Alors que la saison 2016-2017 touche à sa fin, et en attendant de savoir qui sera le nouveau champion NBA, QIBasket a décidé de dresser le bilan de chaque franchise depuis l’année 2000. Parcours, décisions importantes : analyse des évolutions au cours des dix-sept dernières années. Silence, ça tourne : Scène 3, Los Angeles Lakers: les dynasties pourpre et or. Action !

 

Nous sommes en 2000. Enfin pas vraiment, En réalité, cette fois-ci, nous sommes en 1999. Car commencer cette rétrospective au début du millénaire ne serait ni cohérent, ni judicieux. Et en 1999, nos Lakers n’ont plus accédé aux NBA Finals depuis 1991. Ils ont même raté les Playoffs 1994 pour la quatrième fois seulement de l’Histoire de la franchise. Histoire avec un grand H, oui, car nous parlons ici de la seconde franchise la plus titrée de la Ligue. Celle qui a vu Kareem Abdul-Jabbar, Magic Johnson, Elgin Baylor, James Worthy, ou encore Jerry West portée aux sommets les couleurs pourpre et or.

Jerry West justement, parlons-en. The Logo a été intronisé General Manager de la franchise en 1982. Depuis ? Trois titres, avec ce bon vieux Pat Riley à la tête de l’équipe. Et puis arrive l’été 1996. Car c’est bien lors de cette intersaison que va se jouer l’avenir de LA. Tout d’abord parce que Shaquille O’Neal, pivot déjà dominant du Magic, rejoint la Cité des Anges, suite notamment à des rapports devenus compliqués avec l’autre star d’Orlando, Penny Hardaway (tiens donc, un prémice ?).

Mais aussi et surtout, Kobe Bryant est drafté par… Les Hornets, en 13ème position. Ce sacré Jerry, qui a flairé le bon coup, envoie son pivot titulaire Vlade Divac à Charlotte et récupère le jeune tout juste sorti de High Scool. Bien que prometteur, il est encore loin du Black Mamba. Mais quelle audace, quelle confiance en soi, qu’il démontrera de la manière la plus incroyable lors des Playoffs 1997 : Game 5 crucial, retard à combler en fin de rencontre, mode super-héros activé pour le rookie et… 3 airballs bien dégueulasses. Personne ne voulait prendre ces tirs, le rookie les a pris. Et loin de ruiner sa carrière, ils serviront de fondations à un avenir légendaire.

La suite pour les Lakers ? Une branlée en finales de conférence 1998 face au même Jazz (qui se fait désosser à deux reprises par les Bulls de MJ, rappelons-le), et un nouveau sweep en demi-finales face aux Spurs futurs champions en 1999.

En route pour le three-peat

Oui, nous sommes clairement remontés plus loin que 2000. Mais cela est nécessaire pour comprendre où en sont les Lakers lorsque Jerry West, encore lui, décide d’ajouter un nouvel élément dans l’équation : Phil Jackson. Auréolé de ses 6 titres à la tête des Bulls, et après une année sabbatique, le Zen Master ramène sa fameuse attaque en triangle en Californie. Le début d’un véritable carnage. 67 victoires, et la première place de la Ligue. A une époque où la défense en zone est encore interdite, ce système tactique aujourd’hui particulièrement apprécié des fans des Knicks nous a permis de vivre une domination encore jamais vue en NBA : celle du Shaq. Oui, sa Majesté Jordan a dominé la Ligue pendant des années par l’ensemble de ses qualités techniques et physiques. Oui il est le meilleur joueur de l’Histoire (et le restera ?). Mais a-t-on déjà eu une telle impression visuelle avant et après le Shaq de cette saison 99-2000 ? Non. 29,7 points, 13,6 rebonds, 3 contres de moyenne pour le Big Diesel. Le triangle demande des joueurs intelligents et en mouvement perpétuel, et favorise finalement l’isolation d’un joueur en position dominante. Bryant, Rice et cie collent à ces exigences, et O’Neal écrase ses adversaires, au sens propre comme au figuré. Le pivot est un monstre de déplacement et de puissance, et son jeune coéquipier est un génie technique et très à l’aise au poste bas.

Avec ce Kobe Bryant en pleine explosion (22.5 points de moyenne), celui qui sera élu co-MVP du All-Star Game et MVP de la saison emmène les Lakers en Playoffs une nouvelle fois. Mais cette fois, les deux stars et les role players (Glen Rice, Ron Harper, Robert Horry, etc.) qui les entourent sont inarrêtables. Au premier tour, les Kings, plus équilibrés au niveau du scoring, s’accrocheront mais finiront par s’incliner en 5 manches. Derrière, ce sont les Suns qui subissent la loi des Lakers. En finales de conférence, les bouchers Blazers les emmènent jusqu’à un Game 7 bouillant au cours duquel Los Angeles accuse un retard de 15 points. Remontée fantastique dans le dernier quart temps, et ce alley-oop mémorable de Kobe pour Shaq qui tue le match. Les Lakers filent en Finals, et les Pacers de Reggie Miller ne pourront que constater les dégâts du pivot, qui termine meilleur marqueur de chaque rencontre, et à 38 points et 16,7 rebonds de moyenne sur la série. Impressionnant. MVP des Finals, O’Neal est alors le troisième joueur de tous les temps à recevoir les 3 trophées de MVP au cours de la même saison.

La dynastie à son apogée

Nous sommes en 2000, enfin. On se dit alors que la saison ne peut être qu’un remake de la précédente. Et pourtant. 56 victoires « seulement », un jeu moins étincelant, malgré un grand Shaq et un Kobe atteignant les 28,5 points de moyenne, et le doute commence à entourer ces Lakers orphelins de Glen Rice. Pourtant, lorsque les Play-offs 2001 arrivent, c’est un véritable rouleau-compresseur qui se met en marche. Les Blazers au premier tour, les Kings au suivant, et même les Spurs de Popovich-Duncan en finales de conférence, tous mangent le même menu : le duo Kobe-Shaq, un collectif retrouvé, et un sweep bien violent à l’arrivée. Pop est en admiration devant le Mamba, dont le Shaq dit qu’il est clairement le meilleur joueur du monde et qu’il adore jouer avec lui. Pour l’instant.

Les Lakers se pointent donc en Finals sans avoir perdu un seul match. C’est seulement la deuxième fois qu’une équipe réalise cet exploit après… les Lakers de Magic. Ils seront imités quelques années plus tard par une certaine équipe venant d’une Baie légèrement plus au Nord… Face à eux, les Sixers du MVP et meilleur scoreur de la Ligue Allen Iverson, et du Defensive Player of the Year Dikembe Mutombo. Les deux joueurs ont impressionné en Play-offs, se partageant toutes les meilleures statistiques offensives et défensives. Et lors du Game 1 au Staples Center, ce sont ces deux lascars qui permettront aux leurs de l’emporter à la surprise générale. 48 points pour Iverson, 16 rebonds pour Mutombo. Les Lakers sont assommés, et l’on se dit que ces Finals seront peut-être plus accrochées que prévu. Mais les ressources Angelenos sont plus nombreuses, et The Answer trop esseulé en attaque. Los Angeles remporte les 4 matchs suivants, sans vraiment trop de difficultés. Shaq est à nouveau élu MVP des Finals, et les Lakers réalisent le Back-to-back après avoir été décriés lors de la saison régulière.

La saison 2001-2002 ressemble à la précédente. L’équipe repose sur ses deux stars, Derek Fisher a pris de l’importance, et des joueurs de devoir complètent l’effectif. La saison régulière reste solide sans être impressionnante, et les Lakers terminent à la 3ème place de l’Ouest (58-24). Doit-on vraiment parler du 1er tour et du nouveau sweep infligé aux Blazers ? Non. En revanche, il est important de signaler qu’en demi-finales de conférence, les Lakers se débarrassent en 5 manches des Spurs et du MVP Tim Duncan. Au cours de cette série, l’écart final ne dépassera jamais 10 points, et Timmy est monumental, avec ses presque 30 points de moyenne. Kobe lui répond mais surtout, l’impact du Shaq au scoring est limité. Néanmoins, les Lakers remportent les deux matchs dans le Texas et finiront le travail à la maison, malgré un Duncan à 34 points et 25 rebonds.

En finales de conférence, c’est un os qui les attend. Les Kings ont terminé la saison régulière avec 61 victoires, et le jeu proposé par la bande à Webber et Stojakovic est des plus intéressant. Les hommes de Rick Adelman n’ont battu Los Angeles qu’une fois en 4 rencontres en régulière, mais c’est un autre combat qui sera proposé aux Lakers. On s’attend à une série accrochée, et le spectacle sera au rendez-vous, avec 7 matchs d’une intensité incroyable. Les pourpre et or arrachent le premier game à Sacramento, et les Kings le premier au Staples Center. On se rend coup pour coup, et les Lakers sont menés 2-1 avant un Game 4 qui entrera dans l’histoire. Un peu moins de 10 secondes à jouer au Staples, 99-97 en faveur des visiteurs. Balle Kobe, qui pénètre, et manque son tir. Shaq est à la claquette, la gonfle roule sur le cercle, ne rentre pas. Vlade Divac, l’ancien de la maison, repousse la balle comme il le peut, plein axe. Erreur fatale. En tête de raquette, Robert Horry attend. Et lorsque Robert Horry prend un tir en fin de rencontre, ça fait souvent filoche. 3 points, game winner, et les Lakers qui égalisent. A 10 secondes près, les Kings auraient mené 3-1 dans la série et auraient pu terminer à la maison. Le game 5 sera remporté sur un game winner de Mike Bibby, et les Kings arrivent à Los Angeles le couteau entre les dents pour le Game 6. Un énorme Chris Webber, un match superbe des Kings que l’on voit l’emporter mais voilà, l’arbitre Donaghy en avait décidé autrement. A 10 secondes du terme, il ne signale pas une faute pourtant évidente de Kobe sur Bibby, qui oblige les Kings à faire faute sur lui pour l’envoyer sur la ligne. Le Mamba tue le match, et les Lakers terminent la série au Game 7 à Sacramento avec un énorme Shaq.

Les Nets de Jason Kidd et Kenyon Martin se dressent devant eux en Finals. Enfin, se sont dressés lors de la présentation des joueurs. Parce qu’ensuite… Un Big Diesel retrouvé à 36,3 points sur la série, des matchs 1 et 3 certes serrés et décidés sur des lancers de Rick Fox, et au final un sweep sévère pour ces Nets plaisants à voir jouer. Mais les joueurs pourpre et or sont trop bien organisés, trop expérimentés, et ils réalisent un three-peat historique pour la franchise. O’Neal est à nouveau élu MVP des Finals, égalant Jordan avec trois titres consécutifs.

Difficultés et première tentative de super team

Los Angeles entame la saison 2002-2003 avec le four-peat en ligne de mire. Le roster est sensiblement identique, pourtant quelque chose semble cassé dans cette équipe. Peut-être que l’on peut également invoquer la question de la défense en zone, désormais autorisée, et qui limite l’efficacité du jeu en triangle et de la domination outrageuse du Shaq. Les Lakers ne terminent qu’à la 5ème place d’une conférence Ouest de nouveau dominée par les Spurs. Ces derniers les élimineront d’ailleurs sans grande discussion en six matchs lors des demi-finales de conférence.

La saison suivante, d’énormes attentes pèsent sur la franchise. En effet, les dirigeants ont décidé de faire signer Karl Malone et Gary Payton. Certes vieillissants, ils restent des chasseurs de bagues futurs Hall of Famers, et forment alors un Big Four prêt à tout détruire. Cependant… Le Shaq connait de nouvelles blessures, tout comme le Facteur. Mais surtout, Kobe est empêtré dans une affaire de viol présumé et régulièrement absent pour son procès. Enfin, la paire Big Diesel-Black Mamba ne peut plus se sentir. A coups de fions balancés par presse interposée, l’un reproche son manque d’altruisme à l’autre, qui l’invite gentiment à lui lâcher la grappe. Ambiance… Malgré cela, le bilan reste très correct (56-26) et la saison 2003-2004 se termine à la 2ème place derrière les Wolves (Oui oui, les Wolves ! Bon en même temps avec KG en mode énervé…).

Les Rockets tombent au premier tour, et la revanche des demi-finales de conférence face aux Spurs se profile. A nouveau 4-2, mais dans l’autre sens cette fois. Le « duo » Shaq-Kobe réalise une superbe série. Les deux équipes remportent les matchs à domicile. Et nous offrent un final incroyable lors du Game 5 à San Antonio. Kobe donne d’abord un point d’avance à ses Lakers à 12 secondes du terme. Temps mort Spurs, ballon pour Tim Duncan. Duel hardcore avec Shaq, tir sur la tête du pivot, ficelle. Sans la planche. 0.4 secondes à jouer. Les fans exultent, le banc aussi. Temps mort Lakers. Remise en jeu, Shaq et Kobe sont muselés, ballon dans les mains de Derek Fisher. Turn around shot, buzzer beater. Les arbitres reverront les images, mais le verdict est indiscutable. Les Lakers prennent le match et s’imposeront chez eux pour clore la série. Direction les finales de conférence, au cours desquelles ils imposeront leur loi en réalisant un bel upset (4-2) face aux Wolves du MVP Kevin Garnett, trop esseulé. Mais en Finals, les pourpre et or vont tomber de très haut…

Face à eux, des Pistons pourtant inexpérimentés à ce niveau, que peu voient empêcher les Lakers de retrouver le fauteuil de champion. Mais le collectif parfaitement huilé et la défense de fer organisée par Larry Brown ne laisseront aucune chance à Los Angeles, qui lâche même le Game 1 au Staples Center. Le Game 2 est arraché grâce à un buzzer beater de Kobe pour aller en prolongations mais les Lakers ne feront jamais illusion pendant ces Finals. En interne, les conflits se poursuivent et la blessure de Malone ne fait qu’enfoncer le clou.

La dynastie est désormais clairement tombée du côté de la Californie. Deux saisons sans titre, le clash entre les deux superstars, rien ne va plus dans la Cité des Anges, et l’été 2004 sonne le début de la reconstruction à LA. Derek Fisher, membre important dans la conquête du three-peat, rejoint les Warriors en tant qu’agent libre, les dirigeants ne voyant en lui qu’un role player dont le statut a clairement régressé. Payton s’en va après une seule saison, le Facteur Malone prend sa retraite, et le Shaq est dégagé/transféré à Miami en échange de Lamar Odom, Caron Butler et Brian Grant. Sur le papier, ce trade parait bien foireux. Mais en réalité, si les deux derniers cités n’apporteront jamais grand-chose aux Lakers, ce n’est pas le cas d’Odom. En attendant, c’est une saison bien galère qui attend les fans Angelenos. Phil Jackson a aussi décidé de quitter le navire, après sa première défaite en Finals (en 10 participations, sans pression). Tomjanovich, couronné avec les Rockets dans les années 90, le remplace, mais doit démissionner à cause de problèmes de santé au milieu de la saison. Seulement 34 victoires malgré l’apport de Butler et Odom et l’avenir s’assombrit pour la franchise qui rate les Playoffs pour la première fois depuis 1994. Le temps de la reconstruction est clairement venu, et le GM Mitch Kupchak parvient à convaincre le Zen Master de revenir à la tête de l’équipe à l’été 2005.

La domination stérile du Black Mamba

Andrew Bynum vient d’être drafté, l’équipe est rajeunie avec notamment le sophomore Luke Walton mais aussi la venue du génie et futur Hall of Famer Kwame Brown (drafté en première position par Washington en 2001, rappelons-le quand même). Toujours est-il qu’autour d’un Kobe Bryant monstrueux (presque 36 points de moyenne sur la saison, effaçant au passage le record de la légende Elgin Baylor), les Lakers remportent 45 matchs et accrochent les Playoffs. Le Mamba est élu dans la All-NBA First Team, la NBA All-Defensive team et nommé à plusieurs reprises joueur du mois et de la semaine à l’Ouest. Cependant, il ne sera pas élu MVP, devancé par Steve Nash (qui réalise le back-to-back). Encore aujourd’hui, ces deux titres sont contestés : le premier par rapport au Shaq et sa première saison au Heat, et surtout le second au vu du carnage réalisé par le Mamba. Et ce ne sont pas les Raptors qui diront le contraire, eux qui ont subi le carton le plus impressionnant depuis que Chamberlain est sorti du circuit : 81 points un soir de janvier 2006, le 22 pour être exact. Un chef d’œuvre à la Kobe, en soliste, pour un spectacle irréel et qui marquera l’Histoire à jamais.

Malgré cela, les Lakers ne franchiront pas le premier tour de postseason, stoppés par… Les Suns de Nash. Ils passent pourtant tout près d’un upset incroyable, en menant 3-1 au terme d’un Game 4 monumental remporté sur un buzzer beater de Kobe en prolongations. Mais les Angelenos s’effondrent et seront défaits assez nettement lors des trois rencontres suivantes. Cependant, l’espoir revient du côté des fans qui abordent la saison 2006-2007 avec plus de confiance.

Un bon début de saison mais au fil des matchs, l’effectif montre ses limites malgré un Kobe ayant troqué son numéro 8 pour le 24 et toujours en feu (avec une fameuse série de 4 matchs consécutifs à plus de 50 pions). La faute également aux blessures d’Odom et Walton. Ils arrachent les Playoffs de justesse (42 victoires, 7èmes à l’Ouest), mais seront cette fois nettement dominés par les Suns, en 5 matchs. Les deux leaders Angelenos sont trop esseulés face au collectif rodé et l’attaque rapide des cactus. A nouveau, on se demande comment les Lakers vont pouvoir repartir de l’avant. Pire, Kobe est au bout du rouleau et demande son transfert, avant de se raviser. Pour le rassurer, les dirigeants font revenir Fisher, et l’éclosion de Bynum est également prometteuse pour l’avenir. Cependant, l’ambiance est morose au sein de l’effectif suite à cette intersaison 2007 mouvementée.

Malgré cela, les Lakers réalisent un début de saison surprenant, avec notamment de bonnes performances contre les grosses écuries de la Ligue. Les remplaçants (Turiaf, Walton, et le jeune arrivé Trevor Ariza) sont au diapason, et Kobe est plus collectif que jamais (si si !). Et en février, Kupchak réalise un échange qui va faire des Lakers un prétendant au titre à nouveau. En effet, Pau Gasol est récupéré de Memphis en échange de deux tours de draft, l’escroquerie Kwame Brown, et les droits sur la draft du frérot Marc Gasol. Efficacité immédiate, le bourreau de Villeneuve d’Ascq s’entend rapidement avec le Mamba et s’avère parfait pour relancer l’attaque en triangle de Phil Jackson. Pivot intelligent et doté d’un QI Basket (dédicace !) au-dessus de la moyenne, il régale à la mise en place des systèmes en tête de raquette et les Lakers terminent la saison au sommet de l’Ouest (57-25). Kobe est enfin élu MVP, avec des stats toujours aussi énormes (28,3 points, 6,3 rebonds, 5,4 passes).

Lors des Playoffs 2008 et malgré l’absence de Bynum pour le reste de la saison, ils massacrent les Nuggets au premier tour (4-0), avec notamment Bryant à 49 points et 10 passes lors du Game 2. En demi-finales, c’est le Jazz du jeune Millsap qui tombe en six rencontres. 2-2 dans la série, avant que Los Angeles n’enchaîne deux victoires ultra collectives et aille affronter les Spurs en finales de conférence. Une série au cours de laquelle Kobe reprendra son costume de super-héros (presque 30 points de moyenne) face au Big Three du Texas, pour décrocher de nouvelles Finals et une affiche de rêve face au rival historique du Massachusetts, les Celtics, qui, on le rappelle, sont armés à cette époque de leur Big Three Pierce-Garnett-Allen, fourni par le fantasque et génial Rondo. Ces derniers remportent les deux premiers matchs à Boston, et alors que les Lakers sont revenus et mènent de 24 points dans le Game 4, ils vont complètement s’effondrer pour réaliser le plus gros choke de l’histoire jusqu’alors. Los Angeles prendra le Game 5 à la maison, avant de se faire littéralement détruire lors du Game 6 à Boston, 131-92. – 39 pour perdre le titre, l’humiliation est totale pour les Californiens.

Le retour du titre

Le couteau entre les dents, les Lakers réalisent une saison 2008-2009 exceptionnelle, terminant avec 65 victoires. Bynum est revenu, Odom joue le 6ème homme de luxe, l’effectif est resté le même et ça marche. Évidemment sélectionné (pour la 11ème fois) pour le All-Star Game, Kobe est élu co-MVP du match des étoiles en compagnie de… Shaq ! En Playoffs, le Jazz tombe à nouveau, suivi des Rockets (privés de leurs stars Mc Grady et Yao Ming) au terme d’une belle série en sept matchs et d’un superbe Game 7 de Gasol. En finales de conférence, les Lakers retrouvent leurs dauphins à l’Ouest, les Nuggets, et les éliminent sans grandes difficultés (4-2) malgré le duel entre les deux prodiges Kobe (deux matchs à 40 et 41 pions) et Carmelo Anthony.

Lors des Finals, ils sont opposés à la jeune équipe du Magic, totalement inexpérimentée à ce niveau de la compétition. Malgré un collectif intéressant et un énorme Dwight Howard (Défenseur de l’année et 15 points/15 rebonds sur la série), les Lakers dominent ces Finals et l’emportent en cinq manches. Kobe est énorme sur la série, et Derek Fisher d’une importance capitale au cours du Game 4, en permettant d’arracher une prolongation qui sera victorieuse sur le parquet d’Orlando. Le trophée O’Brien revient dans la Cité des Anges après sept années de disette ; le 10ème pour Phil Jackson, le 4ème pour le Black Mamba.

Le début d’une nouvelle dynastie pourpre et or ? On peut le penser, car l’effectif tourne à plein régime. Sans écraser la NBA, les Lakers ont des certitudes, articulées autour de leur nouveau duo star et de role players dévoués et efficaces. Kobe, s’il n’est pas aussi impressionnant visuellement que lorsqu’il jouait (complètement) en solo, est un vrai leader et vient d’être élu MVP des Finals. Gasol a pris la place du Shaq, certes dans un style complètement différent, mais d’une efficacité redoutable.

Les Lakers sont donc logiquement favoris à leur propre succession au départ de la saison 2009-2010, renforcés par l’arrivée de Ron Artest en provenance des Rockets (Trevor Ariza faisant le chemin inverse). Une régulière difficile pour Kobe, blessé pendant plusieurs mois et qui ratera notamment le All-Star Game. Pourtant, le Mamba continue de taper des records au scoring, gravissant les échelons des meilleurs marqueurs all-time. Les Lakers terminent à nouveau en tête de la conférence Ouest et attaquent les Playoffs face au Thunder. Une série difficile (4-2) avec un Mamba toujours en délicatesse avec son doigt fracturé et qui devient tout de même le meilleur marqueur de l’Histoire des Lakers en Playoffs devant The Logo. Au tour suivant, l’arrière a retrouvé ses moyens physiques et LA explose encore Utah avec un gros sweep.

Les Lakers retrouvent Phoenix en finales de conférence (ça faisait longtemps). 2-2 avant le Game 5 au Staples Center. Moins d’une minute à jouer, et les Lakers mènent de 3 points. Nash manque son shoot, prend son rebond, passe à Richardson, qui loupe. Rebond offensif Suns, balle à nouveau pour Richardson, ficelle avec la planche. 10 secondes à jouer pour éviter une prolongation peu enviable. La gonfle pour Kobe, bonne défense des cactus, et… Airball (souvenir souvenir…). Mais ce bon vieux Ron Artest, pas encore Metta World Peace, se trouvait par là et vient finir près du cercle. Victoire des Lakers, qui iront chercher le Game 6 dans l’Arizona avec un bon Mamba pour retrouver les Finals… Face aux Celtics ! La revanche de l’humiliation subie en 2008, les Lakers n’attendaient que ça… Et nous aussi par ailleurs, on ne demandait qu’à voir.

La revanche des Lakers

Le Big Three est certes légèrement sur le déclin, Boston n’ayant terminé que 4ème à l’Est. Mais cette série se jouera jusqu’au bout des sept matchs. Les Celtics prennent le Game 2 à LA ? Les Lakers prennent le Game 4 au TD Garden. Et alors qu’à cette époque le cinquième match se joue encore chez le moins bon bilan en saison régulière, les hommes en vert prennent l’avantage malgré un Kobe à 38 points. Les quatre fantastiques sortent un match superbe, serré jusqu’au bout et qui s’achèvera sur la ligne des lancers. Les Lakers à nouveau battus par le rival de toujours ? Pas cette fois. Cette fois, les hommes de Phil Jackson sont en mission, et jouent (potentiellement) deux fois à la maison. Pau Gasol est brillant, Ron Artest est clairement le facteur X, et Lamar Odom joue son rôle à merveille en sortie de banc (il a d’ailleurs été élu Sixth Man of the Year cette saison). Le Game 6 se transforme en blow-out retentissant, avec des Celtics limités à 69 points et aucun joueur n’atteignant la barre des 20 points. Les Lakers ont sorti les barbelés, et prennent un net avantage psychologique avant le Game 7, toujours au Staples. Une fin de match asphyxiante au cours de laquelle Gasol se montrera précieux, permettant aux Angelenos de conserver 3 points d’avance au minimum. Malgré les assauts incessants, malgré la tension ambiante, les lancers de Kobe et Vujacic et surtout un 3 points d’Artest à une minute du terme permettent aux Lakers de réaliser le back-to-back. Surtout, ils prennent leur revanche après la déconvenue infligée par les Celtics deux ans plus tôt. Kobe, qui remportent son 5ème titre, tout comme Derek Fisher d’ailleurs, est à nouveau nommé MVP des Finals. Quand le Shaq n’est pas là, le Mamba danse.

En route pour… Rien du tout

Qui peut donc prédire un avenir sombre à LA ? Matt Barnes et Steve Blake viennent renforcer le roster, qui ne perd pas ses stars et ses membres clés. La saison 2010-2011 est pourtant un ton en dessous, la faute à une fin de saison catastrophique. On notera tout de même titre de MVP du All-Star Game pour Kobe sur son parquet. Les Spurs dominent la conférence Ouest, ne laissant que la 2ème place aux Lakers en quête d’un second three-peat. En Playoffs, les Hornets de la Nouvelle-Orléans leur posent d’énormes problèmes, avec un certain Chris Paul à la mène (on reparlera très vite du bonhomme, dans un autre contexte). Les Lakers se sortent du piège en six manches, et se retrouvent face aux Mavs en demi-finales de conférence. Pas de chance, car c’est l’année de Dallas et de son allemand. Et le Game 1 au Staples est l’illustration de la série. 94-91 après un panier de Kobe. Dirk réduit l’écart à 1 point à 40 secondes de la fin. Moment choisi par le Mamba pour perdre un ballon sur une passe bien dégueu. S’ensuit une faute pas obligatoire de Gasol sur Dirk, qui ne tremble pas sur la ligne. Un point d’avance pour Dallas, et une nouvelle perte de balle, cette fois signée Pau Gasol, et Jason Kidd (qui a réalisé l’interception) finit le travail aux lancers. Le duo des Lakers a failli. Et les californiens ne s’en relèveront pas. Cette équipe des Mavericks est trop collective, trop bien organisée autour de sa seule vraie grande star (Kidd étant sur la fin). Ils remportent le Game 2 sur le parquet des Lakers, déboussolés, et enchainent à la maison. Kobe et les siens subissent alors une incroyable humiliation lors du Game 4 (122-86) et sortent de ces Playoffs la tête basse. Pas de 4ème three-peat pour Phil Jackson, qui quitte le navire comme annoncé en début de saison.

Mike Brown le remplace, et quelques jeunes joueurs font leur arrivée, notamment Ramone Sessions qui réalisera une saison surprenante. Le lock-out retarde le début de cette saison 2011-2012, et l’été californien est rythmé par les rumeurs incessantes de trade impliquant Pau Gasol et Chris Paul. L’association éventuelle avec Kobe fait rêver tout le monde sauf les instances de la Ligue (alors propriétaire des Hornets), qui décide de bloquer le transfert. CP3 rejoint les voisins des Clippers, et la rage des fans Angelenos est à son comble. Pire, Gasol sera sujet aux rumeurs de trade toute la saison, ce qui affecte son rendement. En février, Lamar Odom est envoyé chez les… Mavs champions en titre, contre quelques tours de draft et des billets verts. Derek Fisher est échangé contre Jordan Hill, mais rejoindra le Thunder dans la foulée.

La saison régulière est difficile (pour l’époque, on peut dire difficile) en Californie malgré une solide raquette Bynum-Gasol, et une 3ème place à l’Ouest derrière San Antonio et OKC. Un premier tour de Playoffs compliqué face aux Nuggets déjà pénibles à jouer, qui se décidera en sept matchs. Mais Kobe est trop seul. Même si Gasol apporte toujours beaucoup, sa contribution se fait moins importante. D’autres diront que le Mamba phagocyte le jeu. Quoiqu’il en soit, l’obstacle Thunder et son quatuor Durant-Westbrook-Harden-Ibaka est trop grand pour les Lakers. Illustration parfaite de notre propos précédent, les 32 points de moyenne sur la série de Kobe, et seulement 12 pour Gasol. Le Thunder continue sa route jusqu’au Finals et le Heat de LeBron (coucou KD). Les Angelenos rentrent à la maison une nouvelle fois au deuxième tour. Les fans sont frustrés, le numéro 24 aussi, et les dirigeants décident de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière en recrutant du lourd.

Et si on remontait une super team? Mauvaise idée

Steve Nash, agent libre au terme de son contrat avec Phoenix, signe pour 3 ans. A 38 ans, il est certes sur le déclin mais reste un meneur de haut niveau et un passeur de génie. Gasol reste dans la Cité des Anges, et le 10 août 2012, un trade impliquant quatre franchises (Denver, LA, Philly, Orlando) est annoncé : Dwight Howard, le pivot star du Magic, trois fois défenseur de l’année et second au vote du MVP en 2011, rejoint les Lakers. Faire venir un pivot ultra-dominant pour accompagner Kobe, une bonne idée ? A double-tranchant va-t-on dire. Pendant ce temps, Andrew Bynum rejoint les 76ers. Nash-Bryant-Metta World Peace-Gasol-Howard. Le cinq majeur a de quoi faire trembler n’importe quel coach, et les Lakers sont logiquement vus comme de très sérieux prétendants à la succession du Heat.

La suite ? Un flop monumental. L’association Shaq-Kobe avait tenu cinq ans, apportant 3 titres à la franchise, avant d’éclater complètement. Celle formée avec Howard ne tiendra que quelques semaines, avant que le pivot ne s’agace de son rôle de deuxième option offensive. S’il se réveille en deuxième partie de saison, retrouvant des lignes statistiques dignes de ses années Magic, la saison régulière est très décevante. Mike Brown est rapidement remercié, Bikerstaff assure l’intérim, et Mike d’Antoni arrive avec l’espoir de reproduire les belles années Suns avec son meneur. Mauvais choix, encore une fois. Le banc (Clark, Blake, Meeks, Jamison) apporte peu, et le collectif ne tourne pas bien. La preuve avec un Nash à moins de 7 caviars par match sur la saison ! Et comme un malheur ne vient jamais seul, ce qui pouvait arriver de pire à la franchise se produit. Lors d’une rencontre face aux Warriors en fin de saison, Kobe s’effondre. Verdict, rupture du tendon d’Achille. Subir cette blessure à 34 ans, c’est l’annonce d’une fin de carrière difficile, la fin du Mamba tel que nous le connaissons. Sans lui, les Lakers arrachent les Playoffs (45 victoires seulement), et iront se faire détruire par les Spurs sur un sweep retentissant. Les Angelenos sont plus bas que terre, le recrutement est un échec total. Howard n’avait plus qu’une année de contrat lors de son transfert. Il rejoint les Rockets, libre. Nash n’est plus que l’ombre de lui-même. Gasol a subi l’arrivée de Dwight, réalisant sa plus mauvaise saison au scoring, et doit se faire opérer pour des problèmes de genoux. Kobe est convalescent de la plus lourde blessure à supporter pour un joueur NBA. Earl Clark, Chris Duhon, Devin Ebanks, Andrew Goudelock, Antawn Jamison, et Darius Moris s’en vont également, tout comme Metta World Peace qui rejoint les Knicks.

Oui, au départ de la saison 2013-2014, l’effectif des Lakers est ruiné et fait peine à voir. Heureusement, le convalescent Kobe fait tout pour que sa franchise de toujours puisse se reconstruire, en demandant (et en obtenant bien sûr, merci Mitch et les Buss) une prolongation de contrat de deux ans pour le salaire max. Il revient en décembre, joue 6 matchs, se fracture le genou gauche. La saison est déjà flinguée pour les pourpre et or qui finiront avec un bilan pitoyable de 27 victoires, avant derniers de la conférence Ouest, notamment à cause d’une défense immonde. Première année sans Playoffs, pas la dernière. A l’été 2014, Gasol rejoint les Bulls, et les Lakers draftent Jordan Clarkson et Julius Randle. Jeremy Lin arrive après un passage décevant à Houston. Et l’on repart pour une saison horrible, avec une nouvelle 14ème place. Pendant ce temps, Kobe est revenu, est devenu le 3ème meilleur scoreur all-time, et se flingue l’épaule, pour une nouvelle fin de saison prématurée. Avec le 2ème pick de la draft 2015, ils sélectionnent le futur GOAT D’Angelo Russell.

Quel avenir sous le soleil californien?

Russell, Randle, un Kobe au bout du rouleau physiquement et des génies tels que Nick Young (le mentor de D-Lo) ou Marcelo Huertas et devinez quoi ? La dernière place de l’Ouest cette fois ! Finalement, tout ce que nous aura offert cette année 2015-2016, c’est le jubilé du Mamba sur toute la saison, avec en point d’orgue ce dernier match à 60 points face au Jazz. Encore une illustration de la relation de la franchise avec son enfant prodige : quel choix entre l’avenir de l’équipe et le délire offert à sa star ? La Cité des Anges dans toute sa splendeur, poussant le culte de la personnalité à son paroxysme.

C’est donc à nouveau le 2ème pick de draft que décrochent les Lakers, et Brandon Ingram rejoint les Angelenos pour tenter de remplacer le Mamba. Lors de cette intersaison 2016, les dirigeants ont également eu la bonne idée de filer des blindes à Luol Deng et Timofey Mozgov, et ce pour plusieurs saisons, pour le résultat que l’on connait. En revanche, Luke Walton, assistant émérite de Steve Kerr aux Warriors et habitué de la maison (il y a remporté deux titres), devient le head coach. En février, Mitch Kupchak refuse de sacrifier Ingram pour s’offrir Demarcus Cousins. Sage décision ? L’avenir nous le dira. En revanche, ce refus a coûté sa place à Kupchak, remplacé par Rob Pelinka, l’agent de Kobe. Le 21 février, la légende Magic Johnson prend les rênes des opérations basket. Un nouveau départ pour la franchise mythique ?

Comment résumer en un seul article une Histoire aussi riche. Oui, nous remettons un grand H, car en seulement 17 ans, les Lakers nous ont offert des moments Magic. Des titres, des stars, du jeu. Tout ce qu’il faut à cette ville avide de figures emblématiques. Nous vous laissons le soin de juger les décisions prises au cours de ces années, les tentatives infructueuses, la responsabilité du management dans la gestion du génie Kobe Bryant. Chacun chez QI Basket a son avis sur ses questions, mais l’important désormais pour les Lakers, c’est l’avenir. Quels espoirs, avec de jeunes talentueux mais un embouteillage annoncé à la mène ? Lonzo Ball sera-t-il le visage de LA ? Rien n’est moins sûr, car il se murmure que l’intérêt des Angelenos n’est finalement pas si prononcé que cela (merci Papa). Paul Georges ? Pourquoi pas. Une autre star ? Oui, Los Angeles a besoin de clinquant, et n’a que peu de temps à accorder. Faire oublier Kobe sera impossible, mais une nouvelle dynastie est à construire. Bonne chance Magic, t’as du pain sur la planche, et des décisions à prendre. Et des contrats foireux à dégager aussi…