“Si c’est quelques millions…” : en quelques mots, Klay Thompson a mis une PLS à bon nombre de fans NBA qui se réjouissaient déjà de voir les Warriors chuter dans quelques années, si ce n’est cette année pour les plus pressés.

Interrogé par Marcus Thompson et Tim Kawakami de The Athletic au sujet de son avenir au sein de la franchise californienne, Killa Klay, à qui il reste encore 2 ans de contrat, n’a pas hésité : oui, il serait prêt à faire un sacrifice financier pour rester à Golden State, mais non, ce n’est pas l’Abbé Pierre. Klay a en effet précisé dans la même interview que faire un sacrifice à hauteur de celui fait par son coéquipier Kevin Durant serait un peu difficile à envisager. Il faut avouer que la ristourne accordée par KD au board des Warriors, qui a dit non à 9 millions supplémentaires pour l’année à venir, n’est pas commune. Dans tous les cas, le fait qu’un joueur de la trempe de Thompson ait de telles déclarations à deux ans de la fin de son contrat ne peut être que bénéfique pour l’organisation des Warriors.

Celui que beaucoup voient souvent comme un élément susceptible de vouloir tracer sa route ailleurs le jour où on lui en donnera la possibilité, pour sortir de l’ombre de Curry et devenir un vrai franchise-player, vient de prendre tout le monde de court.

« Je le considérerai car je ne veux pas que l’on perde quelqu’un » : une motivation simple, mais tellement compréhensible.

Les Warriors ont commencé, depuis quelques années maintenant, un voyage qui les a conduit aux sommets de la NBA avec les deux titres remportés en 3 ans. La bande de Steve Kerr ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, mais pour pérenniser l’avenir de la dynastie il faut que tous les soldats soient contentés et conservés. La concurrence se met doucement en place, notamment au sein de la conférence Ouest où les équipes ne rechignent plus à s’armer pour défier l’ogre d’Oakland. Les armadas du Thunder, des Rockets, les éternels prétendants de San Antonio, les jeunes loups de Minnesota : ils sont nombreux à vouloir la peau de Curry et des siens. Mais sur tous ceux-là, exceptés les Spurs, Golden State possède une longueur d’avance, un élément qui ne s’invente pas et qui ne peut s’acheter : de la cohésion, de l’alchimie, de l’expérience de groupe.

Et si l’alchimie des Warriors devait avoir un visage, celui de Klay serait sans doute en pleine page. Tireur d’élite qui se pose sans difficulté dans le débat lorsque sont désormais cités les meilleurs shooteurs de l’histoire, défenseur des plus solides, Klay a su trouver sa place au sein du cinq majeur des Warriors qui ont su lui faire confiance, à tel point qu’il en est désormais un rouage essentiel. Lui qui aurait pu flamber à tout va, prendre 25 shoots par match et vouloir lui aussi une part de lumière et d’attention médiatique a préféré laisser son pote Steph prendre celle-ci et a réussi à s’épanouir dans un rôle de lieutenant qui lui va comme un gant. On sous-estime parfois la performance que cela peut représenter de faire preuve d’autant d’humilité quand on est un sportif de ce niveau, dans un monde où l’égo règne en maître.

Comme d’autres avant lui ont su le faire, Klay incarne aujourd’hui un modèle d’esprit d’équipe, le coéquipier parfait, le soldat de l’ombre. Il a encore franchi un pas supplémentaire dans cette étape après l’arrivée de KD. Klay sait qu’il est primordial dans la réussite du collectif des Warriors, et cela lui suffit amplement.

Il reste encore deux ans de contrat à Klay avant qu’une offre lui soit proposée sur la table des négociations, deux ans où les Warriors peuvent encore aller gratter un titre, voire deux. En 2019 viendra le temps des comptes, Klay vient de faire un pas en avant vers la continuité : aux Warriors d’en profiter.