Cela fait déjà un bon mois que la saison NBA a démarré et le moins qu’on puisse dire c’est que de nombreuses choses se sont produites. Parmi les équipes en vogue, les Celtics mènent la danse avec le meilleur bilan de la conférence Est et de toute la NBA. En effet, après deux défaites lors de ses deux premiers matchs face aux Cavs et à Milwaukee après la terrible blessure de Gordon Hayward, les Celtics se sont repris de la meilleure des manières avec une magnifique série de 14 victoires consécutives en cours. Lors de ces quatorze victoires, si Al Horford et Kyrie Irving ont été excellents, et Jason Tatum très précieux, Jaylen Brown s’est révélé être très important dans le collectif des Celtics et dans les plans de jeu de Brad Stevens. Dès lors, il n’est pas dénué de sens de se poser la question suivante : Ne serait-ce pas Jaylen Brown la future star des Celtics dans un moyen-long terme ? N’est-il pas le joueur qui incarne le mieux l’esprit vert qu’ont porté les plus grandes légendes de cette franchise ? Après s’être très rapidement intéressé à sa saison rookie, si nous savons que Tatum a tout pour devenir un nouveau Paul Pierce et être un leader un jour, nous verrons en quoi Jaylen peut également être un futur grand des Celtics.

Une saison rookie timide

Malgré sa troisième place de la draft 2016, les attentes à court terme envers Jaylen Brown étaient faibles. Les Celtics possédaient déjà une équipe très compétitive et savaient qu’ils pourraient prendre leur temps avec Jaylen. En effet, avec la présence de joueurs de talents, et des joueurs confirmés comme Avery Bradley, Jae Crowder, Marcus Smart, ou encore Gerald Green, Brown n’aurait eu que peu de temps de jeu pour grandir rapidement. Alors qu’il aurait pu jouer plus de trente minutes dans une équipe de bas de tableau mais sans vraiment être encadré, Jaylen Brown a pu apprendre doucement, auprès à la fois de bon joueurs, mais aussi auprès d’un excellent entraineur, à savoir Brad Stevens. Avec 17 minutes de jeu l’an passé, sa saison rookie a été dans les grandes lignes une saison d’observation, de douce adaptation au rythme de vie de la NBA. Au fur et à mesure de la saison, Jaylen a pu montrer de belles choses (6.6 points, 2.8 rebonds), à la fois offensivement que défensivement. Sa fougue et son énergie ont permis au Celtics de posséder un joueur dynamique en sortie de banc, qui pouvait donner un bon coup de pouce lors des matchs à haut tempo. Avec un pourcentage très correct au shoot pour un rookie de 19 ans (45.5%), Jaylen Brown a été très honnête, lui qui a eu du mal avec son tir en suspension lors de son passage à la fac. Durant la saison, Jaylen a connu des passages compliqués avec des matchs à 0 et des temps de jeu très très limités (3 à 7 minutes mais aussi de très bonnes prestations (19 points, 5 rebonds face à Cleveland lors de son 5ème match avec 35 minutes de jeu, 20 points contre Orlando en Janvier ou encore un autre match à 19 points en finale de conférence lors du game 2 face à Cleveland). En somme, durant sa saison rookie, Jaylen Brown n’a pas déçu, sans pour autant briller. Mais, cela était prévu pour le coaching staff des Celtics. Brown a été choisi aussi haut par les Celtics dans un projet à long terme. Son année se clôture positivement avec des playoffs intenses, qui vont déjà lui apporter une expérience notable. Un vote pour la troisième place lors de la cérémonie pour le rookie de l’année lui permet de finir l’année sur une belle note.

La blessure de Gordon Hayward : Un déclic pour cette nouvelle saison

Avec l’arrivée de Gordon Hayward et le choix de Jayson Tatum, les postes 2-3, fondamentaux dans le système de jeu de Brad Stevens, mais aussi avec le départ d’Avery Bradley, Jaylen Brown entrait dans la discussion concernant le poste d’arrière titulaire pour les Celtics : Si l’on savait déjà qu’Hayward allait starter, nous étions jusqu’au début de la saison encore dans le flou quant à la titularisation ou non de Jaylen Brown, et par la même occasion de Jayson Tatum. Mais dès l’ouverture de la saison, Brad Stevens a fait confiance à Jaylen Brown sur le poste 2, et ainsi décaler Hayward en tant qu’ailier et Jayson Tatum ailier-fort. Si ce cinq semblait très intéressant, la blessure de Gordon Hayward a changé la saison des Celtics et à titre individuel celle de Jaylen. En effet, s’il y en a bien un qui a été touché par la blessure de Gordon, et qui dès la seconde mi-temps contre les Cavs s’est décuplé et a pris des initiatives, c’est bien Jaylen Brown. Avec 25 points face à Cleveland, 18 points face à Milwaukee, le joueur de 21 ans semble être l’un des joueurs les plus investi dans ce début de saison, sans crainte, avec énormément de bonne volonté. On le voit shooter à trois points, attaquer violemment le cercle. Par la suite, lors de la très belle série de victoires des Celtics, il a toujours été impliqué dans le jeu, grâce à son dynamisme et ses qualités offensives. Depuis le début de la saison, on compte déjà quatre matchs à plus de 22 points, et 11 matchs à plus de 10 points. Avec 15 points de moyenne par match à 44% au shoot (dont un joli 48% à deux points et un correct 37% à trois points), il montre qu’il peut être adroit, malgré parfois des choix assez étranges, qui montrent encore sa jeunesse et son manque d’expérience. Défensivement, il s’implique énormément au rebond avec ses 6.8 prises, ce qui est fait de lui le meilleur arrière rebondeur de la ligue, loin devant Will Barton (5.3 rebonds). Il est également le seul arrière de la NBA cette saison à avoir déjà réaliser 2 doubles doubles. Cela montre qu’il est présent des deux côtés du terrain. Quand on sait que Boston ne possède pas de réel rebondeur à l’intérieur, posséder un arrière qui prend presque 7 rebonds par match, c’est un atout de qualité. Mais ce qui fascine chez Jaylen Brown, c’est son envie pour le jeu. Son body language est excellent pour un joueur de 21 ans. Il ne bronche jamais, il mouille clairement le maillot. Il possède une sorte de candeur, de naïveté qui est très attachante. Il entre parfaitement dans l’esprit des Celtics, cette envie de tout donner, de faire jouer le collectif, une rage positive en quelque sorte. Quand on sait qu’il a été conseillé par la légende du football, Thierry Henry, on comprend mieux sa volonté d’être le meilleur. Il déclare lui-même : « Je me dis chaque jour qu’il faut que je garde les pieds sur terre. J’ai pu discuter avec Thierry Henry, et c’est l’une des choses qu’il m’a dites. Il disait vis chaque jour et traite chaque personne de la même manière. Chaque jour, je dois me lever et être le meilleur que je peux. Il n’y a pas de jours de repos. ». On l’a parfaitement vu hier lors de la rencontre tant attendue face aux Warriors. Il a été l’âme des Celtics, il ne lâchait rien, agressif en défense, à l’interception dans les mains de Curry, au contre sur Iggy et Durant, et ultra présent offensivement puisque c’est également lui rentre des shoots importants dans le 3ème quart pour revenir au score. Il finit meilleur scoreur des Celtics avec 22 points. Quand on sait que le jeune Jaylen avait appris un drame, le dèces de son meilleur ami juste avant le match, c’est encore une preuve de la sincérité de ce joueur, de son envie de tout donner et c’est ce qui fait de lui le nouveau chouchou du TD Garden.

On comprend bien que Jaylen Brown, au-delà de son talent offensif et dans une certaine mesure un potentiel en défense non négligeable, possède un calme, une certaine intelligence, du recul pour pouvoir devenir un vrai bon joueur NBA, surtout à Boston. A 21 ans, il devient déjà un joueur majeur d’une franchise aussi prestigieuse que les Celtics. Sur le poste d’arrière, passer après les Sam Jones, Bill Sharman, Ray Allen et même Danny Ainge, ce n’est pas simple. Mais il semble posséder toutes les qualités pour s’imposer et faire parti, pourquoi pas, de l’équipe des Celtics qui a les armes pour être des mastodontes de l’Est dans les années à venir.