All-Star Weekend 2017. Nous sommes donc à New Orleans, la fête bat son plein, tout le monde rit, boit et s’amuse, les GM en profitent pour parler business autour d’une bonne bouteille et l’heure est à la détente.

Parmi tous ces All-Star, c’est Anthony Davis qui va récolter le titre de MVP du All-Star Game, s’emparant par la même occasion du record de points marqués sur un match des étoiles avec 52 points. Mais la soirée va lui réserver une petite surprise. Un de ses coéquipiers du soir n’a joué que deux petites minutes.. Et va devenir son coéquipier tout court. Cet homme, c’est DeMarcus Cousins, et il sera échangé contre Buddy Hield et le 1er tour de draft 2017 des Pelicans, qui sera le 10e choix et sera échangé le soir de la draft contre les choix 15 et 20 qui seront donc Justin Jackson et Harry Giles.

Le moins qu’on puisse dire c’est que sur le moment Boogie était surtout dépité et même s’il n’avait pas vraiment d’avenir à Sacramento, on comprend aisément tout l’attachement qu’il avait pour la franchise qui l’a drafté et pour qui il a toujours joué. Du côté des fans, la réaction fut évidemment la colère au vu de la contrepartie complètement dérisoire, cela aura permis malgré tout de bien débuter la reconstruction côté Kings.

Passé ce moment de déception, place à la suite. Bien que souvent embêté par les soucis de suspensions et les petits pépins physiques de Cousins, le duo avec Anthony Davis a pu arracher quelques matchs ensemble après le All-Star Break. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce ne fut pas fameux malgré quelques gros cartons des deux monstres, et on les a d’ailleurs rarement vus tous les deux à l’intérieur. En effet, bien souvent, on avait un des deux sous le cercle et l’autre derrière la ligne à 3 pts, ce qui peut sembler une hérésie au vu du potentiel de destruction des deux joueurs. Cependant, il faut rappeler que durant la saison régulière, les joueurs ne s’entraînent quasiment pas et qu’ils n’ont pas vraiment eu l’occasion de développer quoi que ce soit. Cette année, ils auront eu tout l’été + le training camp pour apprendre à jouer ensemble et à faire que tout le reste de l’équipe sache précisément quoi faire.

Puisqu’on parle du reste de l’équipe, jetons un coup d’oeil à un roster qui est vraiment très intriguant sur le papier.

1 – Un roster encore trop juste ?

On commence par exposer le starting five et les principales rotations, (NDLR: Solomon Hill sera absent 6-8 mois et Frank Jackson pourrait connaître une saison blanche)

PG: Rajon Rondo – Frank Jackson

SG: Jrue Holiday – Tony Allen – E’Twaun Moore – Jordan Crawford – Ian Clark

SF: Solomon Hill – Darius Miller

PF: Anthony Davis – Cheick Diallo – Perry Jones

C: DeMarcus Cousins – Alexis Ajinça – Omer Asik

Plusieurs éléments se dégagent quand on regarde cette équipe: le premier, c’est que malheureusement, il y a déjà 2 joueurs sur le flanc, dont un très important et ce pour une longue durée.

Ensuite, de ce qui a pu filtrer le projet est d’associer Rajon Rondo et Jrue Holiday dans le backcourt. Pas idiot, cela peut même être une très bonne idée puisqu’après tout, quel meneur dans toute la NBA serait plus à même de faire fonctionner pareil duo d’intérieurs que Rajon Rondo ? Hormis évidemment Chris Paul (ce qui n’aurait pas manqué d’ironie), les hypothèses sont quasi inexistantes. On a énormément critiqué l’ancien Celtic après son passage à Dallas, qui a fait de lui un paria et a fait quasiment oublier son immense talent. Beaucoup ont oublié que bien qu’il n’ait pas de shoot et ait même des difficultés aux lancers francs, il s’agit d’un des 3 plus gros QI basket de la ligue avec LeBron James et Chris Paul ! Et qu’il y a deux ans il était tout simplement le meilleur passeur de la ligue ! De plus, contrairement à la réputation que certains lui ont faite, il a toujours été décrit comme un super coéquipier (hormis durant son passage chez les Mavs évidemment), notamment par les jeunes Bulls il y a peu. Le problème, comme l’ont soulevé certains, c’est qu’il pousse la logique d’équipe un peu trop loin en allant jusqu’à souvent exclure le coach. En espérant qu’il nous régale à nouveau avec les passes de génie qui le caractérisent, on ne peut que supposer que l’association avec le duo Davis-Cousins marche.

Ensuite, on constate le bon nombre de défenseurs d’élite dans l’effectif. Tony Allen n’est plus tout jeune, et même s’il joue de plus en plus l’interception, cela reste un énorme défenseur. Anthony Davis n’a pas besoin d’être présenté dans ce domaine, pas plus que Jrue Holiday, capable de mettre de très grosses pressions défensives et de gêner efficacement les meilleurs meneurs de la ligue en partie grâce à son envergure qui est assez impressionnante pour un homme de sa taille. Rajon Rondo est un défenseur correct voire même bon même s’il ne faut pas se fier à sa légende de défenseur d’élite, il arrive fréquemment qu’il se borne à couper les lignes de passes. En revanche, le champion NBA 2008 possède cette faculté très rare de deviner les systèmes adverses, chose qui est très appréciée par ses pairs, notamment Dwyane Wade, qui en avait fait l’éloge.

Pour terminer, même si l’équipe compte un boulet comme Omer « Moignons » Asik, les Pelicans disposent de pas mal de role players intéressants comme Ian Clark, Jordan Crawford, E’Twaun Moore voire même le sophomore Cheick Diallo.

Passons maintenant au sujet principal qui vient sur la table quand on parle des Pelicans: le duo Davis-Cousins

2 – Le pari risqué des small ball killers

Jouer avec un vrai 4 et un vrai 5 dans la NBA moderne, certains diront que c’est risqué, voire carrément suicidaire. Néanmoins, bien qu’on n’ait pu le voir que par épisodes ces dernières années, il existe des joueurs contre qui les Warriors (prenons l’exemple le plus marquant, d’autant qu’il s’agit de l’équipe à battre) ne peuvent tout simplement rien faire. Parmi ces joueurs, le plus marquant est évidemment Anthony Davis, mais il y a aussi DeMarcus Cousins, sachant qu’on pourra sans doute bientôt inclure quelques autres big mens de grand talent comme Karl-Anthony Towns ou Joel Embiid.

Sur les matchs, évidemment que les Warriors gagnent car ils ont une puissance de feu supérieure même s’ils n’arrivent pas à défendre. Mais le premier pas pour les abattre pourrait bien être de disposer dans son effectif de pareille arme. Car suffisamment entourés, de tels joueurs pourraient bien constituer à l’avenir une réelle menace pour Stephen Curry et sa bande.

En dehors d’une hypothétique menace future pour les Warriors, revenons à la saison régulière. Certes, la Southwest risque d’être très compliquée pour les Pelicans, mais en dehors de cela, comptons un peu toutes les équipes qui non seulement ne pourront rien faire contre les deux monstres mais se feront carrément atomiser ? Lakers, Suns, Bulls, Hawks, Nets, Hornets, Knicks, Magic, Pacers, Kings.. Ça commence à faire beaucoup de matchs ! Alors si en plus on ajoute les équipes plus étoffées mais qui risquent fort de se faire écraser par le duo de New Orleans, on a… le reste des équipes de la ligue excepté le Heat, les Clippers, le Jazz et, si et seulement si Joel Embiid est là et confirme ses impressionnantes stats défensives d’avant sa blessure, les Sixers. Parmi ces équipes aucune n’est hors de portée des Pelicans.

On en arrive donc à la conclusion que si évidemment il y aura des ratés, notamment si l’association ne fonctionne pas, NO devrait remporter assez facilement énormément de matchs contre les équipes les plus faibles et les plus démunies à l’intérieur. Quant aux équipes plus étoffées, la condition sine qua none pour les battre sera de pouvoir se reposer sur une grosse défense. Fort heureusement, les Pelicans ont largement le personnel pour ce faire.

Pour finir, parlons du jeu qui devrait être proposé. Évidemment, cela va défendre dur, ça risque assez fort d’être moche à voir, ça va peut-être être assez bourrin, mais ces Pelicans sont une équipe extrêmement mystérieuse dans la mesure où si ni Davis ni Boogie ne sont des intérieurs à l’ancienne, loin de là, les deux peuvent jouer de cette manière. Et c’est de cette polyvalence que doit naître une diversité de menaces suffisante pour permettre aux Pelicans de s’envoler. Il est impossible de citer toutes les possibilités qui s’offrent à Alvin Gentry et son staff avec pareil duo. De plus, une telle association est quasiment du jamais vu dans l’histoire NBA ! La dernière paire d’un tel calibre n’était rien de moins que.. Tim Duncan et David Robinson. Rien que ça. Évidemment les Twin Towers des Spurs étaient des joueurs bien supérieurs et aux profils radicalement différents mais.. what if ? Si on regarde les équipes présentes dans la ligue, on remarque deux choses: Presque toutes les équipes « sérieuses » ont les moyens de les démolir si l’association ne marche pas et si le manque de spacing se révèle être un problème insurmontable, aucune équipe n’a les moyens de défendre sur eux si l’association marche, sans même parler du scénario où elle marcherait à fond.

Wait and see donc, prions pour du spectacle dans ce qui est peut-être l’équipe la plus mystérieuse de la ligue à l’heure actuelle.

3 – Les Playoffs ou nouveau raté ?

Si tout va bien

Le propriétaire a l’idée lumineuse de virer l’ancien staff médical des Saints, et comme pour ces derniers depuis qu’ils s’en sont débarrassés, les blessures se raréfient et l’équipe peut enfin tourner à plein régime. Au début de la saison, une série de défaites embarrassantes finit d’exaspérer le propriétaire, qui expédie Alvin Gentry sur Pluton. Les Pelicans font enfin appel aux services d’un coach compétent (David Blatt pourquoi pas ?) et cette fois, enfin, les victoires s’enchaînent. Chaque road trip à l’est est une succession de massacres parmi toutes les équipes dépourvues de raquette digne de ce nom et non seulement les Pelicans retrouvent les Playoffs, mais presque à la surprise générale l’association Davis-Cousins marche à bloc et derrière une défense dans le top 3 NBA, les coéquipiers du mono-sourcil démontrent que le small ball à outrance n’est pas sans failles, comme en témoignent une raclée monumentale infligée aux Warriors à l’Oracle Arena devant un public abasourdi.

Si tout va mal

Le roster n’a pas du tout la profondeur requise pour faire face aux allées et venues à l’infirmerie et même si Anthony Davis et DeMarcus Cousins font un carnage dans les raquettes adverses, dès qu’ils sortent se reposer, l’équipe prend l’eau de toutes parts. Les Pelicans arrivent à faire un massacre parmi les petites équipes mais ne parviennent à accrocher aucun contender. Leurs adversaires de division font carton plein contre eux et cela coûte une nouvelle fois leur place en Playoffs à Anthony Davis and co.

Pronostic : 9ème place (38-43 victoires) : Bien difficile de faire un pronostic vu l’épais mystère qui entoure le duo Davis-Cousins, mais le manque de spacing couplé au coaching inexistant d’Alvin Gentry devrait leur coûter les Playoffs. 

L’avis de @Pelicans_France

Quelles étaient vos attentes cet été ?

Pour cet été, nous voulions en premier lieu améliorer notre banc, essayer de se débarasser d’Omer Asik et son énorme contrat quitte à utiliser la strech provision, recruter un poste 2 titulaire pour compléter le cinq de départ. En outre, nous espérions un effectif qui arrive pour une fois au complet pour le training camp, tout en prolongeant Jrue Holiday. Enfin, du travail entre les joueurs, notamment le duo Davis/Cousins qui sera capital.

Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu. Nous avons signé seulement Clark, Miller et Moore pour notre banc. Jordan Crawford est resté, et nous espérons développer Diallo. Asik fait toujours parti de l’effectif, et nous avons recruté Rajon Rondo, et allons sûrement décaler Holiday en 2. Nous avons d’ores et déjà perdu Solomon Hill, qui était notre 3 titulaire et surpayé Jrue. En revanche, AD et Boogie ont beaucoup travaillé ensemble, en espérant que cela paye.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

Que la greffe AD-Cousins fonctionne dans une NBA tournée vers le smallball, avoir le Rondo docteur Jekyll et pas son alter égo comme on a pu le voir à Dallas (sachant que bcp de ses coéquipiers de Chicago ont affirmé que c’est un mec génial), qu’on arrive à remplacer Hill (il est loin d’être irremplaçable mais on a plus de marge de manœuvre niveau cap), une équipe en bonne santé, une saison de top 5 pour Davis, Boogie dans un rôle de facilitateur (à la Jokic), que Jrue élève son niveau de jeu pour justifier son chèque, du bon jeu en attaque vu le recrutement de Finch (ex coach d’attaque de Denver), de la grosse défense avec notre 5 qui a un gros potentiel de ce côté là, plusieurs All Star (AD et Cousins minimum) et bien sûr les Playoffs.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

On est à des années lumière de Houston et des Warriors mais je pense que notre 5 majeur vaut n’importe quel autre 5 de cette conférence. Ce qui fera la différence ce sera la gestion des joueurs, les rotations, le coaching de Gentry sur lequel on a encore beaucoup de doutes. La conférence Ouest est encore plus dingue cette saison mais je nous vois en Playoffs. Toutefois, dans une saison où on va affronter 4 fois les Warriors 4 fois Houston 4 fois les Spurs (qui seront moins fort je pense mais toujours là) 4 fois les Wolves (qui vont avoir faim) et 4 fois les Clippers (qui vont vouloir se montrer après la perte de CP3) la marge est extrêmement faible, même si on a le talent pour. À voir si on tient toute la saison.