Après une saison régulière marquée par des affrontements plus épiques les uns que les autres et des playoffs riches en émotion, la Terre du Milieu est prête à livrer son verdict. Sans grande surprise, ce sont les Royaumes des Hommes et le Mordor qui vont s’affronter pour le gain de la bague unique qui les gouvernera tous. L’effectif est pléthorique de part et d’autre, chaque équipe dispose d’arguments très sérieux pour faire pencher la balance en sa faveur et il est impossible de dégager un favori clair. Galadriel elle-même, dans son émission sur Unibet TV, confie son indécision à Nabil Djellit : « C’est la merde (sic) à pronostiquer, je me tire, j’ai apéro chez Elrond ».

À défaut de réussir là où les plus grands penseurs de ce sport ont échoué, nous vous proposons dans cet article une analyse détaillée des composantes de chaque équipe, afin de vous donner le plus d’éléments possibles pour vous faire votre avis avant le match 1 qui aura lieu demain, à Minas Tirith. Vous pourrez d’ailleurs, si vous le souhaitez, nous retrouver à l’Auberge du Poney Fringant pour une rencontre entre fans.

Sauron perdant la bague pour les gouverner tous lors de la première édition du Middle Earth Game

Le 5 majeur


Royaume des Hommes : le 5 titulaire est fort en apparence, mais a montré d’inquiétants signes de fragilité dernièrement. Le forfait de Boromir avant le All-Star Game, pour une grave blessure au thorax contractée dans un banal match de saison régulière face à l’Isengard (blessure dont le nom scientifique est Seanus Beanus Mortus), a clairement affaibli la force de frappe d’une équipe qui se repose désormais sur le duo Faramir-Denethor pour limiter la casse. Problème, des frictions sont apparues entre les deux hommes, le second reprochant au premier son manque d’efficacité offensive et mettant en avant le fait que Boromir était bien plus performant sur les pick n’roll en tête de raquette. Ce à quoi nous répondons « oui, mais en fait pas forcément ». D’un point de vue défensif, en revanche, l’édifice est toujours d’une solidité effrayante. Avec ses 7 niveaux, ses murailles et ses catapultes, la défense tout terrain mise en place par Coach Gandalf est d’une complexité rarement vue et peut annihiler n’importe quelle attaque si elle s’en donne les moyens. Inutile de dire qu’elle sera mise à rude épreuve.

boromir mort
La terrible blessure de Boromir

Mordor : là où les Hommes souffrent de conflits de personnalités, le 5 du Mordor est un bloc compact, solidaire et harmonique. Chaque orque peut prendre la place d’un autre, permettant de changer sur tous les écrans, ce qui n’est pas sans rappeler le légendaire 5 de la mort des Warriors du Premier âge. Ce n’est pas flashy, mais c’est très efficace. Néanmoins, la presse elfique prête volontiers aux Orques un manque de courage et d’application lorsque l’enjeu se fait sentir, le Fondcombe Times allant même jusqu’à comparer ceux-ci aux Clippers de la période sombre du duo Paul-Griffin. La capacité des joueurs du Mordor à bien négocier les tournants sera capital dans l’optique de reprendre l’avantage du terrain, puis d’espérer récupérer la bague qui leur fait défaut depuis le choke de Sauron face à Isildur. Cela constituerait une douce revanche pour le seigneur des Ténèbres, aujourd’hui General Manager du Mordor.

Le 5 du Mordor
Sobre, mais terriblement efficace

Les bancs


Royaume des Hommes : souvent décrié, voire moqué, le banc des Hommes a calmé tout le monde au tour précédent. Menés par le roi Théoden, les seconds couteaux ont sorti le grand jeu pour faire tomber l’Isengard dans le match 7 au Gouffre de Helm et s’autoriser une nouvelle finale. C’est évidemment la puissance offensive de ceux que l’on surnomme « Rohirrim » qui a surpris les observateurs, avec un véritable déluge de paniers longue distance inscrits par les splash brothers Eomer et Eowyn (que l’on espère voir au concours à 3 points l’année prochaine). Si ce groupe peut sembler fougueux par moments, son dynamisme complète parfaitement la force tranquille du 5 et permet de placer des coups d’accélérateur dévastateurs. Purifiée de ses éléments néfastes comme Grima Langue de Serpent, la second unit des hommes arrive gonflée à bloc et prête à envoyer du lembas.

eomer eowyn
Les splash brothers lors du shooting photo de pré-saison

Mordor : devant la course à l’armement réalisée par son ennemi de toujours, Sauron n’est pas resté inactif durant l’intersaison et a fait chauffer la mastercard pour recruter du lourd. Réputés dans toute la ligue pour leur faculté à écraser leurs adversaires, avec une intensité étouffante à la limite de la règle, les Mumakils d’Harad se sont parfaitement fondus dans le collectif du Mordor en apportant une dureté rarement égalée. Là encore, rien de très sexy, mais c’est chirurgical : écrans, jeu sans ballon, rebond offensif, et surtout une passion presque maladive pour la défense. Si les titulaires peuvent connaître des trous d’air coupables, les joueurs d’Harad sont d’une fiabilité sans limite et ont fait pencher nombre de matchs couperets par le passé. On note aussi une belle profondeur d’effectif avec la présence des corsaires d’Umbar en bout de banc, même si ceux-ci n’entreront qu’en cas de blessure d’un joueur majeur. Ils seront en tout cas là pour encourager leurs coéquipiers et transmettre les gobelets Gatorade lors des temps-morts.

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Le pivot des mumakils monte au contre

Les coachs


Gandalf le Blanc : on ne présente plus le magicien blanc, dont le palmarès remplit à lui seul une étagère entière de la bibliothèque de Minas Tirith. Sa science du jeu n’est plus à démontrer même si ses détracteurs expliquent qu’eux aussi, s’ils avaient 2000 ans devant eux, sauraient maîtriser l’attaque en hexagone (version améliorée du triangle). C’est grandement sous-estimer le talent de celui que l’on surnommait Mithrandir lorsqu’il était joueur. Véritable meneur d’hommes, sa faculté à fédérer ses troupes et à faire face quel que soit l’adversaire a souvent permis de remporter la victoire quand tout espoir semblait vain. Arrivant toujours à tirer le maximum de ses joueurs (Merry et Pippin n’ont pas été draftés mais sont devenus des Hall of Famers en puissance), Gandalf rend systématiquement son équipe compétitive et constituera à coup sûr un atout de taille pour espérer la victoire des Hommes.

Gregg Popovich, premier membre du Conseil Blanc et seigneur des Maïar

Roi Sorcier d’Angmar : là où son homologue brille par son écoute et son calme, la méthode de celui qui s’est fait connaître en remportant avec Minas Morgul le final four OCAA (Orc Collegiate Athletic Association) repose sur une discipline de fer et une rigueur de tous les instants. Bien qu’exigeant, son système a fait ses preuves et on imagine que Sauron est heureux de lui avoir confié les rênes de l’équipe plutôt qu’au Balrog, quand on voit le fiasco qu’a été la saison des Suns de Khazad-Dûm. Négociateur charismatique dans l’âme, le Roi Sorcier est une voix qui compte dans la ligue et nombreux sont les joueurs qu’il a convaincu de se joindre à lui, même lorsque des contrats plus juteux se présentaient ailleurs. Cependant, la frontière entre charisme et arrogance est ténue, et on ne manquera pas de scruter l’attitude du Nazgûl suite à sa faute technique reçue au tour précédent pour trashtalking (”Aucune équipe vivante ne peut nous battre”). Cela lui aura au moins permis de montrer sa confiance en ses joueurs et de faire monter la pression avant l’affrontement final…

Roi Sorcier
Tu sais ce que j’en fais des feignasses qui bloquent pas au rebond ?

Facteur X : Le Roi des Morts


Rappel pour les novices, les règles de la free agency sont différentes en Terre Du Milieu. Contrairement à la NBA, il n’y a pas de date limite pour engager des joueurs, il peut donc arriver que des contrats soient signés en cours de finale pour tenter un dernier ajustement salvateur. Et cela pourrait bien faire basculer l’issue de l’affrontement cette saison. Selon Adrian Wojnarowski, le GM des hommes, Aragorn fils d’Arathorn, a pris l’avion pour la montagne hantée afin de recruter un dernier renfort. Et quel renfort ! Dans ce que beaucoup pensent être son chant du cygne, le Roi des Morts possède encore des fondamentaux monstrueux qui ne demandent qu’à s’illustrer. Après des années à poster des grosses stats sans jamais atteindre les finales, le vétéran est désormais à la recherche d’une bague mais on sait que sa fierté rendra impossible toute signature au salaire minimum. Sa rancœur après l’élimination par Isildur il y a plusieurs siècles est encore tenace et il ne viendra que si Aragorn lui fait une offre qu’il ne peut refuser. Ce dernier saura-t-il adoucir le dialogue ? Les Hommes ont-ils assez de salary cap pour offrir le contrat maximum au Roi des Morts ? Cela suffira-t-il à le faire sortir de sa zone de confort ? Les réponses à ces questions décideront probablement de l’issue de la finale.

Où le roi des morts choisira-t-il d’apporter ses talents ?

Le pronostic de la rédaction


Comme on vous l’a dit, il est très difficile de dégager un vainqueur mais nous allons nous hasarder à un pronostic. Le Mordor arrive avec un gros momentum et pourrait bien récupérer l’avantage du terrain dès le match 1, profitant de la fatigue des Hommes suite à la finale de conférence contre l’Isengard. Malgré cela, les Hommes ont du répondant et nous les voyons bien réagir à la Porte Noire pour reprendre les commandes de la série. S’en suivra une bataille de tranchées au cours de laquelle aucune des deux équipes ne voudra lâcher. Des sommets d’intensité, de coaching et de talent devraient être atteints et dans cette orgie de basket, le Roi des Morts pourrait bien apporter ce supplément de clutchitude et faire basculer la finale en faveur des Hommes dans le money time du Game 7.

Royaumes des Hommes 4 – 3 Mordor