article écrit avant la rencontre contre les Clippers

Le Miami Heat avait été la malheureuse surprise de l’année 2016-2017. Après un début de saison calamiteux, ils avaient réalisé une seconde partie d’exercice les plaçant à la tête de leur conférence sur les 41 derniers matchs. Absolument bluffants, et profitants du peu d’attentes autour de leur groupe, la troupe du tandem Riley-Spoelstra avait hélas chuté aux portes des Playoffs à égalité avec 2 autres équipes. Pour cette saison, le staff a décidé de conserver le groupe, et de se renforcer sur son banc pour améliorer ses rotations. Ainsi, Bam Adebayo était drafté au relais d’Hassan Whiteside, dans un registre de pivot athlétique, et Kelly Onynyk rejoignait l’équipe pour apporter du spacing dans un rôle d’intérieur fuyant en sortie de banc. Pour le reste, les principaux garants du succès de l’an passé prolongeaient, à savoir Dion Waiters et James Johnson pour poursuivre l’expérience autour du duo Dragic-Whiteside. En outre, l’équipe pouvait compter sur un renfort interne avec le retour à la compétition de Justice Winslow.

A la fin de l’été, la question était donc, est-ce que ce groupe peut réitérer l’exploit de la saison passée sur une saison entière, et non pas : comment vont-ils trouver une nouvelle alchimie avec cette nouvelle équipe ? Ce qui en soit, est déjà une bonne nouvelle pour un groupe qui avait attisé la sympathie de l’ensemble de la NBA.

Évidemment, il est encore très tôt dans la saison, et ce premier constat n’est qu’une esquisse incomplète, à fortiori pour une équipe qui a eu un calendrier très léger en nombre de matchs joués pour démarrer la saison. Pour autant, voici quelques premières réflexions.

Le début de saison : bilan comptable

Après 8 rencontres, le Heat affiche un décevant 3-5 (4-5 désormais). Alors qu’on espérait voir l’équipe tirer partie d’une alchimie qui apparaissait idyllique l’an passé pour prendre de l’avance sur la compétition qui aurait besoin de se mettre en place, voir Miami en négatif est en soit déjà une déception. Avec un groupe complètement interchangeable, et l’excellent été de Goran Dragic, MVP des championnats d’Europe, les attentes étaient au rendez-vous, surtout que peu importe les blessures, cette équipe a prouvé que beaucoup de joueurs sont interchangeables, avec une belle réserve de rotations très intéressantes, une panoplie de combo-guards capables de se relayer sur les lignes arrières, d’ailiers polyvalents à même d’apporter taille, et mobilité, illustrée plus tôt par le retour de Justice Winslow et l’ajout à l’intérieur de Kelly Onlynyk, qui apporte un profil dont manquait l’équipe jusqu’ici et très utile dans la NBA actuelle.

Pour ces 8 premiers matchs, on peut dire que l’équipe n’a pas su profiter de ses habitudes et d’une majorité de matchs à domicile. Si la défense du groupe est globalement dans ses standards de la saison passée (même si beaucoup moins bien classée), l’attaque est en revanche beaucoup moins efficace, surtout en comparaison avec les 41 derniers matchs de 2016/2017. En effet, l’équipe est seulement la 21eme attaque NBA. L’aspect dommageable dans les défaites de l’équipe, c’est que le Heat démarre bien ses rencontres, terminant devant dans 5 de ses 8 matchs. Problème, l’équipe n’arrive pas à maintenir ses efforts après la pause, et pour cause est actuellement la pire équipe de la NBA dans les 3eme quart temps. Avec 4 de ses 5 défaites qui se sont faite par moins de 7pts, dont 1 en prolongation contre les Wolves, ce qui forcément peut frustrer, d’autant que plusieurs joueurs évoluent à des standards élevés, on pense par exemple à Goran Dragic, qui tourne à environ 20pts, 5asts, ou Kelly Olynyk qui contribue plus que de raison avec 19,2pts par rencontre pour fêter son arrivée. Si l’équipe a du se passer de son pivot titulaire, on en attend tout de même plus, et on imagine que c’est également le cas de l’équipe qui a une revanche à prendre.

 

Les défauts

Alors, ok, l’équipe est friable dans les 3eme quart temps, l’attaque n’est pas encore à son niveau. Mais quels sont les défauts qu’il faut régler pour retrouver le Miami de l’année passée ?

Bien sûr, l’équipe va devoir retrouver un peu d’élan en sortie de mi-temps. Le banc doit notamment redevenir aussi influent que l’année précédente, cela passe par un retour en grâce de Tyler Johnson qui peine à trouver la mire, mais aussi de Justice Winslow et Wayne Ellington – le premier va devoir franchir un cap en attaque où sa maladresse handicape son équipe qui manque d’espace, en témoigne un piteux 25% derrière l’arc, le second moins utilisé n’arrive pas à rentabiliser sa présence sur le terrain et n’aide pas son équipe (% désastreux).

Mais s’il y a un point sur l’équipe est devenue extrêmement friable, c’est dans sa gestion des ballons. Alors que l’an passé l’équipe était 11eme au classement des ballons perdus avec 13,4pdb/match, cette année le nombre est porté à 16,5 pour une 22eme place. A la sortie de la défaite contre les Nuggets, Goran Dragic se désolait des erreurs à répétition de l’ensemble de l’équipe. Des erreurs parfois commises sous la pression adversaire, mais d’autres sont apparues beaucoup plus évitables, sur les 132 ballons perdus en 8 matchs, 11 étaient dû à des ballons qui ont atterri sur le pied ou les genoux des joueurs durant un dribble, et 11 autres en raison de mécompréhensions entre coéquipiers sur des passes, parfois simples. Des ballons donnés à l’opposant parfois sur des fondamentaux du jeu (dribble, passe), comme l’atteste également les 11 marcher en 8 matchs.

Ces balles rendues à l’adversaire sont dramatiques pour l’équipe puisqu’elle rende l’occasion de scorer à l’adversaire, pousse parfois la défense à revenir en catastrophe donnant des opportunités plus faciles de prendre le rempart du Heat à défaut, expliquant que la défense n’affiche pas de progression comparé à 2016/2017, alors que tous les joueurs n’ont pas réglé la mire et alors que l’équipe a récupérer un défenseur extérieur très utile en la personne de Winslow.

 

Rester ensemble

Les principaux défauts du Heat cette saison sont le manque de constance sur 48min, la panne d’adresse de certains cadres du banc et une certaine tendance à gâcher des ballons. Un chantier qui n’est clairement pas hors de portée de ce groupe, ni de l’excellent Erik Spoelstra. Le retour d’Hassan Whiteside avait fait beaucoup de bien face à des Bulls accrocheurs, avant qu’il soit mis en difficulté par le jeu loin du panier de Nikola Jokic lors de son 3eme match de la saison. Pour autant, face à des pivots plus traditionnels, et en reprenant tranquillement ses habitudes, la force de dissuasion et le jeu poste bas du pivot seront autant d’armes à disposition pour remettre la formation floridienne en ordre de bataille.

Si la début de saison est raté pour le moment, notamment en raison du grand nombre de matchs à domicile, l’équipe doit juste rester ensemble, travailler sur les quelques défauts en termes de gestion de balle, et essayer de mettre Tyler Johnson – élément clé du banc – en confiance en le mettant dans des positions avantageuses et en lui ouvrant des drive pour retrouver de l’allant en attaque. En conservant la santé des cadres et en utilisant les nouvelles ressources à disposition, Miami devrait vite se remettre en ordre de marche. A eux de conserver les avances acquises en 1er QT désormais.