Flash. Impression.

A 22 ans, Adelaïde Beauducel réalise des dessins d’un réalisme saisissant. Munie d’un crayon, un papier, elle reproduit à l’identique des photographies. Le microcosme basketball s’est emballé pour ses créations sans pareilles. Barbe, poils, aspérités de la peau, cicatrices, asymétrie faciale, rien ne passe à côté de son coup d’œil.

Ces créations ? Le résultat d’années de travail. Au fond d’une salle de classe, Adelaïde commence à dessiner à la demande d’une amie. Si elle n’est pas convaincue à ses débuts, cela devient rapidement une habitude. Une habitude qui devient une passion, une passion portée par du talent, même si elle ne croit pas en l’innée. Au fil des heures de cours, les créations s’affinent, et ses envies de faire de son art, sa vie, se concrétisent. Mais pas question de rentrer dans le moule, d’envisager une école, et de prendre le risque du formatage. Alors, elle dessine, dessine d’un café, d’un parc, de sa chambre, de partout, et progresse – toujours par elle-même. Pour s’améliorer, elle imagine, elle recommence, elle trouve ses propres solutions et affine sans cesse ses œuvres.

La source d’inspiration ? Un visage, un regard, une émotion qui transpire d’un cliché. Créer le parfait dessin d’un visage imparfait est au cœur du processus. Rides, asymétries, font le charme d’une photographie – c’est ce même désir d’authenticité et d’intensité qui sont à l’origine de ces dessins.

Au fil des créations, cet hyper-réalisme devient de plus en plus net – et c’est ainsi que nous la découvrons. Un soir, à descendre les réseaux sociaux, lorsqu’un dessin-portrait plus vrai que nature nous saute au visage. Pour certains, c’est un dessin absolument frappant de réalisme, pour d’autres, il évoque également une idole. C’est comme ça que ses créations deviennent virales. Mais compliqué de surfer là-dessus. Les raisons sont multiples : parfois la flemme, parfois la masse de travail. Chacun de ces dessins sont le fruit d’heures et d’heures de labeur, parce que jouer avec une ombre ou une texture peut prendre une masse de temps – qui tranche avec l’effet final – l’impression de faire face à une photographie, la création d’un instant, d’un timing. C’est ainsi que cette œuvre a débarqué – et vous l’avez très certainement déjà croisée.

On a tous été ébahis devant le résultat : la lumière dans le regard, les spots qui se reflètent sur la transpiration, le détail de la barbe ou les plissures du cou de LeBron James.

Mais avant de vous emballer, non, elle n’est pas une basketteuse, ne suit pas comme nous la NBA chaque nuit. Cette rencontre avec notre univers c’est la rencontre d’un besoin, celui de travailler sur des photographies professionnelles, ce besoin de netteté qui permet de travailler dans le détail jusqu’à l’extrême, avec l’univers de la NBA, de ses flashs permanents, de cette surexposition de tous les instants. Et voilà, devant l’enthousiasme, Adelaïde ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. On en voulait d’autres. On en veut d’autres.

C’est comme ça qu’elle croise un portrait de Kobe Bryant. Dans cette recherche d’intensité dans le regard, une compatibilité s’installe. Et quelques temps après, un nouveau dessin, nous paraît. La prouesse purement technique est encore au rendez-vous, indubitablement, mais il semble qu’il y a un quelque chose de plus. On plonge directement dans le regard frontal que Kobe pose sur nous dans cette reproduction. Le visage plus marqué de l’ex-champion nous fait face dans une œuvre qui a une fois de plus fait sensation.

Sans une once de doute, nous en voulons plus. Parce que voir ces personnages mis en dessin ainsi, a quelque chose de fascinant. Quant à Adélaïde, peut être que, nous avons une responsabilité la concernant. En décidant de faire de son art plus qu’un simple hobbies, elle cherche une exposition. Elle ne se repose pas puisque, passionnée de lecture et d’écriture, elle souhaite également ajouter ces cordes à son arc dans l’optique de créer des œuvres encore plus personnelles. Également, elle peint des aquarelles, tente de proposer autre chose que ces portraits hyper-réalistes – elle étoffe ses possibilités. Et nous, qui attendons d’autres productions, qui souhaiterions voir d’autres créations sur nos écrans, on a peut être le devoir de soutenir, de partager, de faire en sorte qu’un jour, son travail paye et lui apporte une véritable renommée. En quelques années, elle a réussi à atteindre un degrés de perfection étonnant, à nous de donner un coup de main à son coup de crayon.

Voici notre pierre à l’édifice, quelle sera la vôtre ?