Il y a quelques jours, Zach Lowe, l’un des insiders les plus fiables du circuit NBA a cité une phrase émise par plusieurs joueurs du vestiaire des Warriors, qui ont préféré rester anonymes. Cette phrase, « défendre sur Russell Westbrook est facile » a de quoi interloquer. Vous n’êtes désormais pas sans savoir qu’il y a toujours du mauvais sang entre Thunder et Warriors – surtout depuis que Kevin Durant a changé d’écurie à l’été 2016. Pourtant, cette citation peut paraître complètement ubuesque alors qu’on parle d’un joueur qui sort d’une saison en triple double, dont 31pts de moyenne, portant une équipe en transition sur ses épaules, et décrochant le titre de MVP. Alors, simple provocation ou fond de réalité ?

Rivalité et stratégie

Comme déjà évoqué, l’été 2016 a laissé des traces, et si Wesbtook n’a pas été prompt au pardon envers son ancien coéquipier, ce dernier ne s’est pas aidé cédant et allant au conflit avec André Roberson sur le terrain, ou par ses ratés sur les réseaux sociaux. Ainsi, au lieu de calmer les esprits, le néo-MVP des finales a remis une couche dans une rivalité qui ne semble pas prête de disparaître lors du prochain exercice. En effet, non seulement les propos de Kevin Durant sur Tweeter vont faire leur office pour maintenir l’envie de faire tomber son équipe, mais vont dans le même temps donner envie aux Warriors de monter au créneau. Les matchs seront des rendez-vous très importants, puisqu’en plus le Thunder s’est lourdement renforcé et devrait avoir les moyens de jouer les yeux dans les yeux avec cette équipe de Golden State.

Mais ces déclarations ne sont peut-être pas gratuites non plus. Conscients qu’OKC sera peut-être un des obstacles les plus épineux de leur parcours vers le doublé, il n’est pas impossible que ces provocations aient pour but de toucher Westbrook sur son plus grand défaut, sa capacité cauchemardesque à se lancer dans des défis impossibles et par extension, des numéros de soliste aussi impressionnants que néfastes. Et alors que le principal objectif du meneur supersonique devra être d’adapter son numéro de MVP esseulé à la présence de Paul George et Carmelo Anthony, lui donner un défi personnel et le frapper dans l’égo a tout d’une stratégie médiatique bien rouée. Après tout, les médias font parti du sport professionnel, et les utiliser comme du mind-game n’a rien d’extravagant ou de stupide.

Une réalité en fond de toile

Même si l’armada des Warriors a dominé la ligue sans partage, il n’est pas faux de dire que les additions pour le Thunder étaient particulièrement salées. Pas en reste en terme de maniement de ballon et de luttes désespérées, RW n’a pas pu empêcher son équipe de prendre quatre corrections, et on vous laisse juger de la sévérité de celles-ci :

  • 122-96 pour les Warriors
  • 121-100 pour les Warriors
  • 130-114 pour les Warriors
  • 111-95 pour les Warriors

Des défaites lourdes et sans conteste, aucun, dans lesquels le numéro 0 ne tire qu’à 37,5%, avec un seul match (le 3ème) où ce dernier a réussi à briller, dans une sorte de match offensif où son équipe n’a pas tenu le rythme imposé par les Dubs. Si l’on regarde seulement la ligne de statistiques positives, on se dit que le meneur a compilé 27,3 pts, 10 rebonds et 9,5 passes. Des statistiques impressionnantes, sauf que dans le même temps, il perd 8 ballons par rencontre sur ces affrontements, le tout en prenant pourtant moins de tirs qu’à l’accoutumée ! Alors oui, on peut se dire qu’il était facile pour les Warriors de le cibler, mais ils ont surtout réussi à le limiter en étouffant également ses coéquipiers !

La raison ? Golden State est capable de mettre une défense collective efficace pour le priver de soutien, tout en contenant ses assauts vers le cercle. Une démonstration sur un joueur qui est apparu inarrêtable pour l’essentiel de la ligue. Si l’on se base sur cette seule année : oui, pour Golden State, défendre sur Wesbrook paraît facile.

Il conviendra désormais de confirmer cette nouvelle pique, en faisant de même alors que des joueurs du calibre de Paul George et Carmelo Anthony seront à ses côtés pour sanctionner les espaces, et alors qu’un stretch 4 du niveau de Patterson va également débarquer en ville.

En espérant, bien sûr, que Westbrook tire des enseignements de ses échecs passés.