Qui dit nouvelle année dit bonnes résolutions, à tenir ou non. Chaque franchise (ou presque) peut se fixer un engagement à suivre pour améliorer sa situation en 2018. Voici 30 « bonnes » résolutions à prendre cette année, une pour chaque équipe.

 

Atlanta Hawks : Trust the Process (et Budenholzer)

Les Hawks ont commencé leur reconstruction et doivent maintenir le cap. Pour cela, ils doivent continuer à développer les jeunes pousses comme Taurean Prince, DeAndre’ Bembry, Isaiah Taylor ou Tyler Cavanaugh pour identifier leur potentiel. Il faudra également trouver une nouvelle perle lors de la prochaine draft pour accompagner John Collins (qui devrait jouer davantage), ce qui sera plus aisé avec une sélection dans le top 5. Enfin, le Front Office devra rester à l’écoute pour des échanges intéressants visant Dewayne Dedmon ou Marco Belinelli.

 

Boston Celtics : Tempérer les attentes

Boston figure dans le top 3 de la conférence Est avec Cleveland et Toronto. Pour autant, la franchise la plus titrée de l’histoire doit continuer à regarder vers l’avenir. Quelque soit son classement en fin de saison régulière, Boston ne jouera sans doute pas le titre cette saison, en partie à cause de la blessure de Gordon Hayward. La saison prochaine sera certainement plus propice à un retour en finales, d’autant plus si LeBron James quitte à nouveau Cleveland. Pour les Celtics, cette saison reste avant tout une opportunité de développer leurs nombreux jeunes talents et décider s’ils seront de la partie pour tenter de prendre le contrôle à l’Est ou s’ils serviront de monnaie d’échange pour obtenir une star. La question vise particulièrement Marcus Smart, qui devient agent libre en fin de saison.

 

Brooklyn Nets : Continuer à prendre des paris

Pour se sortir du marasme consécutif à la perte de trois tours de draft, dont celui de 2018, Brooklyn mise sur des joueurs non désirés, comme DeAngelo Russell, Jahlil Okafor et Nik Stauskas, et des contrats particulièrement déplaisants accompagnés de futures sélections. Tous les paris ne seront pas gagnants mais cette stratégie permet aux Nets de se dessiner un avenir meilleur et de trouver des pépites inattendues, comme Spencer Dinwiddie. En attendant de pouvoir enfin choisir un joueur dans le top 10 (en 2019 probablement), Brooklyn doit rester sur ce chemin, sans chercher à prendre des raccourcis peu recommandables.

 

Charlotte Hornets : Avoir le courage d’écouter des propositions pour Kemba Walker

Les Hornets figurent parmi les plus grosses déceptions de la saison. Attendue dans la course aux Playoffs à l’Est, la franchise de Michael Jordan se dirige vers le top 10 de la prochaine draft. L’équipe est construite pour des succès immédiats et les résultats ne sont pas au rendez-vous. Elle a joué de malchance à certains égards, avec les blessures de Nicolas Batum ou les soucis de santé du coach Steve Clifford, mais la fin d’année 2017 a révélé que Charlotte n’ira jamais bien loin avec cet effectif. La saison prochaine sera la dernière sur le contrat de Kemba Walker et le voir partir gratuitement en 2019 serait dévastateur. Avant d’en arriver là, les Hornets devront se préparer à entendre les propositions de transfert qui ne manqueront pas de leur parvenir. Et à envisager un reset qui ne faisait pas parti des plans du début de saison.

 

Chicago Bulls : Remettre du carburant dans le réservoir du tank

Après trois victoires en 20 matchs, les Bulls ont remporté dix rencontres en décembre. L’équipe semble transformée depuis le retour de Nikola Mirotic. Un point positif, mais uniquement dans la perspective de son transfert, possible à partir du 15 janvier (les rumeurs l’envoient vers Utah contre Derrick Favors). Chicago n’a aucun intérêt à accumuler les victoires pour échouer aux portes des Playoffs. Les Bulls repartent de zéro autour de Lauri Markkanen, Kris Dunn et Zach LaVine. La prochaine étape indispensable dans ce processus consiste à récupérer un des meilleurs talents de la prochaine draft. Échanger Mirotic, Robin Lopez voire Bobby Portis semble tout indiqué pour revenir dans la course au tanking et s’assurer une sélection dans le top 5.

 

Cleveland Cavaliers : Apprécier le moment présent

Les Cavs sont favoris pour jouer une quatrième finale consécutive. A moins d’une énorme surprise, les Celtics, Raptors, Bucks ou Wizards ne viendront pas les déloger de leur piédestal dans la conférence Est.  On ne peut pas écarter de nouvelles péripéties mais globalement, Cleveland évolue dans un calme relatif comparé aux années précédentes. (Note rapide : du moins avant les corrections subies face à Minnesota et Toronto…) Autant en profiter avant la grande panique de juillet prochain. Les Cavaliers pourraient perdre LeBron James mais aussi Isaiah Thomas, tous deux agents libres. Les rumeurs vont courir dans tous les sens et les fans, observateurs et dirigeants ne sauront plus où donner de la tête. Raison de plus pour apprécier pleinement le parcours des Cavs ce printemps avant le saut vers l’inconnu.

 

Dallas Mavericks : S’activer sur le marché des transferts

L’équipe coachée par Rick Carlisle joue mieux depuis début décembre (8 victoires pour 8 défaites durant le mois), portée notamment par le professionnalisme de certains vétérans. Néanmoins, Dallas compte 6,5 matchs de retard sur la huitième place et finira loin des Playoffs en fin de saison. D’ici au 8 février prochain, date limite pour les transferts cette saison, les Mavericks ont tout intérêt à s’activer pour échanger certains d’entre eux, comme J.J. Barea, qui réalise essentiellement la meilleure saison statistique de sa carrière. Wes Matthews, Devin Harris et Salah Mejri pourraient également tenter certaines franchises qui cherchent à fournir leur banc. Transférer Nerlens Noel, même pour un retour limité, semble également recommandé, puisque le pivot ne reviendra certainement pas à Dallas.

 

Denver Nuggets : Resigner Nikola Jokic

Pour Denver, la bonne résolution de 2018 est d’une simplicité enfantine. En fin de saison, Nikola Jokic peut devenir agent libre restreint si les Nuggets refusent d’activer leur option pour une année supplémentaire à 1,6 million de dollars. Garder le pivot serbe une année de plus à un salaire dérisoire semble tentant mais il deviendrait alors agent libre sans restriction en 2019 et pourrait quitter Denver. Pour éviter tout risque, les Nuggets devraient le resigner sans attendre dès que possible.

 

Detroit Pistons : Préparer l’après Stan Van Gundy

La franchise du Michigan est revenue dans la course aux Playoffs cette saison mais n’a pas les armes pour aller plus loin. Elle est déjà au-dessus du cap salarial pour la saison prochaine, avant même d’avoir résigné Avery Bradley, et reste liée à Reggie Jackson et Andre Drummond jusqu’en 2020. Le contrat de Stan Van Gundy, en charge du coaching et du Front Office, se termine quant à lui en 2019. Compte tenu des résultats médiocres accumulés jusqu’ici (une seule série en Playoffs en 2015), l’ère Van Gundy pourrait bien prendre fin l’année prochaine si les Pistons ne dépassent pas le premier tour d’ici là. Et les Pistons feraient bien d’anticiper ce scénario en interne pour se doter d’une direction à suivre immédiatement après son départ.

 

Golden State Warriors : Mettre le holà aux fautes techniques

Difficile de trouver une bonne résolution à suivre pour une des meilleures équipes de l’histoire de la NBA… Mention spéciale pour KD et Draymond Green : arrêtez d’accumuler des fautes techniques (8 et 11 respectivement).

 

Houston Rockets : Préserver la santé des joueurs

Le début de saison des Rockets les a positionné comme principaux rivaux des Warriors à l’Ouest. Pour faire valoir ce statut en mai prochain, Houston doit veiller à garder ses joueurs en bonne santé. Depuis décembre, Clint Capela, Luc Mbah A Moute, Chris Paul et James Harden se sont retrouvés à l’infirmerie à un moment ou à un autre. Les deux arrières stars ont particulièrement souffert de la situation et l’idée de venir chiper la première place de la conférence aux Warriors s’éloigne. Le temps de jeu des joueurs valides a gonflé dans le même temps et l’accumulation de fatigue et de blessures a joué un rôle important dans la mauvaise passe des Rockets (4 victoires et 7 défaites depuis le 20 décembre). Mike D’Antoni, bien aidé par l’arrivée de Gerald Green, a enfin commencé à exploiter davantage son banc pour limiter les minutes des joueurs majeurs et il devra continuer d’ici la fin de la saison régulière.

 

Indiana Pacers : Prolonger Myles Turner (et Lance) 

Les Pacers ont créé la surprise en début de saison, portés par le niveau de jeu époustouflant de Victor Oladipo. Le développement inattendu de l’arrière fait un peu oublier l’autre pièce maîtresse du futur d’Indiana, Myles Turner. Le meilleur contreur de la NBA (2,3 blocks par match) n’affiche pas les stats les plus affolantes et doit encore progresser, en attaque comme en défense où il peine encore à trouver l’équilibre entre la chasse aux contres et le positionnement au rebond. En dehors d’une grave blessure qui remettrait en cause son développement, Indiana devrait néanmoins envisager très sérieusement de le prolonger avant le début de la saison prochaine et sa dernière année de contrat de rookie. Lance Stephenson peut également rempiler pour une année supplémentaire si le club valide son option pour 2018-19. Pour le bien de tous les fans de la NBA, prions pour que le Front Office choisisse de garder Lance à Indianapolis.

 

Los Angeles Clippers : Échapper à la médiocrité 

La récente série de victoires des Clippers les a rapproché des Playoffs. Il faut leur reconnaître de ne pas avoir abandonné suite aux nombreuses blessures ayant affecté des joueurs majeurs et un bilan tombé à 11 victoires et 18 défaites. Le retour en forme de l’autre franchise de Los Angeles coïncide cependant avec un calendrier particulièrement clément, lui permettant d’engranger des victoires contre les Lakers, Hornets, Grizzlies, Suns, les Kings (et des Rockets à l’infirmerie remplie). Les choses se corsent en janvier et la distance avec la huitième place de la conférence Ouest devrait s’accroître à nouveau. Autrement dit, les Clippers risquent de se retrouver en pleine médiocrité, entre les huitième et dixième place : dans le meilleur des scénarios, Blake Griffin et compagnie gagnerait la place de victime expiatoire des Warriors au premier tour. Manquer les Playoffs cette année pour tenter d’accrocher le top 10 de la prochaine draft serait sans doute davantage bénéfique pour l’avenir du club. Une bonne manière d’y arriver serait de céder au plus offrant DeAndre Jordan, dont le départ semble acquis, et Lou Williams, spectaculaire en sortie de banc mais dont le contrat se termine cette saison. Se séparer d’Austin Rivers pourrait également servir sur le long terme mais risque d’être compliqué à négocier avec Papa…

 

Los Angeles Lakers : Remporter la free agency

Les Lakers ferment le classement de la conférence Ouest avec les Kings et les Grizzlies mais n’en tireront aucun bénéfice à la prochaine draft, leur sélection du premier tour revenant aux Sixers ou Celtics. Le plan pour Magic Johnson et Rob Pelinka est simple : dominer la période des transferts en signant les plus gros noms disponibles, soit Paul George et LeBron James. DeMarcus Cousins figure également parmi les options sur la table, à un degré moindre, le pivot colérique n’étant peut-être pas le franchise player idéal pour mener de jeunes joueurs. Si les Lakers ne parviennent pas à convaincre ces superstars, ils devront tout faire pour conserver leur espace salarial pour l’été prochain et ne pas le gaspiller pour des joueurs moyens comme en 2016, lorsqu’ils avaient signé Timofey Mozgov et Luol Deng pour 34 millions de dollars par an.

 

Memphis Grizzlies : Nettoyer l’organisation de fond en comble

Quatre coachs en quatre ans. Un effectif médiocre basé sur trois joueurs majeurs vieillissants et/ou sujets aux blessures. Des propriétaires en bataille les uns avec les autres pour prendre le contrôle de la franchise. Les Grizzlies ont besoin de clarifier leur organisation et de choisir une direction pour repartir de l’avant. Une fois le cas des propriétaires réglés, il faudra fixer la marche à suivre et choisir les personnes en charge du projet, sur le parquet, le banc et à la direction. Memphis ne dispose pas d’une voie toute tracée pour retrouver les sommets atteints durant l’ère Grit’n’Grind et s’engager dans un tanking de longue durée n’a rien d’une évidence pour cette franchise. Mais il faut absolument décider d’un plan et s’y tenir. En attendant que les choses se décantent, capitaliser sur la bonne saison de Tyreke Evans en le transférant avant le 8 février serait une idée pertinente, puisque les Grizzlies ne détiennent pas ses Bird rights et ne pourront pas s’aligner sur son prochain contrat.

 

Miami Heat : Se débarrasser du piège Tyler Johnson (et d’Hassan Whiteside)

La saison prochaine, l’arrière remplaçant Tyler Johnson va gagner 18,85 millions de dollars. En 2019-20, il touchera 19,63 millions. Quitte à enfoncer une porte ouverte, autant le dire clairement : Miami ne devrait pas payer un tel prix pour un joueur aussi banal. Ce contrat piège, tendu initialement par les Nets, risque d’amener le Heat en pleine luxury tax lors des deux prochaines saisons. Miami aurait sans doute intérêt à pousser également pour un transfert d’Hassan Whiteside. Bien que les stats sont en apparence au rendez-vous, le pivot en délicatesse avec les blessures cette saison n’a pas un impact exceptionnel sur le jeu de l’équipe. Sa valeur ajoutée par rapport à un remplaçant moyen n’est que de 0,1 en 2017-18 d’après Basketball-reference.com (0,4 en 2016-17). Son contrat se terminant potentiellement en fin de saison prochaine (Whiteside dispose d’une option de joueur pour une saison supplémentaire mais pourrait la refuser pour signer un dernier gros contrat à 30 ans), envisager son transfert sans attendre pour en tirer le plus possible et libérer de l’espace sous le cap salarial semble une option à étudier de près.

 

Milwaukee Bucks : Ne pas laisser Jason Kidd ruiner l’équipe

Depuis le début de la saison, le coach des Bucks est régulièrement pointé du doigt. La défense laisse à désirer (23ème évaluation selon Basketball-reference.com), les tactiques offensives manquent souvent d’imagination et certaines décisions de fin de match ont interpellé plus d’un observateur. Comme un joueur, un coach peut s’améliorer et apprendre de ses erreurs avec le temps. Et il est difficile de se dire qu’un ancien meneur de la trempe de Jason Kidd n’a aucune intelligence tactique. Mais l’organisation tourne autour d’une seule priorité : Giannis Antetokounmpo. Si Kidd s’entête à entraver la progression des Bucks, qui pourraient légitimement évoluer à un meilleur niveau avec le trio de Giannis, Eric Bledsoe et Khris Middleton, la direction des Bucks devra se poser de vraies questions sans trop attendre. C’est d’autant plus vrai compte tenu de la forte influence exercée par Kidd sur les décisions du Front Office, son agent Jeff Schwartz étant régulièrement désigné comme le shadow GM de la franchise.

 

Minnesota Timberwolves : Convaincre Tom Thibodeau d’utiliser son banc

Mine de rien, les Wolves se classent tranquillement à la quatrième place de la conférence Ouest à l’approche de la mi-saison. Jimmy Butler a pris les commandes de l’équipe après un début de saison en retrait et Minnesota peut même viser un peu plus haut et espérer un finish devant les Spurs, voire les Rockets si ces derniers restent handicapés par les blessures. L’édifice reste relativement instable : les Wolves bénéficient d’une meilleure réussite qu’attendu en attaque compte tenu de leur profil de shoot et la défense reste un chantier malgré des progrès notables sur les derniers matchs (6ème meilleure évaluation défensive sur les 15 derniers matchs d’après NBA.com). Surtout, les rotations de coach Thibodeau interpellent. Ses tendances à épuiser les titulaires et à ne pas utiliser son banc risquent de coûter cher en fin de saison. A sa décharge, le banc de Minnesota, sans être abominable, n’a rien de particulièrement impressionnant. Le fournir davantage avec des joueurs de qualité est une priorité, bien que la tâche s’avère ardue compte tenu de la situation financière des Wolves (120 millions de dollars de salaires garantis la saison prochaine avec le contrat max d’Andrew Wiggins).

 

New Orleans Pelicans : Apprendre la magie 

En 2018-19, les Pelicans vont devoir payer 28,8 millions de dollars à Omer Asik, Solomon Hill et Alexis Ajinca. Étonnamment, New Orleans n’a pas les marges de manœuvre nécessaires pour renforcer l’équipe autour d’Anthony Davis, et ce sans même compter un futur contrat max pour DeMarcus Cousins. Le duo Boogie&Brow possède sans nul doute un potentiel intéressant mais atteint rapidement ses limites compte tenu de la pauvreté de l’effectif. A moins de réaliser un tour de passe-passe défiant l’imagination, le General Manager Dell Demps aura bien du mal à améliorer l’équipe la saison prochaine.

 

New York Knicks : Garder une perspective de long terme 

Après 41 matchs, les Knicks ne sont qu’à deux matchs de la huitième place de la conférence Est. Renouer avec les Playoffs serait certainement utile afin de persuader Kristaps Porzingis que la franchise peut progresser avec lui. D’après Adrian Wojnarowski, New York serait en quête de renforts pour finir la saison et accrocher sa place dans le tournoi final. Sacrifier l’avenir au profit du présent paraît néanmoins contre-indiqué. Les Knicks sont encore loin d’un statut de prétendant aux finales de conférence : échanger de jeunes joueurs prometteurs (et peu onéreux) ou de futurs tours de draft contre des vétérans bien payés n’est pas la voie à suivre pour s’installer durablement dans la course au titre. Alourdir la masse salariale avec des contrats de longue durée est à proscrire, d’autant qu’il faudra payer le premier « vrai » contrat de KP dès 2019-20.

 

Oklahoma City Thunder : Convaincre Melo de renoncer à son année en option

Après des premières semaines bien difficiles, et malgré cinq défaites lors des sept dernières rencontes, le Thunder a enfin identifié clairement sa hiérarchie : Russell Westbrook est le leader, Paul George est son sidekick mettant l’accent sur les tâches défensives et Carmelo Anthony est la troisième option. L’attention se concentre, à juste titre, sur ce que fera PG13 cet été mais OKC devra également s’occuper du cas Melo. Il aura 34 ans la saison prochaine et dispose d’une option pour une année supplémentaire à 27,9 millions de dollars. C’est beaucoup pour une troisième option vieillissante qui apporte peu au-delà de ses capacités de scoreur. A moins de réussir à le persuader de renoncer à cette option au profit d’un contrat de long terme assorti d’un salaire annuel significativement moins élevé, le Front Office devra s’activer pour trouver un échange qui lui permettrait d’ajouter de la profondeur à l’effectif, avec ou sans Paul George.

 

Orlando Magic : Burn it down !!!

L’espoir s’est vite envolé du côté d’Orlando. Après un début de saison intriguant (8 victoires en 12 matchs), la franchise floridienne a enchaîné 26 défaites en 30 matchs. Et se dirige vers une sixième loterie consécutive depuis la fin de l’ère Dwight Howard. Après une telle passe, la plupart des équipes pourraient au moins s’appuyer sur quelques jeunes appelés à devenir des leaders à l’avenir. Pas Orlando. Aaron Gordon commence enfin à montrer le potentiel qui pourrait le porter un jour au All-Star Game. Le rookie Jonathan Isaac, qui n’a participé qu’à 15 matchs, pourrait lui aussi devenir un joueur qui compte dans les prochaines années. Et c’est tout. Ou presque, puisqu’Evan Fournier n’a que 25 ans après tout. Mais il s’agit de sa quatrième année au Magic et on ne peut qu’espérer pour lui qu’il trouvera rapidement une porte de sortie pour intégrer une équipe compétitive. Six ans après le transfert d’Howard, Orlando n’a rien pratiquement rien à montrer, pour le présent comme pour l’avenir. Pour le Front Office arrivé en fin de saison dernière, il est temps de tout raser et de reconstruire.

 

Philadelphia 76ers : Ne pas brûler les étapes

Les Sixers sont enfin excitants et compétitifs. Ben Simmons s’avère à la hauteur des espérances, Joel Embiid est monstrueux (quand il joue) et l’équipe de Brett Brown figure dans la course aux Playoffs à la mi-saison pour la première fois depuis bien longtemps. Pour autant, les fans et le Front Office feraient bien de se souvenir que le Process n’est pas encore fini. Le nucleus Simmons-Embiid-Covington va prendre de l’ampleur au fil du temps, Markelle Fultz n’a pas encore eu l’opportunité de montrer pourquoi il était le choix n°1 de la dernière draft et la franchise détient encore des cartouches pour l’avenir avec la sélection 2018 des Lakers ou le premier tour 2019 des Kings. Après des années au fond du trou, il va falloir faire preuve d’encore un peu de patience pour récolter les graines semées par Sam Hinkie.

 

Phoenix Suns : Choisir une nouvelle direction

Les Suns se sont fait remarquer par un début de saison chaotique, aboutissant au limogeage du coach Earl Watson après trois matchs et le départ d’Eric Bledsoe. Depuis, Phoenix a connu meilleure fortune, en grande partie grâce au développement spectaculaire de Devin Booker : l’arrière a de bonnes chances d’intégrer le cercle très fermé des basketteurs de 21 ans avec une moyenne de 25 points, 4 passes décisives et 4 rebonds par match à la fin de la saison, rejoignant ainsi Michael Jordan, LeBron James et Tracy McGrady. Booker représente l’avenir de la franchise mais il ne pourra pas tout faire tout seul. Pour se donner une chance de bien l’entourer, les Suns devraient sérieusement songer à confier le projet à un autre General Manager que Ryan McDonough. On parle ici du GM qui a eu la clairvoyance de signer Isaiah Thomas avec Goran Dragic et Eric Bledsoe déjà dans l’effectif, pour perdre les deux premiers cités avant même une saison complète. Dans cette affaire, McDonough avait également cédé le premier tour 2018 des Lakers aux Sixers pour faciliter la venue de Brandon Knight et le resigner pour 70 millions de dollars sur cinq ans. Le GM a globalement une histoire très compliquée avec les meilleurs joueurs qui sont passés par Phoenix. Même en ignorant certains choix discutables en matière de draft – Marquese Chriss, Dragan Bender et Josh Jackson sont encore très jeunes, Alex Len un peu moins – il y a lieu de douter que McDonough soit l’homme de la situation.

 

Portland Trail Blazers : Dégraisser la masse salariale 

Portland est la plus mal classée des cinq équipes qui paient la luxury tax en ce début d’année 2018. Le propriétaire des Blazers Paul Allen a donc décidé de lancer une enquête pour établir le responsable de cette situation : est-ce le coach Terry Stotts ou l’effectif mis en place par le General Manager Neil Olshey ? Sans rire : l’homme qui paye plus de 37 millions de dollars à Evan Turner, Maurice Harkless et Meyers Leonard cette saison se pose la question. Précisons que les trois contrats ne prennent fin qu’en 2020. Portland n’a aucune marge de manœuvre financière à moyen terme à moins de trouver les moyens d’exfiltrer ces joueurs ou de sacrifier l’une de ses stars. Dégraisser la masse salariale sera d’autant plus crucial si les Blazers choisissent de resigner Jusuf Nurkic cet été.

 

Sacramento Kings : Céder les vétérans au plus offrant 

En transférant DeMarcus Cousins aux Pelicans, les Kings semblaient avoir engagé une reconstruction bienvenue après une décennie de bilans négatifs. A contre-courant de cette logique, le Front Office a choisi de recruter quelques vétérans très bien payés pour encadrer un effectif encore tendre, avec l’idée d’accélérer le développement des jeunes et d’atteindre un certain niveau de compétence. Les Kings ont perdu ce pari et se retrouvent en fond de classement. Non seulement ils n’ont pas d’espoir d’aller plus haut avec l’équipe actuelle mais ils ont maintenant des vétérans engagés sur plusieurs années (à l’exception de Vince Carter). En prime, les tensions ne manquent pas, notamment avec George Hill. Sacramento n’a rien à perdre en transférant l’ancien meneur d’Indiana ainsi que Zach Randolph, Garrett Temple, Kostas Koufos et Carter. A ce stade, l’objectif de la deuxième moitié de la saison est on ne peut plus clair : donner du temps de jeu aux jeunes, pour savoir s’ils peuvent faire partie de l’avenir, et viser le plus haut tour de draft en 2018. Ce dernier s’avère crucial compte tenu de l’envoi de la sélection 2019 aux Sixers ou aux Celtics.

 

San Antonio Spurs : Traiter le corps de Kawhi Leonard avec soin

Donner des conseils à la franchise la plus victorieuse des vingt dernières années semble déplacé. R.C. Buford et Gregg Popovich savent ce qu’ils font, clairement. Le seul point à soulever en ce début d’année concerne la forme physique de leur meilleur joueur. Après avoir manqué les 27 premiers matchs de la saison à cause d’une tendinopathie du quadriceps, l’ailier souffre à présent d’une déchirure partielle à l’épaule gauche. L’équipe peut tourner sans lui pendant la saison régulière mais il reste indispensable pour permettre aux Spurs de faire durer le plaisir lors des Playoffs, pour cette saison comme les suivantes. Mieux vaut jouer la prudence, comme San Antonio semble le faire.

 

Toronto Raptors : Maintenir la nouvelle culture du club

Sans changer de joueurs ni de coach, les Raptors ont commencé à installer une nouvelle manière de jouer. Cette stratégie, qui favorise le mouvement de balle et les tirs à distance au détriment des isolations, s’avère plutôt prometteuse jusqu’ici et davantage en phase avec un style de jeu à même de donner des résultats en fin d’année. Néanmoins, un nouvel échec en Playoffs pourrait décourager ces belles ambitions. On pourrait d’ailleurs voir les anciennes tendances revenir à la surface lorsque les choses vont se corser en avril et en mai. Dwayne Casey et les joueurs devront se montrer capables de garder le cap, durant les Playoffs et la saison prochaine.

 

Utah Jazz : Échanger Derrick Favors

Derrick Favors est un joueur utile, à la réputation défensive surfaite mais au profil intéressant. L’idée de le transférer n’a rien à voir avec ses compétences. Mais il est en fin de contrat cette saison et son utilité à Utah est boostée par les blessures qui ont mis Rudy Gobert sur la touche jusqu’ici. Si le Jazz devait le resigner avec Rodney Hood cet été, la franchise paierait alors beaucoup, beaucoup d’argent pour une équipe dont le plafond se situe probablement à la sixième place de la conférence Ouest. Et qui se trouve à égale distance des Lakers et du top 5 de la prochaine draft que des Pelicans et des Playoffs (3,5 matchs). Les rumeurs d’un échange avec Nikola Mirotic (possible à partir du 15 janvier) paraissent pertinentes à ce titre : cela permettrait d’éviter une grosse dépense inopportune ou de perdre un atout sans rien obtenir en échange. En imaginant un retour en forme de Gobert, qui n’est pas garanti, Utah pourrait s’appuyer sur un 5 Gobert-Mirotic-Ingles-Hood-Mitchell et terminer la saison régulière avec une équipe sans doute plus compétitive que la version actuelle.

 

Washington Wizards : Fournir (enfin) le banc 

Le comique de répétition a ses limites et les Wizards les ont trouvées avec leur banc. Cette année encore, les remplaçants ne sont pas à la hauteur d’une équipe aux ambitions élevées. Kelly Oubre Jr. devrait continuer à progresser, Mike Scott a dépassé les attentes en termes de shoot (65,4% de réussite effective), Tomas Satoransky commence tout juste à contribuer régulièrement au jeu de l’équipe… La liste s’arrête là. Jodie Meeks et Tim Frazier, signés comme agents libres l’été dernier, n’ont pas répondu aux espoirs placés en eux (grosse surprise…). Mieux vaut éviter le sujet Ian Mahinmi (signé jusqu’en 2020 !) pour ne pas plomber l’ambiance. Bref, comme par le passé, les Wizards doivent impérativement améliorer l’effectif autour de John Wall, Bradley Beal et Otto Porter Jr. En l’absence d’espace sous le cap salarial pour se renforcer sur le marché des agents libres, il ne faudra pas hésiter à sacrifier Markieff Morris, voire Marcin Gortat, si les Wizards parviennent à obtenir un deal intéressant.

 

Statistiques arrêtées avant les matchs de la nuit du 11 au 12 janvier