Une page semble se tourner à Atlanta. Après avoir connu des années fastes (dix qualifications consécutives en playoffs entre 2008 et 2017), le front office de la franchise géorgienne veut clairement changer de direction.

La saison dernière fut pourtant très correcte, avec un bilan de 43 victoires pour 39 défaites, et une cinquième place de la conférence Est. Une élimination honorable 4-2 face aux Wizards de John Wall et Bradley Beal plus tard, il est l’heure de tirer un bilan :

En 10 années de playoffs, les Hawks n’auront connu qu’une seule finale de conférence, contre quatre éliminations en demi finale de conférence et cinq éliminations au premier tour. C’est l’histoire de ces Hawks lors de la décennie écoulée : toujours placés, jamais gagnants. Et même l’année où on peut croire qu ‘ils vont frapper un grand coup (bilan de 60 victoires pour 22 défaites en 2014-2015, le meilleur de la franchise en saison régulière), ils se font sweeper par Cleveland en finale de conférence. Énorme désillusion. Une explication ? Sur cette période de 10 saisons, LeBron James (que se soit avec Cleveland ou Miami) atteindra les finales de conférence 8 fois, dont 7 qualifications en finales NBA consécutives (série en cours). Une domination sans partage.

Atlanta gagne mais déçoit régulièrement en PO, et la franchise ne peut rien espérer tant que le « King » sera là, les joueurs l’ont bien compris.

Al Horford en premier puisqu’il s’est engagé avec les Boston Celtics la saison dernière, tandis que les Hawks prolongeaient Dennis Schroder pour 70 millions de dollars sur 4 ans, signaient Dwight Howard pour 70 millions sur 3 ans et Kent Bazemore pour 70 millions sur 4 ans. La perte de Horford semblait compensée, mais l’apport moyen de Howard, dont le profil ne collait pas vraiment avec l’identité de jeu des Hawks, n’a pas permis de faire mieux.

Et comme Paul Millsap était agent libre à la fin de cette saison, les Hawks ont anticipé un départ qui semblait d’ores et déjà acté : Howard fait donc ses valises en compagnie du 31ème choix de draft 2017, contre Miles Plumlee, Marco Belinelli et le 41ème choix de draft 2017. Un trade encore étonnant aujourd’hui (malgré l’échec D12), puisque les Hawks ne récupèrent que 6,6 millions de dollars de cap space, et aucun pick dans cette transaction. En effet Miles Plumlee est un véritable échec depuis sa draft, tandis que Belinelli ne reste qu’un honnête role player.

S’en suit 15 jours plus tard l’annonce que tout le monde attendait : le départ de Paul Millsap, qui prend la direction de Denver.

Quelques jours après cette annonce, nouveau coup de massue pour les Hawks : Tim Hardaway Jr, à qui ils proposaient un beau contrat, rejoint les Knicks de New York pour une somme que personne n’aurait mis sur la table, 71 millions de dollars pour 4 ans ! Encore une mauvaise nouvelle pour la franchise d’Atlanta.

A la suite de ces deux transactions, le précieux Thabo Sefolosha rejoint le Jazz pour 10,5 millions de dollars su 2 ans.

1-Roster/état des finances

 PG : Dennis Schroder – Malcolm Delaney – Tyler Dorsey

SG : Kent Bazemore – Marco Belinelli

SF : Taurean Prince – Luke Babbitt – DeAndre Bembry – Nicolas Brussino

PF : Ersan Ilyasova – Mike Muscala – John Collins

C : Miles Plumlee – Dewayne Dedmon

Masse salariale 2017-2018 : 94 963 111 $

Étant donné que les Hawks dépassent le Salary Cap, ils ne peuvent proposer de gros contrats. Ils détiennent cependant encore la Mid Level Exception, donc de quoi attirer un bon free-agent pour densifier l’effectif.

Points forts

Ils sont peu nombreux, mais ils sont bien là. Commençons par le coaching staff, car oui les Hawks ont la chance de compter dans leurs rangs l’un des meilleurs coachs de la grande ligue : Mike Budenholzer. Formé à l’école Spurs où il apprendra aux côtés de Gregg Popovitch entre 1996 et 2013 en tant qu’assistant, il devient coach des Atlanta Hawks au début de la saison 2013-2014. Nommé Coach of theYear en 2014-2015 à la suite de la meilleure saison de l’histoire des Hawks, Budenholzer fait partie du gratin du coaching de la grande ligue. Pouvant mettre en place un vrai jeu collectif, avec des joueurs qui bougent sans le ballon, Mike n’a pas besoin de stars pour faire briller son équipe. Donc si les Hawks réalisent une bonne saison malgré le départ de la quasi totalité du 5 majeur 2015-2016 (il ne reste plus que Bazemore), ce sera en grande partie grâce à lui.

Deuxième force en présence : Dennis Schroder. L’international Allemand a signé une prolongation de contrat la saison dernière, et a parfaitement répondu à la confiance placée en lui : auteur de sa meilleure saison (17,9 points, 6,3 passes, 3,1 rebonds en 31,5 minutes), il devrait encore exploser cette saison avec le départ de Millsap. Le franchise player des Hawks, c’est désormais lui. 

Le poste 1 est donc bien le seul qui est parfaitement assuré avec Schroder, Malcolm Delaney et le rookie Tyler Dorsey.

Enfin, les Hawks devraient compter sur un facteur où ils ne seront pas les plus ridicules (surtout face aux autres équipes de bas de classement) : le banc. Le « bench » géorgien comptera dans ses rangs plusieurs armes. Marco Belinelli, le shooteur italien qui apportera des points précieux en rotation de Bazemore. Mike Muscala, qui a montré de bonnes choses en sortie de banc cette saison, intérieur capable de shooter de loin, et qui correspond parfaitement à l’identité de jeu prônée par son coach. Le recrutement récent de Luke Babbitt, en provenance du Heat de Miami, va également dans ce sens. Pour finir, l’arrivée de Dewayne Dedmon, une des bonnes surprises de la saison du côté des Spurs, apportera dans des secteurs où les Hawks pêchent cruellement : la dureté et le rebond. Ce banc n’est donc pas l’un des meilleurs de la ligue, mais pas l’un des plus ridicules non plus, Atlanta pourra donc se reposer sur ses seconds couteaux pour faire tourner l’effectif, tout en gardant un minimum de performance sur le terrain.

Faiblesses

Depuis deux saisons, Atlanta a perdu Al Horford, Paul Millsap, Kyle Korver, Tim Hardaway Jr, Thabo Sefolosha, Dwight Howard, sans vraiment pouvoir les remplacer.

Les lacunes sont donc multiples :

Au poste 2, Kent Bazemore aura la lourde tâche d’assurer le scoring aux côtés de Schroder. La réussite des Hawks passera inévitablement par une grosse progression, on peut d’ailleurs miser une petite pièce sur lui pour la course au MIP.. malgré tout, cela semble bien faible par rapport aux autres shooting guards de la ligue. Un poste qui n’est en plus pas le plus faible des Hawks pour la saison prochaine..

Au poste 3, le sophomore Taurean Prince devrait voir son nombre de minutes grimper puisqu’il devrait être titularisé par Mike Budenholzer. Ses statistiques seront donc bien évidemment en hausse, mais il devra se mesurer aux meilleurs : LeBron James, Kevin Durant, Giannis Antetokounmpo, Paul George, ect.. bref, Prince va être lancé dans le grand bain ! On n’attend donc pas de lui qu’il fasse des miracles.

Côté poste 4, Ersan Ilyasova prendra la place laissée vide par Paul Millsap. L’un des vétérans du groupe (avec Belinelli), baladé de franchise en franchise ces dernières saisons, n’est pas vraiment un titulaire en puissance, et semble uniquement là pour assurer la transition de la reconstruction. Et même si son profil (intérieur fuyant) plaît à Budenholzer, il est trop juste pour faire face aux autres point forwards starters de la ligue.

Et enfin Miles Plumlee, probablement le joueur au pire rapport salaire/stats de la ligue, sera en concurrence avec Dedmon pour démarrer les rencontres au poste 5.

Bref, Atlanta présentera l’année prochaine ce qui sera parmi (voir le) les pires starting five de la NBA. Malgré un banc qui essayera de limiter la casse, on ne peut que promettre l’enfer à cet effectif des Hawks pour la saison prochaine.

Age de l’effectif

Avec 25,7 ans de moyenne d’âge, l’effectif d’Atlanta est relativement jeune. Mais c’est surtout l’expérience qui fait défaut. Schroder, malgré ses performances, n’a connu qu’une saison en tant que starter, Bazemore n’a que deux bonnes saisons dans les jambes, Prince n’est que sophomore et Plumlee n’a pas le niveau d’un titulaire NBA, tandis que Dedmon ne s’est révélé que la saison dernière. Bref, l’inexpérience est le mot qui caractérise le mieux ce potentiel 5 majeur. Côté blessures, Atlanta pourra en revanche compter sur des joueurs plutôt solides. Et quand on connaît la propension de Mike Budenholzer à faire tourner son effectif, peu de soucis à se faire pour l’infirmerie des Hawks.

Possibilités d’évolution

Il n’y en a malheureusement aucune. Même en connaissant la faiblesse de la conférence Est, on ne voit pas comment les Hawks pourraient se qualifier pour les playoffs avec l’effectif actuel. On devrait donc assister à la fin de la série des dix qualifications consécutives de la franchise pour la post-season.

2- Coaching/style de jeu

On a déjà évoqué le sujet un peu plus haut, Mike Budenholzer aime insister sur le jeu collectif, ainsi que le jeu en périphérie. Et ses joueurs devront plus que jamais appliquer ses consignes s’ils veulent engranger quelques victoires. Sans vrai leader offensif, mis à part Schroder, les Hawks ne pourront s’appuyer sur deux ou trois scoreurs réguliers pour alimenter la marque. Les joueurs devront donc se reposer sur un jeu collectif léché, où chacun d’eux devra avoir pour objectif principal le partage du ballon, jusqu’à trouver le shooteur démarqué.

Et mine de rien, l’effectif des Hawks est adapté à un tel style de jeu. Avec Bazemore, Belinelli, Babbitt chez les extérieurs, et Ilyasova, Muscala à l’intérieur, Atlanta possède des shooteurs fiables pour permettre d’écarter le jeu, et ainsi donner à Schroder de multiples possibilités de s’exprimer en attaque, que ce soit pour driver au cercle, ou bien provoquer l’aide défensive et trouver le joueur ouvert.

En clair, Budenholzer n’a pas avec lui les meilleurs joueurs possibles, mais ceux-ci semblent clairement adaptés au jeu qu’il souhaite mettre en place, et c’est bien là l’essentiel.

3- Perspectives

Si tout va bien

Atlanta déroule un jeu collectif parfaitement huilé, et malgré la faiblesse intrinsèque de l’effectif, arrive à décrocher de précieuses victoires. Les joueurs prennent de la confiance : Schroder continue sa progression, tourne en 20 points, 8 passes et 5 rebonds, et connaît sa première participation à un All Star Game. Kent Bazemore réalise une saison de haute volée, au relais de Schoder au scoring, et est nommé meilleure progression de l’année. Prince s’adonne aux tâches défensives et s’impose comme le 3&D de l’équipe. Ilyasova joue un rôle précieux de mentor à ce jeune effectif, en n’oubliant pas d’apporter ses habituels points en périphérie, tandis que Miles Plumlee, au sein de cet effectif qui tourne à plein régime, commence enfin sa carrière NBA. Le banc réalise quand à lui de vraies performances, mêlant expérience et jeunesse avec Belinelli dans son rôle habituel de sniper, Dedmon qui multiplie les moissons de rebonds, Muscala qui continue sur la lancée de sa belle saison dernière, et les rookies Dorsey et Collins qui n’ont pas froid aux yeux.

Malgré une qualification en playoffs ratée et une honorable 10ème place de la conférence Est, les supporters prennent plaisir à voir cette équipe qui joue son va-tout et laisse les tripes sur le terrain à chaque rencontre.

Si tout va mal

Aucun joueur ne semble en mesure de prendre ses responsabilités en attaque, et Schroder se retrouve tout seul pour alimenter la marque. Le jeu collectif voulu par Mike Budenholzer ne se met pas en place. La faute ? Les joueurs en fin de contrat (Ilyasova, Belinelli, Dedmon, Muscala..) cherchent à tirer la couverture vers eux afin de faire des stats, et attirer l’oeil d’une grosse franchise pour viser un gros contrat ou un candidat au titre. La tension entre les joueurs est palpable, et le public n’arrive plus à suivre une franchise qui enchaîne les défaites dans une Phillips Arena qui se vide match après match.

Les Atlanta Hawks finissent la saison à une piteuse 15ème place de conférence et bons derniers de la ligue, le tout en enregistrant le record de défaites médiocrité sur une saison avec un bilan déplorable.

Pronostic : 15ème (20-25 victoires) : Les Hawks n’ont clairement pas un effectif digne de la NBA. La saison s’annonce donc très compliquée et la série de participation aux playoffs devrait s’arrêter brusquement. On souhaite bon courage aux fans de la franchise.

L’avis de @ATLHawksFR

Quelles étaient vos attentes cet été ?

Consolider l’effectif, gérer les cas Millsap, Howard et autres FA (ne pas les resigner pour des montants astronomique (Millsap)). Bon, ils en ont décidé autrement en chamboulant tout et en repartant de zéro, c’est peut être pas plus mal. Il y a des hommes qui savent ce qu’ils font (espérons) donc pas de raison de ne pas croire au projet mis en place par le staff.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

Créer une alchimie entre les joueurs, intégration des rookies et sophomore, développement des joueurs. On espère pas viser les sommets, l’effectif ne le permet pas, mais il faut créer une base solide pour pouvoir bâtir dessus. On a un coach qui a fait ses preuves, tiré sur système Spurs, on a un GM qui a aussi fait ses preuves avec les Warriors. On a de quoi faire pour la suite et l’avenir peut être radieux à moyen terme. Je serais pas étonné de voir des échanges en cours d’année contre des TDD.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

Entre 25 et 30, peut être mieux s’il y a de bonnes surprises. Mais le but sera certainement un top pick.