Paul George parti, Sabonis et Oladipo qui arrivent… Ne nous cachons pas derrière nos nez fins, on a TOUS ri. Tous, même les fans des Pacers, un rire jaune évidemment et plein de colère dans certains cas.

Kevin Pritchard, le manager, peut se targuer d’avoir réussi son pari pour le moment surtout au regard du début de saison de Paulo avec OKC. Défiant toutes les prévisions (Alex et Bastien de Thrashtalk en tête de gondole) les Pacers jouent un basket libéré et surtout gagnent des matchs. Attention toutefois à ne pas emballer trop vite la place en PO car la route sera longue. Et peut-être même trop longue.

Avec un bilan de 12-10 (article écrit le 30/11) les fans peuvent être satisfaits évidemment mais on va quand même gratter un peu la peinture pour voir si ce qui se trouve en dessous est rouillé comme les genoux de Derrick Rose ou si c’est blinquant comme les chaines d’Iverson.

  • L’attaque globale

« On va courir » Voilà ce qu’on a entendu début de saison dernière lorsque Franck Vogel a laissé sa place à Nate McMillan. Et si la saison passé s’est soldée par un semi échec, on peut dire que cette année la sauce a pris. Très peu de fioritures dans le jeu d’Indiana, on récupère la balle, on court, une passe si nécessaire et on prend sa chance. Ainsi sur l’ensemble de son attaque, dans plus de 60% des cas, Indiana va tenter quelque chose avant d’arriver à 15 secondes. En gros l’attaque des Pacers c’est 9 secondes sinon rien. Pour étayer un peu cet état des lieux, dans les 10 défaites on retrouve 7 équipes qui sont dans le top 10 de la ligue en défense sur contre attaque puisque, vous vous en doutez, la plupart de ces attaques rapides viennent de là.

En plus de cela, l’équipe possède des joueurs mobiles et rapides, même les postes intérieurs ne sont pas des gros poids lourds qui peinent à traverser le terrain. La jeunesse de l’équipe finissant de permettre ce genre d’animation offensive. Mais pas que…

  • L’attaque tout de suite et jusqu’au bout

Les p’tits gars de Bankers Life Fieldhouse l’ont bien compris, pour gagner un match de basket, il faut montrer qu’on est là dès l’entame de partie. En général, la plupart des équipes mettent un certain temps avant de rentrer dans le match (Regardez le nombre de remontada pour preuve) et lorsque vous êtes face à un style de jeu ultra rapide et bien vous prenez un peu, voir beaucoup la flotte. Indiana est d’ailleurs 3ème équipe de la ligue sur le 1er quart temps avec une moyenne de 29pts marqués. Quand vous démarrez un match en asphyxiant le 5 majeur adverse, vous prenez tout de suite un chemin plus direct vers la victoire. L’adversaire n’a pas le temps de prendre confiance et de régler la mire en attaque. Pour peu que vous tombiez sur une équipe avec un mental fragilisé par un début de saison difficile et le match est pratiquement joué après 12 petites minutes. Demandez aux Cavs comment s’est passé le match à la Quicken Loans et vous verrez.

S’en suit un second quart temps plus dans la moyenne, un 3ème plus compliqué puisque le rythme de jeu tape dur dans le physique et là on arrive au quart du coeur et des couilles : le 4ème. Et où sont les Pacers quand il faut faire front ensemble et refuser la défaite? 6ème de la ligue. Forcément quand on a affaire à une équipe qui arrive encore à concentrer toute sa puissance de frappe en fin de match, ça explique beaucoup de choses.

  • L’attaque revancharde et adroite

Le départ d’une star a toujours un effet bénéfique pour ceux qui restent. Dans l’amas de joueurs qui semblaient vouer à la ligue chinoise, il y en a souvent un voir deux qui sont libérés (si tu as dit délivrés dans ta tête c’est que tu fais une dépression) et se sentent pousser des ailes de leader dans le dos, le fameux « Now it’s my turn » PG13 n’est plus là du coup certains se réveillent et si ce n’est pas dans le scoring, on retrouvera ce changement dans d’autres secteurs si important dans une équipe : Passes, rebonds, défense, leadership dans le vestiaire,… et force est de constater que si le discours de McMillan ne semblait pas passer l’année passée, visiblement celui de Paul George non plus.

L’autre point c’est évidemment les arrivées et plus particulièrement celle de Victor Oladipo. Il fût un attraction plaisante à Orlando notamment pour ses dunks spectaculaires mais il a ensuite été traité avec un certain dédain par OKC. Alors oui on ne rate pas Paul George quand on a Westbrook à prolonger mais on a pas réfléchi 2 fois chez Sam Presti cet été non plus. On peut même dire qu’on a forcé le trade. Et ça Pipo, derrière ses airs d’enfant, ça a du le vexer au point qu’il soit en pleine destruction de ses stats de carrière qui n’étaient pourtant pas les pires de la ligue. Il est passé d’un statut de joueur de complément en attaque à celui d’All Star.

Enfin concernant cette section, on peut souligner la grande adresse général de l’équipe avec 51.4% à 2pts (2ème de la ligue) et 41.3% du parking (6ème de la ligue) ça s’explique principalement par 2 facteurs : Le fait d’être en confiance avec les victoires et dans son jeu mais aussi fatiguer les adversaires en jouant à un tempo élevé ce qui amènent des rotations plus lentes et des close out de moins en moins close et donc des shoots plus ouverts.

  • What’s next?

On peut facilement établir un lieu de cousinage entre le Heat de début 2017 aux Pacers actuels. Peu respectés et formant un groupe soudé sans joueur star à ego, ils donnent simplement le meilleur d’eux-mêmes et rappellent à toute la famille NBA ce que « I love this game » signifie vraiment, pas comme Patrice. Et pour deviner la suite, il suffit de regarder le Heat de ce début de saison qui est nettement plus attendu et à qui tout réussi moins. Bien sur les styles de jeu sont différent mais plus la saison avance et plus les Pacers devront apprendre à varier. A jouer aussi un peu plus en défense sans trop perdre de dynamisme en attaque car il ne faut pas se leurrer du côté des fans, les équipes vont peu à peu trouver leurs rotations, leurs systèmes offensifs, les défenses vont se resserrer et il faudra éviter les places du con qui ne va pas en PO et qui ne draft pas haut.

Bien sur dans ce petit debrief, j’aurais pu rajouter d’autres choses positives à mettre en avant comme Cory Joseph, Darren Collison, Lance Stephenson et TJ Leaf (à surveiller) mais on va laisser les Pacers continuer leur beau parcours en se félicitant qu’ils ne soient pas un simple oiseau pour le chat.