Les Playoffs ne débutent que dans trois mois mais le tableau final commence à se dessiner. De nombreuses équipes sont bien positionnées pour continuer à jouer après la saison régulière et nous donner des séries mémorables. En voici cinq que les fans de NBA peuvent espérer.

Après environ 50 matchs cette saison, le tableau des Playoffs 2018 prend forme. Toutes les places ne sont pas encore distribuées bien sûr. A l’Est, l’écart entre la quatrième place (Miami) et la huitième (Milwaukee) ne tient qu’à deux matchs par exemple. Et il reste encore du temps pour changer la donne, à la faveur d’un transfert bénéfique (ou pas) ou d’une blessure malvenue.

On peut néanmoins commencer à se projeter vers le printemps et imaginer quelles séries pourraient animer la fin de saison. J’en ai retenu trois pour le premier tour et deux autres pour les demi-finales ou finales de conférence. Pour certaines, l’intrigue ne se limitera pas aux dimensions du parquet…

Pour le premier tour

Toronto Raptors / Philadelphia Sixers

Les deux équipes se sont d’ores et déjà rencontrées à quatre reprises cette saison et ne se reverront plus avant les Playoffs. Les Canadiens ont remporté les trois premières rencontres, en l’absence de Joël Embiid lors des deux premiers matchs, avant de céder le dernier match à Philadelphia. Compte tenu de la fin du dernier match, marqué par la prise de tête entre Kyle Lowry et Ben Simmons, la série ne manquera pas de sel. Sans oublier les frasques de l’inénarrable Joel Embiid qui ne manqueront pas de susciter des remous.

Toronto fait clairement figure de favori au vu des résultats de la saison régulière, du classement et des statistiques. Il s’agit de la seule équipe dans le top 5 des évaluations offensives et défensives jusqu’ici d’après Basketball-reference.com.

Pour autant, l’affiche ne manque pas d’intérêt et les Sixers pourraient surprendre. Philadelphia compte sans doute le meilleur joueur des deux effectifs avec Embiid. Le pivot camourenais devrait découvrir les Playoffs cette année et ne manquera pas de motivation pour s’affirmer sur la grande scène. En face, les Raptors pourront lui opposer une multitude d’options, entre Jonas Valanciunas, Serge Ibaka et Jakob Poetl. Aucune d’entre elles ne semble à même de stopper « The Process » mais cela relève davantage du talent d’Embiid que des déficiences des intérieurs de Toronto.

Autre facteur à prendre en compte : la tendance des Raptors à flancher durant les Playoffs. Sans rentrer dans le cliché facile à ce sujet, Toronto a montré au cours des cinq dernières années une propension à démarrer lentement. Ils n’ont pas gagné le premier match d’une série depuis 2001 (contre les Sixers d’Allen Iverson) et restent sur dix défaites inaugurales consécutives. Si l’histoire devait se répéter en 2018, Toronto pourrait rapidement se retrouver sous pression, avec l’obligation de venir s’imposer au Wells Fargo Center.

Forts d’un style de jeu plus agréable et mieux adapté à la NBA moderne, avec davantage de passes et de tirs à 3 points qu’auparavant, Kyle Lowry et compagnie apparaissent certainement plus forts que les années précédentes. Mais les vieilles habitudes pourraient reprendre le dessus face à l’adversité, comme on a pu le voir cette saison sur certaines fins de match tendues. Auquel cas, la défense des Sixers (5ème meilleure évaluation) pourrait prendre le dessus et dominer les débats.

L’attaque de Philadelphia est cependant tout juste moyenne (15ème évaluation) et devrait donc connaître des difficultés face à l’une des meilleures défenses de la ligue. La priorité pour les coéquipiers de Ben Simmons sera de limiter les pertes de balles : Philadelphia affiche un taux de turnover de 15,9%, largement en tête de la ligue. Lors des quatre rencontres de la saison, les Sixers ont systématiquement rendu la balle à l’adversaire à au moins 20 reprises.

Les Sixers devront également trouver une solution pour arrêter de faire autant de fautes : aucune équipe n’en commet davantage (23,4 par match). Les Raptors en font également beaucoup (22,4, 4ème de la NBA) mais bénéficient d’une réussite supérieure aux lancers-francs qui leur sera favorable. Une des clés de la série sera la capacité de défendre DeMar DeRozan sans l’envoyer à la ligne. Plus facile à dire qu’à faire puisque l’arrière/ailier tire 41,4 lancers pour 100 tirs pris cette saison selon Basketball-reference.com.

L’enjeu sera de taille également de l’autre côté du parquet. Une large partie de l’efficacité offensive d’Embiid tient également à sa capacité à attirer les fautes. Il tente 46,7 lancers tous les 100 shoots, un rythme équivalent à celui de James Harden.

Compte tenu de ces facteurs, on devrait donc avoir droit à beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de lancers-francs. Ce qui n’est pas très plaisant à regarder, il faut l’admettre. Malgré cela, la série devrait rester intéressante à suivre, grâce aux talents des trois All Stars et du probable Rookie de l’année.

 

Minnesota Timberwolves / Oklahoma City Thunder

Important : cette partie a été écrite avant la blessure mettant fin à la saison d’Andre Roberson. Celle-ci pourrait avoir un impact considérable sur la défense d’OKC. Comme noté par Micah Adams d’Espn, le quatuor Steven Adams – Carmelo Anthony – Paul George – Russell Westbrook affiche une évaluation défensive de 96,6 points encaissés sur 100 possessions avec Roberson, contre 114,5 en son absence.

Un affrontement entre les deux nouveaux Big 3 de la conférence Ouest pourrait intervenir dès le premier tour si Minnesota et OKC maintenaient leurs places actuelles (4ème et 5ème). Au vu des quatre rencontres de la saison régulière, dont trois se sont terminées sur un écart de moins de cinq points, cette série s’avère prometteuse.

Les Wolves ont vaincu le Thunder à trois reprises mais ne sont pas clairement favoris pour autant. Malgré des progrès depuis le début de saison, notamment de la part de Karl-Anthony Towns, Minnesota détient la sixième pire évaluation défensive de la ligue selon Basketball-reference.com. C’est de ce côté du parquet que la série devrait se jouer, l’attaque des Wolves (3ème évaluation) et la défense d’OKC (4ème évaluation) ayant davantage de chances de se neutraliser. Jusqu’ici, l’attaque de Minnesota s’est montrée performante face au Thunder, inscrivant au moins 104 points lors de chaque rencontre. Mais sa défense a concédé plus de 110 points à trois reprises à la huitième meilleure attaque de la NBA.

Contenir au mieux Russell Westbrook sera bien entendu la priorité des priorités à cet égard. Durant la saison régulière, Tom Thibodeau a utilisé Jimmy Butler comme principal déterrent face au dernier MVP. Mais défendre sur Westbrook demandera un effort collectif, tant il est difficile de contenir l’explosif meneur. Towns et Taj Gibson auront fort à faire pour aider sur ses pénétrations vers la raquette, notamment après un écran.

Les Wolves devront également veiller à soigner leurs rotations pour éviter d’avoir des défenseurs hors de position face à Paul George et Carmelo Anthony, en particulier Jeff Teague ou Tyus Jones. Quitte à devoir choisir un poison dans l’attaque d’OKC, mieux vaut viser Melo, sans doute moins dangereux que ses deux coéquipiers à ce stade de sa carrière. C’est d’autant plus vrai lorsqu’il se trouve en post up, où il n’inscrit que 0,87 point par possession d’après NBA.com (54ème percentile de la ligue).

Comme le reste de la NBA, Minnesota ignorera sans doute Andre Roberson pour faciliter la couverture des autres titulaires du Thunder. Le défenseur au shoot cassé devra se montrer actif pour permettre à l’attaque de tourner en sa présence. Une présence qui sera certainement requise pour limiter Butler, Teague et Andrew Wiggins lorsque les Wolves auront la balle.

L’attaque de Minnesota sera également à observer de près. Elle accumule les lancers-francs au troisième meilleur rythme de la ligue selon Cleaningtheglass.com ainsi que les rebonds offensifs (4ème) et limite les pertes de balles (3ème). En revanche, son pourcentage de réussite effectif au tir ne se situe qu’en 11ème position, la faute à une sélection qui donne la part belle aux shoots à mi-distance au détriment des tentatives près du cercle (23ème) et des 3 points (29ème). Le jeu offensif des Wolves combine ainsi des éléments pertinents pour réussir en Playoffs et d’autres plus inquiétants, en particulier en ce qui concerne l’attaque du cercle. A titre de comparaison, OKC affiche une sélection mieux répartie et donne la priorité aux tirs au cercle (9ème).

En matière de personnel, on pourrait voir un changement de tendance côté Minnesota. Jusqu’ici, Wiggins tente le plus dans l’équipe, avec 15,9 tirs par match, devant Butler (15,5) et surtout Towns (13,9). Des trois joueurs, le Canadien s’avère le moins efficace. Réduire son nombre de tentatives au profit de KAT serait sans doute bénéfique. C’est d’autant plus vrai que Wiggins et Butler auront fort la tâche difficile à Roberson et George, peut-être le meilleur duo de défenseurs sur l’aile.

Avec un peu de chance, cette série pourrait être la plus passionnante du premier tour, du moins sur le parquet (cf. la série suivante). Elle sera certainement serrée et pourrait produire un Game 7. Ainsi que des conclusions forcément intéressantes sur le niveau (Wiggins, KAT, Melo) et l’avenir (PG) des membres des Big 3.

 

Houston Rockets / Los Angeles Clippers

Les Clippers se situent à présent en neuvième place à l’Ouest et pourraient bien manquer les Playoffs. Le modèle du site Five Thirty Eight leur donne une chance sur deux de jouer après la fin de la saison régulière (9ème plus forte probabilité à l’Ouest). Et même s’ils parvenaient à se qualifier, il leur faudrait accrocher la septième place pour affronter les Rockets au premier tour, à moins que les Warriors ne décident d’offrir la première place à Houston pour se donner un challenge supplémentaire.

Mais il nous faut cette série pour une multitude de raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec le basket à proprement parler. Et ce, même si Houston serait grand favori pour l’emporter assez rapidement. Dans le désordre :

  • Le duel des exs entre Chris Paul et Blake Griffin
  • Chris Paul contre la famille Rivers
  • Trevor Ariza contre Austin Rivers
  • Austin Rivers contre le reste du monde, vraiment
  • Les anciens des Rockets contre Daryl Morey
  • Le coude de Blake Griffin contre Mike D’Antoni
  • Doc Rivers contre Mike D’Antoni (probablement)
  • DeAndre Jordan et la rumeur d’une demande de transfert à Houston
  • Clint Capela contre le pivot qui voudrait prendre sa place
  • Lou Williams
  • Lou Williams
  • Lou Williams
  • Le « tunnel secret » du Staples Center (qui s’avère le vestiaire où les LA Kings taillent les lames de leurs patins mais là n’est pas la question)
  • Les tweets de Woj au petit matin après les matchs

 

Après le premier tour

Golden State Warriors / Oklahoma City Thunder

Parfois, une série de vidéos parle plus qu’une collection de paragraphes. Il nous faut cette série, et voilà pourquoi :

 

Cleveland Cavaliers / Boston Celtics

Au début de l’automne, le scénario était acquis. Boston allait à nouveau défier Cleveland en finales de conférence. Kyrie Iving et Gordon Hayward allaient affronter LeBron James et Isaiah Thomas sur la grande scène. La rivalité entre les deux meilleures équipes de l’Est de la saison dernière devait prendre un nouveau tour.

C’est peu de dire que ce scénario a été quelque peu amendé depuis. Entre la blessure d’Hayward, les progrès des Raptors et les malheurs des Cavaliers, la donne a considérablement changé. A quelques jours de la trade deadline, il est même difficile de savoir avec quel effectif Cleveland débutera les Playoffs. IT et Kevin Love pourraient bien ne pas être de la partie, de même que Ty Lue.

Mais tous ces éléments ne nous empêchent pas d’espérer une revanche de la série de 2017, que ce soit en finales ou demi-finales de conférence. J’ai personnellement du mal à envisager une victoire des Celtics : en dépit des turbulences que traverse Cleveland, j’attends toujours de voir une franchise de l’Est terrasser le meilleur joueur de cette génération. Ça ne fait jamais que sept ans après tout…

En termes de projections tactiques, difficile de se prononcer pour le moment. L’incertitude règne chez les Cavaliers, ce qui ne permet pas de s’avancer véritablement. Côté Boston, le plan de jeu est davantage identifié, si ce n’est qu’un retour potentiel d’Hayward, évoqué ça et là, pourrait considérablement bouleverser la rotation, selon son état de forme et sa capacité à se mettre au niveau.

Les inconnues ne manquent pas mais les raisons de saliver non plus. Le duel du King et du Kid plane sur la NBA depuis juillet dernier et l’annonce des velléités de départ d’Irving. S’il est toujours là, Thomas aura à cœur de faire regretter son choix à Danny Ainge. Al Horford tentera une nouvelle fois d’exorciser ce démon nommé LeBron qui le tourmente depuis ses heures de gloire à Atlanta. La jeunesse verte, comprendre Jayson Tatum et Jaylen Brown, se mesurera aux anciens, comprendre James et Dwyane Wade.

En outre, si les Celtics devaient prendre l’avantage, la série serait rapidement dominée par la perspective d’une défaite des Cavs. Avant la free agency de LBJ. Comme en 2010. Vous vous souvenez de la suite…

Statistiques arrêtées avant les matchs de la nuit du 26 au 27 janvier