Il y a quelques jours, Chris Haynes, journaliste d’ESPN, nous apprenait que Damian Lillard avait demandé à rencontrer le propriétaire de la franchise de l’Oregon, Paul Allen, dans le but de discuter du futur de la franchise. Loin de lui l’idée de demander un trade, Dame a réaffirmé à Paul Allen son attachement aux Blazers et sa volonté de remporter le titre à Portland. Le franchise player des Blazers commence à s’impatienter et en a marre du ventre mou.

Ce qui est en grande partie à l’origine du ras-le-bol de Lillard n’est autre que le manque de compétitivité de l’équipe à court et moyen terme. Ce dernier est dû aux contrats offerts par le front office lors de l’été 2016. En effet, Portland est l’une, si ce n’est la plus grosse victime de l’été 2016 lors duquel le salary cap s’est envolé et le marché des agents libres s’est totalement enflammé avec de nombreux joueurs surpayés. C’est l’erreur qu’a fait le front office des Blazers en donnant des contrats « boulets » à Allen Crabbe, désormais aux Nets, Evan Turner, Moe Harkless ou encore Meyers Leonard.

Dans ce contexte, deux hommes commencent à se sentir menacés. Tout d’abord le coach, Terry Stotts, qui est là depuis déjà quelques années. Paul Allen pourrait décider de tout chambouler dans son staff pour repartir de zéro. Mais Lillard s’est montré solidaire de son coach lors du meeting avec le propriétaire. La deuxième personne sur la selette n’est autre que le general manager, Neil Olshey, pour qui la situation semble bien mal embarquée. On le voit mal passer l’été à Portland et Paul Allen attendra sûrement cet été pour le virer afin d’éviter un chamboulement en cours d’année, pas forcément une bonne chose pour la suite de la saison. De plus, Damian Lillard rentre dans son prime et on comprend son inquiétude face au potentiel de son équipe en l’état actuel des choses. Il réalise l’une de ses meilleures saisons en carrière, s’affirmant comme un très sérieux candidat au top 15 NBA et au top 5 NBA à son poste.

Suite à ce meeting, il est donc nécessaire de se pencher sur les pistes de réflexion que pourraient avoir Paul Allen et le front office dans les deux prochaines semaines. Quelles pourraient-être les améliorations possibles ? Qui pourrait en faire les frais ? Faut-il réaliser un blockbuster trade ou alors attendre l’été pour faire bouger les choses ? Aujourd’hui nous avons décidé d’imaginer un trade potentiellement avantageux pour Portland en prenant en compte les probables positions des équipes concernées.

Un blockbuster trade ?

Se sachant menacé, Neil Olshey pourrait être tenté de réaliser un panic trade, autrement dit un trade risqué réalisé dans la précipitation pour essayer sauver sa place quitte à foutre le futur de la franchise en l’air.

L’une des options serait d’aller taper à la porte des Cleveland Cavaliers et des Los Angeles Clippers. Tout d’abord, tout le monde est au courant de la situation très « weird » qui règne à Cleveland autour du coach Tyronn Lue et du cas Kevin Love. De nombreuses vidéos tournent sur les réseaux sociaux dans lesquelles on voit les joueurs manquer de respect à Lue ou des expressions faciales assez explicites sur l’ambiance qui prédomine dans le groupe. Si tout ça se confirme, l’explosion n’est pas loin et Koby Altman doit être en train de se torturer l’esprit pour satisfaire le King et devrait étudier toutes les offres arrivant sur son bureau. Beaucoup de rumeurs parlaient de DeAndre Jordan à Portland, mais rien de vraiment concret ; quant à Cleveland, les Cavaliers verraient d’un bon œil l’arrivée d’un rim protector du calibre du pivot californien.

Du côté des Clippers, rien ne presse malgré leur neuvième place et l’écart avec les Pelicans, actuellement sixième de la conférence ouest, n’est pas si grand. Les multiples absences ont également coûté beaucoup de victoires aux Clippers. Malgré tout, Jerry West pourrait réfléchir à l’idée de lâcher DeAndre Jordan qui aura la possibilité d’être free agent cet été, même s’il devrait opt-in.

Dans l’optique de ce trade, les Blazers accepteraient d’inclure CJ McCollum dans l’échange et s’il fallait imaginer un potentiel échange on pencherait pour celui-là :

 

 

Cette saison les Blazers sont une équipe très sérieuse en défense et affiche le septième défensive rating en NBA (104.4), la perte d’Aminu sera forcément préjudiciable mais le besoin de l’autre côté du terrain est une raison valable pour tenter cet échange. En effet, Portland est une équipe très moyenne en attaque cette saison avec un néant total en dehors du trio Lillard-CJ-Nurkic. L’équipe ne joue pas spécialement vite malgré une petite amélioration ces derniers temps et tire très peu à 3 pts, c’est la 23ème équipe de la ligue en termes de 3 pts tentés avec 26,3 tentatives par match. Mais le plus gros problème c’est l’absence de véritables menaces depuis le parking outre McCollum et Lillard, qui prennent à eux deux plus de la moitié des 3 pts. L’arrivée de Lou Williams, qui réalise l’une de ses meilleures saisons en carrière, et de Kevin Love permettrait d’ajouter une menace supplémentaire à 3 pts et d’écarter le jeu.

Certes, la perte de McCollum, joueur ultra prometteur, serait dommageable, ce dernier réalisant une excellente saison statistique pour l’instant : sa marque au scoring a légèrement diminué mais il effectue pour le moment sa meilleure saison au rebond et à 3 pts avec un insolent pourcentage de réussite de 42,3%. Néanmoins, le duo qu’il forme avec Lillard ne semble pas optimale pour tirer le maximum de son potentiel. La présence des deux créé un déséquilibre dans le roster avec des postes sur l’aile assez faibles par rapport au reste de la NBA. C’est la raison principale pour laquelle les Blazers pourraient tenter de récupérer un ailier ou un ailier fort all-star en échange de McCollum.

C’est le cas de Kevin Love qui, malgré le marasme ambiant à Cleveland, réalise une saison plus que correcte avec des pourcentages très bons que ce soit à 2 pts, à 3 pts ou sur la ligne des lancers. A Portland, Love retrouverait son poste d’origine aux côtés de Nurkic. En plus de cela, contrairement à ce qu’il a vécu à Cleveland, il aurait la possibilité de retrouver des responsabilités offensives accrues. Son arrivée serait bénéfique pour les Blazers qui passeraient d’Aminu à Love au poste d’ailier fort, ce qui constitue un upgrade non négligeable.

Concernant le poste 2, la perte de CJ McCollum serait cruelle mais l’arrivée de Lou Williams dans l’Oregon la compenserait en partie, ce dernier marquant plus de points par match que CJ cette saison – même en sortie de banc. De plus, le banc des Blazers est catastrophique cette saison, présent dans les cinq moins bons bancs de la ligue en termes de 3 pts tentés (7.6) et de scoring (28.6 ppg). L’ajout de Lou Williams prend donc tout son sens quand on connaît les qualités de l’arrière shooter. Lou Will ferait passer un sacré pallier au banc des Blazers, lui qui peut facilement tourner à 20 points par match en sortie de banc, et d’autant plus dans une équipe comme Portland où les solutions offensives sont assez pauvres. A voir par la suite qui de Pat Connaughton ou Evan Turner serait intronisé dans le cinq majeur dans l’optique de maximiser l’apport de Lou Williams.

S’il fallait imaginer une équipe qui pourrait être réticente à l’idée d’effectuer ce trade on pencherait plus pour les Clippers de Steve Ballmer qui perdraient ici deux de leurs trois meilleurs joueurs. Portland pourrait alors décider d’inclure un tour de draft, on pense notamment au premier tour 2018 des Cavaliers.

En somme, les Blazers prendraient un sacré risque avec ce trade d’où la notion de « panic trade« . Lou Williams aura 32 ans cette année et il ne possède qu’une seule année de contrat, et il est certain qu’il testera le marché cet été avec une mentalité qui sera sûrement celle à vouloir obtenir le plus gros salaire possible. C’est donc un énorme risque pour la franchise de l’Oregon qui perdrait un jeune joueur bourré de talent et dont le potentiel semble sans limite, mais avec l’arrivée de Kevin Love et Lou Will les Blazers devraient devenir un potentiel outsider et une équipe compliquée à jouer.

Le flou entourant le futur de la franchise est donc à l’origine des inquiétudes ressenties par son franchise player et de l’activation en coulisse de Neil Olshey qui pourrait faire un all-in sur un ultime trade. Paul Allen devrait également avoir son mot à dire pour éviter un mouvement trop ambitieux de la part du general manager en place. Néanmoins, la situation n’est pas alarmante, une qualification en play-offs est très probable et Paul Allen ne semble pas pressé. Il pourrait attendre cet été et un changement de general manager pour réfléchir à d’éventuels changements. En attendant l’intersaison Paul Allen se penchera peut-être plus sur le cas d’Evan Turner ou de Meyers Leonard avant d’imaginer échanger CJ McCollum.