Arrivé dans l’Indiana cet été, accompagné de Domantas Sabonis dans le blockbuster trade qui envoya Paul George faire le chemin inverse pour rejoindre l’Oklahoma, tout le monde analysait ce transfert comme LE gros coup de la part d’OKC, mais c’était sans compter la volonté d’Oladipo de montrer enfin qu’il n’était pas un second choix de draft pour rien.

Des débuts compliqués

Lors de son entrée en NBA tout avait pourtant bien commencé chez le Magic d’Orlando, une moyenne de 13,8 points lors de sa saison rookie et pas moins de 17,9 lors de sa saison Sophomore, faisant de lui une star en devenir. Lorsqu’Evan Fournier débarque en Floride, le coach Jacques Vaughn va souvent exploiter les deux joueurs sur les lignes arrière : Oladipo donc en gage de meneur, une solution qui, par séquence, pouvait marcher mais qui n’était, à court terme, pas concluante.

Oladipo n’a jamais été un joueur capable de faire gagner en créant pour les autres, n’étant pas un meneur de métier mais plutôt un energizer/scoreur pur. Alors, à l’été de 2016, le Magic exprime la volonté de donner les clefs du camion au français Evan Fournier sur le poste d’arrière. En plus de cela un jeune meneur de potentiel du nom d’Elfrid Payton est arrivé un an auparavant et fait figure, à ce moment, d’avenir pour la franchise. C’est lui qui prend officiellement la mène d’Orlando et dans cette configuration Fournier est souvent préféré à Oladipo sur le poste 2, devenant 6eme homme pour la franchise. Il est donc envoyé au Thunder avec les droits de Domantas Sabonis, Orlando reçoit en contrepartie Serge Ibaka (qu’ils vont échanger en cours de saison au Toronto Raptors contre Terrence Ross) le soir de la draft 2016.

Du côté d’Oklahoma on a en perspective qu’au 1er Juillet, Kevin Durant sera Agent libre, et que pour rester un candidat au titre, il faut le conserver. Les dirigeants pensent sans doute que la venue d’Oladipo serait un atout supplémentaire pour le convaincre. Évidemment, comme tout le monde sait, le 4 juillet Kevin Durant rejoindra les Golden States Warriors. A OKC, on comble ce départ comme on peut. Victor Oladipo se voit donc directement positionné comme premier lieutenant de l’animal Russell Westbrook. Une configuration qui ne va finalement jamais réellement marcher car, malgré une saison historique de Westbrook ponctuée de 42 triple double et un titre de MVP, le Thunder finit la saison régulière 6ème de la conférence Ouest et se fait éliminer 4-1 face aux Houston Rockets lors du premier tour des Playoffs. Victor Oladipo voit ses stats baisser lors de cette saison, avec 15,9 points de moyenne et une perte de confiance au shoot évidente au fil de la saison régulière. Loin de moi l’idée de dire qu’il est impossible d’exister aux côtés de Russell Westbrook, mais à priori seuls les joueurs déjà accomplis de cette ligue et de calibre All Star peuvent y arriver, en témoigne Paul George.

L’arrivée aux Pacers

A l’issu de cette saison le transfert était donc de bonne augure. Qui plus est Oladipo rejoint l’Indiana, terre où il aura fait ses classes pendant trois années de 2010 à 2013 avant d’entrée en NBA, jouant pour les Hoosiers de l’université d’Indiana. Le voici donc de retour. Mais l’équipe des Pacers n’étant pas forcément très compétitive sur le papier, il n’était pas évident de dire qu’Oladipo allait exploser ainsi. Seulement, il semblerait qu’une fois que l’on a joué et marqué les esprits dans l’Indiana il vaut mieux y rester si l’on veut continuer à performer ! Lance Stephenson en est le parfait exemple, lui qui quitta les Pacers pour les Hornets lorsque sa côte était au plus haut. Il enchaîna Clippers, Grizzlies, Pelicans et Timberwolves sans aucune réussite. Il est aujourd’hui de retour à Indianapolis et a l’air de « s’éclater ». Oladipo est donc en train de devenir une des stars de la NBA, ainsi que le chouchou de la Bankers life FieldHouse et de tout un état. Balle en mains le joueur est devenu quasiment indéfendable, de la pure isolation au drive ligne de fond jusqu’au shoot à trois points ultra clutch en fin de possession (comme face aux Spurs le 29 octobre dernier). Oladipo donne l’impression de tout savoir faire. Une sélection au All-star Game faisant office de première récompense, «Vicky» enchaîne les performances de hauts vols depuis son arrivée, comme lors de la première semaine de décembre où il détruit tout sur son passage avec 36 points 6 passes 7 rebonds face à Toronto, 27 points 8 rebonds face à Chicago, 33 points 8 rebonds 5 passes face à Cleveland, la victoire qui marque les esprits. Pour conclure cette belle semaine : 47 points 6 passes et 7 rebonds face à Denver. Il remporte aussi son tout premier titre de joueur de la semaine, distinction honorifique et méritée, lors du mois d’octobre. Aujourd’hui, avec la blessure de Kristaps Porzingis, Victor Oladipo est le grand favori pour obtenir le titre de meilleure progression de l’année (MIP), une distinction qui aurait énormément de sens pour le joueur après deux saisons difficiles et une sérieuse perte de confiance la saison dernière. Il lui reste maintenant à qualifier son équipe des Pacers en Playoffs en tant que Franchise player, actuellement 6ème de la conférence Est (33 victoires – 25 défaites). Lui, tourne à pas moins de 24,5 points 5,4 rebonds et 4,1 passes par match, ces résultats faisant de lui le 11ème meilleur marqueur de la ligue. En fin de semaine, en plus du match, il participera aussi au concours de dunks du All Star Week-end, événement durant lequel il s’était incliné en 2015 face à Zach Lavine. Dunks deux pieds deux mains en puissance ou impressionnant 360° en contrattaque, Oladipo a l’habitude d’alimenter les Tops 10 depuis le début de la saison. Il ne serait donc pas impossible de le voir prendre sa revanche sur ses détracteurs et nous faire bondir de notre canapé dans la nuit de samedi à dimanche malgré la rude concurrence. Oladipo aura donc, dans le futur, tout intérêt à s’installer sérieusement dans l’Indiana, pour le bien de la franchise et de sa carrière.  A Indianapolis Victor Oladipo s’épanouit et montre le joueur qu’il est réellement. Le public est déjà conquis et ne demande qu’à en voir plus dans les prochaines années voire dans les prochains mois avec une possible qualification en playoffs.

 

Contribution par Hugo Pinturier