Je suis née en 1967, dans l’état de Washington. A l’époque, la NBA n’est pas celle que vous connaissez aujourd’hui. Nous sommes encore loin des 30 équipes qui forment les rangs d’une ligue qui brasse des milliards de dollars. Pourtant, la ferveur est déjà au rendez-vous pour moi, et les fans arborent les couleurs jaunes et vertes, un alliage atypique qui ne manquera pas de marquer l’univers de la balle orange. Parce que oui, alors que les fondements de ma légende viennent de naître, je ne savais pas que je ferais partie du lot de franchises qui s’éteindraient avec le temps. Pour moi, ce sera en 2008, après 41 ans de bons et loyaux services rendus à la NBA, que je me verrai remplacer par l’équipe que nous nommerons « le Thunder ».

Si vous ne savez pas encore qui je suis, je me présente, je suis la franchise de Seattle, et je réponds au nom de SuperSonics. Vous pourrez trouver que mon nom est un peu abusif, certes. Mais pour ma défense, ce sont les habitants de Seattle qui l’ont choisi d’une certaine manière. Lorsque j’ai débarqué en ville, la ferveur était déjà au rendez-vous, et, au termes d’un jeu concours qui a reçu plusieurs milliers de réponses, c’est ce nom qui m’a été donné. Je suis le fruit de l’imagination de mes futurs supporters, qui m’ont dénommé ainsi en référence à la société Boeing, grand employeur qui venait de s’implanter en ville, au même moment que moi.

Dès la saison de mon arrivée, l’engouement fut au rendez-vous, bon, évidemment, les résultats ce fut autre chose. Parce que comme tous les nouveaux arrivants, j’ai connu les bas fonds de la ligue. Du coup, cette année-là on a terminé avec un bilan de 23-59. Toutefois, nous sommes déjà en train de construire quelque chose. D’abord, on a drafté Bob Rule l’été précédent, qui prend rapidement de l’ampleur. Quant à l’été ’68, on récupère Lenny Wilkens en échange de Walt Hazzard, un transfert de joueur qui s’annonce crucial pour l’avenir. Enfin, pas tout proche. Parce que ces changements ne permettent que 7 victoires supplémentaires en 68-69. Pas suffisant, pas alors que Wilkens se révèle avec 22pts et 8passes de moyenne. Du coup, on met à la porte Al Bianchi, et on met à son poste… Wilkens. Et oui, aujourd’hui, on a des entraîneurs/General Managers, mais à l’époque, c’est bien un joueur qui prend l’entraînement de l’équipe sur ses épaules. Et ça commence à payer dès la saison suivante puisque c’est bien 36 victoires que nous atteignons cette saison. Pas suffisant pour disputer les Playoffs, mais assez pour que l’on commence à jeter les projecteurs sur ma bande, et dans la foulée, on passe à 38 pour l’exercice 70-71.  C’est le moment que choisit notre General Manager pour faire l’acquisition de Spencer Haywood. A cette époque, le joueur s’est déjà fait un nom dans le mode du basket, mais pas dans l’univers de la NBA. Parce qu’aussi fou que cela puisse paraître, la NBA n’est pas la seule grande ligue aux US. Oui, l’année précédente, Haywood évolue en ABA, le grand concurrent de notre microcosme de la balle orange. Mais au termes d’une bataille terrible avec les Detroit Pistons, c’est finalement chez moi qu’Haywood vient poser ses valises. Il est alors le plus jeune MVP de l’histoire de l’ABA, et il y enregistre 30pts et 19,5rbds de moyenne. Une performance qui lui permet d’attiser de nombreuses convoitises. Convoitises dont il va se montrer digne dès son arrivée en NBA, en enregistrant 20,6 pts de moyenne en 33 matchs. Avec son aide, les « Sonics » vont changer de statut, et en 71-72, les enfants, on commence à ne plus arriver serein lorsqu’il s’agit de nous jouer. Haywood progresse encore et met 26,2pts par match, tandis que Lenny continue de nous mener vers la victoire. Les matchs s’enchaînent et à la fin de l’exercice, nous manquons certes les Playoffs en raison du niveau élevé de la concurrence, mais hé ! J’ai gagné 47 matchs.

A ce moment-là, je me suis dit qu’on y était. Qu’en seulement 5 années d’existence, j’avais réussi le pari de devenir une franchise qui comptait dans le milieu. Mais voilà que mon staff a commencé à croire trop hautement en son instinct. Voici mon cher Wilkens qui s’en va, en échange de Butch Beard en provenance de Cleveland. Vous savez quel est le résultat de cette sotte transaction ? 21 victoires de moins… On a troqué notre meneur/entraîneur pour remporter 26 victoires au total. Après ça, on m’a débarrassé du fou qui m’a séparé du héro de mes premières heures, et autant vous dire que ce qui suit est plutôt honorable.  On a réussi à engager comme Manager/coach un certain Bill Russell. Ni plus, ni moins que l’homme le plus titré de l’histoire à l’époque, et encore aujourd’hui. Avec lui, la saison 73-74 est beaucoup moins hideuse, puisque dans les pas d’un Spencer Haywood à 29pts/match, la franchise retourne à 36 victoires. L’année suivante, je fais mes premiers Playoffs, et autant vous dire qu’il y avait du vert et du jaune partout dans les gradins. Et on a pas fait les choses à moitié, puisqu’on s’est même permis de créer l’upset.. Hé ouais! Comme un symbole, on sort les Pistons, avec Haywood dont ils possédaient les droits en porte étendard. Bon, après on s’est sévèrement fait reprendre par les Golden State Warriors, ceux qui terrifient la ligue aujourd’hui. D’ailleurs, ils avaient gagné leur premier titre cette année-là. Pas d’quoi rougir pour une première.

Mais on sent bien qu’on ne fera pas mieux, et on décide de tout reprendre de 0, après s’être fait battre en demi-finale par les Suns 4-2. Alors je vais reprendre mon récit à l’été 1977, tant qu’à faire. Cette saison, on vient d’enchaîner pas mal de choix judicieux du côté de Seattle. Déjà, on a drafté successivement Dennis Johnson (arrière) et Jack Skilma (pivot), parce qu’à l’époque, un bon pivot c’est indispensable pour gagner. Je sais, aujourd’hui c’est plus le cas, mais autant vous dire que Skilma va pas mal nous aider. Dans le même temps, on récupère un autre arrière, Gus Williams, un scoreur solide qui va faire ses plus belles saisons dans la province de Washington. On ramène également Paul Silas, Marvin Webster et John Johnson pour jouer sur les ailes. Au début, je vous cache pas que c’est plutôt mal parti pour notre bande. L’équipe est plutôt jeune, et les résultats… bon… c’était pas ça. On est à 5-17 lorsqu’un certain Lenny Wilkens revient dans la franchise. Cette fois, il est juste coach, parce que le temps du ASG c’est de l’histoire ancienne pour lui…. Par contre, il sent encore bien le jeu, et on va enchaîner 42 victoires sur les 60 matchs restants pour finir à 47 victoires. J’égale mon record, et je repars à l’assaut des Playoffs. Autant vous dire qu’après un feu d’artifice pareil, on est arrivé en post-saison remontés comme jamais. Puis bon, tant qu’à carburer fort en saison régulière, autant assurer une fois que les joutes de fin d’année arrivent. Au premier tour, on tombe sur les Lakers de Kareem-Abdul-Jabbar… Aïe. Alors, si vous le connaissez pas, c’est le plus grand scoreur de tout les temps. Devant Michael Jordan, oui. C’est pas idéal pour commencer, pourtant, au meilleur des 3 matchs, menés par un Gus Williams étincelant, on vient à bout de la Cité des Anges. La série sera extrêmement tendue, mais on emporte le Game 3 à l’extérieur, pour avancer jusqu’au tour suivant. C’est là que les choses sérieuses commencent, d’une part parce que c’est en 4 matchs gagnants; d’autre part car on affronte le champion en titre : les Portland Trail Blazers. Mais on voulait aller au bout, et rien de mieux que de marcher sur le tenant du titre, 4-2 pour se faire une légitimité. A partir de là, on nous regarde d’un tout nouvel œil lorsqu’on aborde les finales de conférence. Après une série où il a fallu sortir les barbelés en défense, jouer une équipe fraîchement débarquée d’ABA, va être un défi différent. Ici, l’attaque règne en maître, sauf que Wilkens sait manœuvrer tous les types de basket, et nous allons finalement venir à bout des Denver Nuggets 4-2 également. Puis vinrent les finales. Vous savez, je les ai tellement revues en songe ces finales. On affronte alors les Washington Bullets, ceux que vous connaissez aujourd’hui comme les Wizards. Et on les tenait. Putain, j’vous jure on les tenait. On menait 3-2…. Et puis, et puis que dire. On a perdu nos premières finales, lâchant le Game 7 par 105-99, un soir de Juin ’78.

Mais vous savez, on a compris cette saison que tout était ouvert. Parce que les années 70 c’était une pause dans la domination Lakers/Celtics, et qu’il fallait profiter de ce vide pour s’installer. Et on avait faim, très faim, après cette défaite. On a pas voulu trop changer l’effectif, alors on s’est contenté d’échanger Marvin Webster contre Lonnie Shelton. Un intérieur bien plus athlétique, qui devait donner un peu de repos à Paul Silas qui commençait à grincer, avec l’âge. Que dire de cette saison régulière ? Bah on a battu un nouveau record de franchise, avec 52 victoires. 7 joueurs à plus de 10 points de moyennes, alors que Dennis Johnson et Jack Skilma, je vous en parlais, s’imposent comme titulaires. Maintenant qu’on a parlé de la SR, laissez-moi vous raconter ces Playoffs. J’attends ça depuis le début, alors concentrez-vous. A cette époque, les 2 premiers de chaque division vont directement en demi-finale, là, on attend bien gentiment Los Angeles qui vient pour prendre sa revanche. Je préfère vous dire qu’ils pouvaient se gratter pour nous faire sortir. On avait pas attendu 1 an, fait en sorte d’arriver tous en forme pour tomber dès le début. Bref, tout ça pour vous dire, qu’on a été expéditifs. Un 4-1, et on avance en finales de conférence. On y retrouve nos bourreaux de 76′, les Phoenix Suns. Pour passer, c’était une autre paire de manche. A domicile, tout s’est bien passé pour nous, le problème, c’est qu’ils nous ont rendu la monnaie de notre pièce dans leur antre. En revenant à Seattle, on était plutôt contents de sortir de l’Arizona, malheureusement, la confiance avait changé de camps et ils ont pris la rencontre 99-93. On était dos au mur. Complètement acculés. Alors on a décidé de tenter le tout pour le tout… et on a pris le 6eme à l’extérieur 106-105. Pour la dernière rencontre, et ce alors qu’un autre match 7 a lieu entre les Spurs et les Bullets dans la conférence Est, on a attaqué très fort offensivement, et à 18 secondes de la fin, on avait toujours 8 points d’avance. C’est là que Phoenix va marquer un panier pour revenir à -6. Bon, jusque là, je me dis que c’est fini. Mais voilà que Davis intercepte un ballon et vient marquer en contre attaque. -4. La panique commence à monter et on envoie la remise en jeu dans les mains de l’adversaire, qui revient à -2 avec 4 secondes à jouer. Si j’avais été une personne physique, je serai moi-même descendu leur botter le cul. Sauf que je ne peux pas. Heureusement, Johnson a décide d’aller sur la ligne, les rater volontairement pour pousser les Suns sans temps-morts à tenter un tir impossible. Nous étions de retour en finale !

 Pour cette revanche, nous avions tout prémédité, nous voulions du sang, nous voulions gagner, nous voulions le titre. Pour la première rencontre, Washington nous a crucifié. Sur leur terrain, Larry Wright va obtenir 2 lancers-francs avec 97-97. Il mettra les 2 et emportera le Game 1. Sauf que, mes amis, je vous le dis sourire aux lèvres, ce sera bien le seul, puisque nous allons étriller les Bullets sans coup férir. Un run de 4-0 qui va me permettre d’entrer dans les annales de la ligue ! Quant au jeune Dennis Johnson, il s’offrira le titre de MVP des finales, notamment grâce à ses 32 points dans le Game 4.

En 1980, nous sommes donc auréolés du titre suprême, on est l’équipe à abattre. Sauf que le niveau de la conférence s’est densifié, notamment dans notre division où en dépit d’un bilan en progression (56-26, nouveau record), nous sommes devancés par les Los Angeles Lakers qui reprennent du poil de la bête. Cet été là, ils ont drafté un certain Magic Johnson. Tant mieux pour le spectacle, mais nous concernant, ça va un peu changer la donne. Mais avant de penser à LA, il fallait se qualifier, et d’abord on s’est fait peur face à Portland. Parce qu’au meilleur des 3 matchs, tout peut arriver, et il a fallu se battre pour l’emporter 2-1 et rejoindre Milwaukee. Justement, les Bucks aussi ne voulaient rien nous donner, et la série s’est jouée en 7 matchs. Et au termes de rencontres toutes plus serrées les unes que les autres, nous sommes finalement venus à bout d’une merveilleuse équipe. Une victoire qui nous permettait d’affronter les Lakers d’un jeune Magic. Dans la première rencontre, le champion en titre a vendu chèrement sa peau, fallait bien assumer notre statut. Mais après… Oh Lord. On s’est fait marcher dessus. Il y avait un nouveau patron en ville, et on l’a appris de 4 défaites nettes et sans bavures.

On aurait pu penser que celle leçon nous permettrait comme après notre défaite en finale de revenir plus fort. Mais une fois de plus, mes dirigeants ont pété les plombs. Transférer Dennis Johnson était la première preuve de leur folie. Ne pas donner le contrat qu’il voulait à Gus Williams était la seconde. Le groupe était à l’agonie et le départ en retraite de Paul Silas, ciment du groupe n’a pas fait nos jeux. Bref, c’était la fin d’une ère.

En 1983, j’ai été revendu. Je passais des mains de mon créateur, Sam Schulman à celles de Bary Ackerley. En 1984, Fred Brown, élément essentiel du titre prenait aussi sa retraite. Et puisque c’est mon histoire, je vais pas vous raconter ma longue agonie, mon humiliation, mes années à être trainée dans la fange.

Nous arrivons donc en 1989, et là, vous allez voir des noms que vous connaissez déjà mieux. En 1989, Shawn Kemp débarque à Seattle, il est suivit en 1990 par le joueur le plus emblématique de mon histoire : Gary Payton. Le premier, est un des plus gros phénomène physique de l’histoire sur le poste d’Ailier fort, un véritable monstre athlétique. Le seconde, est l’un des meneurs les plus complets que la NBA ait connu, un attaquant racé doublé d’un défenseur d’élite. Mais si l’on retiendra quelque chose de lui, c’est son Trash Talking. Parce que les gars, Gary il entrait dans la tête de n’importe qui, et c’est pas MJ qui lui faisait peur. Yep.

L’équipe a beau avoir trouvé ses patrons entre ’89 et ’90, il leur a fallu du temps pour s’imposer. Mais on commence à monter en puissance en 1991-92. A partir de là, on redevient compétitif, on revient enfin en Playoffs. A l’époque, Shawn Kemp commence déjà à s’imposer dans les raquettes, Payton est encore tendre offensivement. Ce sont Derrick McKey et Ricky Pierce qui mènent le groupe en attaque. En arrivant en post-saison, nous ne sommes que 6eme à l’Ouest. On retrouve alors les Warriors et certains fans et moi-même n’avions pas oublié qu’ils nous ont sortis de nos premiers pas en Playoffs. Ils pratiquent à l’époque un jeu très offensif et sont 3eme à l’ouest. Mais j’avais un véritable groupe taillé pour les joutes d’été. Derrière un 5 de départ solide, nous avons taillé en pièce la bande de Tim Hardaway, et l’avons emporté 3-1, malgré le désavantage du terrain. En revanche, c’était encore juste pour aller titiller la bande du duo Stockton-Malone, qui nous a fait comprendre qu’il faudrait attendre pour retrouver les sommets par un 4-1 autoritaire.

C’est le moment que mes dirigeants ont choisi pour embaucher George Karl comme coach. A partir de là, on va faire peur à tout le monde.

D’autant qu’on vous l’a dit, on avait un trashtalker de génie dans l’équipe. Et on ne retient pas cela de vous sans que vous ayez le caractère qui va avec. On était revanchards en débarquant en Playoffs en ’93, auréolés d’un bilan de 55-27. Et justement, j’apercevais le Jazz tombé à la 6eme place, au premier round. Je vais pas dire que c’était facile, mais on a réussi à récupérer l’avantage du terrain perdu dans le Game 4, pour finalement l’emporter au suivant dans une rencontre étouffante, arrachée 100-92. Au tour suivant, nous rencontrons les Rockets d’Olajuwon. Affronter le pivot le plus dominant des 90s, c’était un sacré défi, mais nous étions les favoris. Durant 6 matchs, les équipes vont protéger leur terrain sans trembler. Il nous fallait confirmer, et on était confiant, même si les médias n’arrêtaient pas de répéter qu’Hakeem était à 9-0 quand il était à une défaite de l’élimination. Mais nos gars l’ont pas lâché, en le doublant, en trappant, on l’a poussé à prendre beaucoup de tirs compliqués. Suffisant ? Pas vraiment. Malgré tous nos efforts, il nous poussait en prolongation. Pas suffisant cependant pour nous faire tomber, et portés par un collectif soudé, on l’emportait 103-100. Quant à ceux qui parleront des arbitres… On a gagné, hein ? Rien d’autre à ajouter.

Au tour suivant, on affrontait les Suns. Ils étaient alors portés par Charles Barkley. Sir Charles était alors au sommet de sa forme, et nous étions toujours une bande de jeunots. Mais hé, on vous l’a dit, même pas peur. Cette fois, pas d’avantage du terrain, mais on l’arrachait dès le G2. Hélas au suivant, ils remettaient la main dessus, et nous sortions des 4 premiers matchs dans un statut quo. Dans le 5eme match, où l’enjeu était crucial pour les faire douter, Payton a tout donné. Agressif en défense, il ajoutait 20pts, 8asts. Malheureusement, les Suns conservaient leur main mise sur la série. En dépit d’une victoire à domicile, ils fonçaient vers la finale lors du match 7.

L’année suivante, mes gars comptaient gravir le dernier échelon vers l’excellence, afin d’essayer de me donner un second titre. Tout les voyants étaient au vert. On enchaînait les victoires en SR, et le duo Payton-Kemp continuait de progresser collectivement et individuellement. Premier à l’ouest, c’était un nouveau record pour moi… 63 victoires ! Mais voilà des fois, mieux vaut avoir plus de pression sur les épaules, parce qu’arrivés face aux Nuggets de Dikembe Mutombo, on a jeté l’opprobre sur ma troupe et mon nom. Oui, cette année, je suis devenue la première équipe première de sa conférence à tomber contre le 8eme.

Du coup, pour 94-95, on a été plus modestes. Alors qu’on avait changé de stade pour rénover ma précieuse Key Arena, on a produit une saison solide (57-25), mais plus calme. Le truc, c’est que la conférence Ouest était alors une véritable jungle, et avec notre bilan plus que sympathique, on ne se retrouvait que 4eme ! Cette saison, on a retrouvé les Lakers, et comme la dernière fois, ils ont pas été tendre avec moi. Une victoire 3-1, alors que Karl venait en 2 saisons de s’obtenir une réputation de loser qui lui collerait à la peau tout sa carrière (même s’il lui a donné du crédit à Denver). Nous voilà à nouveau éliminés au premier tour. Autant dire que nos 2 stars l’avaient mauvaises. Un coup dur pour des joueurs qui accumulaient les récompenses (ASG, , All-NBA Team, All-defensive Team, DPOY…).

Maintenant, vient ’96. Une fois n’est pas coutume, j’ai roulé sur tout le monde en saison régulière. On reprend la 1ere place, et cette fois, pas question de se foirer. Mon duo 1-4 est au sommet, et il est hors de question de ne pas retourner dans les hautes sphères de la NBA. Au premier round, on se débarrasse ni vu ni connu des Kings 3-0 (oui, les Kings en Playoffs, ça choque toujours, je sais). Entourés de Hervey Hawkins, Detlef Schrempf, Nate McMillan et Sam Perkins, la paire ne va faire qu’une bouchée des Rockets champions en titre (4-0). Les observateurs craignent un nouvel excès de confiance, toutefois, je vais avoir un affrontement légendaire avant de retrouver les finales, 17 ans après ma dernière apparition. Le retour du duo Stockton-Malone. Au début, tout allait bien pour nous. On prend 3 des 4 premières rencontres, par des victoires assez franches en plus… On les avait pas épargnés. Mais avec l’énergie du désespoir, Utah va arracher les 2 rencontres suivantes pour revenir à 3-3.

Dans le Game 7, malgré quelques séquences offensives de folie, le Jazz arrive à imposer un duel défensif, auquel nous répondons. A 1 min de la fin, nous récupérons un airball, et passons à l’attaque. Perte de balle, Stockton part en transition mais est stoppé par une faute de Payton, avant que Malone ne ramène le Jazz à -1 sur l’action suivante, 30 secondes à jouer. Au poste, Kemp va chercher 2 lancers et ne tremble pas. Utah ne marquera plus. Notre duo finira avec 21 (Payton) et 31pts (Kemp).

Après cette victoire, je suis de retour en finale. Pour le spectacle, Michael Jordan est revenu aux affaires, mais merde… Pourquoi il a fallu que cela tombe sur nous ? Dès le début, His Airness a mis tout le monde d’accord, intenable, il nous semblait que nous ne pouvions que regarder. A l’extérieur, on se fait balayer au Game 1. En dépit de cette défaite, nous sommes revenus déterminés à transformer le match 2 en un combat, en une lutte. Alors que Payton et Jordan se livre bataille à l’extérieur, le ton monte. Hélas, c’est les Bulls qui auront le dernier mot (92-88). Revenu à domicile, nous essuyons un nouvel échec. C’est à ce moment-là qu’un vent nouveau a soufflé. Nous n’avions plus rien à perdre, alors nous nous sommes mis à jouer plus dur, plus libérés. Payton&Kemp retrouvent de l’allant dans les 2 matchs suivant en attaque, et les Bulls tombent dans la Key, puis à l’United Center. Mais ce n’était pas assez. Après 2 baffes, la bande de Phil Jackson retrouve son jeu, et met fin à nos rêves. Si près et si loins.

A la suite de cette finale, nous avons continué à être un prétendant. Toutefois, je n’ai jamais retrouvé les finales. Pendant 2 ans, nous avons essayé d’y retourner, de prendre notre revanche pour empêcher un second three-peat des Bulls, mais il n’en fut rien. Finalement, Kemp parti, Karl aussi, Payton continua d’essayer, mais sans son coéquipier, et sans son coach, nous sommes lentement retombés dans l’anonymat. Rien n’allait plus, alors en 2003, mon emblème fut échangé, Gary partait à Milwaukee. En 2005, menés par le duo Ray Allen-Rashard Lewis, l’espoir a failli renaître. Titulaire de 52 victoires, nous avons réussi à sortir les Kings au premier tour, et en ce temps, c’était pas une mince affaire, et nous avons mené une vraie bataille contre des Spurs en mission, et appelés à être champion à nouveau. Sauf que voilà, c’était bien la dernière fois que l’on verrait les couleurs jaune et verte des SuperSonics en Playoffs. La Key Arena devint peu à peu une enceinte de saison régulière, et l’effectif fut démantelé, permettant au passage la création du Big-Three de Boston. Dans ces affaires, l’allégresse a pourtant failli revenir, lorsqu’en 2007, j’obtenais le plus haut choix de draft de mon histoire (le 2eme). Avec celui-ci, je faisais l’acquisition de Kevin Durant. Un choix, qui vous pouvez me l’accorder aujourd’hui, était une franche réussite.

Hélas, mon nouveau propriétaire, un homme né dans l’Oklahoma avait d’autres plans pour la franchise. Alors que la ville de Seattle n’arrivait pas à réunir les 500M de dollars pour créer une nouvelle salle plus moderne que la Key Arena, il utilisa ce prétexte pour m’envoyer à OKC, sans sommation. Aujourd’hui, je suis probablement la plus réclamée des franchises déménagées, qui ont perdu leur nom. Si les sirènes de la NBA m’appellent encore, sachez que je suis toujours dans l’ombre, en espérant qu’un jour, je puisse reprendre mon histoire. Mais pour le moment, je crois qu’on arrive au bout…

The end.