Plusieurs images peuvent venir lorsque l’on pense au quotidien d’un joueur NBA. Lorsque ce joueur a connu des heures de gloires, les trophées, la foule qui scande son nom, il doit forcément y avoir un quotidien à la hauteur de cette effervescence. De la salle d’entraînement aux strass, des matchs aux paillettes, des revenus étourdissants aux soirées endiablées. Pourtant, si vous cherchez Monta Ellis, vous le trouverez probablement sur un bord de mer, ou à bord d’un bateau aux détours de quelques parties de pêches solitaires.

Cette soudaine passion lui vint à la mort de son héro, celle de son grand-frère abattu de 2 balles dans le dos. La pêche devient alors son sanctuaire pour exorciser la perte de celui qui l’avait guidé toute son enfance, jusqu’à ce que les vicissitudes de la vie ne le changent profondément. Antwain Ellis fut le modèle de son jeune frère. Basketteur émérite, le cadet de la fratrie a toujours considéré que son frère avait tout pour devenir l’un des plus grands. Un basketteur aux qualités rares, dont héritera également le jeune Monta, mais dans un corps de 2m08.

Très tôt, Antwain a poussé son petit frère vers le sport, meilleur moyen selon lui pour ne pas se perdre dans la vie; il lui avait donné pour adage de s’entraîner chaque fois qu’il se sentirait perdu, ou qu’il ne saurait pas quoi faire, et c’est ce que fit Monta. Rapidement, les différents coachs qu’il aura au collège, et au lycée se sont rendus comptes du premier talent du jeune adolescent qu’était le sport. C’est simple, il était doué dans toutes les disciplines auxquelles il se sera essayé. Devenu en moins d’un an le meilleur joueur de Tennis de son établissement, il ne perdra pas un match de tout son cursus scolaire. En football Américain, il devient l’arme létale de son équipe, véritable machine à transformer des buts grâce à une détente, une vitesse et une adresse absolument hors normes pour un jeune de cet âge. Enfin, l’entraîneur de l’équipe de soccer (notre football), le convainc de prendre une place de gardien dans son équipe. Même si Monta n’accorde pas grand intérêt pour ce sport, il accepte pour s’amuser. Il n’encaissera que 4 buts sur le total de la saison, un véritable mur.

Pour autant, s’il est doué pour l’ensemble des sports qu’il pratique, il va vraiment se révéler dans la voie qu’avait déjà tracé son modèle : le basketball. Moins grand que son aîné, qui culminait beaucoup plus haut que ses 1m91, il n’en possède pas moins la même facilité. Au lycée, Monta va tout détruire et s’imposer comme un des lycéens les plus doué de sa génération, durant son cursus, il va remporter 129 matchs, rafler 2 titres de champion d’état, établir un record de points à 72 unités et planter 42 points à l’âge de 16 ans face à la célèbre Oak Hill Academy alors emmenée par le duo Rajon Rondo/Josh Smith. Sur ses 4 saisons au sein Lannier High School, il enregistrera 28,9 points, 4,9 passes décisives, 5,2 rebonds et 3,1 interceptions par match avec 46,1 % aux tirs dont 43,5 % à longue distance. Sur sa dernière saison, en 2005, qui le verra être élu meilleur lycéen avec Greg Oden, il réalise un exercice à 38,4 points, 6,8 passes, 7,9 rebonds et 4,5 interceptions par match, avec 46,0 % aux tirs dont 48,0 % à 3 points. Véritable phénomène, Monta Ellis se trouve alors face à un choix peu évident à faire. Choisir de partir à l’université, ou imiter Kevin Garnett, Kobe Bryant, ou encore LeBron James et sauter directement le pas de la NBA.

A l’époque, Monta Ellis est buté mais aussi persuadé de son talent, persuadé qu’il peut passer le cap de la grande ligue, et c’est ce qu’il fit. A l’été 2005, il annonce sa candidature pour la NBA. Le soir de la draft sera compliqué pour lui. Il est certes un super joueur, mais les franchises NBA le sentent trop immature et trop unidimensionnel pour s’imposer comme d’autres de ses aînés ayant choisi de sauter le cap sans passer par la case universitaire. Alors que la soirée se déroule, le stress monte. Il avait été préparé à ne pas être appelé dans le top 15, mais alors que son nom n’a toujours pas été mentionné à la fin du 1er tour, la pression se fait intenable. Il faut comprendre un autre aspect du problème autour du joueur. Outre l’aspect unidimensionnel, c’est à dire celui d’un énorme scoreur, il ne s’est pas montré véritablement altruiste dans ses jeunes années. Or, il fait 1m91, il est un combo-guard dans le corps d’un meneur malgré une belle verticalité. Un profil intéressant, mais souvent problématique à intégrer dans un collectif qui a fait peur à nombre de franchises. Ce seront finalement les Warriors qui se laisseront tentés par le jeune prospect, en le sélectionnant en 40eme position.

Il débarque donc en NBA, par une porte plus étroite qu’il ne devait l’espérer. Mais il a quand même réussi son pari, celui d’entrer dans la grande ligue le plus rapidement possible, et comme l’expliquera Donnie Nelson, son coach à partir de 2006, il était véritablement « un magnifique joueur » dès que son équipe l’a récupéré. Pourtant, durant ses années aux côtés de l’arrière de poche, Nelson va entraîner 2 Monta. Le premier, celui de ses jeunes années : égoïste, entêté, immature.

C’est ce Monta, sûr de pouvoir tout faire qui va débarquer dans la baie d’Oakland, alors dirigée pour une dernière fois par Montgomerry. Il arrive dans une équipe qui est alors aux mains du duo Baron Davis-Jason Richardson. Derrière la paire constituée par le Baron et le formidable athlète qu’est Richardson, la franchise propose un jeu spectaculaire. Pour autant, les résultats ne sont pas au rendez-vous et à vrai dire, Monta Ellis n’est pas particulièrement implanté dans la rotation de l’équipe. Il devra attendre le mois de décembre pour voir les terrains et marquer ses premiers points. Il verra son temps de jeu augmenter en cours de saison, et finira dans le 5 de départ en fin de saison lorsque son équipe à l’agonie lui laissera du temps de jeu, le temps de 3 matchs. Sur l’ensemble de l’exercice, il joue peu et enregistre seulement 6,8 points par match, tandis que son équipe termine l’exercice avec 37 victoires.

L’année suivante, va être bien plus réjouissante pour Monta, mais aussi le reste de la franchise. Durant l’été, mais aussi la saison, le groupe se voit renforcé. Ainsi, Stephen Jackson, Al Harrington ou encore Matt Barnes arrivent, sans perdre d’éléments de la saison passée – surtout, c’est le début de l’ère Nelson, tandis qu’Andris Biedrins progresse au poste de pivot. L’équipe ne va pourtant pas connaître une progression transcendante sur le plan collectif, mais va tout de même gagner 3 matchs supplémentaires et obtenir son ticket pour les Playoffs, en 8eme position. Et Monta au milieu de tout ça ? C’est le début de l’ascension. Il devient un titulaire incontestable de la franchise, démarre 77 matchs, pour 34 minutes de moyennes. Il marque 16,8 points et ajoute 4,1 passes sur l’ensemble de l’exercice. Aux côtés de Baron Davis qui continue sa progression, ils forment un groupe résolument tourné vers l’attaque à outrance, un climat propice pour qu’Ellis s’exprime. Le joueur de 21 ans devient rapidement un des visages préférés de l’Oracle Arena, dont il va devenir la figure de proue dans les années à venir. Dans son programme de séduction, il a intégré un premier Game Winner en carrière face aux Nets, dans un match de janvier, avant de s’adjuger le trophée de MIP (Most Improved Player). Avec un Davis à 20 points/matchs, ils sont 4 autres joueurs à compiler plus de 16pts chaque soir. Le jeu de la franchise est basé sur une multitude d’arrières et ailiers interchangeables, et Don Nelson prône un jeu qui deviendra un modèle dans la décennie suivante, avec des phases sans pivots et beaucoup de course.

C’est cette équipe qui débarque en Playoffs cette saison, pour affronter les Mavericks (67-15) d’un Dirk Nowitzki fraîchement élu MVP. Les chances pour les Warriors sont faibles, alors que Dallas joue un basket de haut niveau, et qu’eux pratiquent un jeu qui n’a jamais vraiment fait ses preuves lorsque les défenses se resserrent.

Pour l’occasion, Monta retrouve le banc, et la franchise fait la part belle au trio Davis-Richardson-Jackson. Dès le premier match, les Warriors entrent dans la série. Avec une défense surprenante, ils maintiennent les Mavs à 83 points et agressent l’adversaire derrière un énorme Baron Davis, qui résumera le match ainsi « On a faim, on a très faim et on a rien à perdre ». Après avoir perdu le second match, ils reviennent à la maison pour transformer la prise d’avantage. Et cela sera chose faite, malgré des matchs serrés, la franchise revient à Dallas avec l’occasion d’en finir. Mais l’Allemand ne tombera pas à domicile, repoussant la pression sur les Warriors qui doivent finir le travail chez eux dans une salle chauffée à blanc. Quel match ce sera ! Derrière un Stephen Jackson à 7/8 à 3 points, une défense de fer sur Dirk et les 20pts/10rbds d’un Davis blessé, la franchise l’emporte 111-86 et devient la première équipe 8eme de conférence à balayer un favori dans une série en 4 matchs gagnants. Au prochain tour, ils tomberont face au Jazz de Deron Williams, mais ce groupe vient d’écrire l’histoire.

Dans cette aventure, Monta Ellis tourne à 8pts/match en 21 minutes. Moins efficace qu’en saison régulière, il vient tout de même de vivre une aventure formatrice… Et annonciatrice du meilleur ?

Pour l’année 2007-2008, la franchise se sépare de Jason Richardson, et laisse Monta Ellis prendre définitivement le pouvoir. L’arrière opère alors un véritable virage, il ne change pas forcément ce qui fait le charme de son jeu : ses tirs clutchs, son spin-move pour finir au lay-up, et surtout la marque de fabrique de la famille le 360 layup, en partant ligne de fond. Non, le changement s’opère dans sa vie personnelle au moment où il rencontre celle qui deviendra Juanika Ellis lors d’une soirée. Son influence va commencer à se faire petit à petit, le rendant plus collectif, plus mature. Donnie Nelson considèrera que cette relation et la naissance de son premier enfant seraient les éléments déclencheurs du nouveau Monta, qui commence à se montrer par fulgurances cette saison. Pour cet exercice, il réserve plusieurs surprises, dont un nouveau record en carrière à 39 points, à nouveau contre les New-Jersey Nets. Il réalise un mois entier à 60% au tir, le tout à plus de 20 points par match, une performance très rare pour un arrière, encore plus lorsque son jeu repose sur le scoring. Il est élu joueur du mois et termine la saison à 53% au tir, à plus de 20 points. Malgré une vraie progression (48-34), ils manquent les Playoffs dans la dernière ligne droite dans une conférence Ouest historiquement compétitive : les 8 qualifiés étaient à 50 victoires ou plus.

En 2008-2009, la franchise voit Baron Davis partir aux Clippers, et érige définitivement Ellis en patron. Malheureusement, ce dernier se blesse dans un accident de scooter. Bien qu’il annonce avoir été touché à l’entraînement, sa couverture ne tient pas, et alors qu’il rate le début de saison (il reviendra fin janvier), sa franchise rajoute 30 matchs de suspension pour violation de son contrat, pour marquer le coup. Il revient fort à la fin janvier, et termine la saison avec environ 19pts/4rbds/4asts. Il ne joue que 25 matchs et l’équipe termine avec seulement 23 victoires.

A l’été 2009, la franchise sélectionne Stephen Curry pour accompagner Monta sur les postes arrières. Quant à lui, il se prépare pour ses plus belles saisons individuelles. Le Ellis plus mature est désormais là. Il électrise le public qui en devient complètement dingue, et va réaliser une saison à 25,5pts/5,5asts. Bien que trop esseulé en raison des blessures autour de lui, et des transferts douteux, il mène ses 2 acolytes Curry/Maggette et tente de maintenir l’équipe compétitive. Malheureusement, les efforts de l’arrière sont insuffisants, et la franchise ne compile que 26 victoires.

En 2010, ses Warriors sont relookés, renforcés par les arrivées de David Lee, Dorrell Wright, et la draft d’Ekpe Udoh. L’engouement de ces mouvements motivent les fans, et Monta, toujours considéré comme le diadème de la franchise entend cette fois ramener Golden State en Playoffs. Il réalise une nouvelle saison où il éclabousse la ligue de son talent. Mais il peine toujours à s’imposer comme un Franchise Player et à emmener tout le monde dans son sillage. Pourtant, il essaie durement et cela commence par un match tonitruant à 46pts (dont 18/24 au tir) dès le mois d’Octobre. Il repassera une autre fois la barre des 40 points dans la saison. Il écrit également un nouveau tir victorieux, cette fois face aux Pacers et continue d’inscrire son empreinte sur Golden State. Toutefois, véritable symbole de son incapacité à faire franchir un cap à la franchise, ce match contre les Rockets où il marque 44 points, à 15/20 au tir dont 3/4 à points, mais perd à la fin. Malgré des temps de jeu énorme et une attitude toujours plus positive il n’aide pas les Warriors à revoir la post-saison. Il termine à 24 points par match, et va tenter une dernière fois de faire briller son équipe.

L’année suivante (2011-2012), alors qu’il se prépare avec acharnement pour assurer un statut pesant, la NBA est frappée par le lock-out. Les équipes et les joueurs sont privés de contact, et la saison est réduite à 66 matchs, en étant démarrée à la hâte, sans que les coachs n’aient pu réaliser de vrais training camp. Hélas, la production individuelle de l’arrière chute, malgré un solide 21,9pts/6asts. Le 7 février, Monta Ellis va cependant réaliser un match détonnant. Il marque 48 points face à une énorme équipe d’OKC. C’est un nouveau record en carrière pour lui, et une nouvelle défaite pour son équipe. On ne sait pas si cet ultime coup d’éclat couronné d’un revers aura eu raison de la patience de ses dirigeants, mais la franchise abandonne ses ambitions autour de l’arrière, et l’envoie à Milwaukee en compagnie d’Ekpe Udoh en échange d’Andrew Bogut et Stephen Jackson. Ce 7 février fera office d’Adieu à une franchise qu’il a adoré, et qui lui a rendu encore plus par un amour indéfectible. Le lendemain de l’échange, Monta Ellis désormais associé à Brandon Jennings, affrontera…. Les Golden State Warriors à l’Oracle Arena. Pour cette soirée d’au revoir, mais aussi pour une revanche personnelle, Ellis arrive dans une équipe qui l’introduit directement dans le 5 de départ. Acclamé par la foule, il réalise un match discret mais solide (17/4/4) et sa nouvelle franchise l’emporte (98-120) dans un match à sens unique. Milwaukee ratera cependant les Playoffs.

2012-2013 est la première saison complète de Monta Ellis sous les couleurs verte des Bucks. La franchise a misé fort sur son duo d’arrière, dont le potentiel est énorme… s’ils trouvent une véritable alchimie. Monta Ellis semble différent cette saison. La ville est différente, et le joueur ne paraît pas parfaitement trouver sa place aux côtés de Brandon Jennings. Si leur entente, humainement parlant a l’air correcte, les 2 joueurs donnent parfois l’impression de se regarder jouer l’un-l’autre. Alors que l’instabilité règne en coulisse avec le licenciement de Scott Skiles, Monta Ellis rappelle tout de même à plusieurs reprises qu’il reste un brillant joueur. En février, il rajoute un Game Winner à sa collection en frappant les Rockets, d’un tir au buzzer en déséquilibre total derrière la ligne des 3 points.

Quelques semaines après ce tir retentissant, il écrase le Magic en mettant 39points, dont 25 dans le dernier quart, 19 dans les 6 dernières minutes. Alors que sa franchise est à la lutte pour les Playoffs, Ellis répond présent, malgré un environnement moins acquis à sa cause. Finalement, l’équipe obtient un résultat de 38-44. Faible, mais suffisant dans une conférence Est de bas niveau pour obtenir une 8eme place. Une 8eme place synonyme d’un coup de balais expéditif face au Heat de LeBron James. Dans ce simulacre d’affrontement, Monta sera le moins mauvais, avec 14,3pts, 5,5asts à 47% au tir.

Une sorte d’échec suffisant pour que ce soit sa dernière saison aux Bucks également. A l’été 2013, il décline son option joueur qui lui permettait de rester une année supplémentaire, et donne sa préférence aux Mavericks, qui se tournent vers lui dans un plan-B, suite à plusieurs tentatives infructueuses sur les principaux agents libres du marché. En effet, malgré de belles saisons, Monta a confirmé certaines faiblesses envisagées à sa draft. Plus mature, très clutch, il n’en demeure pas moins un joueur qui avec qui il est difficile d’associer un meneur traditionnel. Sa défense est pointée du doigt, et sa tendance à prendre le jeu à son compte trop souvent fait des sceptiques. De fait, peu d’équipes se sont jetées sur le joueur, toujours pas titré All-Star, même dans ses plus belles saisons à Golden State. Son arrivée à Dallas va cependant s’avérer intéressante.

Avec Rick Carlisle comme entraîneur, et aux côtés d’une légende du basket (Dirk Nowitzki), le rôle de Monta va changer. Plus besoin d’être le leader qu’il n’est pas, avec la possibilité de construire une relation avec un des meilleurs coachs de la ligue. Pour sa première saison à Dallas, tout ressemble à une romance. L’entente au sein de l’effectif est idyllique, et pour son premier match, il frappe la foule, et ses coéquipiers en plein cœur avec une performance à 32 points/8 passes. Accompagné de José Calderon, Shawn Marion, Nowitzki et Dalembert, il se trouve dans l’effectif le plus cohérent dans lequel il n’a jamais joué. En outre, la paire Caldéron/Ellis est complémentaire puisque le meneur n’a pas besoin de beaucoup porter le ballon, et est en prime un shooteur émérite. Si le groupe manque de défenseurs d’élite dans son 5 de départ, le banc apporte beaucoup. Ellis joue avec une sobriété que l’on ne lui connaissait pas avec tant de régularité, et il éclabousse la ligue de son talent, le tout en gagnant. Fin novembre, à l’image de cette nouvelle sérénité, il mène son équipe à un comeback brutal face aux Rockets, auquel il contribue avec 39 points et 8 passes à 13/18 au tir. Et puisqu’il est nécessaire de ne pas oublier son instinct de tueur, il ponctue la fin de l’année par un nouveau buzzer-beater face aux Blazers en décembre 2013. Alors que Lillard vient d’égaliser avec 1,6 secondes à jouer, Monta est libéré par un écran de Dejuan Blair, pose un drible et prend un long tir à 2 points. Panier. Victoire.

La saison continue de sourire au néo-Mavs, qui termine sa saison avec 19pts, 5,7asts, 3,5rbds et 46% au tir, soit 5 points de plus que la précédente. Même s’il n’est toujours pas sélectionné pour le ASG, il en fut un sérieux prétendant. Dans le même temps, il renoue avec les Playoffs, et cette fois dans une équipe ambitieuse (49-33), et avec un rôle central à jouer. Dallas joue à l’extérieur face aux Spurs, qui sortent d’une finale perdue en 2013. Grands favoris, San Antonio va cependant tomber sur un os.

Dès le Game 1, les Spurs vont comprendre que rien ne sera donné. Malgré un Tony Parker saignant en pénétration, San Antonio ne vire qu’avec un point d’avance à la pause, Monta Ellis est bien présent, notamment en second QT et termine la période avec 9 points. A 7 min du termes, les Mavs virent en tête avec 10 points d’avance. Malheureusement, les Spurs répliquent par un 15-0 pour venir reprendre et maîtriser le match, tandis que l’arrière reste muet et voit son équipe sombrer. Mais Dallas en a vu d’autres, et Monta va se mettre au diapason dès le match suivant.

Au Game 2, il va revenir dans son standard de la saison, l’excellence. Revanchards, les Mavericks vont littéralement étriller leurs adversaires, et Monta Ellis est à la fête. Plus agressif, il créé de nombreux décalages. Il est aussi opportuniste en défense et termine avec 21 points, 3 passes, 3 interceptions dans un match maîtrisé par Dallas.

De retour à la maison, ils vont assurer leur premier match. Au termes d’une rencontre étouffante, Ellis continue de prendre ses responsabilités. A 12/22 au tir, il terminera à 29 points. Toutefois, alors que celui-ci égalise d’un floater dans le trafic sur la tête de Tim Duncan, Ginobili donne 2 points d’avance, avec 1,6 secondes à jouer. Alors complètement en fusion, le coach ne va cependant pas chercher Monta pour l’égalisation ou la victoire. Utilisé comme un leurre en tête de raquette, les Mavericks trouvent Vince Carter dans le corner pour le tir de la victoire.

Malheureusement, malgré des matchs accrochés et performances solides d’Ellis (enfin… le Game4…), qui arrive à allier justesse dans le jeu et actions spectaculaires par son agilité et sa capacité à créer, Dallas va perdre les 2 rencontres suivantes. Menés 3-2, ils sont alors dos au mur à domicile, mais Monta à trop longtemps attendu de retourner en Playoffs, il a connu trop d’années de disettes pour sortir comme ça, alors il va à nouveau offrir un spectacle de haut vol dans le 6eme match.

Dallas entre de manière très agressive, et les Spurs répondent offensivement. Pour la défense, en revanche, c’est une autre paire de manche. Malgré des temps-morts et beuglantes de Gregg Popovich, le match continue de s’emballer. A la fin du 1er QT, alors que Doris Burke interroge le gourou de San Antonio, la conversation tourne court.

Quelle est votre principale frustration concernant votre défense ?

34 points. Répondra Pop.

Par la suite, la franchise aux éperons se reprend, et une bataille âpre se dessine au 4eme quart temps. Arrivé avec 3 points d’avance dans les quatre dernières minutes, Monta va sortir plusieurs actions de grandes classes. D’abord un and-one dans la raquette sur un layup, puis un nouveau floater sur la tête de Tim Duncan, suivi d’un tir à mi-distance. Mais les Spurs n’abdiquent pas, et reviennent à 2 points à quelques secondes du termes. Le moment pour Monta de terminer le match. L’équipe engage sur ce dernier, qui dribble, dribble, puis au lieu d’accepter la faute pour aller aux lancers, tente une passe risquée qui sort du terrain. Silence dans la salle, alors que le soudain manque de sang-froid du joueur pourrait coûter cher. Toutefois, il déviera la passe adverse, et sa franchise peut partir chez ses voisins Texans pour un Game 7, alors qu’Ellis a une fois de plus ajouté 29 points au total de son équipe.

Hélas, à l’image du mauvais visage de Monta ressurgissant à la fin du match précédent, les Mavs vont montrer, tout comme leur arrière leur plus mauvais visage dans ce match couperet. Massacré par des Spurs qui deviendront les futurs champions NBA, Dallas aura été la seule équipe à les pousser aussi loin dans leurs retranchements, mais aurait pu rêver plus belle fin.

Après cet échec relatif, tant la série a marqué les esprits, les Mavericks reviennent pour cet exercice 2014-2015. Exit Caldéron, Shawn Marion, Samuel Dalembert, Shane Larkin et Wayne Ellington. La franchise récupère Raymond Felton, et Tyson Chandler, mais signe aussi Chandler Parsons. En cours de saison, elle laissera partir Jae Crowder, Jameer Nelson et Brandan Wright pour Rajon Rondo et Dwight Powell. Sur le papier, Dallas s’est renforcé, sans aucun doute. Mais sur le terrain, on s’inquiète de la compatibilité Rondo/Ellis, ainsi que d’un effectif en constant mouvement et d’un banc appauvri. Sur un plan personnel, tout va bien pour Monta qui enchaîne cette saison comme la précédente, en jouant juste, collectif, et en se permettant des coups d’éclats marquant. En décembre, il marque 38 points en double prolongation contre les Bulls, et le lendemain, il se rappelle aux bons souvenirs des Bucks en plantant un buzzer-beater pour faire son cotât annuel. A 105-105, il décide de jouer l’isolation face à O.J Mayo, très en forme cette saison. Il patiente et pénètre, jusqu’à mi-distance, réalise un spin-move et prend un tir compliqué en fadeaway qui crucifie son ancienne équipe, comme il en a le secret. Quelques semaines plus tard, il égale son record de saison dans une victoire sur leur bourreau de la saison passée. Il finit l’exercice à 18,9 points par match, dans une équipe à 50 victoires. Malgré tout, à l’aube des Playoffs, les problèmes de vestiaire avec Rajon Rondo se multiplient, et la fin de saison des Mavericks laisse des doutes subsister, alors qu’ils s’apprêtent à affronter les Rockets, 2eme à l’Ouest.

Dans cette série, hélas, les doutes se confirment. L’équipe n’a pas la cohésion et solidité de l’an passé, et Rondo est exclu de la rotation. Monta va bien tenter de se battre, mais on sent que quelque chose est brisé dans l’effectif. Après avoir enchaîné 3 défaites consécutives, dont une cruelle à domicile derrière le record en carrière d’Ellis, 34 points à 15/25 au tir, les Mavericks se ressaisissent, une fois de plus portés par leur arrière, culminant à 31 points dont 13/21 au shoot. Malgré un nouveau match 5, qui confirme toute l’aisance de Monta dans le système de Rick Carlisle (25pts/7asts), les Mavericks s’inclinent.

Monta est alors agent libre, et en dépit d’un intérêt certain pour la franchise Texane, son profil de combo-guard trop petit, ne lui permettra pas de recevoir une offre de la part de Mark Cuban. En cet été 2015, Monta a fait le choix des Indiana Pacers, rejoignant une franchise en quête d’une nouvelle identité. Associé à George Hill pour sa première saison, il a monté quelques flash de son talent. Toutefois, il a peiné à retrouver son impact de ses années aux Mavericks, et son rôle n’a pas été aussi important qu’attendu. L’été suivant, il est associé à Jeff Teague, véritable meneur. Cette association a jusqu’ici été un fiasco pour Monta, qui a petit à petit perdu son rôle dans le roster d’Indiana. Alors que le brillant arrière semble rentrer dans le rang, on ne peut qu’espérer un nouveau partenaire de backcourt pour lui, ou un nouveau départ, afin de retrouver ce joueur qui, en effet, ne vous mènera pas au titre, mais possède une grâce et une facilité qui en ont fait un joueur marquant depuis son entrée dans la ligue. Les fans d’Oakland ne s’y étaient pas trompés, même dans la défaite. Monta Ellis est magique, et son frère aura eu tout le fair du monde de le pousser à suivre sa trace.