 5 pointes à plus de 30 points et 3 à plus de 40 points.

Mais les Blazers jouent de malchance, car alors que l’épisode difficile Greg Oden est en cours, l’enfant prodige se blesse seulement deux matchs avant la fin de la saison régulière. Coup dur pour les Blazers, qui ne retrouvent leur franchise player qu’au game 4 du premier tour des Playoffs face à Phoenix. Le mal est déjà fait, élimination 4 à 2.

Le Roy se meurt

C’est au début de la saison 2010-2011 qu’un tournant dans la carrière de Brandon Roy va arriver, mais pas dans le bon sens malheureusement.

Début décembre, à la suite de douleurs ressenties pendant les matchs, le staff médical des Blazers lui détecte une arthrite au genou gauche. C’est une maladie dégénérative qui est très rare chez les sportifs de haut niveau, et non opérable. Il doit se contenter de prendre quotidiennement des anti-douleurs pour ne serait-ce qu’arriver à courir… Coup dur pour un joueur qui était destiné à devenir l’un des plus grands de la ligue.

Roy joue moins, a besoin de plus de repos (47 matchs joués avec une vingtaine de minutes en moyenne en seconde partie de saison), et inévitablement, ses stats sont en chute libre : 12,2 points, 2,6 rebonds, 2,7 passes en 27,9 minutes, sa fin de carrière semble déjà se profiler.

Le constat est difficile pour B-Roy, mais la vérité est là : la fin de carrière semble proche.

Dernier coup d’éclat

Tout grand champion se garde toujours un match hors du commun pour son clap de fin. Pour « The Natural », ce sera le 23 avril 2011.

Les Blazers, opposés aux Dallas Mavericks pour le premier tour des Playoffs, sont menés 2-1 avant ce Game 4. En fin de troisième quart-temps, ils accusent un retard de 23 points, la messe semble dite. B-Roy fait son entrée sur le terrain, il ne le quittera plus avant la fin du match : une passe décisive et un panier primé chanceux au buzzer du quart-temps plus tard, il permet à Portland de revenir à 18 points.

Il continuera sur cette lancée dans le money time en réalisant un vrai festival : lay-ups dans le trafic, posts-up, steps-back, passes décisives, trois-point avec la faute, tout y passe ! Le joueur qui a dominé de nombreuses défenses pendant quatre saisons est bel et bien de retour pour ce match, il permet à son équipe de revenir à égalité à une minute de la fin, 82 partout. Le Rose Garden est en ébullition !

C’est bien évidemment à l’icône de toute une franchise que revient le ballon pour passer devant les Mavs, qu’il convertit en un-contre-un face à Shawn Marion, pourtant excellent défenseur. Portland prend l’avantage, les Mavs ne reviendront pas, égalité sur la série !

Dans le dernier quart temps remporté 35 à 15, Roy score 18 de ses 24 points et donne 4 passes décisives, un véritable chantier !

Malgré tout, Dallas remportera la série 4-2 mais qu’importe, ce Game 4 passera à la postérité.

C’est sur ce shoot, qui restera son dernier fait d’armes majeur, que Roy va crucifier les Mavs.

Une dernière tentative

A la suite de cette campagne, Roy mettra un terme à sa carrière une première fois suite à l’intention de la direction de Portland de ne pas le conserver en raison de sa blessure. Car oui, il y aura un retour.

Et comme le hasard fait bien les choses, il signera chez les Timberwolves de Minnesota, franchise qui l’avait drafté. Comme pour boucler la boucle. Roy n’est plus que l’ombre de lui même (5,8 points, 2,8 rebonds, 5,6 passes), et décide d’arrêter à nouveau sa carrière à l’issue de cette saison 2012-2013 où il n’aura disputé que cinq rencontres.

La brillante reconversion

Aujourd’hui, Brandon Roy s’est reconverti dans le domaine du coaching et exerce ses fonctions dans sa ville natale, Seattle, au lycée Nathan Hale. Avec succès d’ailleurs car au terme d’une saison parfaite (29 victoires en autant de matchs), il remporte le titre de Coach de l’Année en High School !

Une très belle récompense pour un homme qui aura laissé la santé sur les terrains, et qui cherche désormais à transmettre son savoir faire offensif et sa rage de vaincre aux plus jeunes.

Pour terminer, j’aimerais te remercier Brandon. Car en si peu de temps, tu auras réussi à faire rêver nombre de fans de la NBA avec des actions de grande classe, un état d’esprit irréprochable, une détermination qui t’a permis de soulever des montagnes. Aujourd’hui encore, les plus grandes stars ne tarissent pas d’éloges à ton encontre. Et qui sait, si tu jouais encore aujourd’hui, tu ferais peut être partie des candidats au MVP… malheureusement pour toi et pour nous, le sort en a décidé autrement. Tu laisseras une belle image d’exemplarité sur et en dehors des terrains, et c’est tout ce qui compte. Bref, merci Monsieur Roy.

Stats en carrière :

18,8 points – 4,3 rebonds – 4,7 passes – 1 interception – 0,2 contres – 1,8 balles perdues en 35,5 minutes de temps de jeu.

Distinctions personnelles :

  • Rookie Of The Year en 2007

  • Trois participations au All-Star Game (2008-2009-2010)

  • All-NBA Second Team en 2009

  • All-NBA Third Team en 2010

  • All-Rookie First Team en 2007

  • Rookie Of The Month en Janvier, Février et Mars 2007

  • Cinq fois Player Of The Week à l’Ouest