Paul George est un athlète accompli, un arrière/ailier complet, aux qualités athlétiques phénoménales, à même de décoller à tout moment. Pourtant, cette saison, je me suis fait une réflexion à plusieurs reprises, je me suis demandé « mais pourquoi ne va-t-il pas chercher ses points dans la raquette ? ». A cette question, plusieurs réponses m’ont semblé possible :

  • Il y a Westbrook, il doit faire de l’espace : cette option me semblait envisageable car après tout avec un tel TGV dans son équipe, il faut bien faire du spacing. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à toutes ces isolations dont le Thunder a tendance à abuser. Et malgré ces opportunités, la tendance de PG à shooter plutôt que pénétrer était indéniable. RW n’était donc pas le seul responsable.
  • Il n’est pas impliqué, c’est un manque d’engagement. L’autre option, était une forme de nonchalance du joueur qui n’avait pas envie de batailler pour obtenir ses points. Au vu des difficultés du Thunder à jouer avec la même intensité tout un match, et d’un match à l’autre, l’option prenait du poids. Toutefois, ce genre de pensées sont difficilement vérifiables.
  • C’est une consigne du coach… Mouais. On oublie. Je ferai pas de blague sur les consignes du coach. Promis.
  • Enfin, venait l’idée qu’après sa lourde blessure avec Team USA, peut être que l’ami Paul George n’était pas des plus enclins à retourner au charbon. Malgré son retour solide, on pouvait sans difficulté imaginer qu’il ait décidé de reposer son jeu sur du jumpshoot plutôt que du drive.

Avant d’aller chercher, j’ai tout de même confirmé cette impression. En réfléchissant, je me suis dit que c’était bien la première fois dans sa carrière que cela me semblait si criant. Ensuite, peu importe quelle raison était à l’origine de ce changement perçu, il convenait d’aller vérifier si le gap était important avec ses saisons passées. Grâce à NBA.com, je pouvais trouver le nombre de PITP (Points in the paint) du joueur saison par saison.

  • 2017-2018 : 5pts
  • 2016-2017 : 5,1pts
  • 2015-2016 : 5,4pts
  • 2014-2015 : 1,3pts
  • 2013-2014 : 5,7pts
  • 2012-2013 : 5,5pts
  • 2011-2012 : 4,4pts
  • 2010-2011 : 3,1pts

Je me suis donc rapidement rendu compte, que si ses chiffres étaient les plus bas depuis qu’il a un rôle majeur en NBA (et en enlevant les quelques matchs qu’il a réalisé à son retour en 2014-2015), la différence n’était pas non plus flagrante. J’aurai tendance à dire qu’il était effectivement bien un peu plus agressif avant sa grosse fracture – ce que l’on peut comprendre à la vue de la brutalité de la blessure qu’il avait subi.

Toutefois, on ne peut pas non plus perdre de vu que c’est une véritable lacune, dans son jeu. D’autant que cela ne prend pas en compte le nombre de lancers francs qu’il ne provoque pas en ne prenant pas la peine de pénétrer, autant que d’autres stars sur les postes 2 et 3. Sans pour autant lui demander de se transformer en James Harden, dont il n’a de toute façon pas le premier pas, ni le handle, on ne peut pas nier que ce manque d’agressivité est préjudiciable à son équipe. Pour se donner une idée, voici les PITP de quelques extérieurs avec plus de 20pts par match.

  • Kawhi Leonard; 2016-2017 : 7,2pts
  • LeBron James; 2017-2018 : 14,3pts
  • Jimmy Butler; 2017-2018 : 8,3pts
  • DeMar DeRozan; 2017-2018 : 8,9pts

Sans continuer à matraquer Paul George plus longtemps, on se rend compte qu’il est derrière tous ses concurrents.

Pour confirmer mon impression, je suis donc allé voir du côté des Lancers-Francs tirés par rencontre. Pour reprendre les années significatives, je me base sur la saison avant sa blessure ainsi que cette saison et la saison passée.

  • 2017-2018 : 4,3
  • 2016-2017 : 5
  • 2013-2014 : 5,8

Là encore, le verdict porte vers une agressivité en berne depuis son retour, encore plus flagrant cette année. Si on compare, il se prive tout de même de 2,2pts « faciles » par rapport à 2013-2014. Pour être sûr, allons voir ce que fait la concurrence.

  • Kawhi Leonard; 2016-2017 : 7,2
  • LeBron James; 2017-2018 : 6
  • Jimmy Butler; 2017-2018 : 6,6
  • DeMar DeRozan; 2017-2018 : 7,7

La vérification est là aussi valide, puisque George est vraiment loin de tous les joueurs, sans même prendre la peine d’afficher James Harden ou encore Kevin Durant. Le fait est que si ce problème m’est apparu si criant ces derniers temps c’est parce que malheureusement, sa franchise est en péril de ce côté-là. Si on enlève Russell Westbrook, le jeu du Thunder manque de points faciles, en somme, une arme importante, car ce sont des tirs à haut pourcentage de réussite. En effet, avec peu de joueurs capables de créer pour autrui et pour eux-même, un Carmelo Anthony qui n’arrive plus à faire la différence dans ce type d’exercice, et doit de toute façon de plus en plus baser son jeu sur son tir, Paul George est l’homme qui doit aller chercher ces points. Une tâche dans laquelle Billy Donovan doit l’encourager, et dont le joueur doit prendre conscience.