La fin de saison approche et une poignée d’équipes ont une obsession en tête : perdre le plus possible pour obtenir le meilleur tour de draft en juin prochain. Passage en revue des 10 équipes qui devraient composer le top 10 de la loterie.

Les fans avertis le savent bien. A quelques semaines de la fin de la saison régulière, les équipes les plus mal classées ont peu d’intérêt à enchaîner les victoires. Plus elles perdent, plus elles ont de chances d’obtenir un des plus hauts choix lors de la prochaine draft.

Cette saison s’avère la dernière avec le système actuel de loterie pour déterminer l’ordre de la draft. A partir de l’année prochaine, les probabilités d’obtenir une sélection dans le top 4 seront plus équilibrées, de façon à limiter (un peu) le tanking. Les franchises en fond de classement ont tout intérêt à profiter des règles actuelles avant la réforme et ne s’en cachent pas. Qu’il s’agisse de Mark Cuban qui reconnaît publiquement avoir déclaré à ses joueurs qu’accumuler les défaites serait sans doute plus bénéfique aux Mavs ou des coachs qui sortent des rotations ou des joueurs de leur chapeau pour « bien » finir les matchs serrés, le mémo est passé.

Cette course au classement à l’envers est d’autant plus particulière cette saison que les concurrents ne manquent pas. Après les matchs du 26 février, cinq équipes sont à égalité dans la colonne de victoires avec 18 petits succès. Huit franchises comptent 20 victoires ou moins et 40 défaites ou plus. Autant dire qu’il faudra cravacher pour obtenir une place dans le top 5 en juin prochain.

Pour analyser cette course, j’ai pris le parti de me pencher sur les dix dernières équipes du classement en les séparant en quatre groupes distincts : les franchises qui n’ont pas d’intérêt à jouer le tanking, celles qui doivent forcer leur destin, les équipes qui n’ont pas l’habitude de se retrouver dans cette position et les vétérans de la loterie qui n’en sont pas à leur premier rodéo.

Stats arrêtées au 27 février. Classements en date du 1er mars.

 

« Mais on tanke pas nous ! » 

Los Angeles Lakers : 26 victoires – 34 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 36 victoires et 46 défaites

Les Lakers possèdent sans doute la meilleure équipe de ce top 10. Surtout, ils n’ont aucun intérêt à perdre en vue de la draft, puisque leur sélection du premier tour reviendra aux Sixers, ou aux Celtics si elle tombe entre la deuxième et la cinquième place.

Globalement, Los Angeles n’a pas le profil d’un perdant sur la fin de saison. L’équipe de Luke Walton affiche certes la sixième pire évaluation offensive de la ligue (105,7 points sur 100 possessions d’après Basketball-reference.com) mais s’appuie sur une défense moyenne (14ème, 108 points sur 100 possessions). Depuis le 1er janvier, les Lakers ont enregistré 15 victoires et 10 défaites, un bilan positif loin des « performances » des plus mauvaises équipes derrière eux.

Attention toutefois au calendrier d’ici la fin de saison, le huitième le plus difficile de la ligue d’après NBAStuffer.com. Los Angeles se retrouve néanmoins plus près d’une sortie du top 10, avec un match de retard sur les Hornets et deux sur les Pistons, que de la neuvième place du classement à l’envers (4 défaites de moins que les Knicks).

 

Brooklyn Nets : 20 victoires – 42 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 26 victoires et 56 défaites

Les Nets subissent une dernière fois les conséquences du transfert de Paul Pierce et Kevin Garnett datant d’il y a déjà cinq ans. Cette saison, ce sont les Cavaliers qui profiteront de l’aubaine, les Celtics ayant cédé la sélection de Brooklyn pour s’attacher les services de Kyrie Irving.

Contrairement aux Lakers, les Nets ne se sont pas démarqués du groupe des plus mauvaises équipes de la NBA. Malgré un jeu encourageant porté (entre autres) par Spencer Dinwiddie, Brooklyn a mal négocié le début d’année 2018 et reste sur douze défaites lors des quatorze derniers matchs. Sept d’entre elles ont été concédées à des équipes actuellement qualifiées pour les Playoffs mais cette mauvaise passe n’en demeure pas moins décevante.

Pour les fans des Nets, le responsable est tout trouvé ou presque : Jahlil Okafor. Le pivot a participé à 22 matchs et 286 minutes depuis son arrivée des Sixers. Avec lui sur le parquet, Brooklyn enregistre sa pire évaluation défensive (117,3 points d’après NBA.com) et offensive (91,1 points). Son différentiel net de -26,2 se situe 20 points en dessous de celui de Jarrett Allen. De quoi apporter de l’eau au moulin des détracteurs d’Okafor.

Le coach Kenny Atkinson doit également composer avec la réintégration de D’Angelo Russell dans l’effectif. D’après Cleaningtheglass.com, les Nets marquent 5,8 points de moins sur 100 possessions avec Russell sur le parquet et en encaissent quatre de plus. Un impact d’autant plus problématique qu’il joue le plus souvent en lieu et place de Dinwiddie (99 minutes ensemble sur 326 jouées par Russell en 2018).

D’ici la fin de saison, Brooklyn sera confronté à un calendrier équilibré (16ème le plus difficile d’après NBAStuffer.com), avec notamment six matchs contre des mal classés. Ce ne sera pas de trop pour engranger quelques victoires supplémentaires et éviter de céder à nouveau un tour de draft dans le top 5 pour la troisième année consécutive.

 

Les équipes qui doivent rattraper leur retard

New York Knicks : 24 victoires – 38 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 32 victoires et 50 défaites

Jusqu’à la blessure de Kristaps Porzingis, les Knicks tentaient, à tort ou à raison, d’accrocher une place en Playoffs. L’absence du Letton a poussé de force New York vers le tanking. En 1.552 minutes avec lui sur le parquet cette saison, les Knicks étaient une équipe moyenne en termes d’évaluation nette (105,5 en attaque, 105,4 en défense d’après NBA.com). Sans lui, l’attaque (102,4) et la défense (109) se détériorent significativement en 1.448 minutes.

Pour autant, tout n’est pas si simple pour New York. Les locataires du Madison Square Garden vont devoir lutter pour rattraper le wagon des huit plus mauvaises équipes de la ligue puisqu’ils comptent trois matchs de retard sur les Bulls en huitième position.

De plus, les intérêts des uns et des autres ne convergent pas nécessairement. D’un côté, on peut imaginer les Knicks mettre de côté une poignée de vétérans (Hardaway Jr., Kanter, Lee) pour maximiser le temps de jeu des plus jeunes et des remplaçants. Mais de l’autre, il est difficile d’imaginer ces mêmes jeunes ne pas tenter de se distinguer et jouer à fond, en particulier Frank Ntilikina, enfin délesté de Jarrett Jack, mais aussi Emmanuel Mudiay et Trey Burke. Les deux derniers cités ont besoin de se mettre en valeur pour relancer leur carrière et feront tout leur possible dans ce but.

En outre, Jeff Hornacek coache pour sauver sa place si l’on en croit certains observateurs américains. Si l’appréciation de son travail peut passer par le développement des espoirs sur cette fin de saison, il n’a certainement pas d’intérêt personnel à accumuler les défaites.

Globalement, les Knicks ont les clés pour tanker correctement et peuvent se tourner vers Luke Kornett ou Damyean Dotson si nécessaire. Avec neuf défaites et une victoire en février, ils se sont clairement engagés dans cette voie. Mais à cause de leur retard, ils n’ont pas le droit à l’erreur pour espérer une meilleure place que la neuvième sélection.

Leur calendrier d’ici la fin de saison s’avère le sixième le plus facile de la ligue selon NBAStuffer.com mais comporte de nombreuses rencontres contre des franchises en lutte pour accrocher une place en Playoffs, ce qui devrait aboutir à des défaites supplémentaires. En revanche, ils n’ont plus que quatre matchs à venir contre des concurrents directs (Sacramento, Dallas, Chicago, Orlando). Sans doute les quatre matchs les plus importants de la fin de saison.

 

Chicago Bulls : 20 victoires – 41 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 28 victoires et 54 défaites

Malgré 13 défaites sur les 16 derniers matchs, les Bulls restent pour le moment à l’arrière du peloton du fond de classement. Actuellement en huitième position, ils comptent un demi-match de retard sur les Nets et surtout deux défaites de moins que les Mavericks et deux victoires de plus que le « Fab Five » composé des Grizzlies, Magic, Kings, Hawks et Suns.

Chicago est sans nul doute une des pires équipes de la ligue mais n’a pas tout à fait maximisé son potentiel de tanking sur la saison. D’après Cleaningtheglass.com, les Bulls affichent le 28ème différentiel d’efficacité sur la saison (-5,6 points sur 100 possessions) mais ont remporté plus de matchs qu’attendu (+1,3) au regard de cette statistique. Malgré une attaque anémique (2ème pire évaluation de la NBA selon Basketball-reference.com) et une défense plus que quelconque (23ème évaluation), Chicago a connu un sursaut en décembre qui lui a permis d’engranger la moitié de son total de victoires actuel (10 victoires et 6 défaites).

Il n’est toutefois pas trop tard pour se rattraper. Les Bulls bénéficient du septième calendrier le plus facile d’ici la fin de saison d’après NBAStuffer.com, avec huit matchs contre des équipes de ce top 10. Soit autant d’opportunités de revenir sur leurs concurrents.

Pour parvenir à cette fin, Chicago a déjà pris des mesures, en mettant sur le banc Robin Lopez ainsi que Justin Holiday. Ce dernier a néanmoins obtenu du temps de jeu en l’absence de Zach LaVine lors de la défaite concédée à Brooklyn le 26 février. Asseoir les vétérans devrait être utile en vue du tanking mais cela ne suffira pas, compte tenu des nombreux jeunes joueurs avec des choses à prouver. Fred Hoiberg devra trouver un maximum de minutes pour Cristiano Felicio, Cameron Payne et Paul Zipser, trois des pires joueurs de la rotation, en particulier lors des rencontres face aux autres cancres de la NBA.

 

Les novices du tanking

Dallas Mavericks : 19 victoires – 43 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 27 victoires et 55 défaites

Les Mavs visent le fond du classement et cela se voit. Au-delà des déclarations de Cuban, le coach Rick Carlisle fait jouer depuis quelque temps des rotations douteuses avec Dirk Nowitzki, Harrison Barnes et Wesley Matthews sur le banc pour finir des matchs serrés comme l’a évoqué ESPN.com récemment.

Dallas se situe aux portes du top 5 du classement à l’envers, à égalité avec Memphis, mais n’est pas donné favori pour y terminer la saison. Au contraire, les projections d’ESPN.com situent la franchise texane en huitième position d’une course très serrée pour le top 5, derrière Brooklyn et Chicago.

Les Mavs se distinguent par un meilleur niveau de compétence que leurs concurrents. Ils détiennent la neuvième pire évaluation offensive (106,4) et onzième pire évaluation défensive (109,3) d’après Basketball-reference.com. En excluant les Lakers, seuls les Knicks font mieux dans ces catégories parmi ce top 10.

Par ailleurs, le bilan de Dallas s’avère pire qu’escompté au regard de son différentiel d’efficacité. Selon Cleaningtheglass.com, l’équipe a remporté 6,9 matchs de moins qu’attendu par rapport à son différentiel de -2,6 points sur 100 possessions, bon pour le 22ème rang de la NBA. Aucune autre équipe ne connaît un tel déficit de victoires.

D’ici la fin de saison, les Mavericks bénéficient du 13ème calendrier le plus aisé selon NBAStuffer.com. Surtout, ils ont encore huit matchs contre des équipes de ce top 10 au programme. Si l’objectif est bien de perdre le plus possible, le staff de Dallas va devoir continuer à se montrer ingénieux pour ne pas céder du terrain aux équipes moins talentueuses avec le même objectif.

Le jeu en vaut la chandelle : comme le rappelle SBNation.com, le système actuel de loterie donne 64% de chances à la pire équipe de la NBA d’obtenir une sélection dans le top 3 et 25% de chances de glaner le choix n°1. A la sixième place du classement à l’envers, occupée actuellement par les Mavs, ces probabilités sont réduites à 22 et 6% respectivement. Une ou deux défaites supplémentaires peuvent donc faire toute la différence ou presque.

 

Memphis Grizzlies : 18 victoires – 42 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 24 victoires et 58 défaites

Memphis ne s’attendait certainement pas à terminer la saison dans cette posture. Mais la saison des Grizzlies a déraillé suite à la blessure précoce de Mike Conley et les voilà confrontés à une dure réalité : cette année, il n’y aura pas de course aux Playoffs mais une course à la draft.

L’homme clé de cette saison se nomme Tyreke Evans. Lors des premières semaines, il incarnait l’espoir et la perspective d’avoir un contributeur de qualité supplémentaire avec Conley et Marc Gasol. Par la suite, il a incarné l’espoir d’obtenir un premier tour de draft en échange de son transfert. Désormais, il est le joueur dont l’absence ou la présence jouera un rôle crucial dans le tanking de Memphis.

Evans est le meilleur marqueur de la franchise cette saison mais son impact va plus loin. D’après Cleaningtheglass.com, Memphis enregistre un différentiel d’efficacité de +11,4 points sur 100 possessions avec Evans sur le parquet, ce qui le classe dans le 95ème percentile de la ligue. Si les Grizzlies, qui se situent à -4,7 points pour l’ensemble de l’équipe, pouvaient atteindre un tel niveau, ils compteraient théoriquement 44 victoires et non 18. En creux, cette statistique montre à quel point le jeu de Memphis est déficient en son absence.

Justement, Evans vient de manquer le dernier match contre les Celtics en raison d’une douleur aux côtes. Son absence ne devrait pas se prolonger en théorie mais les Grizzlies pourraient se montrer extrêmement précautionneux comme on l’observe souvent chez les franchises dans une situation similaire. Il est difficile de se projeter en la matière car Evans ne souhaitera peut-être pas s’absenter trop longtemps mais un excès de prudence de la part de Memphis tomberait pile au bon moment : d’ici au 15 mars, la franchise du Tennessee rencontre Phoenix, Orlando, Chicago (deux fois) et Dallas. Soit cinq matchs « à perdre » en vue de la draft.

Une telle décision n’a rien d’une évidence, d’autant que Memphis doit également affronter de nombreuses équipes qui vont ou qui cherchent à se qualifier pour les Playoffs et engrangera ainsi très certainement de nombreuses défaites. De plus, elle pourrait attirer les foudres de la ligue si Evans est reposé sans raison valable. Mais les Grizzlies ont tout intérêt à maximiser leur tanking en 2018 puisqu’ils perdront leur tour de draft l’année prochaine (protégé top 8), en 2020 (protégé top 6) ou en 2021 (non protégé).

 

Atlanta Hawks : 19 victoires – 43 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 25 victoires et 57 défaites

Les fans des Hawks savaient à quoi s’attendre cette saison. Atlanta n’a jamais décollé du fond du classement et se retrouve désormais avec le pire bilan de la conférence Est, à une défaite des Suns. En prime, les Hawks se sont séparés de Marco Belinelli et d’Ersan Ilyasova après la clôture des transferts, limitant encore un peu plus leur effectif pour terminer la saison.

Contrairement à Memphis avec Evans ou Phoenix avec Devin Booker, les Hawks ne comptent pas dans leurs rangs de joueur star capable de porter l’équipe. Dennis Schröder ne crée pas de différence appréciable d’après Cleaningtheglass.com : l’attaque s’améliore de 5,1 points sur 100 possessions lorsqu’il est sur le parquet tandis que la défense encaisse 4,8 points de plus. Parmi les joueurs ayant accumulé plus de 900 minutes, seuls Kent Bazemore et Dewayne Dedmon ont un impact positif lorsqu’ils sont sur le parquet.

Après dix apparitions consécutives en Playoffs, Atlanta a géré son tanking de main de maître jusqu’ici. Le départ des deux derniers trentenaires de l’équipe devrait permettre à la franchise de débloquer du temps de jeu pour ses jeunes tout en s’assurant de continuer à accumuler des défaites. Le calendrier restant, quatrième le plus ardu de la ligue selon NBAStuffer.com avec notamment Golden State (deux fois), Houston, Boston et Toronto au programme, devrait aider.

Atlanta compte également quatre confrontations directes contre des mal classés avant les vacances (Phoenix, Chicago, Sacramento, Orlando). Des matchs à négocier au mieux pour consolider sa place à la loterie.

 

Les vétérans de la loterie

Orlando Magic : 18 victoires – 43 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 26 victoires et 56 défaites

Après un début de saison encourageant (8 victoires et 4 défaites), Orlando a connu un énorme passage à vide (27 défaites en 31 matchs) qui l’a plongé vers les profondeurs du classement. Et en dépit d’un soubresaut fin janvier-début février (5 victoires et 5 défaites), le Magic se situe désormais sur la trajectoire familière d’un tanking en bonne et due forme. En atteste la série en cours de six défaites consécutives.

Pour les fans d’Orlando, il faut retenir un créneau dans un calendrier plutôt aisé (11ème le plus facile d’après NBAStuffer.com) d’ici la fin de saison. Entre le 24 mars et le 4 avril, le Magic enchaîne six rencontres d’affilée contre des mal classés (Phoenix, Brooklyn, Chicago, Atlanta, New York, Dallas). La différence entre une sélection dans le top 3 ou une sélection hors du top 5 pourrait se jouer à ce moment là.

Afin de terminer au plus bas, Orlando devra sans doute prendre des mesures spécifiques. Sur le papier, l’équipe possède un effectif plutôt meilleur que la moyenne de ses concurrents. Elle pourrait également être tentée de faire jouer quelques uns de ses meilleurs éléments sur la fin de saison afin de les mettre en valeur en vue d’un transfert potentiel cet été. Enfin, elle manque de jeunes talents à mettre davantage en avant au-delà de Jonathan Isaac (de retour de blessure) et éventuellement Wes Iwundu, puisqu’Aaron Gordon est d’ores et déjà établi tandis que Mario Hezonja n’a pas été prolongé.

La présence de vétérans sûrs de leur talent et capables de remporter des matchs pourrait bien doucher les espoirs du Magic en vue de la prochaine draft. Même si les fans d’Orlando ne manqueront pas de noter que la franchise floridienne est abonnée à la loterie depuis le départ de Dwight Howard en 2012, avec les résultats que l’on connaît.

 

Sacramento Kings : 18 victoires – 43 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 25 victoires et 57 défaites

En parlant d’abonnés à la loterie… les Kings vont y participer pour la douzième année consécutive. Pire attaque (103,8 points sur 100 possessions) et deuxième pire défense de la ligue (112,1 points) d’après Basketball-reference.com, Sacramento réussit l’exploit d’avoir un meilleur bilan qu’escompté. Selon Cleaningtheglass.com, les Kings ont enregistré quatre victoires de plus qu’attendu au regard de leur différentiel d’efficacité. Seuls les Cavaliers ont fait mieux.

Avec une concurrence féroce et un calendrier d’une difficulté moyenne, les Kings vont devoir s’employer pour maintenir leur place dans le top 3 de la loterie. Ils ne manquent cependant pas d’atouts, notamment au poste de meneur où seuls des rookies subsistent suite au transfert de George Hill. Confier les clés du jeu à des joueurs en manque d’expérience s’avère généralement un bon moyen de perdre des matchs. Aux autres postes, le coach Dave Joerger a la possibilité de se tourner vers d’autres jeunes pousses, comme Justin Jackson, Skal Labissiere voire le nouveau venu Bruno Caboclo.

Sacramento est déjà bien engagé dans la voie du tanking, Joerger ayant acté des repos réguliers pour les vétérans de l’effectif. Les Kings ont toutes les cartes en main pour parachever leur saison, destinée à se terminer de cette façon, d’autant que la franchise n’aura pas de premier tour de draft en 2019. Il ne leur reste plus qu’à négocier au mieux les huit matchs restants contre les équipes de ce top 10.

 

Phoenix Suns : 19 victoires – 44 défaites

Projection de FiveThirtyEight.com : 24 victoires et 58 défaites

Difficile de ne pas terminer avec les Phoenix Suns. Pire bilan de la ligue et pire évaluation défensive, la franchise de l’Arizona a connu une saison absolument atroce ponctuée par le limogeage d’Earl Watson après seulement trois matchs, le départ forcé d’Eric Bledsoe et quatre défaites de 40 points ou plus. A ce prix-là, les Suns ont payé cher leur droit de choisir le meilleur talent de la draft et il n’est pas question de se rater dans la dernière ligne droite.

D’après NBAStuffer.com, Phoenix a « la chance » d’affronter le troisième calendrier le plus difficile de la ligue jusqu’à la fin de saison, ce qui lui donne une longueur d’avance sur ses concurrents à l’exception d’Atlanta. L’équipe menée par Devin Booker doit néanmoins se méfier des cinq confrontations contre Memphis, Atlanta, Orlando, Sacramento et Dallas encore au programme.

En théorie, mettre Booker ainsi que T.J Warren au repos serait utile en vue du tanking mais ce n’est pas si simple. Phoenix a déjà tenté l’expérience en fin de saison dernière et ce genre de manœuvre peut finir par convaincre un joueur de vouloir partir. De plus, il serait utile de permettre à Booker et la nouvelle recrue Elfrid Payton de partager le backcourt sur les derniers matchs en vue de l’avenir. Compte tenu du temps d’acclimatation nécessaire pour faire évoluer les deux arrières ensemble, cela peut très bien s’envisager sans pour autant déboucher sur des victoires supplémentaires.

Heureusement, Jay Triano a d’autres options à disposition et pourrait par exemple décider de confier le jeu à Josh Jackson lorsque Booker et Payton ne sont pas sur le parquet ou donner un maximum de minutes à Marquese Chriss à l’intérieur. Sans compter les astuces de fin de match, comme on a pu le voir lorsque Shaquille Harrison (qui ???) a terminé la rencontre contre Portland le 24 février alors que les Trail Blazers refaisaient leur retard dans le quatrième quart-temps. Quand il s’agit de perdre, on peut faire confiance aux Phoenix Suns…