Après une prometteuse saison 2015-2016 pleine de surprises, les Blazers faisait face à l’année de la confirmation. Lors de l’intersaison les dirigeants décidèrent de faire confiance au groupe en place et ils se montrèrent assez généreux, voire beaucoup trop. Deux recrues furent néanmoins signées, Evan Turner (à un prix exorbitant) pour soulager Lillard à la création et Festus Ezeli qui n’aura jouer aucun match avec le maillot de Rip City.

Malheureusement, la saison ne commença pas de la meilleure des manières, le premier mois se terminant par un bilan de 9 victoires pour 9 défaites dont certaines évitables. Et ce fut de pire en pire, les Blazers arrivant au All-Star week-end avec seulement 23 victoires en 56 matchs. Néanmoins, grâce à un Damian Lillard MVPesque (29,7 ppg après le ASW) et l’arrivée en cours de saison de Jusuf Nurkic, les Blazers finirent par se qualifier in extremis en playoffs. S’en suivra alors un sweep insipide face aux futurs champions.

  1. Le roster & les finances

PG : Damian Lillard, Shabazz Napier

SG : CJ McCollum, Pat Connaughton, CJ Wilcox

SF : Maurice Harkless, Evan Turner, Jake Layman

PF : Noah Vonleh, Al-Farouq Aminu, Ed Davis, Caleb Swanigan

C : Jusuf Nurkic, Zach Collins, Meyers Leonard

Joueurs appelés pour le training camp : Archie Goodwin (PG), Isaiah Briscoe (G) et Anthony Morrow (SG)

L’un des premiers rendez-vous estivaux des Blazers avait lieu le 22 juin au Barclays Center. En effet, Portland possédait trois choix de draft du premier tour (#15, #20 et #26), ils arrivaient donc en position de force. Beaucoup de fans regretteront sûrement le fait que Neil Olshey ne soit pas parvenu à monter un trade autour des TDD afin de dégraisser. Au contraire, le general manager des Blazers décida d’envoyer les picks 15 et 20 à Sacramento, afin de monter dans la draft avec le 10ème choix.

A l’aide de ce 10ème choix, le front office décida, de façon surprenante, de sélectionner Zach Collins de l’Université de Gonzaga. Ce dernier reste très juste physiquement et loin d’être NBA Ready. Cependant, dans une perspective d’avenir, le pivot possède un profil très intéressant, il est grand, mobile et assez complet offensivement (3 pts, jeu au poste, vision de jeu). Ensuite, plus tard dans la soirée, avec le 26ème choix, les Blazers décidèrent de choisir un joueur prêt pour les joutes NBA en la personne de Caleb Swanigan. Le monstre de Purdue (18,5 pts et 12,5 rebs) possède, certes, une marge de progression limitée, il pourra néanmoins, avoir un impact dès sa première saison dans certains domaines de jeu, notamment au rebond et à 3 pts (45% la saison dernière).

Bien renforcés par l’intermédiaire de la draft, les Blazers n’avaient pas énormément de possibilités lors de la free agency étant donné leur maigre flexibilité. Le seul mouvement notoire fut l’échange avec les Nets envoyant Allen Crabbe à Brooklyn contre Andrew Nicholson, qui sera ensuite coupé par Portland. Après avoir resigné ses joueurs phares à prix d’or (26m pour Lillard et 24m pour McCollum), il était nécessaire, pour les Blazers, de récupérer du cap dans l’optique de resigner Jusuf Nurkic en 2018. Portland perd donc ici l’un de ses meilleurs shooters (44% à 3 pts) et sa principale arme offensive en sortie de banc. Toutefois, cela semblait indispensable.

En somme, les Blazers n’avaient pas vraiment le choix et misent désormais sur une progression en interne. L’arrivée de Jusuf Nurkic fut très bénéfique et le staff compte sur lui pour apporter encore plus.

  1. Le coaching

Tout d’abord, il est important de mettre en avant l’apport, non négligeable, de Jusuf Nurkic la saison dernière. Tout le monde a pu observer à quel point les Blazers avaient des problèmes défensifs l’an passé. Bien qu’il ne soit pas considéré comme un spécialiste défensif, Nurkic a su impacter la défense de Portland de la bonne manière. En effet, le defensive rating de l’équipe avant (108.9 – 26ème de la ligue) et après (105.9 – 13ème de la ligue) son arrivée montre une vraie amélioration. Pourtant, ce n’est pas la statistique la plus représentative.

Lors des matchs suivant le trade, nous avons pu constater que les Blazers encaissaient, en moyenne, 103.7 points pour 100 possessions lorsque Nurkic était sur le terrain, et 112.9 points (!!) sans lui.

Ce n’est pas tout. Comparons, maintenant, la différence statistique lorsque Nurkic ou Plumlee était sur le terrain.

  

Le tableau ci-dessus témoigne à quel point l’arrivée de Nurkic permis une amélioration dans l’ensemble des catégories défensives. Le plus marquant étant le défensive rating.

Cependant, le pourcentage de réussite des adversaires près du cercle avant et après le trade est identique. Effectivement, ce qui a réellement changé, c’est le pourcentage de réussite des adversaires à 3 pts. Lorsque Nurkic était sur le terrain, les adversaires shootaient, à seulement, 33.4% à 3 pts alors que ce pourcentage grimpait à 40.2% quand ce dernier se posait sur le banc. La présence du pivot bosnien influence donc clairement la réussite des équipes adverses. Autrement dit, sa présence permet à ses coéquipiers de bien mieux défendre les 3 points.

De plus, les Blazers peuvent compter sur un des meilleurs back courts de la ligue. Effectivement, la doublette Lillard-McCollum apporte en moyenne 50 points par match, ce qui est loin d’être négligeable. Souvent dépassés en défense, le duo de l’Oregon assure néanmoins en attaque. Comme on peut le voir ci-dessous, les deux arrières représentent une énorme menace derrière la ligne à 3 pts. En outre, il est important de noter que la shotcart de CJ McCollum est tout simplement excellente.

       

Ensuite, pour accompagner ce trio, Moe Harkless devrait occuper le poste d’ailier comme la saison dernière. Harkless s’est révélé être le parfait complément de Lillard et McCollum. Sa faculté à sanctionner à 3 pts et son apport défensif sont des atouts non négligeables pour les Blazers. En effet, le leader défensif de Portland c’est lui.

En outre, le seul poste où une interrogation a lieu d’être concerne le poste d’ailier fort. Néanmoins, le complément parfait de Nurkic semble être Noah Vonleh. Ce dernier a su montrer qu’il pouvait devenir un duo intéressant avec le bosnien. L’an dernier, l’arrivée de l’ex-Nugget eut un impact plus que positif sur Vonleh. Effectivement, son pourcentage de réussite au tir est passé de 41 à 64%. Par rapport à Plumlee, Nurkic attire les défenses à lui et libère donc de la place. Vonleh profite de cette attirance pour couper au panier et obtenir des paniers faciles. En fait, Plumlee était bon dans ce profil de facilitateur mais il n’a jamais forcé les équipes adverses à faire de prises à deux.

Mais c’est surtout défensivement que l’arrivée de Nurkic a eu une énorme influence. Effectivement, lorsque la paire était sur le terrain, le defensive rating de l’équipe était de 101.3, ce qui est vraiment bon. Pour finir, Noah Vonleh a montré bien plus de sérénité et de lucidité, notamment parce qu’il a bien plus confiance en son compère qu’auparavant avec Miles Plumlee.

Venons-en désormais au point faible de l’équipe, le banc. En effet, la perte d’Allen Crabbe est vraiment préjudiciable tant son apport en sortie de banc fut excellent la saison dernière. L’un des problèmes de l’équipe devrait se situer sur les postes extérieurs. Les rotations sur les postes 1 et 2 semblent très légères, Shabazz Napier aura pour mission d’augmenter son rendement, notamment au scoring. Quant au poste 2, CJ Wilcox et Connaughton ne sont clairement pas des assurances tout risque. C’est pour cela que les Blazers testeront Morrow et Goodwin au training camp. De plus, la création en sortie de banc devrait encore une fois revenir à Evan Turner dont on attend bien plus du côté de Portland.

Concernant le secteur intérieur, les Blazers se sont clairement renforcés cet été. Caleb Swanigan pourrait devenir le back up parfait de Vonleh. Sa draft se présente comme une solution aux problèmes de Portland au rebond. En effet, Swanigan est l’un des meilleurs rebondeurs de cette cuvée, la saison passée, il a notamment fini le match en double-double à 28 reprises, gobant même plus de 20 rebonds à quatre reprises.

Au final, la réussite des Blazers passera par un duo Lillard-McCollum toujours aussi performant en attaque, par une confirmation de la part de Nurkic, dont le nom est déjà évoqué dans la course au MIP, et par une adaptation de coach Stotts suite à l’échange de Crabbe.

  1. Les perspectives

Si tout va bien

Dans le meilleur des cas, la saison des Blazers pourrait ressembler à cela : L’influence de Nurkic est toujours autant positive. Les Blazers continuent sur leur lancée de la fin de saison dernière et décrochent la cinquième place de la conférence Ouest. Caleb Swanigan se révèle être LE steal de cette draft, le coach allant même jusqu’à le propulser dans le cinq en lieu et place de Vonleh, pourtant très bon. Damian Lillard évolue à un niveau stratosphérique, lui permettant d’être dans le top 5 du MVP à la fin de la saison régulière. McCollum continue, quant à lui, sa progression et s’avère être l’un des meilleurs arrières de la ligue. Malheureusement, Portland échoue en demi-finale de conférence face aux Warriors après avoir surpris le Thunder au premier tour.

Si tout va mal

Au contraire, dans le pire des cas, les Blazers pourraient vivre une saison comme la suivante : Les joueurs de Terry Stotts retombent dans leurs travers et font preuve d’une irrégularité insupportable. Ils abandonnent de nombreux matchs face aux équipes pourtant considérées moins bonnes et malgré un regain de forme après le All-star game, ils échouent à la 10ème place de la conférence, stoppant net leur série de participations aux play-offs. L’absence de Crabbe n’est pas comblée et la défense redevient un problème majeur pour les coéquipiers de Damian Lillard. L’été des Blazers s’annonce mouvementé et le rôle de Terry Stotts est remis en cause.

Pronostic: 8ème place (40-45 victoires). Dans une conférence Ouest encore plus serrée que l’an dernier, les Blazers devraient accrocher le dernier spot qualificatif.

 

L’avis de @BlazersFr

 

 Quelles étaient vos attentes cet été ?

Cet été l’objectif était de dégraisser des contrats chose que l’on a oublié de faire à la draft. Pas nécessairement se renforcer par de nouvelles recrues car dans tous les cas nous n’avons pas l’argent pour. Le second objectif de cet été serait de re-signer Jusuf Nurkic.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

On attend mieux la saison prochaine, on reste sur notre faim cette année et les pépins physiques ne doivent pas être une excuse.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

Dans cette conférence finir aux abords de la 6-7e place serait déjà bien.