Cette saison a été marquée par les nombreuses marques historiques et performances hallucinantes enregistrées chaque soir sur les parquets NBA. Lignes statistiques impressionnantes, records de longévité ou de précocité, plusieurs joueurs et franchises se sont démarqués pour nous offrir un superbe spectacle. On vous récapitule tout ça, pour que chacun réalise ce qui s’est passé depuis le mois d’Octobre.

L’avènement du 3 points, stade ultime.

Depuis quelques années, les Splash Brothers Steph Curry et Klay Thompson explosent les compteurs derrière l’arc. Le premier détient d’ailleurs les trois records de nombre de paniers à 3 points inscrits sur une saison. L’an passé, il passait même la barre des 400 réalisations. Et franchement, on pensait qu’on avait tout vu en matière de tir du parking, les deux pyromanes ayant même soulevé la question de la création d’une ligne à 4 points. Et cette saison, Chief Curry a vu sa série record de 157 matchs consécutifs avec au moins un 3 points inscrits s’arrêter. Avec un 0/10 bien dégueulasse le 5 novembre. C’est tôt, mais c’était tout de même cette saison ! Surtout, Steph s’est senti obligé de réparer l’anomalie le match suivant, en tapant le record du nombre de tirs primés réussis dans un match, avec 13 ficelles. La meilleure marque précédente appartenait à Kobe, Donyell Marshall et… Curry himself.

Seulement, le 3 points est une arme de plus en plus utilisée par l’ensemble des franchises NBA (au grand désespoir de certains). La preuve : une moyenne de 27 tirs primés tentés et de 9,7 rentrés par match, un record.

Et si une franchise n’est pas étrangère à cet événement, outre les Warriors évidemment, ce sont les Rockets. Possédant déjà un sniper avec leur barbu James Harden, Houston a vu débarqué en quelques mois un régiment de tireurs d’élite : Ryan Anderson, Eric Gordon, et même Lou Williams en cours de saison sont venus rejoindre Pat Beverley et Trevor Ariza, eux aussi pas maladroits derrière l’arc. Le résultat ? Une orgie à 7m23. Sur la saison, les Rockets ont tenté 40.1 et réussi 14.3 tirs de moyenne par match à cette distance, deux records évidemment. Autre marque historique, avec au moins 10 paniers primés lors de 17 matchs consécutifs, une première. Quelques jours avant la fin de cette série, ils avaient carrément tenté 50 tirs à 3 points face aux Kings. Nouveau record. Mais ça, c’était avant de rencontrer les Pelicans, et de leur coller 24 banderilles derrière l’arc, en… 61 tentatives. Double record. Celui du nombre de réussites sera égalé par les Nuggets quelques semaines plus tard et… Dépassé par les Cavs en mars avec 25 ficelles du parking. Démentiel… Comme lorsque vous faites rencontrer Houston et Golden State. 88 tentatives à 3 points, 44 de chaque côté. La première fois dans l’histoire que deux franchises prennent plus de 40 shoots primés dans le même match. Enfin, le dernier record tombé est celui du nombre de 3 points réalisés par un joueur sortant du banc, Eric Gordon surpassant Mirza Teletović avec 246 unités. Au passage, l’ancien Pelican inscrit la 12ème performance all-time sur une saison. En sortant du banc, tranquille. Pendant ce temps, Harden prend la 9ème place de ce classement.

Vous avez dit statistiques ?

Dès le début de saison, le ton était donné. Une première semaine extraordinaire, au cours de laquelle les superstars se sont illustrées à coups de performances stratosphériques. LeBron James (on reparlera un peu du bonhomme) et son triple-double en match d’ouverture face aux Knicks, ce n’était plus arrivé depuis Jason Kidd en 2006. A côté de lui, Harden, Westbrook, Davis et Derozan faisaient des cartons énormes au scoring.

Le 23 novembre, Kevin Love inscrit 34 points dans le premier quart temps face aux Trail Blazers. Record dans un premier quart, mais pas dans une période tout court. Cette marque est détenue par Klay Thompson, qui avait inscrit 37 points l’an passé. Ce même Thompson qui, cette saison, a pris feu sévèrement et planté 60 points en 29 minutes aux Pacers. Record en moins de 30 minutes depuis l’existence de l’horloge en phase offensive. Enfin, une troisième petite performance, celle de Devin Booker. L’arrière des Suns a collé 70 points dans la tête des Celtics, au TD Garden s’il vous plait, devenant le plus jeune joueur à inscrire plus de 60 points dans un match devant Sa Majesté Jordan.

Cette saison était placée sous le signe du scoring. Dix joueurs différents ont inscrit au moins 50 points lors d’un match, une première: James Harden, Isaiah Thomas, DeMarcus Cousins, John Wall, Klay Thompson, Anthony Davis, and Russell Westbrook, Jimmy Butler, Damian Lillard et bien sur Devin Booker.

D’autres stars sont rentrées dans l’histoire. Chris Paul a ainsi réalisé un match d’une propreté légendaire, avec 20 points et 20 passes pour aucune balle perdue. Cette saison, il en a également profité pour devenir le meilleur passeur de l’histoire des Clippers (imité par John Wall chez les Wizards) et entrer dans le top 10 des passeurs all-time, faisant sauter Rod Strickland avec plus de 8 000 caviars en carrière. Chez les Mavs, la légende Nowitski est devenu le 6ème meilleur scoreur de tous les temps en dépassant la barre mythique des 30 000 pions. Sur un fadeaway, tout un symbole.

Enfin, Giannis Antetokounmpo est devenu le premier joueur à terminer dans le top 20 de la Ligue dans les cinq catégories statistiques majeures (points, rebonds, passes, interceptions, contres). Le Greek Freak est également le leader de chacune d’elle au sein des Bucks, là encore une première.

D’autres records ont été établis cette saison en termes statistiques. En voici quelques-uns :

  • Rudy Gobert est le premier joueur à terminer leader en offensive rating et en defensive rating d’une franchise avec le Jazz.
  • Anthony Davis a battu le record de points inscrits dans un All-Star Game avec 52 pions chez lui, à la Nouvelle-Orléans.
  • Harden a perdu 460 ballons. 434 pour Westbrook. Sans commentaire.
  • Brook Lopez a inscrit le plus grand nombre de 3 points et de contres combinés dans un match, avec 6 tirs du parking et 8 tartines. Ca a le mérite d’être signalé.
  • Harden, premier joueur à 2000 points, 600 rebonds, 900 passes sur la saison.
  • Embiid, premier rookie à 20 points, 7,5 rebonds, 2,5 contres, et 1 trois points par match
  • Towns, plus jeune joueur à 2000 points et 1000 rebonds sur la saison.
  • Wall, premier joueur avec des moyennes de 20 points, 10 passes, 2 interceptions, et 0,5 contres.
  • Westbrook, premier joueur à 31 points, 10 rebonds, 10 passes.

2016-2017, l’année du triple-double

Russell Westbrook-James Harden. Ce n’est pas pour rien si ces deux-là seront à la lutte pour le trophée de MVP. Ils ont passé la saison à enchainer les performances les plus hallucinantes, enfilant les triple-doubles comme des perles. Et les records qui vont avec. RW termine la saison avec 42 réalisations, soit une de plus que le légendaire Oscar Robertson. Evidemment, il enregistre un TD (oui, je vais écrire TD à partir de maintenant) de moyenne sur la régulière. Il est devenu le premier joueur à réaliser un TD en réussissant tous ses tirs et ses lancers. Enfin, grâce à son 57-13-11 face au Magic, il détient le TD avec le plus haut total de point de l’histoire.

Harden n’est pas en reste. Le barbu a enregistré le TD le plus prolifique jamais vu lors d’une victoire contre les Knicks. 53 points, 16 rebonds, 17 passes, merci, bonsoir. Le premier « 50-15-15 » game de tous les temps. Face aux Sixers, il est également devenu le premier joueur à réaliser plusieurs TD à 50 points ou plus sur une saison, égalant au passage Oscar et ses 5 TD à 40 points ou plus.

Les deux extraterrestres nous ont donc offert une saison statistique ahurissante, même si RW part avec une longueur d’avance pour être nommé MVP.

Pour terminer sur les triple-doubles, deux autres records. Tout d’abord, Draymond Green et son TD face à Memphis, sans atteindre les 10 points (4 points, 12 rebonds, 10 passes, 10 interceptions). Inédit, et colossal. On peut même regretter qu’il n’ait pas inscrit les pions nécessaires, ce qui aurait fait de lui le cinquième joueur de tous les temps à réaliser un quadruple-double. A cette occasion, il est également devenu le premier à effectuer 10 interceptions et 5 contres (ah oui, quand même) lors d’un même match depuis que ces deux statistiques sont recensées.

Enfin, lorsque Ricky Rubio (oui oui !) inscrivit le 79ème TD de la saison, celle-ci devint la plus prolifique en la matière. On terminera sur un nombre de 115, soit 37 de plus que le record précédent. Signalons tout de même qu’à eux trois, LeBron, Harden et évidemment RW en ont enregistré 77. Voilà.

Les franchises font leur part du boulot

En effet, plusieurs distinctions sont à noter au sein de nos équipes NBA.  Par où commencer ?

Les Celtics qui remportent leur 3 253ème victoire de leur histoire, dépassant le rival mythique, les Lakers ? Et cela dans un match face… Aux Lakers. L’ironie du sort il paraît.

Les Warriors ensuite, forcément. En battant les Clippers le 28 janvier, ils sont devenus la première franchise à remporter 40 de leurs 50 premiers match pendant trois saisons d’affilée. Et à remporter 63 matchs trois années de suite. Un mois plus tard, ils rompent leur incroyable série de 146 matchs sans deux défaites consécutives. Enfin, ils effacent un record de précocité en atteignant les Playoffs le 25 février, soit deux jours plus tôt que le précédent record.

Du côté des Spurs, ce sont évidemment deux records de longévité. Le premier lorsqu’ils ont remporté leur 42ème match de la saison, devenant la première franchise à aligner 20 saisons consécutives avec un bilan positif. Le deuxième lorsque Greg Popovich a enregistré sa 1 128ème victoire en carrière avec son équipe de toujours, faisant de lui le coach le plus victorieux avec une franchise devant Jerry Sloan. Un petit peu hors catégorie, mais je ne peux résister à l’envie d’évoquer un autre record, celui de Kawhi Leonard, qui a remporté 235 de ses 300 derniers matchs en tant que titulaire.

Un petit hommage à Miami maintenant, et à sa remontée fantastique qui ne lui a malheureusement pas valu d’accrocher le 8ème spot synonyme de Playoffs. 12 victoires consécutives pour une franchise avec un bilan négatif, ce n’était jamais arrivé. Les Sixers mettront un terme à cette série.

Enfin, un record beaucoup moins glorieux à mettre au crédit des Pistons. 3/17 aux lancers francs face aux Pelicans, soit 17,6% de réussite, chapeau. Un moindre mal pour des joueurs qui n’ont même pas eu la décence d’offrir une dernière campagne de Playoffs au Palace Auburn Hills.

A noter également :

  • Les Phoenix Suns ont aligné le plus jeune 5 majeur de l’histoire : 21 ans et 14 jours avec Devin Booker, Tyler Ulis, Derrick Jones Jr., Marquese Chriss, and Alex Len.
  • Avec 14 « backcourt violation » (plus de 8 secondes pour monter la balle dans le camp adverse), les Pacers rentrent tristement dans l’histoire.

Playoffs et Finals

Pour continuer sur le thème des franchises, deux d’entre elles ont marqué l’histoire durant les derniers Playoffs. Les Warriors sont devenus la première équipe à passer un 12-0 en postseason, et à infliger trois sweeps lors des trois premiers tours. Les Lakers avaient déjà réussi cet exploit, mais sous un format au meilleur des cinq matchs. Golden State et Cleveland ont balayé en quatre manches leurs deux premiers adversaires, devenant les deux premières franchises à réaliser un 8-0 en même temps. Pour se retrouver en Finals une troisième fois consécutivement, là encore une première. Enfin, lors du Game 3, les Warriors ont étendu leur série de victoires en Playoffs à 15, et réalisé deux nouveaux records : 9 paniers derrière l’arc dans le premier quart temps, et 12 sur une mi-temps. Au Game 2, ils avaient déjà battu un record du parking dans un match de Finals, avec 18 ficelles.

Ces deux dernières marques seront effacées par les Cavs lors du Game 4 : 13 paniers à 3 points en une mi-temps, et 24 sur le match. Alors forcément, en découlent deux autres marques historiques, avec 49 points dans le premier quart temps et 86 en une mi-temps inscrits par les Cavs dans un match de Finals. Ca pique les yeux… D’ailleurs, les deux franchises ont également marqué 156 combinés sur une mi-temps. Je vous laisse deviner ce que cela signifie. Plus tôt lors de ces Playoffs, les Cavs avaient comblé un déficit de 25 points à la mi-temps pour l’emporter face aux Pacers, soit la plus grande remontée jamais vue en Playoffs. Lors des finales de conférence, ils collent un 72-31 à la mi-temps aux Celtics. Jamais remonté cet écart par contre… Le score final, 130-86, donne l’écart le plus important jamais infligé à une équipe ayant terminé en tête de sa conférence en saison régulière (44 points).

Oui, Warriors et Cavaliers ont légèrement dominé ces Playoffs…

Qui dit records dit LeBron

Je vous avais dit qu’on reparlerait du bonhomme. Le King nous a encore gratifié d’une saison exceptionnelle. Et les chiffres qui vont suivre ne font qu’illustrer sa domination et l’empreinte qu’il laissera sur la NBA. A 32 ans, il est devenu le plus jeune joueur à atteindre la barre des 27 000, puis des 28 000 points en carrière. Seul huit joueurs ont réussi cette performance. Il a également dépassé Tim Hardaway pour entrer dans le top 15 des passeurs all-time. Aujourd’hui 7ème scoreur et 12ème passeur, il est le seul de l’histoire à faire partie du top 10 points et du top 15 passes. Hallucinant. En enregistrant 7 000 passes, le Chosen One est d’ailleurs le seul « frontcourt player » à atteindre cette marque.

En plus de cela, LeBron a réalisé sa 13ème saison à 25 points de moyenne minimum, un record. Sa seule saison en dessous de cette marque ? Son année rookie. Toujours au scoring, le 4 avril dernier, il marquait plus de 10 points pour la 788ème fois consécutive, dépassant Kareem Abdul-Jabaar. La série court toujours évidemment, avec Jordan et ses 866 unités en vue.

Enfin, avec sa 11ème nomination dans la All-NBA first team, il égale Karl Malone et Kobe Bryant.

Mais quand on parle de LeBron, on pense aux Playoffs. Cette période où le King devient le Cyborg. Avec un dixième sweep en carrière (face aux Pacers), il surpasse le détenteur du précédent record, Tim Duncan. Le 4ème match de la série était également sa 21ème victoire consécutive en premier tour de Playoffs, là encore inédit. Dans la série face à Boston, il réalise son 8ème match d’affilée à 30 points ou plus, égalant MJ. Il ne réussira pas la passe de 9, avec seulement 11 points lors du match suivant. Ce qui ne l’empêchera pas de surclasser His Airness quelques jours plus tard, lorsqu’il devient le meilleur scoreur de tous les temps en Playoffs. Que dire de plus ? A part que lui et Stephen Curry deviennent les premiers adversaires de l’histoire à enregistrer un triple-double lors d’un même match de Finals. Et que le King de l’Ohio est désormais le seul et unique à compiler 9 triple-doubles en carrière en Finals, devant MJ Magic Johnson. Ah oui, ce fut également la première fois qu’un joueur termine ses Finals en triple-double (33,6 points, 12 rebonds, 10 passes).

Cet article n’est pas un éloge à LeBron James, mais à tous les records tombés au cours de cette saison mémorable. Or, le King a une nouvelle fois marqué de sa puissance la NBA, et n’a visiblement pas prévu de s’arrêter tout de suite. A côté de lui, Westbrook, Harden, toutes les superstars, mais aussi les Warriors, les Spurs et bien sûr les Cavs ont effacé les records les plus incroyables réalisés dans l’Histoire de la NBA. Et rien que pour cela, on ne peut que se réjouir d’avoir assisté à un tel spectacle.