Alors que la reprise approche, les questions se multiplient autour d’une saison que l’on espère passionnante. Pour vous, nous avons choisi le joueur le plus intéressant à suivre dans chaque franchise. Progression attendue, explosion potentielle, ou encore saison de la dernière chance, plusieurs hommes sont dans une situation à suivre, que ce soit pour leur cas personnel ou dans le contexte de leur franchise. Aujourd’hui, tour de la conférence Est.

 

A noter que nous faisons le choix d’exclure les rookies, les attentes placées en eux étant fortement dépendantes de leur position dans la Draft. Tous seront intéressants à suivre.

 

Atlanta Hawks – Dennis Schröder

Au sortir d’un Eurobasket spectaculaire, le meneur allemand va sembler bien seul au sein du roster géorgien. Alors forcément, qui regarder d’autre chez des Hawks que beaucoup voient squatter les bas fonds de la NBA ? Schröder assure le show par son jeu tout en vitesse et en pénétration, et on attendra de lui qu’il sauve Atlanta d’un échec qui semble pourtant inévitable. Scoring, playmaking, il devra à peu près tout faire pour porter les Hawks sur ses épaules. Un peu de leadership même ? Ce n’est peut-être dans les gênes du bonhomme, mais il faudra faire cet effort en dehors du terrain également en l’absence de Paul Millsap. L’heure de passer un cap pour Dennis ? La situation l’exige.

Boston Celtics – Kyrie Irving

On aurait pu mentionner Gordon Hayward, bien sûr. Mais après la saga houleuse qu’a été son transfert en provenance des Cavs, Kyrie Irving est bien le joueur dont on a hâte de faire le bilan en fin de saison. Il souhaitait avoir les clés d’un camion et s’émanciper de LeBron James ? A 25 ans, il lui faudra donc prouver qu’il mérite ce rôle, au sein d’un effectif profondément remanié et en quête de grandeur. Un rendez-vous avec Cleveland en Playoffs? On ne demande pas mieux. Pour y parvenir et espérer en sortir vainqueur, Irving aura besoin de se comporter en leader de sa nouvelle franchise, mais également d’améliorer une défense souvent suspecte. Boston compte sur lui pour entrer dans une nouvelle sphère, à Kyrie d’endosser ce rôle et de l’assumer avec brio.

Brooklyn Nets – D’Angelo Russell

D-Lo, évidemment. Un demi-échec aux Lakers à essuyer pour le meneur, désormais à la relance chez un plus mauvais élève encore. Malgré ses écarts de comportement et son irrégularité, beaucoup continuent de croire au talent de Russell. A lui de montrer à Magic qu’il a eu tort de le sacrifier au profit de Lonzo Ball, et d’exploiter enfin tout le potentiel que l’on veut bien lui prêter. Il est l’heure de murir pour D-Lo, et les Nets auront bien besoin de ses talents de scoreur, auquel il faudra ajouter une bonne dose de playmaking. Le Barclays Center ne demande qu’à s’enflammer, et son nouveau meneur a tout ce qu’il faut pour s’en charger. Dans le cas contraire, Russell risque de s’attirer définitivement l’étiquette de « Bust » (inhérent à son statut de top pick), et de voir sa carrière bloquée au sous-sol.

Charlotte Hornets – Dwight Howard

Sa situation est bien plus loin dans la « dernière chance » que Russell. Après les échecs Lakers, Rockets et même Hawks, le pivot se retrouve aujourd’hui face à son ultime opportunité de rappeler le joueur fabuleux qu’il est. Mais pour cela, Howard va devoir enfin accepter le seul rôle qu’il peut encore tenir, celui de rempart défensif et de second couteau en attaque. Son physique (et l’évolution du jeu) ne lui permet plus de détruire ses adversaires en phase offensive, mais il reste un formidable intimidateur, capable d’écraser quelques gros dunks quand l’occasion se présente. Accepter sa position dans la hiérarchie du vestiaire et les missions qui lui seront confiées, il est temps pour Dwight de trouver sa place dans une franchise NBA, et de ne plus vivre sur ses belles années Magic. Franchement, c’est tout le mal qu’on lui souhaite, car il pourrait apporter un vrai plus à Charlotte, et les aider à retrouver les Playoffs et y faire bonne figure dans une conférence Est très accessible.

Chicago Bulls – Zach LaVine

A peu près le seul joueur qui tient debout dans l’Illinois cette saison. Aucune mauvaise blague visant sa blessure aux ligaments croisés du genou, car l’ancien arrière des Wolves serait presque parfaitement remis et aurait même gagné quelques centimètres de détente. On demande à voir, car l’animal était déjà hallucinant lorsqu’il s’agit de gratter le plafond des salles NBA. Quoiqu’il en soit, on a hâte de voir son retour et ce qu’il apportera dans un effectif très limité en talent. Sera-t-il l’avenir des Bulls aux côtés de Markkanen ? S’il revient en forme et est épargné d’une rechute, LaVine a les qualités techniques pour être le leader d’attaque de cette équipe. Scoring, adresse extérieure, l’arrière devrait même être contraint de mettre une dose de playmaking dans son jeu, chose qu’il lui était difficile de faire à Minnesota. En tout cas, on lui souhaite le meilleur après sa terrible blessure.

Cleveland Cavaliers – Kevin Love

Pas d’Isaiah Thomas ici, la faute à sa vilaine blessure à la hanche qui devrait le tenir éloigné des parquets jusqu’en janvier au moins. Alors vers qui se tourner ? Dwyane Wade, pourquoi pas. Après une expérience très mitigée à Chicago, l’arrière retrouve LeBron James et est attendu dans l’Ohio. Mais selon nous, le joueur à observer attentivement cette saison se nomme plutôt Kevin Love. Décalé au poste 5 et reléguant Tristan Thompson sur le banc, il pourrait terminer la saison avec un gros double-double de moyenne façon époque Minnesota. Sa capacité à s’écarter du cercle, ses qualités offensives et sa présence au rebond seront toujours de superbes atouts pour Cleveland, qui va donc jouer très small ball cette saison. Mais l’enjeu est de taille, car ce choix tactique pourrait cafouiller, et Love s’en ressentir agacé voire frustré d’une telle utilisation. De plus, sa défense risque d’être très légère sous le cercle. Et l’été prochain, en cas de catastrophe dans l’Ohio, il pourrait être le seul survivant d’un hypothétique départ du King. Kevin est donc bien le joueur à surveiller cette saison chez les Cavaliers.

Detroit Pistons – Andre Drummond

Quelle déception la saison passée. Après une année 2015-2016 couronnée d’une sélection au All-Star Game, le pivot de 24 ans a sombré dans l’inefficacité. Pire qu’une absence de progrès, c’est même une régression que nous a proposé Drummond, entraînant avec lui l’ensemble des Pistons. Dans son sillage, Detroit a manqué les Playoffs pour la dernière saison au Palace Auburn Hills, une hérésie pour une franchise mythique. Sous la houlette de Stan Van Gundy, Dédé doit retrouver son meilleur niveau. Gros rebondeur, il est surtout attendu en défense, où il reste moyen malgré des prédispositions athlétiques dingues. En attaque, ses performances sont fortement dépendantes des meneurs, en particulier Reggie Jackson. Alors, un retour au All-Star Game pour Drummond ? Il va falloir se remuer, car ce ne sera pas facile au milieu de Whiteside et Embiid.

Indiana Pacers – Myles Turner

Un autre pivot, un autre registre. A 21 ans, le 11ème choix de la Draft 2015 se voit remettre les clés de la franchise d’Indianapolis après le départ de Paul George. Doté de qualités techniques certaines, Turner doit encore progresser, et à vitesse grand V. Leadership, régularité offensive, progrès défensifs, les points d’amélioration sont nombreux pour le garçon, dont dépendra partiellement l’avenir de la franchise. Le nouveau Franchise Player, c’est lui ; l’avenir de la franchise, c’est lui. S’il dispose d’un peu de temps et de laxisme étant donné l’effectif qui l’entoure, il est aujourd’hui temps pour Myles Turner de passer un cap. Rendez-vous en fin de saison pour savoir si les Pacers peuvent miser sur lui définitivement.

Miami Heat – Justise Winslow

Sa saison 2016-2017 a été gâchée par une vilaine blessure, mais l’ailier avait laissé entrevoir toutes ses capacités depuis sa Draft en 2015. Sélectionné juste avant Myles Turner (10ème), il était alors considéré comme un potentiel steal de cette cuvée. Alors cette saison, Winslow devra effectuer un retour en fanfare, et accompagner le duo Dragić – Whiteside avec brio. L’objectif ? Éviter au Heat un parcours du combattant semblable à celui de l’année passée, et s’assurer un fauteuil en Playoffs. Pour cela, Justise devra mettre à profit ses incroyables qualités physiques pour passer un cap en défense notamment. En attaque, la régularité et l’adresse seront les principaux points à scruter, déterminants dans sa réussite et celle de Miami.

Milwaukee Bucks – Khris Middleton

Pas de Giannis ici. Il est déjà partout, alors parlons un peu d’un joueur souvent sous-estimé. Middleton, c’est un superbe défenseur doublé d’un shooteur fiable. Un homme discret en somme, mais tellement essentiel dans la réussite des jeunes Bucks la saison passée. Et en parlant de jeunesse, l’arrière arrive à maturité justement. A 26 ans, il est en passe de devenir un taulier du vestiaire, un leader sur lequel les Daims doivent s’appuyer pour avancer. On espère donc un peu plus de visibilité en attaque pour Khris, et la poursuite de ses remarquables efforts défensifs. Avec à la clé, la reconnaissance qu’il mérite ? Malheureusement, on ne peut pas le garantir, car le garçon semble voué à être un héros de l’ombre. Mais on espère pourtant, et on a hâte de voir la place qu’il tiendra dans une éventuelle progression des Bucks.

New York Knicks – Frank Ntilikina

L’exception à notre exclusion des rookies de ce papier. Peu importe qui se trouve dans le roster de New York cette saison, celui que nous devons suivre, c’est Frank. Un français meneur des Knicks, potentiellement titulaire ? Beaucoup trop kiffant pour être raté. D’autant qu’au-delà du pur plaisir procuré par cette phrase, de nombreuses questions se posent autour de la situation de Frankie. Débarqué dans une franchise à la dérive, empêtrée depuis des années dans une gestion douteuse et qui vient de voir Carmelo Anthony – enfin – partir, le frenchie n’aura pas la tâche aisée à Gotham. L’autre meneur ? Ramon Sessions. Alors, qui sera titulaire ? A priori, Ntilikina ne le sera pas dès le début de saison, mais semble promis à cette place rapidement. A lui de mettre en avant ses qualités défensives, et d’améliorer son adresse au tir, notamment extérieur. Il devra prouver qu’il est un joueur NBA, dans un contexte médiatique houleux, et ne pas laisser la pression populaire le submerger.

Orlando Magic – Evan Fournier

Hasard de l’ordre alphabétique, c’est avec un autre français que nous poursuivons. A Orlando, l’arrière doit montrer des progrès des deux côtés du terrain. Plus de points, plus de passes, Evan doit se comporter en leader d’attaque pour permettre au Magic d’espérer quelque chose en fin de saison. Fournier doit améliorer ses prises de décision, et passer un cap en défense. Après un Euro finalement mitigé, notre arrière a les qualités pour être un atout important de sa franchise, l’homme à surveiller de près. En étant plus régulier au tir et plus constant dans ses performances, nul doute qu’Evan parviendra à tirer Orlando vers le haut. Enfin les Playoffs pour lui ? On lui souhaite, mais ce sera dur.

Philadelphie Sixers – Ben Simmons

Deuxième exception d’une certaine manière, mais dans un effectif si jeune et si talentueux, difficile de passer à côté de Simmons, Fultz ou Embiid. Notre choix se porte sur l’Australien, car les attentes placées en lui sont proportionnelles au talent exceptionnel qu’on lui prête. Souvent comparé à LeBron James, Simmons n’a malheureusement pas pu joué une seule minute la saison passée, la faute à une blessure au pied. Il est donc considéré comme un rookie, et l’on attend de lui qu’il impacte sa franchise comme s’il avait 5 ans de NBA dans les jambes. Outre le risque de rechute, nous surveillerons tout de Ben Simmons. Ses qualités de playmaker, ses progrès supposés au shoot, ses prédispositions défensives, son leadership, tout en lui sera sujet à observation. Confirmera-t-il les espoirs misés en lui ? On pourrait en tout cas assister à un ouragan, mais il est difficile d’envisager un flop en ce qui concerne Simmons.

Toronto Raptors – DeMar DeRozan

En réalité, c’est plutôt le duo Lowry – DeRozan que l’on va suivre avec attention. D’une part, il faut bien le dire, parce qu’ils sont la principale – et la seule ? – véritable menace chez les Raptors. D’autre part, parce que nous allons scruter leurs performances avec plus de sévérité. Phagocyter le jeu de Toronto était une solution, mais sa limite se nommait Cleveland. Aujourd’hui, même Washington et Boston semble au-dessus. Pourtant, les Raptors ont des talents à faire valoir, et si DeRozan est capable de cartons à plus de 50 points, il lui faudra être capable de lâcher la gonfle. Avec Lowry, ils auront la charge de diversifier un jeu jusqu’alors unidimensionnel. Une arme se cache d’ailleurs dans la raquette canadienne, avec un certain Jonas Valančiūnas. L’impliquer dans les systèmes, telle est la mission du duo – et du coach Dwane Casey – qui devra faire évoluer son jeu.

Washington Wizards – Otto Porter Jr.

106,5 millions de dollars sur 4 ans. Voilà pourquoi nous allons suivre l’ailier des Wizards cette saison. Non pas qu’on pense qu’il ne mérite pas un contrat max, car c’est aujourd’hui devenu une norme en NBA. C’est un autre débat. Mais ce nombre planera forcément au-dessus de Porter au cours des mois à venir, alors qu’il devra poursuivre sa progression aux côtés de Wall et Beal. Du scoring régulier, un apport défensif à améliorer encore, voilà de quoi justifier ce contrat longue durée offert par ses dirigeants. Il lui faudra pour cela atteindre la bonne quinzaine de points par match, avec de bons pourcentages en constante progression.

Et vous, quels sont vos joueurs à suivre à l’Est cette saison ? De qui avez-vous hâte de dresser un bilan en fin d’année ?