Aucun coach n’a perdu sa place en 2016-17. La saison 2017-18 ne suivra pas le même chemin puisque Earl Watson a été limogé par les Phoenix Suns après seulement trois matchs dans la saison. Et il pourrait ne pas être le seul à être viré cette année.

 

Le désormais ex-coach des Phoenix Suns Earl Watson n’aura même pas tenu une semaine entière à la tête de l’équipe de l’Arizona en 2017-18. Il s’agit du second limogeage le plus soudain de l’histoire de la NBA : il faut remonter à 1971 et aux ancêtres des Los Angeles Clippers, les Buffalo Braves, pour trouver un entraîneur viré encore plus rapidement (Dolph Schayes, après un match).

Le limogeage de Watson n’est pas une grosse surprise au vu des résultats de Phoenix en tout début de saison : trois défaites dont deux énormes déroutes de plus de 40 points face aux Trail Blazers et aux Clippers. A cela s’ajoutaient des problèmes d’attitude évidents sur le terrain, en particulier en défense. La perdition de l’ancienne franchise de Charles Barkley et Kevin Johnson a atteint son summum avec le tweet de son meneur Eric Bledsoe (« I don’t wanna be here », Je ne veux pas être ici) qui lui a valu d’être écarté de l’effectif.

Désormais, les Suns sont entraînés par le coach intérimaire Jay Triano. L’ancien de Toronto a mené la franchise à ses deux premières victoires de la saison face à Sacramento et Utah. En attendant que les Suns trouvent une solution pérenne, le remplacement de Earl Watson pourrait bien donner des idées aux autres franchises de la NBA. Plusieurs coachs sont en effet dans une position inconfortable et pourraient prendre la porte avant la fin de la saison. J’ai choisi de me concentrer sur le cas de cinq d’entre eux : trois candidats sérieux à un limogeage en cours de saison et deux potentielles surprises.

Les candidats sérieux

ALVIN GENTRY, NEW ORLEANS PELICANS

Coach depuis la saison 2015-2016 – Record : 64 victoires – 100 défaites

New Orleans fait face à une pression monumentale cette saison. Jugez plutôt : la franchise n’a pas atteint les Playoffs depuis deux saisons, ses dirigeants ont tout misé sur le transfert de DeMarcus Cousins lors du dernier All-Star Weekend, le pivot venu de Sacramento peut faire ses bagages dès l’été prochain et les Pelicans n’ont d’autre choix que de se qualifier pour les Playoffs cette année dans une conférence Ouest ultra-compétitive au risque de perdre leur nouvelle acquisition et de mécontenter leur Franchise Player Anthony Davis.

Pour ne rien arranger, le General Manager Dell Demps et le front office des Pelicans ont construit un effectif des plus décevants autour des deux intérieurs All-NBA. Alors que les attaques de la ligue se sont toutes ou presque converties à la religion du tir à 3 points, New Orleans a misé sur des joueurs comme Rajon Rondo, Tony Allen et dernièrement Josh Smith. C’est peu dire qu’Alvin Gentry va avoir du travail pour maximiser le talent de ses stars tout en minimisant les déficiences du reste de l’effectif.

Le profil de coach Gentry encourage également les prédictions de son limogeage. En deux saisons à la tête des Pelicans, il n’a pas particulièrement convaincu. La franchise a raté les Playoffs sous sa direction, alors que son prédécesseur Monty Williams était parvenu à un bilan de 45 victoires et 37 défaites pour accrocher la huitième place de la conférence Ouest. Lors des deux dernières saisons, New Orleans a obtenu une évaluation offensive de 105,6 (18ème de la NBA) et 105,2 (26ème). L’attaque des Pelicans n’avait pas été aussi mal notée depuis 2011-12, lorsque la franchise de Louisiane arborait encore le nom des Hornets. Un très mauvais signe pour un coach plutôt réputé pour ses tactiques offensives. La défense apporte davantage de satisfaction : après une saison 2015-16 décevante, elle s’est améliorée l’année dernière (9ème évaluation de la ligue) alors que les attaques de la NBA ont progressé dans le même temps de 2,3 points sur 100 possessions en moyenne.

L’ensemble de « l’œuvre » de Dell Demps, en place depuis juillet 2010, devrait le mettre davantage en danger mais il est beaucoup plus probable de voir l’entraîneur sauter avant le General Manager. Limoger l’entraîneur s’avère également bien plus facile à digérer que d’envisager un échange de DeMarcus Cousins avant son hypothétique départ pour acquérir plusieurs joueurs utiles et adaptés au jeu d’Anthony Davis. Les Pelicans n’ont pas vraiment d’autres options en termes de transfert : Omer Asik n’intéresse personne, Jrue Holliday et son nouveau contrat de 126 millions de dollars ne suscitera pas l’enthousiasme. Aucun autre contrat n’est susceptible de rapporter grand-chose et les Pelicans ont besoin d’échanger des salaires conséquents pour s’améliorer puisqu’ils excèdent le salary cap.

Pour parachever le tout, les Pelicans ont un effectif sensible aux blessures. Solomon Hill, pourtant loin d’être un joueur particulièrement talentueux, va rater cette saison. Rajon Rondo, annoncé meneur de jeu titulaire, manque les premières semaines à cause d’une hernie. Et les stars elles-mêmes ratent régulièrement une dizaine de matchs chaque année. La sortie de Davis lors du match contre Portland illustre ce point : sans son ailier fort, New Orleans ressemblait furieusement au Sacramento de l’époque Boogie, c’est à dire une star qui se démène (39 points, 13 rebonds) et prend un peu trop le jeu à son compte (8 pertes de balles) pour compenser le manque de talent autour de lui. Et finit par perdre le match. Il suffirait d’une absence prolongée d’une dizaine de matchs avant 2018 pour plonger New Orleans dans les profondeurs de la conférence Ouest. Et coûter sa place à Alvin Gentry.

JEFF HORNACEK, NEW YORK KNICKS

Coach depuis la saison 2016-17 – Bilan de 31 victoires et 51 défaites

Coach Hornacek entraîne les Knicks depuis une saison seulement et a dû composer avec la direction pour le moins tumultueuse de Phil Jackson, le mécontentement de Carmelo Anthony, les déficiences de Derrick Rose et les blessures et incartades de Joakim Noah. Cette année, Jackson, Anthony et Rose ne sont plus de la partie. Jeff Hornacek pourrait en théorie souffler et repartir de zéro pour reconstruire les Knicks. Malheureusement pour lui, ce sont les Knicks.

La direction new-yorkaise, Steve Mills et Scott Perry, a donné deux mandats à l’équipe : jouer avec un effort consistant et construire un noyau de jeunes joueurs talentueux autour de Kristaps Porzingis. Le résultat, en ce tout début de saison, laisse clairement à désirer sur le second point. Willy Hernangomez, nommé dans la première équipe des rookies de l’année dernière, joue 7,5 minutes par match et a déjà enregistré un DNP-CD au grand désarroi de Porzingis. Les vétérans Enes Kanter et Kyle O’Quinn ont joué à sa place, alors qu’ils n’inspirent aucun espoir pour le futur de New York. L’arrière rookie sélectionné au deuxième tour Damyean Dotson n’a vu le parquet que pendant huit minutes de garbage time. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le cas de Frank Ntilikina, du fait de ses blessures et de se préparation interrompue, mais a présence de Ramon Sessions, Ron Baker et Jarrett Jack au poste de meneur peut susciter l’inquiétude concernant les minutes qui seront accordées au Français.

Vu de loin, on pourrait se dire que ce n’est que le début de la saison et que la rotation va se dessiner au fil du temps. On peut aussi nuancer les erreurs d’Hornacek, puisque ce n’est pas lui qui a choisi de récupérer Kanter et de signer Noah, Sessions et Michael Beasley avant d’ordonner au staff de développer les jeunes joueurs. Mais à New York, tout va très vite. Il n’a pas fallu attendre une semaine avant de voir les médias locaux interroger les choix du coach ou Porzingis questionner l’absence de temps de jeu pour son ami Hernangomez. Autrement dit, l’ancien arrière des Utah Jazz de l’époque Karl Malone-John Stockton n’aura pas le luxe de la patience et de la compréhension à Manhattan.

Hornacek est un jeune coach sans grande réputation, puisque New York n’est que sa deuxième expérience après deux années et demi compliquées à Phoenix. A l’inverse, le nouveau président Steve Mills fait partie de l’organisation des Knicks et de la Madison Square Garden Company depuis près de 20 ans et dispose de la confiance du propriétaire James Dolan visiblement. Le General Manager Scott Perry vient d’arriver cette saison, nommé par Steve Mills. L’embauche d’Hornacek a été décidée sous l’égide de Phil Jackson et le Zen Master n’est plus là pour protéger son choix. La conclusion est toute trouvée : si les Knicks traînent dans les profondeurs du classement à l’Est tout en suscitant des critiques sur le temps de jeu accordé aux jeunes pousses ou leur effort sur le parquet, Hornacek ne verra probablement pas la fin de la saison au MSG.

FRED HOIBERG, CHICAGO BULLS

Coach depuis la saison 2015-16 – Bilan de 83 victoires – 81 défaites (2 victoires et 4 défaites en Playoffs)

Les Bulls sont promis à une saison noire. Après le transfert de Jimmy Butler à Minnesota et la perte de Dwyane Wade et Rajon Rondo, la franchise est pleinement engagée dans une reconstruction qui passe par un maximum de défaites cette année pour récupérer le meilleur choix de draft possible en juin prochain.

Pour le coach Fred Hoiberg, c’est une troisième saison de galère qui s’annonce. Chicago ne joue pas pour gagner, comme en atteste son effectif, mais les Bulls connaissent toujours des péripéties pour le moins regrettables. Après les tensions avec les Three Alphas l’année dernière, les Bulls ont démarré cette saison avec une bagarre entre Bobby Portis et Nikola Mirotic. Résultat, le premier est suspendu pour les huit premiers matchs de la saison et le second a terminé à l’hôpital avec plusieurs fractures au niveau du visage (maxillaire). Le genre de coup d’éclat qui ne met pas en valeur le coach de l’équipe.

Cet événement s’ajoute à la réputation pour le moins dégradée d’Hoiberg. Arrivé à la tête des Bulls en 2015 pour remplacer Tom Thibodeau, l’ancien entraîneur de l’université d’Iowa State n’a pas brillé. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances, Chicago n’ayant pas fait mieux qu’une huitième place et une sortie au premier tour des Playoffs l’année dernière après avoir raté le tournoi final la saison précédente. En outre, il n’a pas rencontré le succès auprès de ses joueurs. Loué comme un grand communicant par le duo de dirigeants Gar Forman et John Paxson (Gar-Pax), Hoiberg avait commencé par perdre Joakim Noah en le mettant sur le banc pour démarrer sa première saison avant d’être dénoncé comme trop tendre avec les joueurs par Jimmy Butler peu après ses débuts.

Les problèmes d’Hoiberg ne s’arrêtaient pas à l’ambiance. Ses tactiques offensives à base de vitesse, de jeu en transition et de mouvements qui devaient porter les Bulls vers des sommets restés inaccessibles sous Thibodeau n’ont jamais été véritablement mises en place. Sous Hoiberg, l’évaluation offensive de Chicago n’a pas atteint le top 20 de la NBA. Dans le même temps, les Bulls ont perdu leur identité défensive, devenant une équipe plus que moyenne et peu intéressante à voir jouer.

Aujourd’hui, Chicago est en plein reboot. Si la faute en revient avant tout aux dirigeants et à leurs errements, Hoiberg n’est pas exempt de tout reproche. Ses défaillances en tant que coach ont elles aussi contribué à pousser les Bulls dans cette direction. Son poste n’est pourtant pas autant en danger que celui de Gentry ou Hornacek a priori. D’une part, les Bulls ont clairement l’objectif d’accumuler le plus de défaites possibles, donc les piètres résultats n’auront qu’une influence limitée sur son sort cette année. D’autre part, il a été choisi et loué par Gar-Pax, ce qui tend à le protéger tant que ces derniers seront en place.

Mais la saison est encore longue. Si Forman et Paxson se sentent en danger, peut-être seront ils prêts à lâcher leur coach dans sa troisième année de contrat. Surtout, il n’est pas improbable que l’on continue à entendre parler des Bulls pour des raisons extra-sportives. La réconciliation entre Mirotic et Portis est loin d’être acquise par exemple. Plus globalement, l’absence de maîtrise du vestiaire par le coach se prête à d’autres événements déplaisants en cours de saison, comme un joueur qui dénonce des tactiques ou des rotations peu pertinentes ou l’avènement de nouvelles tensions. Enfin, Chicago compte sur le développement de ses jeunes joueurs (Lauri Markannen, Kris Dunn, Zach LaVine, Cristiano Felicio) pour vendre un peu d’espoir à ses fans. Si Hoiberg ne parvient pas à donner satisfaction sur ce plan, il sera bien difficile de continuer à justifier qu’il est le coach pour mener les Bulls vers une nouvelle ère.

Les autres favoris selon Vegas

  • David Joerger (Sacramento Kings)
  • Frank Vogel (Orlando Magic)
  • Nate McMillan (Indiana Pacers)
  • Jason Kidd (Milwaukee Bucks)
  • Dwane Casey (Toronto Raptors)

Les possibles surprises

TYRONN LUE (CLEVELAND CAVALIERS)

Coach depuis la mi-saison 2015-16 – Bilan de 78 victoires et 45 défaites (29 victoires et 10 défaites en Playoffs) 

A première vue, difficile d’imaginer le coach des Cavaliers perdre sa place. Ty Lue a atteint les finales lors des deux dernières années et Cleveland a remporté le titre en 2015-16 sous sa direction. Mais le coach de l’équipe de LeBron James est perpétuellement sous pression et l’effectif de cette année pose quelques challenges à résoudre. Les Cavaliers ont fait le plein dans la catégorie des égos avec les arrivées de Dwyane Wade, Derrick Rose et Isaiah Thomas mais leur recrutement n’a pas apporté beaucoup en matière de tir à distance ou de défense, au-delà de Jae Crowder. Pour beaucoup d’observateurs, l’effectif de Cleveland cette année n’est pas le mieux taillé pour la NBA moderne et pour concurrencer les Golden State Warriors.

Sur le plan de la gestion du vestiaire, Lue s’en est plutôt bien sorti depuis qu’il a remplacé David Blatt. Cette tendance s’est poursuivie en ce début de saison avec la gestion du cas Dwyane Wade. L’ancienne star de Miami a obtenu une place dans le 5 de départ dans un premier temps pour ne pas le froisser avant de demander lui-même à sortir du banc. En agissant ainsi, Ty Lue a évité un conflit avec Wade, et par extension James, en ne le mettant pas d’office sur le banc alors que le futur Hall of Famer avait sacrifié une partie de son salaire (environ 8 millions de dollars) pour rejoindre les Cavs. Parallèlement, il a pu titulariser de nouveau J.R. Smith, ce qui aidera à ménager la sensibilité de l’arrière shooteur qui s’était déclaré déçu d’avoir été mis sur le banc alors qu’il avait donné pleinement satisfaction aux Cavaliers jusqu’ici.

Tyronn Lue a passé le premier obstacle mais ce ne sera certainement pas le dernier de la saison pour des Cavaliers habitués aux mélodrames depuis le retour de King James. Et il n’aura certainement pas le luxe de la patience. La saison ne fait que commencer mais la lourde défaite concédée face à Orlando puis un nouvel échec à Brooklyn, deux équipes du bas du tableau dans la conférence Est, ont augmenté le volume des questions posées sur la rotation des Cavs. A plus long terme, le retour de blessure d’Isaiah Thomas devra également être géré avec délicatesse, au regard de l’état de forme physique du meneur All-Star, de son intégration dans le 5 de départ et du temps de jeu qui sera alloué à son remplaçant attitré Derrick Rose et des autres arrières de l’effectif.

Le limogeage de Ty Lue serait clairement une surprise cette saison. Mais les surprises ne manquent pas en NBA ou à Cleveland. David Blatt avait bien perdu son poste alors qu’il était en tête de la conférence Est parce que le vestiaire ne tournait pas. Si de tels problèmes survenaient de nouveau ou que les résultats laissent à désirer, la pression sera forte sur les épaules de l’ancien joueur, d’autant qu’il n’a jamais été salué pour ses qualités de tacticien. Et si de tels dysfonctionnements poussent LeBron à cesser de soutenir le coach alors qu’il joue sa dernière année de contrat et que la direction de Cleveland cherche à ne pas le mécontenter, le poste de Ty Lue pourrait rapidement se retrouver en danger.

STAN VAN GUNDY (DETROIT PISTONS)

Coach depuis la saison 2014-15 – Bilan de 113 victoires et 133 défaites (0 victoire et 4 défaites en Playoffs)

A la fois coach et General Manager, Stan Van Gundy n’est pas l’entraîneur le plus facile à déloger de la NBA. Les Pistons ont beaucoup investi dans l’ancien coach de Miami et Orlando. Mais les résultats laissent à désirer alors qu’il entame sa quatrième saison. Detroit a régressé la saison dernière en ratant les Playoffs et la franchise du Michigan peine à attirer les regards. Il suffit de regarder un match à domicile des Pistons pour se rendre compte que les fans ne sont pas au rendez-vous dans la nouvelle arène ouverte en centre-ville cette année.

La faute en revient en partie à Van Gundy et au jeu proposé par son équipe. L’attaque des Pistons a stagné sous sa direction, une tendance d’autant plus inquiétante que les attaques de la NBA ont globalement progressé ses dernières années. L’année dernière, les Pistons affichaient le pire pourcentage de réussite véritable au tir (52,1%), un signe de l’inefficacité du jeu offensif de Detroit. Autre signal inquiétant, il s’agissait de l’attaque qui obtenait le moins de lancers-francs, avec un ratio de 15,7 lancers pour 100 tirs tentés, ce qui indique que les Pistons ne parvenaient pas à marquer des points faciles. De l’autre côté du parquet, l’évaluation défensive de Detroit a baissé la saison dernière de 105.5 à 107,1 d’après Basketball-reference.com, malgré un meilleur classement à cet égard (7ème défense de la ligue en 2016-17).

Plus encore que les stats, le jeu des Pistons n’est pas plaisant à l’œil. Detroit tend à éviter les pertes de balle et se montre présent au rebond grâce à Andre Drummond mais ses points positifs ne rendent pas l’équipe fun à voir jouer. Elle figure parmi les attaques les plus lentes de la ligue en termes de rythme (22ème de la ligue en 2016-17), produit peu de passes (24ème rang de la ligue en nombre de passes décisives par match) et génère un maigre nombre de tirs à 3 points (4ème équipe la moins prolifique l’année dernière). Le pick&roll avec Reggie Jackson et Drummond au cœur de la stratégie offensive semble avoir fait son temps : le tir à distance du meneur est suspect (sa réussite véritable au tir était égale à celle d’Andre Roberson la saison dernière) tandis que celui du pivot est inexistant et les défenses adverses n’ont pas de grandes difficultés à contenir les deux stars des Pistons. Même en optant pour voir le verre à moitié plein avec Tobias Harris, Stanley Johnson, Ish Smith ou encore le rookie Luke Kennard, il est bien difficile de s’enthousiasmer.

Van Gundy n’est pas en mauvaise position au regard des objectifs de la franchise. Detroit a des chances de revenir en Playoffs cette année grâce à la faiblesse de la conférence Est. Il n’a pas tellement le choix à vrai dire. Terminer de nouveau derrière la huitième place serait un échec cuisant pour le coach/General Manager et l’avenir n’est pas radieux. Les Pistons n’ont pas de marge salariale pour un transfert, à moins de bouleverser les choses et d’échanger Drummond, Harris ou Jackson. Ils n’auront pas non plus d’espace sous le cap salarial pour signer des agents libres l’été prochain, même en cas de départ d’Avery Bradley. La franchise paye les choix de Van Gundy, qui a signé Drummond à un contrat max, et cherche plus ou moins à le transférer depuis, renouvelé le contrat de Jackson après son arrivée du Thunder et coupé Josh Smith fin 2014, une décision que les Pistons continuent de payer (5,33 millions de dollars comptabilisés dans le salary cap cette année).

Remplacer le coach et General Manager n’a rien d’évident et les Pistons attendront peut-être cet été, voire la fin du contrat de Van Gundy la saison prochaine, avant de prendre une décision. Mais si Detroit déçoit dès les premiers mois de la saison, les propriétaires pourraient créer la surprise et lancer le processus de reconstruction sans attendre davantage.

Les autres surprises potentielles

  • Mike Malone (Denver Nuggets)
  • Terry Stotts (Portland Trail Blazers)
  • Doc Rivers (Los Angeles Clippers)