Après avoir bâti un groupe jeune et prometteur capable d’aller chercher les Playoffs, les Detroit Pistons de Stan Van Gundy ont malheureusement déçu la saison dernière en terminant à la maigre dixième place pour un bilan de 37 victoires et 45 défaites. Cette déception a laissé place aux doutes et aux limites concernant le projet mis en place depuis l’arrivée de Van Gundy en tant que coach et président.

MANQUE DE VÉTÉRAN

Avant de présenter la situation actuelle des Pistons, il serait judicieux de rappeler comment la franchise du Michigan s’est mise dans cette position précaire. Construire un projet basé sur la jeunesse est loin d’être une mauvaise idée. Cependant, lorsque les jeunes potentiels ne sont pas encadrés par des hommes d’expériences, cela paraît tout de suite moins solide et efficace et c’est exactement ce qui a transformé la reconstruction des Pistons en naufrage l’année dernière. En effet, le joueur le plus âgé de l’effectif de Detroit était Beno Udrih (34 ans) suivi du pivot Aron Baynes avec seulement cinq saisons NBA à son actif. Ces deux vétérans portaient donc le maillot de Detroit aux côtés de joueurs (trop) jeunes : Henry Ellenson (19 ans), Stanley Johnson (21 ans), Andre Drummond (23 ans), Kentavious Caldwell-Pope (24 ans), Tobias Harris (24 ans)… Dans une longue et intense saison NBA composée de 82 matches, ce genre de joueurs peuvent parfois montrer une certaine irrégularité qui jouent en défaveur de leur équipe, qui plus est quand ils représentent les cadres des systèmes.

ABSENCE DE LEADERS

Autre point noir de la chute du projet des Pistons, l’absence totale de réel leader ou franchise player. Cette année, les Pistons ont incontestablement été en période de crise pendant de longs mois, avec un jeu loin d’être flamboyant ponctué de passivité, irrégularité, manques d’énergie, d’intensité ou d’envie… En réalité, nous retrouvions exactement les mêmes problèmes que la saison précédente mais cette fois-ci les playoffs semblaient loin, quasiment utopiques puisque les joueurs de Detroit stagnaient pendant que leurs concurrents directs (Indiana, Milwaukee, Washington, New York, Chicago…) progressaient grâce notamment à la présence d’un vrai franchise player du moins d’un All-Star confirmé (Giannis Antetokounmpo, Paul George, Jimmy Butler, John Wall, Kristaps Porzingis…) , et c’est à mon humble avis le noyau, la base des crises répétitives de cette année. Le projet de Stan Van Gundy montre ses limites plus tôt que prévu à cause de quelques paramètres inattendus : Stanley Johnson qui ne travaille pas, Reggie Jackson qui n’assure pas dans son supposé rôle de leader, Andre Drummond qui n’a toujours pas la maturité et le QI nécessaire pour porter l’équipe…

FUTURE PROLONGATION D’AVERY BRADLEY

Après une saison aussi décevante, les Pistons se devaient de réaliser plusieurs modifications pour rendre la base du projet de Van Gundy plus solide et efficace. Dorénavant, la logique voulait que Kentavious Caldwell-Pope soit prolongé à Detroit, surtout après sa bonne année où il semblait être l’un des seuls maillons irréprochables au sein de ce désastre collectif étant donné sa défense et son sang-froid dans les moments importants. Cependant, après les inquiétudes liées aux nouveaux contrats de Reggie Jackson et Andre Drummond, les dirigeants de Detroit paraissaient plus réticents à une énième prolongation au max. Lors de la deuxième semaine de la Free Agency, Stan Van Gundy a frappé un grand coup en envoyant Marcus Morris à Boston contre l’arrière Avery Bradley. Cela représente une grande amélioration pour les Pistons qui gagnent une version améliorée et moins chère de Kentavious Caldwell-Pope. Cependant, le risque concernant ce trade réside sur le contrat de Bradley qui ne possède plus qu’une seule saison. En effet, l’ancien joueur des Celtics sera free agent l’année prochaine et ce sera l’une des priorités estivales pour les Pistons.

UNE BANQUE VIDE

Les Pistons sont pour l’instant à $105.1 millions (pour un salary cap fixé à $99.0 millions) en vue de la saison prochaine, en incluant le contrat de Josh Smith, coupé en décembre 2014, ce qui a permis à Detroit d’étaler son contrat jusqu’en 2020 pour un salaire annuel de $5.3 millions. En revanche, ces $105.1 millions ne prennent pas en compte tout les free agents de cet été (cap hold) : Aron Baynes qui a décliné sa player option, Kentavious Caldwell-Pope, Reggie Bullock et Beno Udrih. Mais comment une franchise peut-elle avoir des résultats négatifs avec d’aussi gros contrats ? Il suffit de répertorier toutes les dernières transactions réalisées par les Pistons sous l’ère Stan Van Gundy. Lors de l’été 2015, Reggie Jackson prolonge cinq années pour $80.0 millions. Quelques mois plus tard, pendant la deadline, les Pistons accueillent Tobias Harris qui venait de prolonger à Orlando quatre années pour $64.0 millions. Ensuite, afin de renforcer un banc bien faible, Detroit s’est assuré la présence de Jon Leuer pour un contrat non-négligeable de quatre années pour $42.0 millions, tout en prolongeant cinq saisons Andre Drummond au max, soit $127.0 millions. Cependant, malgré ces renforts, les Pistons n’ont pas su retrouver le chemin des Playoffs pour la seconde année consécutive, le projet semble montrer ses limites. Ce sont toutes ces transactions qui expliquent pourquoi les Pistons sont là où ils sont aujourd’hui. Mais après plusieurs années sans Playoffs et sans espoir, Stan Van Gundy avait-il réellement le choix pour solidifier sa reconstruction ?

Article par @DetpistonsFr