Pour les néophytes de la NBA, ce nom ne vous dit peut être rien. Pourtant, Gilbert Arenas aura été, un temps soit peu certes, un grand nom de la ligue. Dans la lignée des meneurs scoreurs qui sévissent de nos jours, son parcours n’a pas été des plus simples. Retour sur un joueur qui, comme beaucoup d’autres avant lui (et après aussi d’ailleurs), prouve que tout peut aller vite en NBA.

Profil du joueur

Il faut dire que Arenas possède un profil assez atypique pour l’époque : 1m93 pour 98 kgs, il apparaît comme un mini tank face aux meneurs adverses. Bon techniquement, premier pas explosif, finition contestée face au cercle, adroit de (très) loin, Gilbert possède la panoplie de l’attaquant parfait ! Un véritable pionnier en ce qui concerne la catégorie des meneurs scoreurs. Parmi les Harden, Westbrook et autres Curry, il passerait (presque) inaperçu aujourd’hui, mais à cette époque, il était bien l’un des seuls, et le meilleur.

Mais la plus grande capacité d’Arenas, c’est de tuer les matchs. Il cumulera nombre de buzzer beaters et d’actions clutch au cours de sa carrière, mais ça, nous le verrons plus tard.

Carrière universitaire et draft

Gilbert Arenas réalise son cursus universitaire chez les Wilcats de l’Arizona, qui a vu passer de bons meneurs avant lui (Steve Kerr, Damon Stoudemire, Jason Terry, Mike Bibby entre autres). Il y restera deux saisons, entre 1999 et 2001, pour des moyennes très honorables : 15,8 points, 3,8 rebonds et 2,2 passes en 30,5 minutes. C’est donc tout naturellement qu’il se présenta à la draft 2001, qui restera légendaire pour avoir vu Kwame Brown être sélectionné en première position par les Wizards.

Encore aujourd’hui, ce premier choix fait partie des pires de l’histoire, mais la franchise de la capitale se rattrapera vite, nous verrons cela plus tard. Malheureusement pour Arenas, son nom ne fut appelé qu’au second tour, en 31ème position exactement, par les Golden State Warriors.

Kwame Brown, l’homme qui fut drafté avant : Tony Parker, Gilbert Arenas, Pau Gasol, Joe Johnson, Zach Randolph, Gerald Wallace, Mehmet Okur, Jason Richardson, Richard Jefferson, Samuel Dalembert…

Débuts prometteurs

Dès son arrivée, Arenas décide de faire face aux pronostics des experts : il choisit de porter le numéro 0, faisant allusion aux nombre de minutes que ces derniers croyaient le voir jouer en NBA. Sacrée force de caractère.

Et il se fera justice lui même : dès son année rookie, il apparaît comme un « steal ». 10,9 points, 3,7 passes, 2,8 rebonds en 24,6 minutes, le joueur est bien déterminé à faire mentir tous ceux qui ne croyaient pas en lui.

Sa franchise de Golden State le lui rendra bien lors de sa saison sophomore, en lui laissant plus de minutes et en le titularisant à la mène, aux côtés de Jason Richardson. Ses stats gonflent : 18,3 points, 6,3 passes, 4,7 rebonds en 35 minutes. Sélectionné pour le Rising Stars Challenge, puis nommé Most Improved Player (meilleure progression de l’année), Arenas explose totalement aux yeux de la NBA.

Si bien que, en devenant free agent non protégé à l’issue de sa seconde saison (sélection au deuxième tour de la draft oblige), il rejoint les Wizards de Washington pour un juteux contrat de presque 65 millions de dollars sur six ans ! Et voilà, Arenas a bien réussi son coup : faire mentir ses détracteurs.

Golden State fut spectateur et ne pût n’opposer à cette signature, si bien que cette situation entraîna la création de la « Gilbert Arenas provision » en 2005, qui permet désormais aux franchises de s’aligner sur l’offer sheet proposée à son joueur, même si celui-ci a été drafté au second tour.

Première récompense individuelle pour Arenas

Quand Gilbert Arenas devint « L’Agent 0 »

Pour sa première saison à Washington, Arenas continue sa progression : 19,6 points, 5 passes, 4,6 rebonds en 37,6 minutes. Mais il est mal entouré, et aux côtés de Larry Hughes, son équipe ne remporte que 25 matchs cette saison-là, bien loin des Playoffs.

Mais ce n’est que partie remise, car lors de la saison 2004-2005, il mettra les bouchées doubles : 25,5 points, 5,1 passes 4,7 rebonds en 41 minutes, Arenas s’offre une première sélection au All Star Game, et permet à Washington de se qualifier pour la post-season (45V – 37D) pour la première fois depuis huit saisons !

Arenas est bien déterminé à emmener les Wizards vers les sommets.

Et lors de ses premiers Playoffs, Arenas va commencer à se faire un vrai nom parmi toute la planète NBA. Nous sommes au premier tour 2005, les Wizards sont opposés aux Chicago Bulls, la série en est à 2-2, game 5 dans l’Illinois. Les Bulls viennent d’effacer un écart de dix points en toute fin de match, pour revenir à 110-110. Arenas n’est pas dans un grand soir, il en est à 4/13 aux tirs, et vient de manquer des lancers francs importants. Il reste cinq secondes à jouer, remise en jeu Wizards. Gilbert se démarque, reçoit la balle assez loin du panier, part en un-contre-un et s’arrête à cinq mètres du panier, s’élève pour shooter face à deux défenseurs. Ficelle, Washington remporte le game 5 au buzzer. Chicago ne se relèvera pas de cette désillusion, et la franchise de la capitale se qualifiera pour le second tour des playoffs, une première depuis 1982 !

Arenas se fera alors surnommer « L’agent 0 », en référence à son numéro de maillot.

Dans la foulée, il se feront sortir sèchement par le Miami Heat de Dwyane Wade et Shaquille O’Neal. Mais qu’importe, cette saison est une très grande réussite pour les Wizards et Arenas.

L’Agent en mission

Lors de la saison 2005-2006, il va envoyer ses meilleurs statistiques en carrière : 29,3 points, 6,1 passes, 3,5 rebonds et 2 interceptions en 42,3 minutes, ce qui fait de lui le 4ème meilleur scoreur et 4ème meilleur intercepteur de la ligue, rien que ça !

Collectivement, la saison est un peu moins bonne que la précédente (42V – 40D), mais Washington se qualifie quand même pour les Playoffs. Malheureusement, ils se feront sortir dès le premier tour par les Cavaliers de LeBron James. Arenas se sera pourtant démultiplié lors de cette série : 34 points, 5,3 passes, 5,5 rebonds, 2,2 interceptions en 47 minutes, des statistiques XXL ! On retient notamment le shoot pour arracher la prolongation dans le game 6 :

Au moment de renégocier son contrat, Gilbert Arenas accepte de faire des concessions pour permettre à Washington de recruter du renfort afin de viser le titre. Beau geste de la part du franchise player des Wizards, mais le front office s’en servira pour signer… Deshaun Stevenson et Darius Songaila. Enième erreur de casting.

Malgré sa très grosse saison, Arenas sera recalé par Mike D’Antoni et Jerry Colangelo pour faire partie du groupe Team USA qui ira au Mondial 2006 au Japon. Frustré, il promet de se venger sur la saison NBA suivante.

Sur les 74 matchs qu’il disputera, il en finira 49 à 25 points ou plus (et 61 matchs à 20 points ou plus), pour les statistiques suivantes : 28,4 points, 6 passes, 4,6 rebonds, 1,9 interceptions en 39,8 minutes de jeu. Ramenées à 36 minutes, se sont ses meilleures stats en carrière, tout simplement !

Il réalisera une période absolument fantastique entre mi-décembre et mi-janvier :

Cela commence le 17 décembre 2006, face aux Los Angeles Lakers, où il établira son record de points en carrière (et record de franchise qui tient toujours) : 60 points, dont 16 en prolongation (record de points en prolongation, qui ne tombera que le 9 mai 2016, battu par… Stephen Curry). A noter que c’est Kobe Bryant, féroce défenseur, qui se chargea d’Arenas à partir du quatrième quart temps. L’Agent 0 lui en plantera 31.. Les Wizards l’emportent 147-141, et la ligne de stats de l’Agent 0 est monstrueuse : 60 points à 17/32 aux tirs, dont 5/12 à trois points, 21/27 aux lancers francs, 8 passes, 8 rebonds, 2 interceptions pour 3 petites balles perdues.

Cinq jours plus tard, les Magiciens sont en déplacement chez les Suns de… Mike d’Antoni et Jerry Colangelo, et Arenas avait bien coché cette date sur son calendrier. Résulat : 54 points à 21/37 aux tirs, dont 6/12 à trois points, 6/6 aux lancers francs, 4 passes et 3 rebonds, et un shoot décisif en toute fin de match pour s’assurer la victoire 144-139 après prolongation. Fallait pas énerver Gilbert !

Et il ne s’arrête pas là : le 3 janvier, les Bucks de Redd accrochent les Wizards sur leur parquet, 105 partout à cinq secondes de la fin. Arenas remonte la balle déclenche son shoot à trois points un mètre derrière la ligne, qui rentre au buzzer. La confiance de l’Agent 0 est maximale. Une fois de plus sa ligne de stats est superbe : 32 points, 11 rebonds, 8 passes et 4 interceptions.

Et comme il n’en n’avait pas assez, il remet le couvert le 15 janvier contre le Jazz de Deron Williams et Carlos Boozer : 51 points à 14/29 aux tirs, dont 7/12 à trois points, 16/17 aux lancers francs, 5 passes, 3 rebonds, 1 interceptions et une petite balle perdus, le tout agrémenté bien évidemment d’un énorme panier à trois points au buzzer, malgré la défense de Williams, pour permettre de l’emporter 114-111. Ce panier devient légendaire, car il se retourne en levant les bras avant que son tir ne rentre (Et oui, Stephen Curry n’était pas le premier à le faire). Inarrêtable on vous dit !

Ces performances monstrueuses le propulsent titulaire pour le All Star Game 2007 de Las Vegas, et rien ne semble arrêter Gilbert Arenas, qui, à 25 ans, s’affirme comme un des cadors de la ligue.

Le All Star break ne stoppe pas l’Agent 0 qui remet le couvert pour la dernière partie de saison, avec un énième buzzer beater, face à des Sonics impuissants, comme tout le reste de la ligue. Victoire 108-106, et 42 points à 13/24 aux tirs, dont 6/12 à trois points, 10/12 aux lancers francs, 7 passes, 4 rebonds, 2 interceptions.

Tout sourit à Arenas, jusqu’à ce 4 avril 2006, où il se blesse au genou lors d’un contact avec Gerald Wallace : entorse des ligaments, il loupera les Playoffs. Gros coup dur pour le joueur, ainsi que pour la franchise des Wizards qui se fera sortir au premier tour par les Cavs (4-0).

Début du déclin

Cette blessure posera beaucoup de problèmes à Arenas, qui ne disputera que 13 rencontres lors de l’édition 2007-2008.

Malgré ce pépin physique, les Wizards décident de miser sur leur franchise player pour l’avenir, en lui proposant un gros contrat de 111 millions de dollars sur 6 ans. Ce contrat est considéré aujourd’hui comme un des pires de l’histoire, rien que ça ! On pourrait pourtant croire que les Wizards ont pris la bonne décision en conservant leur Agent 0, même à ce prix là. Mais ça, c’est avant la suite…

Arenas travaille dur pour revenir, mais son genou le gêne toujours, et, enchaînant les opérations, il ne peut jouer que deux petits matchs en 2008-2009.

En 2009-2010, Gilbert Arenas semble enfin retrouver son niveau et démarre bien la saison, avec les standards qu’on lui connaît bien : 22,6 points, 7,2 passes et 4,2 rebonds en 36,5 minutes. On dirait que tout rentre dans l’ordre du côté de Washington. Enfin presque. Car le 21 décembre 2009, tout part à l’envers : suite à une dispute avec Javaris Crittenton, un autre joueur des Wizards, Arenas apporte des armes à feu dans le vestiaire, tout comme son coéquipier.

Une sombre histoire d’armes, et voilà qu’Arenas entame la plus mauvaise partie de sa carrière.

Caron Butler racontera dans un livre, des années plus tard, cette histoire surréaliste. Le Washington Post a publié un extrait de cette rixe :

Mes yeux se sont ouverts quand j’ai entendu Javaris crier, « Repose cet argent. Repose ce put*** d’argent ! »

« Je vais rien reposer du tout, » rétorque Arenas. « Viens le chercher comme Mike Tyson. Viens te battre ou fais ce que tu veux pour récupérer ton fric. Sinon, tu ne l’auras pas. »

Arenas a mis l’argent dans sa poche et Javaris l’a alors agrippé par-dessus la table. Antawn Jamison, assis dans la rangée voisine, a repoussé Javaris et a essayé de le contenir le temps qu’il se calme et que la tension retombe.

« Hey, tout le monde se la ferme, » ai-je lancé. « Il y avait combien dans le pot ? »

Il y avait 1 100 dollars.

« Ça ne devrait pas être trop difficile pour toi de payer la somme que tu lui dois, » ai-je dit à Gilbert. « Nous gagnons tous très bien notre vie, alors donne lui son fric. »

Arenas avait signé un contrat de 111 millions de dollars et un homme aussi riche ne devrait pas faire d’histoire pour 1 100 dollars.

Le message n’est pas passé. Les deux hommes ont continué à s’envoyer des noms d’oiseau tout le reste du vol, même après l’atterrissage quand nous étions dans la navette qui nous conduisait à nos véhicules.

Ernie Grunfeld, le président des Wizards, m’a demandé de jouer le rôle de médiateur et d’aller leur parler.

« Je l’ai fait, » ai-je répondu. « Sans succès. Ils continuent de se disputer. »
– « On se verra à l’entrainement et tu sais très bien ce que je vais faire, » poursuit Arenas.
– « Qu’est ce que tu entends par là, ‘Tu sais ce que ce je vais faire’, » répond Javaris.
– « J’aime jouer avec les flingues »
– « Moi aussi, j’aime jouer avec des flingues. » rétorque Crittenton.

Le lendemain de l’incident, nous avions quartier libre mais le 21 décembre, nous avons repris l’entrainement avec une séance à 10 heures. Quand je suis entré dans le vestiaire, j’ai eu l’impression d’être revenu plusieurs années en arrière, dans les rues de Racine (la ville dont Butler est originaire). Gilbert se tenait debout devant son armoire avec quatre pistolets à l’intérieur. Javaris était lui aussi devant son vestiaire, le dos tourné à Gilbert.

« Hey, fils de p***, vient en choisir un, » lance Gilbert à Javaris en pointant vers sa collection d’armes à feu. « Je vais te flinguer avec l’un de ces put*** de pistolets. »
– « Oh non, pas besoin de me fliguer avec tes armes, » répond Javaris, se retournant doucement tel un cowboy dans un Western. « J’en ai un ici. »

Il sort son propre pistolet, déjà chargé, et l’a pointé vers Gilbert. À leur tour, les autres joueurs de l’équipe sont arrivés tranquillement dans le vestiaire mais la rigolade a tourné court quand ils se sont aperçus de ce qui se passait devant leur yeux. Ils ont eu besoin d’une seconde pour se rendre compte de la gravité de la situation. Ils sont tous partis en courant. Je n’ai pas paniqué parce que je savais que la situation pouvait empirer. Dans ma vie, j’ai entendu bien trop de coups de feu. J’ai parlé calmement à Javaris et lui ai dit que sa carrière, et même sa vie, dépendait de son doigt posé sur la gâchette.

Puis j’ai regardé Gilbert. Il est resté silencieux et observait la scène. Javaris a doucement baissé son arme.

Je sais ce que Gilbert devait penser, « Je suis allé trop loin. J’avais une arme pointée sur moi. Et elle était chargée. »

Quelqu’un en-dehors du vestiaire a appelé la police. Flip Saunders était notre coach à l’époque, mais il avait trop peur de rentrer dans le vestiaire.

Je ne me faisais aucune illusion sur le sort qui serait réservé à l’équipe dans son ensemble et sur le fait que la plupart des joueurs seraient affectés par ce qui venait de se passer. Même si aucun coup de feu n’a été tiré, la nouvelle direction allait faire le grand ménage.

Grunfeld m’a prévenu et m’a annoncé ce qui allait se passer. « Nous allons peut-être transférer tout le monde, » a-t-il dit. « Repartir de zéro, et construire un nouveau futur pour cette franchise. »

David Stern ne tardera pas à réagir en sanctionnant le franchise player ainsi que Crittenton pour le reste de la saison.

Fin de mission

Pour les Wizards, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, et le 18 décembre 2010, Arenas est échangé contre Rashard Lewis, du Orlando Magic. L’Agent 0 est en chute libre, et le Magic ne compte pas sur lui pour l’avenir : il est coupé le 9 décembre 2011 dans le cadre de l’amnesty clause (mise en place après le lock-out, cette clause permet de couper n’importe quel joueur en lui versant l’intégralité restante de son contrat). Il repartira tout de même avec un gros chèque de 60 millions de dollars.

Il tentera un come-back à Memphis, le 20 mars 2012 (n’ayant pas trouvé d’équipe avant), non fructueux : 4,2 points, 1,1 passes, 1,1 rebonds en 12,4 minutes. Les faits sont là, Arenas n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus aucune équipe ne semble vouloir miser sur lui, la fin de carrière semble proche pour l’Agent le plus célèbre de la NBA.

Sa carrière se terminera en 2012-2013, sa dernière saison, où il jouera en Chine pour les Sharks de Shangaï. A 32 ans seulement.

S’il y a bien une chose qu’Arenas aura prouvé durant sa carrière, c’est que les choses peuvent aller très vite en NBA, mais dans les deux sens. Passé de joueur snobé, drafté au second tour, à superstar de la ligue avant de devenir un véritable paria, l’Agent 0 aura tout connu dans la grande ligue.

On retiendra malgré tout ses grosses performances qui auront fait vibrer nombre de fans, dans un style de meneur plutôt atypique, qui aura probablement inspiré nombre de meneurs scoreurs actuels.

Statistiques en carrière et palmarès

En 552 matchs joués entre 2001 et 2012 : 20,7 points (à 42,1% aux tirs, dont 35,1% à trois points, et 80,3% aux lancers francs), 5,3 passes, 3,9 rebonds, 1,6 interceptions, 0,2 contres et 3,2 balles perdues en 35,1 minutes par matchs.

  • Sélection au Rising Stars Challenge 2003
  • MIP de la saison 2002-2003
  • Trois sélections au All Star Game : 2005, 2006 et 2007
  • Elu 7 fois joueur de la semaine
  • Elu une fois rookie du mois (Avril 2002)
  • Elu une fois joueur du mois (Décembre 2006)
  • Trois sélections dans une All NBA Team (3rd en 2004-2005, 3rd en 2005-2006, 2nd en 2006-2007)