En NBA, quand on parle de régularité, d’éthique du travail, de jeu collectif et de coaching (presque) parfait, on pense naturellement aux San Antonio Spurs. Ces derniers, comme à leur habitude, ont effectué une saison plus qu’honorable lors de l’exercice 2016-17 : 2e de l’Ouest et de la NBA avec 61 victoires, et ce sans ce brave Tim Duncan qui les avait quitté à la fin de la saison précédente. Cependant, une fois en playoffs, les joueurs du grand Gregg Popovich ont dû faire face à quelques difficultés, tout d’abord lors d’une série très défensive et pleine de fondamentaux face au Grizzlies de Marc Gasol, avant d’affronter en demi-finale de conférence les Rockets d’un James Harden bien décidé à décrocher le titre de MVP. Les deux séries seront bouclées à l’issu de six matchs, 4-2 pour les Spurs. Cependant, sur la route ils perdent Tony Parker, blessé face aux Rockets.

Enfin, face à eux se profilent des joueurs effrayants et menaçants, bien décidés à récupérer leur trophée : les Golden State Warriors.

Si tout le monde s’attendait à assister des matchs intenses et extrêmement serrés, c’est avec (plus ou moins de) surprise que les Spurs s’imposent durant plus de la moitié du 1er match. Le score à la mi-temps : 62 – 42 en faveur de San Antonio, qui joue tout de même à l’extérieur. Mais le 3e quart-temps fut fatal pour les Texans. Alors que les Warriors étaient dos au mur, Kawhi Leonard, lors d’une phase défensive, se retrouve face à Zaza Pachulia. Dribbles, step-back et shoot en fadeway dans le corner gauche. Mais lorsqu’il retombe, son pied tord anormalement sur le pied du pivot adverse, et ce qui suit n’est pas beau à voir. Le jeu est arrêté, le visage de l’ailier se crispe. Il agrippe sa jambe et cri de douleur : Leonard est contraint de sortir de l’arène alors qu’il était une des raisons, voire la raison principale, de la large avance des Spurs.

Les texans, venant de perdre leur meilleur attaquant/meilleur défenseur, voient les Warriors revenir à une vitesse fulgurante. Ils luttent, mais voient le score se réduire, jusqu’à perdre ce match. Résultat final : 113 – 111. A partir de là c’est la dégringolade : San Antonio est balayé des playoffs par les Golden State Warriors sur une série de 4-0. Cette série vient mettre en exergue l’importance qu’à Leonard dans les grands rendez-vous, mais vient surtout souligner les lacunes à l’intérieur  et de LaMarcus Aldridge qui ne laissera au final probablement pas sa trace dans l’histoire des Spurs.

Face à cet échec frustrant (voire injuste), on peut facilement s’imaginer que la saison 2017-18 des Spurs sera impressionnante, et les matchs Golden State – San Antonio seront fortement inflammables tant à l’Oracle Arena qu’à la AT&T Center. Les San Antonio Spurs sont, plus que jamais, en quête de vengeance et de victoire.

1 – Roster/Finances

Meneurs : Tony Parker – Patty Mills – Dejounte Murray – Bryn Forbes

Arrières : Danny Green – Manu Ginobili – Brandon Paul

Ailiers : Kawhi Leonard – Rudy Gay – Kyle Anderson

Ailiers Forts : LaMarcus Aldridge – Davis Bertans

Pivot  : Pau Gasol – Joffrey Lauvergne – Nikola Milutinov

L’été des Spurs ne s’est pas vraiment passé comme prévu. Tout d’abord, il paraissait évident que Chris Paul, l’ex-meneur des Clippers, était dans le viseur du coach de San Antonio. Beaucoup voyaient déjà CP3 s’en aller au Texas aux cotés de Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge. Et c’est bien vers le Texas que s’est dirigé Chris Paul, mais chez les Rockets de James Harden. Déception du côté des Spurs. Mais ils savent rebondir et, même s’il est vrai qu’ajouter Chris Paul au roster aurait été létal pour les autres équipes, nul doute qu’ils posséderont les armes nécessaires pour, pourquoi pas, mettre les mains sur le Trophée Larry O’Brien et récupérer cette place de champion qui leur manque tant depuis 2014. La baffe encaissée, il convenait de rester en ordre de bataille, et éventuellement d’échanger LaMarcus Aldrige, même si la rumeur étonnait venant du Front Office que l’on sait si stable. Et la stabilité fut, puisque l’ex-Blazers continuera son bail à San Antonio.

Dans la foulée, les texans noirs et blancs laissent partir Jonathan Simmons et Dewayne Dedmon  qui prirent leurs valises et ont bougé respectivement à Orlando (3ans pour $20M) et Atlanta (2ans pour $14M). Mine de rien, ces deux départs viennent fragiliser l’équipe, car l’implication défensive de ces deux joueurs dans l’effectif des Spurs venait consolider la force du banc et sa capacité à tenir lorsque les titulaires sont au repos.

Cependant, le coaching staff a su combler l’absence de ces deux joueurs en signant Brandon Paul, un arrière américain en provenance du club Turque «Anadolu Efes» qui a largement fait ses preuves en Summer League comme en Euro League, Matt Costello en Two Way Contract, un ailier fort/pivot qui a lui aussi fait ses preuves en Summer League notamment grâce à ses doubles-doubles, mais également Darrun Hillard, un meneur qui s’est illustré quelques minutes en NBA du coté de Détroit et quelques match en G-League toujours avec Détroit, et enfin London Perrantes, un meneur qui a montré de quoi il était capable lors de son passage à l’université de Virginie. Ces trois derniers auront tout le temps de parfaire leur jeu en D-League si besoin.

Mais surtout, San Antonio signe Rudy Gay en tant que Free Agent en provenance de Sacramento, pour un contrat de 2 ans pour $17.2M. Ce dernier s’avère être un joueur extrêmement polyvalent, doté de qualités athlétiques énormes, d’une précision respectable derrière la ligne à 3pts et d’une vitesse d’exécution redoutable. Nul doute qu’entre les mains du bon Popovich, Rudy Gay s’avérera être un formidable atout en sortie de banc. Car en effet, si l’ex joueur des Kings est un bon élément, malheureusement au cours de sa carrière les blessures ne l’ont pas épargné, et cela ne lui permettra pas forcément de débuter titulaire au poste d’arrière, le poste d’ailier étant naturellement déjà occupé par Kawhi « The Klaw » Leonard.

Enfin, on peut noter la signature du pivot Français Joffrey Lauvergne, la prolongation de Patrick « Patty » Mills $50M sur 4 ans, la prolongation de Pau Gasol $48M sur 3 ans et enfin la prolongation de Manu Ginobili 2 ans en tant que vétéran à $5M.

Du côté du coaching staff rien ne change.

2 – Coaching / Style de jeu

Si on devait comparer les San Antonio Spurs à une expression, il apparaît évident que « on ne change pas une équipe qui gagne » serait le choix de tous. Voilà 20 ans que les Spurs sont en playoffs. Ils ont atteint les finales de playoffs 6 fois et en sont ressortis champions 5 fois. Cependant, il est important de rappeler à chacun en quoi consiste le Spurs Basketball. Au moins pour le plaisir des yeux.

Les Spurs vont continuer à jouer plus lentement que la moyenne en attaque, à maîtriser leurs possessions avec pour objectif de limiter les déchets à leur strict minimum. Objectif ? Maîtriser le tempo au possible, ne pas donner de munitions à l’adversaire pour emballer les rencontres, et utiliser le duo Aldridge/Gasol pour créer un maximum d’inertie sur le poste bas. Le tout en adaptant la line-up aux besoins de l’équipe, avec Ginobili pour apporter du playmaking, Mills pour dynamiter les rencontres ou la paire Gay/Bertans (le second sortant d’un bel été avec la sélection nationale), pour apporter de la versatilité au jeu de l’équipe. Les autres nouveaux éléments ont un rôle qu’il faudra encore définir, mais on peut attendre à voir certaines recrues prendre une place croissante dans le groupe.

Sinon, l’idée est simple : trouver un joueur démarqué ou se débrouiller pour qu’un joueur le soit. Le Spurs Basketball c’est l’extra-pass, les fondamentaux, le jeu collectif. Dans les moments forts, Kawhi Leonard fera le taf des deux côtés du terrain, comme à son habitude. Pau Gasol et LaMarcus Aldridge récupéreront les rebonds et travailleront au poste bas. Danny Green, en bon sniper, continuera de rôder près de la ligne des 3pts, et notre Tony national, en bon vétéran, sera à la baguette de cette symphonie. En sortie de banc, Rudy Gay et Patty Mills donneront pas mal de fil à retordre aux remplaçants adverses. Les qualités athlétiques du premier mêlées à la précision du second en feront un duo explosif. Manu Ginobilli, avec toute son expérience, sublimera le jeu Texan de ses passes spectaculaires et ses 3pts décisifs. Et enfin Joffrey Lauvergne apportera un petit peu de spacing, ce dernier étant capable d’enchaîner les paniers à 3pts.

Pour finir, concernant la défense, les Spurs devraient toujours présenter un jeu appliqué, derrière la paire Green/Leonard. Néanmoins, la perte de Dedmon devrait tout de même priver Popovich d’une option, et ce en dépit de l’irrégularité de ce dernier la saison passée. Lauvergne n’apportant que peu de ce côté là, ce sera au collectif de compenser.

3 – Perspectives

Si tout va bien

Si tout va bien cette saison, les Spurs finiront second à l’Ouest. La machine Spurs, lancée à toute allure sous les ordres du grand Popovich, ferait un massacre sur son passage. Une cohésion plus que parfaite, une défense de fer, des phases offensives incisives, en bref si tout va bien, ils n’auront plus un vent mais un mistral en poupe. Quant aux Playoffs ? Menés par un Kawhi Leonard MVP, les Spurs sauront sans problèmes se débarrasser de leurs adversaires, jusqu’à cette série de Finale de Conférence contre les Warriors.

Si tout va mal

Si tout va mal, les Spurs lutteront pour conserver la 5e place de la conférence Ouest. Durant la saison les blessures s’enchainent pour LaMarcus Aldridge et Kawhi Leonard (fragilisé depuis les Playoffs 2016-17). Les vétérans se fatiguent, les jeunes se laissent aller et le cocktail s’empoisonne. Le premier tour des Playoffs ne se passe pas comme prévu, et les Spurs finissent par tomber prématurement dans la compétition.

Pronostic : 55-60 victoires, 2e de l’Ouest. Malgré un roster moins profond que par le passé, on fait confiance à Gregg Popovich pour nous offrir une nouvelle saison pleine de réussite.

En bref, la saison 2017-18 des Spurs de San Antonio devrait encore être un succès. A moins d’un drame que personne ne souhaite, rien ne devrait entraver leur route jusqu’aux Playoffs. Mais cette année à l’Ouest, les Playoffs auront l’air d’un film de super-héros où méta-humains s’affrontent afin de savoir qui est le plus fort. Dans cette guerre, les Spurs possèdent assez de Kryptonite pour survivre jusqu’aux finales de conférence. Mais sauront-ils battre leurs adversaires ? La chance sera-t-elle de leur cotés ? Trop tôt pour le dire. Mais préparez-vous, les Spurs seront de sortie, et ils ont une revanche à prendre.

 

L’avis de @SASpursFr

 

Quelles étaient vos attentes cet été ?

Je pense qu’on était l’équipe la plus proche des Warriors l’année dernière, mais il est évident qu’on devait se renforcer pour essayer de se rapprocher encore un peu plus d’eux. Dans cette optique on espérait se positionner sur un meneur de jeu de gros calibre (surtout avec la blessure longue durée de Parker) quitte à démembrer le reste de l’effectif hors Kawhi-LaMarcus. Mais ça c’était avant que des rumeurs sur le mal-être d’Aldridge sortent et avant que Chris Paul ne choisisse Houston. Après ça, j’aurais aimé qu’on puisse se séparer d’Aldridge, mais sa cote était je pense trop basse pour qu’on puisse s’en sortir sans dommage.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

On à une nouvelle saison entre 55 et 60W, l’effectif se connait bien, on a une superstar en pleine force de l’âge et de bons joueurs autour. On va jouer plus petit avec Rudy Gay qui naviguera entre les postes 3 et 4, je pense qu’on fera une bonne saison régulière sans surprise.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence ?

Je pense qu’on est dans le groupe des poursuivants des Warriors entre la 2e et la 4e place quoi. A voir après selon les formes méformes de chacun, mais je compte sur notre régularité pour terminer à la 2e place au contraire des Rockets/Thunder/Wolves qui vont devoir trouver leur alchimie et des Clippers qui me semblent un ton en-dessous.