Aucune allusion au parti de notre Président, vous vous en doutez. Ici, on parle plutôt d’une armada qui semble impossible à arrêter. Golden State a bel et bien marché sur la « concurrence » la saison passée, avec une régulière tranquille et des Playoffs survolées. Un, deux, trois sweeps, avant d’aller taper les Cavs sans problème lors des Finals. LeBron a bien tenté de résister, les Warriors étaient trop forts. Le Big Four, accompagné d’un banc ultra-efficace, n’a pas tremblé à l’heure de valider un titre devenu obligatoire depuis l’arrivée de Kevin Durant, décisif lors de la série.

Forcément, une telle domination attire d’autres joueurs. Et cet été, les dirigeants californiens ont assuré. Outre les re-signatures essentielles de Shaun Livingston et surtout Andre Iguodala, les Warriors ont mis la main sur Nick Young et Omri Casspi. Plus adapté que ça à la philosophie de la franchise, tu meurs. Iggy a bien failli faire faux bond à la franchise, il a suffit d’un ultime appel de Bob Myers et Steve Kerr pour empêcher sa signature chez les Rockets. Un salaire conséquent certes (48M/3 ans), mais l’ailier est un élément indispensable du roster californien. David West et Zaza Pachulia ont également prolongé l’aventure, pour le minimum. Même Javale McGee, longtemps annoncé partant, a re-signé pour le minimum! Difficile de faire une intersaison plus réussie. De surcroît, Golden State s’est une nouvelle fois permis le luxe de s’illustrer à la Draft. Ne possédant aucun pick, le front office a choisi une cible facile – les Bulls – et leur a proposé le paquet de fric nécessaire afin de récupérer le 38ème spot. Utilisé pour récupérer Jordan Bell, qui arrive en provenance d’Oregon University. Ailier fort, il semble très semblable à Draymond Green selon les dires de la franchise. En tout cas, il aurait du talent plein les mains et un potentiel intéressant. Il faudrait que les autres franchises réalisent que lorsque les Warriors leur proposent de racheter un pick de Draft, c’est qu’il y a un bon coup à faire. A bon entendeur, messieurs Forman et Paxson. Un été réussi en tout point donc pour les Warriors.

Il est donc temps de présenter le roster. Mouillez vous la nuque, prenez une grande inspiration, vous pouvez continuer.

 

1/ Le roster et les finances

PG : Stephen Curry – Shaun Livingston

SG : Klay Thompson – Nick Young – Patrick McCaw – Antonius Cleveland – Alex Hamilton

SF : Kevin Durant – Andre Iguodala – Omri Casspi – Michael Gbinjie – Georges Niang

PF : Draymond Green – David West – Jordan Bell – Damian Jones – Kevon Looney

C : Zaza Pachulia – Javale McGee

Coach : Steve Kerr

On est d’accord, ça pique un peu. Les Warriors abordent une nouvelle fois la saison avec un effectif impressionnant. Le cinq majeur reste identique, avec un Big Four terrifiant accompagné du boucher Zaza au poste 5. Steph Curry a prolongé, évidemment (201M/5 ans), tout comme son nouveau copain KD. L’ailier a consenti une baisse de salaire conséquente afin de garder de la masse salariale dispo pour re-signer Iguodala et Livingston. Grand seigneur? En un sens oui, d’autres y verront simplement la continuité des choix du joueur depuis un an. Klay Thompson et Draymond Green sont toujours là pour accompagner les deux MVP, et assurer les hautes fonctions défensives. Accessoirement, Thompson devrait amener un tout petit peu de shoot, et Green un tout petit peu de leadership vocal. En toute modération. Avec Pachulia pour apporter du dirty (ne lui dites pas) et de l’intimidation dans la raquette, les Warriors ont donc toutes les raisons de continuer à terrifier la NBA.

Mais alors que plusieurs autres franchises ont considérablement renforcé leur cinq de départ (Rockets, Thunder, pour ne citer qu’eux), c’est bien le banc des Warriors qui semblent leur donner un avantage notable. Livingston-Swaggy P-Iggy-West-McGee, rien que ça. Avec McCaw, Casspi et Bell derrière, la « second unit » de Golden State est tout bonnement hallucinante. On connait les qualités de Livingston, qui peut évoluer sur les deux postes arrières. Iguodala n’est plus à présenter, tant en termes de leadership que de qualités défensives monstres. D’autant que le bougre est toujours capable d’apporter des points en attaque. L’arrivée de Nick Young amène un sniper fou en sortie de banc, capable de prendre chaud n’importe quand. Enfin, les Warriors disposent de bonne viande dans la raquette avec les deux beaux bébés que sont West et McGee. Steve Kerr dispose plus que jamais d’un effectif ultra-complet, et aura tout le luxe de développer tranquillement Jordan Bell et de permettre à McCaw de pousuivre sa progression, lui qui commence à montrer de très belles choses.

Côté finances, les Warriors poussent les murs. Ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient cet été, et les interrogations se portent évidemment sur les fins de contrat de Thomson (2019) et Green (2020). Ca laisse quand même tout le temps nécessaire à Golden State pour empiler les titres. D’autant que l’an prochain, ils disposeront des Bird Rights de KD.

 

2/ Le coaching / Style de jeu

Du mouvement de balle, des passes, des shoots ouverts (ou pas d’ailleurs, ça ne change rien avec eux). Le tout basé sur une défense organisée et intraitable. Voilà ce que devrait être le style Warriors la saison prochaine, dans la lignée des années précédentes. Le cinq majeur restant le même, les armes sont donc identiques : des snipers absolument dingues avec les Splash Brothers, l’attaquant probablement le plus complet de la NBA avec KD, et un leader capable de tout faire sur un parquet en la personne de Green. Toujours les mêmes ingrédients donc pour une équipe qui a fait de son jeu tout en passes et en mouvements une marque de fabrique. Malgré l’arrivée de KD l’an passé, l’isolation reste marginale, et Steve Kerr axe toujours plus la mentalité de ses joueurs autour de la circulation du ballon. Tout le monde touche la gonfle, et les tireurs se démarquent. Avec trois joueurs monstrueux du parking, et même Green capable de rentrer des tirs, ça fait vite monter les points.

La défense restera organisée autour des deux piliers sur chaque ligne. Klay se chargera du meilleur arrière, quand Draymond se farcira les grands. Le Defensive Player of the Year 2017 a prouvé qu’il pouvait défendre sur n’importe qui, et Thompson dispose aujourd’hui d’une solide réputation dans le domaine. Même Durant a passé un cap de ce côté du terrain. C’est peut-être dans la raquette que se situe la seule faiblesse des Warriors. Si Draymond peut défendre de nombreux joueurs, il n’est pas assez grand pour véritablement anéantir des pivots comme Demarcus Cousins. Nous verrons si lui ou d’autres (Towns, Jokic, ou Davis) sont capables de faire des ravages dans la peinture. On disait déjà cela la saison dernière, on a vu ce qu’il en était…

Finissons donc avec le banc. Et là encore, la machine est huilée. S’il faudra intégrer Swaggy P et Omri Casspi dans une moindre mesure, la second unit est composée de joueurs parfaitement adaptés au système Kerr, et donc capable de prendre le relais sans problème. La plupart sont tout à fait à l’aise aux côtés des titulaires lorsque le besoin s’en fait sentir, et la défense ne devrait pas être pénalisée lors des rotations.

Les ingrédients n’ont pas changé, la recette restera donc la même. Et il y a fort à parier qu’elle soit couronnée de succès.

 

3/ Les perspectives

Si tout va bien

Golden State poursuit sur sa lancée et marche sur la saison régulière. Toujours injouable, l’armada de la Baie n’est pas menacée par les nouvelles grosses écuries de l’Ouest, et l’équipe tourne à plein régime. Les stars continuent de bien vivre ensemble, les petits nouveaux sont bien intégrés, et Kerr développe les jeunes. Les joueurs ne tombent pas dans la facilité et le Warriors Basketball est à son paroxysme. Le ballon tourne, les égos ne prédominent pas, et chaque adversaire est pris au sérieux. Golden State écrase la concurrence et termine au sommet de la conférence Ouest, avant d’attaquer les Playoffs gonflés à bloc.

Si tout va mal

Les Warriors sont bousculés par leurs nouveaux concurrents à l’Ouest. Les matchs au sommet sont difficiles, et l’entente entre les joueurs s’en trouve affectée. Face aux « petits », ils tombent dans la facilité, et subissent des revers embarrassants. Même les blessures s’en mêlent et viennent bouleverser un effectif pourtant armé jusqu’aux dents. Golden State termine au fin fond de l’Ouest. Bon OK on déconne là. Mais même s’ils devront se méfier, il est presque impensable de ne pas voir les Warriors truster la première place de l’Ouest cette saison encore.

Pronostic: 1er à l’Ouest, et un bilan de 65 à 70 victoires.

On ne voit pas comment les Warriors pourraient passer à côté de leur saison, ni même être réellement menacés au cours de la régulière. Ils domineront l’Ouest, comme l’an passé, avec des victoires à la pelle.

 

L’avis de @DubNationFr

Quelles étaient vos attentes cet été ?

Premièrement, re-signer KD et Steph Curry. Deuxièmement, re-signer les vétérans. Je ne pensais vraiment pas que Myers allait trouver un moyen de re-signer Iguodala ET Shaun ET West ET Zaza ET JaVale). Dingue quand on y pense… Enfin, il fallait trouver de nouveaux joueurs potentiellement « facteur X ». Myers en a dégoté 3 ! Young, Casspi, et Bell

Vous avez donc compris, vu la masse salariale absorbée par notre Big 4, l’objectif de garder un maximum de talent autour a été plus qu’accompli.

Qu’attendez-vous pour la saison prochaine ?

Beaucoup s’accordent à dire qu’on a un roster encore plus fort sur le papier.  Chose sûre, la plupart des nouveaux de l’an dernier (KD, Zaza, West, JaVale) ont désormais 1 an de Warriors Basketball dans les pattes. On a donc plus de repères, une meilleure compréhension de chacun des rôles, et une confiance acquise par le 16-1 en playoffs. Il faut donc poursuivre sur ces bases.

Où pensez-vous vous situer dans votre conférence?

Comme l’an dernier, notre plus grand ennemi est nous-mêmes. Rentrer dans la facilité, faire parler de soi en dehors des terrains… Sans parler des blessures potentielles. Malgré tout, si tout se passe bien, on devrait se trouver tout en haut de l’Ouest.

La route pour le back-to-back est encore très longue !!