Alors que le Thunder semble remonter la pente, les Hornets sont devenus dans le même temps, l’incontestable plus grosse déception de la saison. Pour une équipe qui semblait avoir remplacé une de ses plus grosses lacunes, en amenant une force majeure au poste bas, à la fois option offensive secondaire, et force de dissuasion de premier plan, l’arrivée de Dwight Howard laissait augurer du bon pour Buzz City.

Malheureusement, à la fin 2017, les Hornets occupaient les bas fonds de leur conférence, avec une attaque apathique et une défense en deçà des espoirs qu’on avait forgé pour eux. En effet, en étant la 22eme attaque de la ligue, la 17eme défense, difficile d’imaginer quoi que ce soit, même dans une conférence au niveau bien faible. Déjà, car les Hornets n’ont pas semblé collectivement solidaire, mais aussi car individuellement, plusieurs joueurs sont trop loin en dessous de leurs standards. Kemba Walker pond des chiffres honorables, mais semble avoir un impact plus faible sur son équipe que les saisons précédentes. Nicolas Batum, blessé dès le début de saison, est peut être revenu trop vite, voyant son équipe tricoter son basket (on espérait également plus de Michael-Kidd Gilchrist). Toujours est-il que son impact dans la création offensive n’est pas dans ses standards. S’il n’a jamais été un modèle de régularité tout au long de sa carrière, nous sommes en droit, sans forcément espérer le revoir rapidement dans ses rendements statistiques habituels, le voir à l’origine d’actions décisives pour son équipe, de le voir produire ce travail de l’ombre qui le caractérise.

Pourtant, en l’absence de certains cadres, notamment Batum, on a vu Jeremy Lamb franchir un véritable cap, que ce soit en tant que titulaire, ou en sortie de banc, le joueur dans sa cinquième année est devenu une rotation de haut niveau, à même de donner plus d’options au coaching staff. De même, plus responsabilisé, plus impliqué, on retrouve par moment des flashs de l’ancien Dwight Howard. L’ex-Star du Magic n’est plus, mais il apporte à son équipe ce qu’on attendait de lui. Et c’est ici que le bas blesse : alors que la principale recrue fait ce qu’on attend d’elle, l’équipe apparaît diminuée. Pour autant, doit-on d’or et déjà enterrer la saison des Hornets ?

Non.

La NBA nous a habitué aux surprises de mi-saison. Elle n’est pas avare en schémas différents : entre équipes parties trop vites qui s’effondrent, grosses écuries qui montent en puissance, ou équipes de bas de tableaux qui passent soudainement la vitesse supérieure. Voir les Hornets réaliser leur potentiel n’a rien d’impossible, d’autant que le calendrier de l’équipe affiche beaucoup d’adversaires largement à leur portée, ou de qualité inférieure.

Pour cela, il va falloir selon moi, que l’équipe retrouve véritablement un cap. J’espère que le message du coaching staff passe encore, et que les heures de Steve Clifford ne sont pas comptées. Mais si ce n’est pas le cas, alors certains joueurs vont devoir retrouver leur place dans l’effectif.

La connexion Walker / Batum

Kemba Walker est un formidable scoreur. Pour ce qui est de la création offensive, en revanche, il n’est pas dans le haut du panier à son poste. Ce constat passé, comment rendre les Hornets meilleur ? La solution avait été trouvée les saisons précédentes. Il fallait donner la création à Nicolas Batum, et utiliser Walker comme la dague de l’attaque. A la manière du duo James/Irving qu’on a connu aux Cavaliers, Charlotte utilisait son ailier comme principal détenteur du tempo, et Walker comme seconde source de création. Le problème, c’est que pour que cela fonctionne, il faut tout de même que Batum soit une menace offensive. Or depuis son retour, on le sent hésitant. S’il distribue toujours la marque (4,9 asts/match), il le fait moins aisément que les saisons précédentes car il est moins dangereux au scoring. Avec près de 5pts par match en moins depuis son retour, et 41% au tir (28% à 3pts), le français souffre et ne pèse pas. Sa blessure au coude et son manque de rythme n’y sont pas forcément étrangers, et si Batum commence à retrouver de l’allant, cela facilitera la tâche de son équipe.

Concernant Walker, il est plus difficile d’attendre beaucoup plus. On peut imaginer que son impact augmentera si Batum retrouve sa place dans le jeu. On peut néanmoins espérer qu’il retrouve ce qui a fait sa renommée : ses fins de matchs. Dans le cercle des joueurs les plus clutchs de la ligue, il n’a pas autant pesé que les saisons précédentes. S’il recommence à faire la différence dans les rencontres serrées, ce sera précieux pour permettre aux Hornets de remonter.

Où en sont-ils ?

Depuis le 30 décembre, marqué par une victoire surprise et autoritaire face aux Warriors (100-111), la franchise affiche un bilan de 3-1. Mieux, c’est l’attaque qui retrouve de l’allant avec 112pts par matchs. Un constat rassurant pour une équipe qui a terminé son mois d’Octobre a 102,9pts par rencontre, et a rechuté au mois de décembre à 102,3.

Il faut nuancer ces réussites, puisque 2 victoires ont été acquises face aux Kings et aux Lakers, 2 franchises en perdition. La bonne nouvelle, comme susmentionné, c’est que d’autres équipes à leur portée vont se trouver sur leur route tout au long du mois de janvier, et de février. S’ils arrivent à prendre les matchs qu’ils sont censés gagner, alors ils reviendront dans la course. A ce jour, les Hornets affichent un bilan de (15-23), et une vilaine 12eme place à l’Est. La bonne nouvelle, c’est que les Sixers, 8eme, sont seulement à 19-19 et marquent le pas depuis quelques temps. De même, nombre d’équipes ne semblent pas aussi armées que Charlotte sur leur chemin. Entre des Nets, qui restent les Nets. Des Knicks avec un calendrier XXL et un roster bien trop faible, les Pacers qui sont trop dépendants de Victor Oladipo, blessé, et, des Pistons qui peinent toujours à jouer sans Reggie Jackson, la route est très ouverte.

Si remonter la pente dépendra avant tout d’eux-même, il est rassurant de constater que les conditions ne sont pas catastrophiques, et qu’accrocher un spot de Playoffs est (très) jouable.