Oui j’ai nommé cet article en reprenant la nomenclature des épisodes de Friends.

Bien entendu ce n’est pas un hasard si j’ai fait ça car au-delà du statut de coéquipier, on était en droit de penser que LeBron et son lieutenant étaient passés de mentor/élève à ami/ami (jeu de mot, jeu de mot)

Nous sommes dans la nuit du 22 au 23 juillet, tout se passe bien et Brian Windhorst, un insider de chez ESPN, se connecte sur son compte Twitter, pose ses bourses sur son bureau et déclare dans le plus grand des calmes que Kyrie Irving a demandé son transfert des Cavs. D’abord on croit au canular mais une seconde source confirme l’info. Les heures passent, les fans des Cavaliers sont pris en charge dans les services d’urgence et on finit par apprendre que la demande ne date pas d’aujourd’hui et que LeBron est au courant depuis quelques temps et est, on le comprend, dévasté par la nouvelle. Ensuite, la wishlist de Kyrie sort et là on voit les Spurs en tête d’affiche avec les Knicks, Les Wolves et le Heat. Bref c’est la descente aux enfers, le bad post trip à l’acide pour Cleveland et encore quelques heures plus tard, on en sait plus sur les raisons du divorce : Kyrie veut sa franchise et ne veut plus vivre à l’ombre de LeBron. Même si d’autres raisons peuvent avoir accélérées le processus, le nerf de la guerre est bien là.

L’info peut surprendre ou pas dans le sens où on peut se rendre compte qu’entendre sans cesse des « journalistes » te demander « Alors ça fait quoi de jouer avec LeBron? Il est fort hein? » peut saouler mais de l’autre quand on entend la réponse standard de Kyrie « Oui j’ai beaucoup de chance de pouvoir apprendre à ses côtés, j’aime la loyauté » blablabla. On se demande à quel mot se vouer.

Bref une bonne grosse soupe qui vient encore ternir la free agency déjà bien morose des gars de l’Ohio. Sans parler de l’effet que celle-ci peut avoir sur celle de 2018 avec LBJ qui sera free agent et qui n’aura peut-être plus envie, lui non plus, de jouer avec LeBron James.

Certains prétendent que ce départ forcé vient du fait qu’il sait que LeBron ne prolongera pas mais alors les explications du trade ne tiennent pas la route puisque Kyrie n’avait qu’un an à attendre avant de reprendre les rênes du cheval.

Dans la wishlist on a aussi évoqué les Wolves car le coquin est très copain avec Butler, qui lui-même avait failli rejoindre les Cavs avant de changer de cap au dernier moment suite à des discours de joueurs de Cleveland lui déconseillant de venir car la franchise manquait de stabilité (Le GM parti, les joueurs dansent)… On se demande de qui venait ce discours, vraiment on se demande. De toute façon pour Minnesota la messe était dite depuis longtemps à cause de leur bonne FA et l’engagement notamment du meneur Jeff Teague intransférable avant le 15 janvier.

Pour les Spurs et le Heat, le problème réside dans la monnaie d’échange potentielle faible à moins de trouver une 3ème voire une 4ème équipe prête à se faire enfler tant les Texans et les Floridiens n’ont « rien » à envoyer à Cleveland. Dans le cadre d’un transfert d’une superstar avec 3 teams, une équipe trade son joueur, une autre le récupère et le 3ème paye l’addition et même en suivant cette logique, les forces en présence sont trop minces. Sans compter que quand on veut éviter les parallèles avec le numéro 23,  les voyages vers Miami, on évite en général.

Alors il reste New York. S’il est né en Australie, il a été élevé dans le New Jersey et pourrait donc se sentir comme chez lui dans la grosse pomme qui se cherche justement un nouveau Dieu à aduler. De plus on connait toute la sympathie qu’entretiennent Carmelo Anthony et LeBron James. Mais car il y a un mais, Kyrie a 25 ans avec 2 années de contrat garanties (la 3ème étant une player option) et ce contrat n’est pas excessif pour un joueur de sa trempe puisqu’on parle de +/- 20 millions l’année. De son côté, Melo, 33 ans, pèse +/- 26 millions l’année et a une seule année garantie la seconde étant aussi un choix du joueur. Cleveland étant déjà dans le rouge financièrement, cela ne peut pas se faire en direct. New York pourrait accélérer le mouvement en acceptant les contrats « pas top top » des Cavs comme Channing Frye (+/- 8 millions par an) et/ou Iman Shumpert (+/- 10 millions par an) mais là le problème serait sportif puisqu’on aurait LeBron, Melo et Love, 3 joueurs pour 2 postes sans compter que vous n’avez plus de meneur titulaire et que vous avez perdu un défenseur assez important pour les Cavs.

Depuis quelques heures, les traders en herbe ont ajouté les Suns et sorti cette possibilité:

  • Arrive à Cleveland : Bledsoe (PHX) et Anthony (NYK)
  • Arrive à New York : Irving (CLE) et Chandler (PHX)
  • Arrive à Phoenix : Love (CLE) et Ntilikina (NYK)

Et bien sur quelques tours de draft pour assaisonner tout ça. Sur papier ça tient la route mais encore une fois sportivement pour les Cavs, ça ne marche pas. Perdre Irving est déjà dur à avaler mais paumer Love dans la même transaction et se retrouver sans back up au poste 4/5 relève de l’idiotie et gageons que le nouveau GM de Cleveland Koby Altman ne sera pas assez Pacersien pour accepter (Copyright QIbasket)

Alors on va essayer avec une 4ème équipe puisque plus on est de fous plus on rit:

  • Arrive à Cleveland : Bledsoe (PHX) Anthony (NYK) et O’Quinn (NYK) +2 ème tour de draft des Knicks
  • Arrive à New York : Irving (CLE) Knight (PHX) Shumpert (CLE) et Dudley (PHX)
  • Arrive à Phoenix : Frye (CLE) Stauskas (PHI) Kuzminskas (NYK) + 1er tour de draft protégé top 10 de 2018 des Knicks + 2 2ème tour des Sixers
  • Arrive à Philadelphie : Lee (NYK) + les droits sur Jaramaz de New York

C’est sans doute ce que les Cavs visent pour ce trade, New York semble prêt à n’importe quoi pour attirer le jeune meneur quitte à passer le cap et à perdre ses TDD pendant 2 ans. Les autres équipes seraient à peu près bien loties dans le trade et pourraient donc s’en satisfaire.

Il reste bien sur l’option, GM balls of steel qui consiste à dire à Kyrie « T’es bien gentil avec tes caprices mais t’as encore 2 ans à faire, on va chercher à faire un trade avec des équipes que t’as pas choisies pour vraiment s’y retrouver » Ce type trade devrait probablement attendre le 15 janvier puisque tous les gros poissons intéressants pour Cleveland sont passés sous leur nez cet été et quelques gars sont même en dernière année de contrat (PG si tu nous lis…) On ajoute ça au fait qu’un contender peut pas se permettre de se reconstruire en plein milieu d’année avant de jouer une probable finale. Bref ce trade-là semble aussi impossible à monter de prime abord même s’il existe toujours des possibilités plutôt intéressantes pour les Cavs. Koby, l’Ohio croit en toi mon garçon.

Mais revenons un peu sur Kyrie. Lorsqu’il s’est retrouvé maître à bord de la Quicken Loans Arena, les résultats de l’équipe n’étaient pas brillants avec successivement 21, 24 et 33 victoires et aucune participation aux Playoffs. Pire encore, ils n’étaient même pas dans la discussion pour y être.

Certes Kyrie a brillé individuellement mais l’équipe a une nouvelle fois touché le fond. Si les Knicks désirent plus que tout l’acquérir et même s’ils ont Porzingis, même si Irving a progressé depuis, l’adage ricain le dit si bien « Be careful with what you wish for ». Qu’on peut traduire par « Tout ce qui brille n’est pas d’or » Chasser Melo sans respect en dehors du Madison Square Garden pour remettre un nouveau croqueur n’est pas l’idée la plus lumineuse qu’il soit. Kyrie n’est pas un meneur qui fait jouer les autres, ce sont les autres qui jouent pour lui. Il a déclaré hier, à défaut de pouvoir clamer son envie de changement (règlement NBA oblige), qu’il aimait sentir tout le poids d’une équipe et de la victoire sur ses épaules et en matière de clutchitude, il en connait un rayon. Mais pour être clutch, il faut aussi des fins de match serrées. Enfin, Kyrie n’est un déménageur breton ou un viking assoiffé de sang et New York + les joueurs qui se blessent souvent… J’en dis pas plus au cas où un fan des Knicks tomberait sur cet article mais vous m’avez compris.

Il faudra aussi, sans doute faire une croix sur l’adrénaline de jouer une finale NBA, en tous cas pendant un certain temps. Voire même des PO tout court.

Là où Stephen Curry peut mettre son ego de côté pour gagner des titres, Kyrie préfère briller solo. Ça vaut ce que ça vaut mais je ne comprendrai jamais l’intérêt de s’être donné tant de mal pour arriver au sommet d’un sport collectif lorsqu’on envisage sa carrière de la sorte.

Je ne suis pas convaincu que les Knicks, qui peuvent se reconstruire en tradant Melo aux Rockets, doivent tout casser en voulant à tout prix Irving. Le concernant lui, je resterais à Cleveland pour voir ce que James va vouloir montrer s’il s’agit bien de sa dernière année dans l’Ohio et de voir en 2018 s’il ne peut pas être LE franchise player d’une équipe qu’il faudra rebâtir en partie ou alors demander un trade qui sera sans doute plus simple à boucler.

On dit souvent que la patience est mère de sagesse et je pense qu’ici on en a un exemple parfait. Patience jeune roi, patience.