Quand on lit la presse et les commentaires des fans de la NBA sur les réseaux sociaux, il est très facile de faire face à de nombreuses critiques envers Dwight Howard : « Trop nonchalant », « Ce n’est plus le pivot dominant d’Orlando », « Il est cramé» etc… Alors c’est vrai, quand on compare le joueur que nous avons connu au Magic et celui qui a porté les maillots des Lakers, de Houston et d’Atlanta en moins de 5 saisons, il y a un grand fossé : On est passé d’un franchise player, qui a mené son équipe en finales NBA en 2009, qui tournait plus de 20 points et 14 rebonds, huit fois All Star, défenseur de l’année trois années consécutives (2009,2010, 2011), cinq ans de suite présent dans la All-NBA First Team (de 2008 à 2012), a un pivot qui s’accroche encore à son glorieux passé, qui déçoit fortement et qui n’arrive plus du tout à prouver sur le terrain qu’il est encore un pivot dominant. Depuis son départ d’Orlando, il n’a jamais réussi à trouver de la stabilité dans une franchise, s’opposant aux stars de ces nouvelles équipes (Kobe, James Harden) ou ne rentrant pas dans les plans de jeu (notamment avec Atlanta). Dès lors, Dwight va encore connaître une nouvelle équipe l’an prochain – sa quatrième en 6 saisons : les Charlotte Hornets. Si le transfert a surpris quelque peu, en fin de compte, les Hornets tentent un pari qui pourrait s’avérer payant. Et s’il était le joueur parfait pour faire passer un cap aux Charlotte Hornets ?

Avec les Atlanta Hawks : Une saison mitigée mais honorable

Lorsque pendant l’été 2016, nous avons appris le départ de D12 d’Houston vers Atlanta, l’idée semblait presque logique : Revenir dans sa ville natale, là où il a grandi autant en tant qu’homme qu’en tant que joueur de basket, cela semblait parfait pour se relancer. Aux côtés de Paul Millsap, la raquette des Hawks nous vendait presque du rêve. Cependant, le rêve est vite passé, non pas au cauchemar car cela serait rude de dire ça, mais plutôt à la désillusion, la déception. Même si ses stats sont correctes sur la saison (13,5 points à 63% au tir, 12,7 rebonds), Dwight n’arrive pas à s’intégrer sportivement et humainement dans cette équipe. Il ne rentre clairement pas dans le plan de jeu de Mike Budenholzer. Il ne prend que 8 tirs par match, beaucoup moins qu’à l’époque d’Orlando (13 par match). Il se retrouve troisième voire quatrième option offensive derrière Millsap, Schroder et Hardaway Jr. De plus, l’entente entre les joueurs eux-mêmes et Howard n’était pas très bonne. Même si nous attendions beaucoup mieux de lui, il faut avouer qu’il n’a pas eu toutes les clés en main pour prouver qu’il peut encore être un top pivot. Dès lors, alors que nous pensions qu’Atlanta serait la ville parfaite pour qu’il termine sa carrière dans les meilleures conditions, le voilà déjà parti au bout d’un an chez l’un des concurrents majeurs des Hawks : Les Charlotte Hornets.

Une volonté de revenir au meilleur niveau à Charlotte

Présenté à la presse il y a quelques jours à Charlotte, Dwight Howard semblait plus heureux que jamais. Grand sourire, comme à son habitude, il déclare être comblé de rejoindre l’équipe de Steve Clifford, coach qu’il a connu à Orlando quand ce dernier était assistant. Dès lors, une partie du travail est déjà fait pour Dwight et les Hornets. Clifford connaît les systèmes de jeu adaptés à Dwight Howard et pourra rapidement les mettre en place cet été à l’entrainement pour l’intégrer rapidement dans l’équipe. De plus, qui dit Charlotte Hornets, dit Michael Jordan. N’importe quel joueur sait qu’en arrivant aux Hornets, il aura pour président le meilleur joueur de tous les temps. Si cela peut mettre la pression sur certains joueurs, ce n’est pas le cas de D12 qui a déclaré être surexcité à l’idée de jouer pour MJ. Ce dernier l’a même appelé pour lui souhaiter la bienvenue et lui déclaré qu’il avait confiance en lui. Espérons que la présence de Jordan puisse être le déclic pour Howard pour revenir au meilleur de sa forme. Mais soyons réaliste, cela ne suffira pas. Il faudra plus qu’un mot d’encouragement de la part de Jordan pour que D12 redevienne Superman.

Prendre conscience de sa situation personnelle et rester cohérant

Tout d’abord, il va devoir montrer un état d’esprit positif, ce qui semble, au premier abord, être le cas. Puis, offensivement, il va devoir aussi avoir beaucoup de ballon, du moins plus qu’à Atlanta et Houston, sinon, il va connaître exactement la même saison qu’à Atlanta où il était frustré de ne pas toucher assez la balle, et où son temps de jeu ne suivait pas. C’est donc à Steve Clifford et son staff de ne pas restreindre Howard et le laisser avoir le ballon de temps en temps, non pas comme première ni deuxième option offensive, mais troisième option, troisième membre d’un big three convenable avec Walker et Batum. Qui plus est, d’un point de vue collectif, l’arrivée de Dwight Howard ne peut être que bénéfique aux Hornets. Cette saison, Charlotte a connu de grosses difficultés au poste 5 avec les pépins physiques de Cody Zeller. Howard va donc apporter son physique, sa vitesse, qui reste très correcte pour son âge et son poste, et son activité au rebond, ce qui sera que du bonus à Charlotte. Le duo Zeller-Howard peut être très complémentaire. Avoir deux pivots de ce calibre dans la même équipe, voilà qui peut faire passer un cap aux Hornets. Défensivement, Dwight est toujours un des meilleurs pivots de la ligue même si ses stats aux contres ne sont plus aussi élevées qu’à l’époque du Magic. Il possède toujours de belles qualités en dissuasion dans la peinture. Mains levées, son envergure est toujours impressionnante (2m26). Certains peuvent lui reprocher de ne pas tout donner sur le terrain, il n’en reste pas moins un bon défenseur, dur sur l’homme, ayant toujours un QI rebond de haute qualité. Il sera sûrement le leader défensif quand il sera sur le terrain, avec des chiens de garde à l’extérieur tels que Nicolas Batum ou MKG.

Toutefois, Dwight Howard va devoir faire attention à plusieurs points. Premièrement, il doit comprendre qu’à 31 ans, et après cinq saisons décevantes, il n’est plus le All star que nous avons connu. Il va devoir se mettre en retrait des projecteurs sans broncher. Il est donc primordial pour lui de comprendre qu’il n’est plus un franchise player et qu’il doit s’intégrer comme lieutenant de luxe et non plus comme superstar. Deuxièmement, il va devoir jouer dans son registre et ne pas s’éparpiller. Quand on voit que de nombreux pivots tentent désormais des tirs à trois points et s’écarter de plus en plus au large (Marc Gasol, DeMarcus Cousins, Brook Lopez…), il ne sera pas surprenant de voir Howard essayer de faire pareil. Mais clairement, il ne faut absolument pas que D12 joue à ce jeu. Il ne possède pas les qualités techniques nécessaires pour shooter longue distance. S’il veut être efficace individuellement et collectivement, il doit jouer dans son registre, à savoir face au cercle, en puissance, mais aussi dos au panier avec quelques petits hook shots, voir de temps en temps des shoots à 3/4 mètres si la situation l’oblige à prendre ce genre de tirs. Howard est d’abord un physique et il doit profiter que ce dernier soit encore optimal pour jouer là dessus. Au lieu de vouloir shooter à 3 points comme les autres, il serait bien plus judicieux pour lui de continuer à travailler sur ses mouvements au poste bas et sur ces hook shots et bras roulés dans la raquette. C’est comme cela que l’ex triple défenseur de l’année pourra aider son équipe et s’aider lui-même pour redevenir très performant.

En somme, l’arrivée de Dwight Howard est une bonne nouvelle pour lui et pour les Hornets. D12 a la chance d’intégrer une équipe jeune, talentueuse, qui peut espérer intégrer le Top 5 de la conférence Est. Il va pouvoir apporter son expérience, son physique et ses qualités athlétiques à une équipe qui manquait cruellement de présence dans la raquette. De plus, les Hornets ne peuvent que se réjouir de son arrivée. Malgré tout ce qui est dit sur lui, Charlotte récupère un pivot de qualité, tournant à plus de 13 points et 12 rebonds, ce qui reste encore peu commun en NBA. Avec Kemba Walker, Nicolas Batum mais aussi le rookie Malik Monk et un banc non négligeable, qui pourra encore être étoffé durant l’intersaison, les Hornets pourront proposer une équipe compétitive. Qui plus est, quand on sait que les Hornets l’ont récupéré (avec le 31ème tour de draft) contre « seulement » Miles Plumlee, Marco Belinelli et le 41ème tour de draft, c’est un trade plus que réussi pour les Hornets. Reste à savoir si l’ex star d’Orlando saura être lucide sur sa situation et conscient qu’il peut clairement aider cette équipe à passer un cap mais qu’il va devoir faire des efforts personnels.