Avec la trade deadline de jeudi dernier, plusieurs équipes ont installé les bases de leur futur. C’est le cas des Los Angeles Clippers, qui ont surpris, mais dont l’objectif est désormais clair : pas de tanking

En début de semaine dernière, beaucoup espéraient voir des Clippers actifs à la trade deadline, notamment avec les cas Lou Williams, Avery Bradley et DeAndre Jordan. Il n’en aura rien été, seuls les Lakers auront été actifs à Los Angeles.

Enfin, tout est relatif. La semaine précédente, Lawrence Frank et Jerry West ont tout de même échangé Blake Griffin à Detroit, paye ton blockbuster trade. Après s’être séparé de Chris Paul, tout portait à croire que les Clippers souhaitaient repartir à zéro. C’était sans compter sur le front office, et surtout sur Steve Ballmer, le propriétaire, toujours en quête de titre.

L’hiver 2018, un pas en arrière, deux pas en avant

Début 2018, tout comme maintenant, les Clippers étaient à la course pour les playoffs, menés par Blake Griffin, revenu de blessure. Avec un Lou Williams de gala, les Clippers visaient le top huit de la conférence ouest, en s’appuyant sur un statut d’épouvantail.

Il aime ça surprendre, le Jerry !

C’est alors que Blake Griffin est envoyé à Detroit, contre Tobias Harris, Avery Bradley et Boban Marjanovic. Début d’implosion ? Non, gérance exemplaire. Avec le recul, si le maximum a été donné à Blake Griffin (173M$ sur 5 ans), ce fut pour obtenir une meilleure contrepartie. Et c’est plutôt bien joué ! Dans un premier temps, la marchandise reçue est intéressante, et dans un second, la ligue entière est prise à contrepied.

Ainsi, tout le monde voyait Williams, Jordan et Bradley sur le départ, une situation idéale pour… ne pas bouger du tout et surprendre le monde entier. Car oui, si les deux derniers étaient potentiellement tradables, c’était surtout en échange de jeunes et de gros picks de draft. N’ayant attiré rien d’intéressant, ils n’ont échangé personne. Pour le cas de Lou-Will, c’est encore autre chose. Symbole de la réussite des Clippers depuis le début de saison, l’arrière a été resigné pour une bouchée de pain (24 Millions sur 3 ans).

En conservant Williams et Jordan, les Clippers affichent clairement leur envie : aller en post-saison. Certes, ils sont dans la course, et feront tout pour y aller, même s’ils savent aussi qu’ils n’iront pas très loin cette année, du coup, c’est le moyen terme qui est visé.

L’été 2018, tout ou rien ?

Après s’être débarrassés de Chris Paul et de Blake Griffin, les Clippers visent l’intersaison 2018 et ses gros poissons pour pouvoir viser le haut du classement. Car oui, la lucidité, ce n’est pas ce qui manque à Los Angeles, et force est de constater qu’avec Lou Williams en franchise player, les Clippers ne vont pas aller loin.

N’ayant pu récupérer un gros pick de draft à la deadline, Lob City devra se contenter de son pick, pas haut placé. Ainsi, ils vont se pencher sur la free agency, enfin, ils vont essayer.

Car, le problème, c’est que, contrairement à leur colocataire du Staple Center, leur salary cap est déjà blindé. Plus de 105 Millions sont déjà prévus pour la saison 2018-2019, ce qui limite la manœuvre. Enfin, ces 105 Millions sont une prévision, puisque DeAndre Jordan (24 Millions), Austin Rivers (13 Millions), Milos Teodosic et Wesley Johnson (6 Millions tous deux) disposent d’une option joueur qu’ils devraient activer, sauf tremblement de terre. Finalement, il n’y a que 7 Millions de dégageable, les contrats de Patrick Beverley et Montrezl Harrell, deux joueurs bons mais surtout importants dans la rotation (Beverley est pour l’instant blessé).

Ainsi, les Clippers sont coincés, d’autant plus que le contrat d’Avery Bradley sera expiré. Le FrontOffice des Clippers fait donc face à un dilemme, conserver leurs joueurs, ou attirer de l’agent libre ? Sur le papier, le plus « simple » est de tenter un sign and trade avec un de leurs gros contrats pour ramener un vrai franchise player. Sur le papier toujours, c’est simple, mais en réalité, ce n’est pas si facile.

Ce rêve bleu, je n’y crois pas, c’est merveilleux…

Kevin Durant ? LeBron James ? Chris Paul (on était obligé de la placer) ? Les clients sont nombreux, mais peu sont susceptibles d’être intéressés par les Clippers. Finalement, si l’on prend la liste dans l’ordre, les potentielles recrues sont peu : Isaiah Thomas, Carmelo Anthony (s’il n’active pas son option, autant dire que ça semble mal embarqué), et pourquoi pas DeMarcus Cousins. Le pivot, blessé au tendon d’Achille, peut ne pas obtenir le max des Pélicans, alors pourquoi ne pas aller le chercher aux Clippers, où il sera le franchise player, pendant que DeAndre Jordan ferait le chemin adverse. En mettant un ou deux rôle player dans la balance, ça pourrait le faire, mais ça reste une supposition.

Vous l’aurez compris, malgré le travail de Lawrence Frank, la marge de manœuvre des Clippers est mince, très mince. Peu de compétitivité à court terme, un salary cap embourbé, pas de franchise player, et une attractivité assez basse pour les free agents 2018, mélangez tout ça, et vous obtenez une équipe encore à la lutte pour les playoffs l’an prochain. Ainsi, à moins qu’un gros free agent surprenne tout le monde en allant à Lob City, c’est sur 2019 que vont devoir se pencher les Clipps, où ils devront à tout prix signer une tête d’affiche. Pour l’instant, rien ne l’empêche, étant donné qu’ils n’ont que les 23 Millions de Danilo Gallinari de garantis.

Si les Los Angeles Lakers misent sur l’été 2018 pour redorer leur blason, c’est l’été 2019 qui sera déterminant pour les Clippers. L’objectif Lune (ou finale de conférence, appelez-ça comme vous voulez) est donc reporté, selon toute vraisemblance, à l’année prochaine !