Attendue comme une équipe à la lutte pour les Playoffs la saison passée, les Hornets ont commencé l’année sur les chapeaux de roues. Emmenés par un duo Kemba Walker/Nicolas Batum en grande forme, et dépositaire d’un jeu soudé, d’un roster qui avançait ensemble, on s’est d’abord laissé embarquer par l’essaim de Charlotte. Ce début d’exercice nous a longtemps laisser croire que la franchise pourrait même rester à la lutte pour l’avantage du terrain, et nous pondre dans une certaine discrétion médiatique une saison à 50 victoires. Mais malgré l’effervescence dans la ruche, il a semblé qu’une blessure, annoncée comme problématique, a finalement causée la perte de l’effectif. En effet, lorsque Cody Zeller a du quitter un secteur intérieur déjà peu polyvalent, les Hornets ont commencé à choper le bourdon, au point qu’à la fin de l’exercice 2016/2017, ces derniers n’étaient pas éligibles à une place en Playoffs qu’ils avaient un temps semblé en mesure d’arracher aisément, mais à un tour de draft dans la lottery. Pourtant, comme souvent les Hornets ont joué un basket cohérent et solidaire, mis en orbite par un Kemba Walker parfois flamboyant. Mais le jeu a perdu en consistance au fur et à mesure de l’exercice, au point qu’en fin de saison, le groupe ait semblé parfois perdu sur le terrain, incapable de proposer un jeu de même qualité durant 4QT.

1 – Le roster et les finances

Au début de l’été, les Hornets paraissaient dans une situation délicate. La franchise possédait une enveloppe assez réduite, et les dirigeants laissaient des rumeurs filtrer sur un potentiel échange de Michael Kidd-Gilchrist. L’ailier bien que féroce défenseur, fait parfois défaut à son statut de n°2 de draft tant ses progrès offensifs se font attendre, tant les blessures s’accumulent sur son carnet de santé. En difficulté financière donc, il était une des rares pièces de valeur, dont le potentiel pouvait attirer d’autres franchises.

En recherche de renfort à l’intérieur après une saison où Cody Zeller s’était affirmé comme le seul taulier dans la raquette, il était difficilement envisageable pour les frelons de se payer un agent libre. C’est alors que le miracle s’opéra. Les Hawks avaient abdiqué leur velléité quant à un potentiel retour de Paul Millsap. Désireux de passer à autre chose, ils ont donc mis leurs pièces sur le marché, et proposé Howard aux mieux offrants. La lumière fut, puisque, D12 débarque dans sa nouvelle franchise contre Miles Plumlee et Marco Belinelli en pièces principales. Pas cher payer pour s’offrir les services d’un pivot qui, s’il a perdu de son aura, reste une des présences au poste bas les plus imposantes de la NBA.

Toutefois, le bon été des Hornets n’était pas terminé puisque la draft arrivant, ils ont réussi avec leur 11eme pick à faire une acquisition aussi tardive qu’inattendue en la personne de Malik Monk. Véritable torche humaine par ses qualités de scoreur tant de loin que près du cercle, le jeune arrière permettra d’apporter une profondeur supplémentaire au banc, dans l’hypothèse où il serait aussi NBA ready que les scouts l’ont laissé supposer. Il convenait dès lors de consolider le poste problématique avec des salaires minimum. En effet, derrière Kemba Walker le poste de meneur était vide suite au départ de Ramon Session, trop onéreux. La franchise se lance sur 2 pari puisqu’elle va tenter de redonner un coup de boost à la carrière en chute libre de Michael-Carter Williams, qui arrive pour 2,7M de dollars, et permet à Julyan Stone de revenir en NBA en occupant le poste de 3eme meneur.

Si globalement l’effectif apparaît comme réellement renforcé par rapport à celui de l’an passé, il n’en demeure pas moins que la bonne santé de Kemba Walker ne sera on ne peut plus cruciale si le roster de Michael Jordan veut jouer les premiers rôles à l’Est – puisque malheureusement, ses doublures ne sont clairement pas des assurances tout risque.

Car si ce roster possède des qualités indéniables, elle ne peut se passer de certains de ses éléments. La création de Nicolas Batum et le scoring de Walker sont à ce jour des conditions sine qua none à la vie de cette équipe. En effet, si beaucoup de joueurs sont capables de dégainer, peu ont la capacité à créer pour les autres ou se créer leur tir balle en main. Le meneur All-Star et le Français sont donc la tête et les jambes d’une équipe qui va pouvoir en revanche profiter de leur travail, mais surtout battre le fer en défense.

Effectif :

Meneur : Kemba Walker – Michael-Carter Williams – Julyan Stone

Arrière : Nicolas Batum – Jeremy Lamb – Malik Monk – T.J Williams

Ailier : Michael Kidd-Gilchrist – Treveon Graham – Dwayne Bacon

Ailier Fort : Marvin Williams – Frank Kaminsky – Cody Zeller

Pivot : Dwight Howard – Jonnhy O’Bryant – Isaiah Hicks

 

2- Le coaching/style de jeu

Lorsque Steve Clifford a débarqué à Charlotte avec pour mission de remettre une franchise moribonde sur la carte NBA, il a transformé un groupe à la dérive en une machine huilée et solide. Pas forcément brillants, les Bobcats aujourd’hui Hornets ont peu à peu construit une attaque appliquée et une défense de fer. Si du côté offensif, on a encore vu ces Hornets par séquences en 2016/2017, la défense a elle paru en manque d’une présence défensive digne de ce nom. En ce point l’arrivée d’Howard pourrait changer énormément de choses pour ses coéquipiers.

Avec des chiens de garde comme Nicolas Batum et MKG a l’extérieur, un joueur polyvalent et mobile comme Marvin Williams qui a tout de l’AF moderne, il y a de quoi switcher en défense. Surtout qu’avec notre français en 2, il y a une véritable envergure sur le terrain pour couvrir les espaces. Associer la présence dissuasive et imposante d’Howard sur le panier devrait galvaniser les troupes et permettre aux extérieurs de prendre plus de risques pour couper les passes et chercher des points faciles en contre-attaque. En outre, il deviendra plus facile dans le crunch-time de resserrer les barbelés.

L’arrivée d’Howard pourrait symboliser un retour à une défense de premier ordre à Charlotte. Une bonne nouvelle suivie d’une autre puisqu’il semble que le pivot ait accepté depuis l’an passé que son rôle offensif ne soit plus celui qu’il était par le passé. Dans une NBA qui court de plus en plus et shoote de plus en plus, un pivot classique et rugueux comme Howard ne peut plus être le centre d’une équipe. Il va probablement devoir perdre quelques kilos pour continuer à apporter, et suivre le rythme.

Ses écrans seront toutefois précieux pour jouer les pick&roll mais aussi profiter d’une belle troupe de shooteurs potentiels dont la franchise se dote au fur et à mesure. S’il n’y a pas de gâchettes de premier ordre, il faut espérer que Lamb, Monk, Batum, Williams, Kaminsky ou encore Walker soient au rendez-vous cette saison. En revanche, sa présence va poser quelques soucis, notamment sur le plan de la gestion humaine. Comme susmentionné, Cody Zeller était devenu essentiel au jeu de sa franchise puisqu’en sa présence, les Hornets affichaient un bilan de 33-29, absent, le bilan était déplorable avec un 3-17 qui a couté la course aux Playoffs. Le problème, c’est que cette prévalence dans le jeu s’est faite au poste 5 auquel évoluera désormais Dwight. Il va falloir faire cohabiter les 2 joueurs sur le poste, la difficulté sera de contenter les 2 joueurs sans les associer sur le terrain en même temps.

En effet, en 2017 une raquette Howard/Zeller semble bien trop peu mobile et bien trop incapable de s’écarter pour fonctionner. Surtout lorsque tes extérieurs rentrent leurs tirs ouverts mais ne sont pas des gâchettes.

En somme, les changements apportés cet été bien que laissant certaines failles inquiétantes persister, notamment derrière Kemba Walker à la mène, les éléments essentiels à la bonne marche des Hornets vont être les suivants. Tout d’abord, leur capacité à intégrer l’ex-star du Magic dans leur système défensif, sans que ça ne coûte à leurs capacités offensives. Cette association devra se faire en contentant Cody Zeller qui devrait être relégué sur le banc.

Mais surtout, il va falloir retrouver de la percussion à la création. Trop souvent les Hornets ont été dépendants de leur confiance et de leur réussite derrière l’arc, une mauvaise nouvelle pour une équipe dont ce n’est pas la spécialité. Nicolas Batum expliquait lors de son retour en France qu’il avait manque d’agressivité balle en main cette saison. Kemba Walker doit être moins responsable de la création, pour agir en second couteau, à la manière de Kyrie Irving aux côtés de LeBron James. De cette relation entre les 2 joueurs dépendra beaucoup pour l’équipe.

Bref, il faudra retrouver le cap de la saison 2015/2016, où portés par une très belle saison du trio Walker-Batum-Williams les Hornets avaient tracé leur chemin jusqu’en post-saison. En ajoutant Howard, en comptant sur les progrès et Zeller en espérant une saison sans blessure de MKG.

 

3- les perspectives

a) Si tout va bien

Dans un scénario idéal, Dwight arrive en forme sans pépins et est rapidement intégré dans la rotation. L’équipe se préserve des blessures et peut compter sur un Nicolas Batum plus en confiance dans ses prises de décision pour éclairer le jeu de son équipe.

Pour réussir cette saison à l’Est, il faudra assurer contre les nombreuses équipes en reconstruction. Les Hornets le savent et prennent les matchs où ils sont favoris pour gonfler leur bilan. En confiance grâce à leur statut d’équipes en course pour la post-saison, certains joueurs prennent feu régulièrement, tandis que Malik Monk apporte un écot rapidement en sortie de banc. Le trident Batum-MKG-Howard donne le ton en défense et permet à l’équipe d’être extrêmement dissuasive, forçant ses adversaires à prendre beaucoup de tirs moins rentables à mi-distance. Solidaires toute la saison, ils sont à la lutte pour le top 4 à l’Est.

b) Si tout va mal

Howard n’apporte pas autant qu’espéré, et certains joueurs clés ne retrouvent pas de leur piquant. Les blessures font leur œuvre et l’équipe peine à imposer un jeu consistant soir après soir. Dans une conférence Est faible, ils sont à la lutte pour les dernières places de Playoffs, face à des rosters pourtant moins talentueux. La situation dans la raquette se dégrade et Zeller et Howard se plaignent de leur temps de jeu partagé.

En parallèle, MCW peine à se relancer à la mène et le banc manque de création, coûtant régulièrement très cher au 5 de départ lorsqu’il sont alignés.

La franchise fait finalement les Playoffs, mais son sort est déjà fixé, remettant en question tout le roster pour l’été 2018.

Pronostic : 6ème place (42-47 victoires) 

Les Hornets ont selon moi tout ce qu’il faut pour se situer entre la 4eme et la 6eme place de l’Est. Dans une conférence en perdition, avoir un effectif expérimenté avec de nombreux éléments accumulant un vécu commun depuis maintenant plusieurs années devrait donner suffisamment de sérénité pour arracher les matchs faciles. Par ailleurs, on sait que la franchise dans des bons soirs est capable de quelques feux d’artifices, même contre des rosters plus forts. L’essentiel à Charlotte sera de bien démarrer la saison, notamment notre Français qui dépend énormément de sa confiance pour peser sur les matchs.

 

L’avis de @HornetsFR et @Hornets_France

 

Quelles étaient vos attentes cet été ?

@HornetsFR : Cet été on attendait un renforcement à l’intérieur, c’est ce qui nous a manqué la saison dernière avec la blessure de Cody Zeller et la venue furtive d’Hibbert. On voulait aussi gagner en profondeur de banc sur les pistes extérieurs et plus précisément à la mène. C’est pour ça qu’on attendait beaucoup de la draft vu notre pick 11 ça nous permettait d’avoir de l’espoir sans trop savoir ce qu’on allait récupérer exactement et sans trop savoir ce qu’on voulait. Après une saison bancale on espère que le staff et les joueurs ont pu se reposer et se poser des questions sur ce qui a été fait et sur ce qu’il fallait faire. Tous les joueurs ont passé l’été entier à travailler et semblent prêts pour la saison qui arrive.

@Hornets_France : La saison dernière fut très décevante cependant les dirigeants ont continué à faire confiance au coach pour la saison prochaine. Le trade Howard contre Plumlee et Belinelli est bénéfique. Nous récupérons un titulaire qui règle nos problèmes dans la raquette et va nous aider pour les rebonds ainsi que le scoring. De plus la franchise se débarrasse du gros contrat de Plumlee (12.5M$ l’année). La draft était également réussite avec la sélection de Malik Monk (11ème choix), pourtant pronostiqué dans le top 10. On ne pouvais espérer mieux. Le joueur nous sera très utile en sortie de banc. Tout le monde attendait une intersaison sérieuse de l’équipe dirigeante, on l’a eu. Les Hornets débuteront la saison avec un meilleur effectif qu’il y a six mois.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

@HornetsFR : Pour la saison prochaine on attend une réaction par rapport à la saison dernière. On manquait un peu de leadership et l’arrivée de Dwight Howard va nous permettre de créer autour de son duo avec Kemba qui ont l’air très excités de jouer ensemble !

@Hornets_France : Un effectif plus fort sur le papier, des joueurs en progression : Walker, Batum et Kaminsky (pour ne citer qu’eux), l’objectif est de disputer les playoffs. De plus, les Bulls, les Hawks et les Pacers se sont affaiblis pendant l’été. La voie est ouverte pour les Hornets. Kemba Walker sort de sa meilleure saison et est l’une des meilleures progressions la saison passée. Le meneur devrait de-nouveau disputer le All-Star Game.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

@HornetsFR : On se situe au milieu de la conférence Est, surtout en voyant le faible niveau de la conf, derrière Cleveland Boston et Washington tout est possible. En début de saison dernière on était dans le Top 3 et puis les blessures nous ont sorti du Top et même des Playoffs …

@Hornets_France : Les Celtics, les Cavaliers et les Wizards sont au dessus du lot. On pourrait se mettre avec les Raptors, les Bucks. Mais il y aura des surprises comme chaque année. Avec l’intersaison de cet été, les franchises à l’Ouest se sont renforcées au détriment de la conférence Est. L’Est est moins compétitif et donc beaucoup plus « jouable ».