Kyrie Irving  (25ans) – 25.2pts, 3.2rbds et 5.8Asts

 

Retour sur un été de folie

Le 21 juillet 2017 au soir la bombe est lancée, Kyrie Irving demande son trade. Il n’en fallait pas plus pour que les spéculations fusent de toutes parts, le lendemain même une liste de 4 équipes sort dans la presse celles-ci souhaitant acquérir le génialissime meneur : Minnesota, San Antonio, Miami et New-York. Les semaines passent, aucun mouvement en vue, on pensait même un moment que les Cavaliers allaient compter dans leur roster « Uncle Drew » mais le divorce entre LeBron et lui était bien consommé. Car quasiment 1 mois plus tard, soit  le 22 aout  2017, coup de tonnerre sur la planète NBA, Kyrie Irving est envoyé chez les Celtics en échange d’Isaiah Thomas, Jae Crowder, Ante Zicic et le 1er tour de draft 2018 des Nets. Ce trade sera complémenté et finalisé quelques jours plus tard par le second tour de draft 2020 (via Miami) en compensation de l’aggravation de la blessure de Isaiah Thomas.

Kyrie Irving est officiellement sous les couleurs des Celtics, il voulait voler de ses propres ailes, ne plus être dans l’ombre de LeBron James, le voilà qu’elles l’ont conduit à atterrir dans la ville de « Beantown ». Il rejoint  un effectif des Celticss où seulement 4 joueurs de la saison précédente sont reconduits (80% du roster est remanié). Il forme avec Al Horford, et Gordon Hayward, le nouveau visage des Celtics.

Vient à cela s’agrémenter de la jeunesse (J.Tatum, J.Brown) et des bons coups du génie Danny Ainge avec les venues de M.Morris, A Baynes ou encore celle de D.Theis (qui sort d’un Euro très intéressant avec l’Allemagne)

Leader ?

Pour beaucoup ce choix parait incompréhensible car c’est un tout nouveau projet, qui va réclamer du temps afin que la mayonnaise prenne, et voir les Celtics en Finals cette année parait bien compliqué tant l’effectif des Cavaliers parait plus profond. Quand bien même la bande celte passerait l’obstacle des cavs, voir les Celtics battre les Warriors semble utopique.

Alors cette venue d’Irving comment faut-il la voir ? La réponse est sur le moyen long terme.

Dans un premier temps Irving débarque avec un contrat de deux années garanties, la troisième étant en player option, il peut voir venir sereinement à Boston.

Autre critère et pas des moindres, Kyrie Irving sera coaché pour la première fois de sa carrière en NBA par un « vrai » coach en la personne de Brad Stevens. Sans faire injure à Byron Scott, Mike Brown, David Blatt (bon coach qui n’aura pas eu la confiance de son effectif et surtout de LeBron James) et Tyronn Lue, Brad Stevens est un meilleur coach qui a une identité de jeu, et progresse année après année depuis son intronisation sur le banc celte en 2013. Quand on voit l’explosion d’Isiaiah Thomas sous les ordres de coach Stevens en l’espace de trois années, on se demande ce que cela pourrait donner avec un joueur du calibre d’Irving car faut-il le rappeler, il n’a seulement que 25 ans et sans doute, ses plus belles années basket sont devant lui.

Certains observateurs aiment rappeler qu’Irving manque de leadership, en effet lorsque Lebron était sur le banc,  Irving peinait  à mener son équipe à la victoire. Oui la pression sera grande sur les épaules du jeune meneur celte cette saison, mais il pourra compter sur des systèmes bien précis concoctés avec soin par Brad Stevens qui lui permettront de shooter ouvert (la saison passée Boston était l’équipe qui prenait le plus de tirs ouverts). Cette donnée prise en compte il ne serait pas étonnant de voir Irving gonfler ses stats en terme de tirs et même en passes tant le jeu des Celtes est fait de redoublement de passes et de mouvements sans ballon.

Oui Kyrie Irving pourrait tourner dès cette saison à 27 points et 9 passes sans problème en saison régulière.

Restent les playoffs  où  son objectif sera de faire tomber son ancienne équipe et son père spirituel, LeBron James, et ce alors que « The Chosen One » entend bien atteindre les finals pour la 9e fois consécutives et ainsi remporter une 4e bague s’il atteignait les Finals.

 

Blake Griffin  (28 ans) – 21.6pts, 8.1Rbds, 4.9Asts

 

Un nouveau départ

Nouveau patron de la franchise des Clippers depuis le départ de Chris Paul en direction des Houston Rockets, Blake Griffin aura la lourde tâche de faire « oublier » le départ de ce dernier. Son été commence de la plus belle des manières pour lui et sa franchise, en effet le 1er juillet 2017,  soit à l’ouverture de la free agency, B.Griffin  donne son accord et signe un contrat de 175 millions de dollars sur 5 ans avec la franchise californienne. Quatre jours après, dans un deal à trois équipes (Denver, Atlanta et les Clippers) la franchise californienne récupère l’ailier italien Danilo Galinari dans le cadre d’un sign and trade. En l’espace de quelques jours c’est tout le visage de l’effectif des Clippers qui s’est vu remodelé avec les venues de Lou Williams, Patrick Beverley, Sam Dekker et un 1er tour de Draft 2018 dans l’échange de Chris Paul précédant la free agency. Vient s’ajouter à ce roster la venue du meneur serbe Milos Teodosic en provenance du CSK Moscou pour un contrat de 12.3M de dollars sur 2 ans. C’est avec  un roster  bien remanié que la bande de Doc Rivers entame la saison 2017-2018, elle marquera sans aucun doute la fin de l’ère « Lob City » avec Blake Griffin comme nouveau commandant de bord. En effet, enfiler ce costume est tout nouveau pour lui, il appartenait à Chris Paul, maintenant c’est à lui d’endosser ce rôle et d’entrainer dans son élan tout ce nouvel effectif derrière son leadership grandissant.

Le calme avant la tempête pour Griffin ?

Le natif de l’université de l’Oklahoma a depuis près de deux ans changé en profondeur  son style de jeu par rapport à ses premières années sur les parquets  NBA. Il a travaillé son jeu dos au panier,  son handle est plus fiable qu’auparavant, il shoote plus régulièrement derrière la ligne à 3pts avec un meilleur taux de réussite, en atteste ses statistiques l’année dernière avec quasiment deux tirs à 3points tentés pour une réussite dans l’exercice à 33.6%. Il n’a eu de cesse de faire évoluer son style de jeu ce qui en fait à présent un des ailiers forts les plus complets de la ligue.

Reste un sujet épineux autour de son cas, les blessures. En effet, Blake Griffin est sujet à des blessures à répétition depuis ses premiers pas sur les terrains de la grande ligue. Sur ses trois dernières saisons régulières, il a effectué 163 matchs sur 246 possibles, avec souvent des blessures au pire moment de la saison, c’est-à-dire en playoffs. Terrible lorsque l’on veut s’affirmer comme un des meilleurs joueurs à son poste mais qu’on ne peut le démontrer au moment fatidique. En espérant que Steve Ballmer (le proprio des Clippers) a bien fait de miser autant sur son poulain cet été.

 

James Harden (27ans) – 29.1pts, 8.1Rbds, 11.2 Asts

 

Un backcourt plein de promesse

Une saison de MVP. 29.1 points, 11.2 passes décisives et 8.1 rebonds, oui la saison 2016-2017 de James Harden a été tout simplement stratosphérique. Mike D’Antoni fraichement débarqué en juin 2016 à la place de Kevin McHale, prend immédiatement la décision de repositionner « El barbudo » en tant que meneur de jeu, et grand bien lui en a pris. Sa stratégie du run and gun associé au rayonnement nouveau de Harden en tant que meneur  de jeu, va faire des Rockets cette saison une des attaques les plus prolifiques de NBA (2e attaque de la NBA avec 115.3 points, 40 tirs tentés à 3pts par match dont 14.4 inscrits par matchs en moyenne), une orgie offensive en somme. Partant de ce postulat, la puissance offensive de Houston a fait des ravages la saison passée avec James Harden en chef de meute, bien aidé par le meilleur 6e homme en la personne d’Eric Gordon, mais également par Trevor Ariza et Ryan Anderson, tous deux d’excellents artilleurs à trois points.

Pourtant cet été, Daryl Morey le GM de la franchise texane n’a pas chômé, Chris Paul free agent, ni une ni deux le voilà sous la tunique des rockets en échange de Patrick Beverley, Sam Dekker, Lou Williams et un 1er tour de draft 2018. L’association Harden-CP3 en fait dorénavant un des backcourt les plus attendus de la NBA. Mike D’Antoni va sans doute replacer Chris Paul en tant que meneur de jeu et donc décaler James Harden au poste d’arrière, place qui était la sienne jusqu’à  la saison passée.

Cette saison Harden devra donc faire de  la place à l’ancien meneur des Clippers car la venue d’un joueur de son calibre ne va pas profondément changer le style de jeu des Rockets. Bien au contraire son intégration va apporter en qualité offensive et défensive au jeu des Rockets, même si il est vrai, ils perdent Beverly qui excellait en défense. Mais la venue de CP3 n’est pas uniquement bénéfique dans son apport sur le terrain, en termes de leadership, CP3, c’est tout de même un joueur confirmé capable de rendre ses coéquipiers meilleurs.

 

Level-up en playoffs ?

Pourtant des doutes subsistent quant à la future association des deux all stars au sein de la franchise texane. Pour commencer la saison passée on a vu les limites de James Harden concernant son leadership en Playoffs, en effet incapable de hausser son niveau de jeu lorsque son équipe était en difficulté, il a sombré tout comme ses coéquipiers lors du game 6 face aux Spurs, à l’image du contre de Ginobili le privant de l’accès aux finales de conférence.

Et ce n’est surement pas Chris Paul qui va pouvoir lui dire comment aller plus loin, en effet il est le détenteur de ce triste record comme étant le joueur ayant le plus disputé de matchs de playoff (76) sans avoir atteint au moins une fois une finale de conférence ! Pourtant les ambitions des Houston Rockets sont là et bien là même, avec pour objectif de détrôner  pourquoi pas une certaine équipe qui a fait 16-1 l’année dernière en Playoffs…

 

Article par Emmanuel Pierre