A quelques heures du début des hostilités, il convient de se pencher sur cet affrontement. Et si on doit faire un bilan de cette saison, on doit bien avouer qu’on n’imaginait pas que cette série ait lieu au premier tour. Et surtout pas avec ce rapport de force.

L’été dernier, on ne pas se mentir, on imaginait difficilement le Jazz accrocher les playoffs. L’exploit était possible, mais après avoir vu Gordon Hayward et George Hill, meilleurs scoreurs de l’équipe s’envoler, la franchise mormonne ne semblait pas avoir les armes pour jouer les premiers rôles. Que nenni, entre un rookie absolument renversant, un changement de style de jeu opéré d’une main de maître, et une alchimie magnifique, voilà que le Jazz arrache, s’il-vous-plaît, une cinquième place (et aurait pu espérer la 3eme).

En face, se trouve le Thunder. Et que dire, qu’est-ce qu’on a vibré l’été dernier en voyant Sam Presti assembler cet effectif ! Un 5 avec Wesbrook, Roberson, George, Anthony, Adams. Ok, le banc était craignos, mais les possibilités de ce seul 5 de départ nous faisait saliver. Sans trop ciller, on peut dire qu’on a été déçu de ce qu’a proposer ce Thunder. Malgré une défense de plomb, qui a malheureusement pris l’eau suite à la terrible blessure de Roberson, l’équipe n’a pas convaincu offensivement sur l’ensemble de l’exercice. Malgré de belles performances face aux têtes d’affiches, on en attendait plus. C’est maintenant ou jamais pour OKC.

Le bilan des saisons

Le Jazz a connu des hauts et des bas. Accrocheurs en début de saison, ils n’étaient pas pour autant récompensés pour leurs efforts. L’émergence de Donovan Mitchell, surprise du chef, permettait néanmoins au Jazz d’afficher une attaque très surprenante (15eme offensive rating), tout en maintenant des standards défensifs de haut vol (2eme defensive rating). Néanmoins, la perte répétée de Rudy Gobert a bien failli coûter très cher à l’Utah, qui a connu une chute vertigineuse après des débuts encourageants. Sauf que cette équipe avait des ressources, entre la bonne saison de Ricky Rubio, un beau jeu collectif, et un retour en fanfare du pivot français, plus que jamais en lice pour le titre de DPOY. Porté par le retour en forme progressif du joueur, la franchise a peu à peu grignoter des places au classement, pour finir en tête d’affiche. Qui l’aurait cru ? A noter le renfort très bien vu de Jae Crowder à la mi-saison. En difficulté à Cleveland, il a rejoint le Jazz et créé une lineup formidable avec Rubio, Mitchell, Ingles et Gobert (+27,4 net rating !), tout en apportant une touche de spacing supplémentaire en attaque.

Place à leurs adversaires.

Le Thunder est une forme de déception cette saison. Toujours pauvre, le jeu offensif du Thunder repose essentiellement sur le talent de ces starters. Le pick&roll entre Westbrook et Adams est toujours destructeur pour l’adversaire, et l’équipe bénéficie de la menace que représente son Big Four. Ils sont 10eme offensive rating, mais des doutes subsistent quand l’intensité va augmenter, et qu’ils ne pourront pas utiliser sur un apport bien fameux du banc. En défense, l’absence de Roberson s’est ressenti, et si OKC reste 10eme au defensive rating, on sent que l’absence de l’arme qu’il représentait a détérioré l’intensité. Tout en réduisant un peu plus la profondeur de banc. L’arrivée de Corey Brewer est un petit réconfort (si sa blessure n’est pas trop gênante), mais on ne cache pas qu’on attendait mieux. Néanmoins, cet effectif apparaît comme construit pour tenter un run en playoffs. Grâce à ses talents offensifs individuels, resserrer les défenses sera compliqué, et l’heure de vérité est arrivée.

Les match-up clés

Paul George vs Donovan Mitchell :

Véritable bête offensive malgré son statut de rookie, le joueur n’a pas paru perturbé à l’idée de prendre le lead offensif d’une équipe en course pour les playoffs. S’il n’a décidément pas froid aux yeux, il risque de recevoir un baptême du feu un peu spécial pour sa première série de post-saison. Souvent transcendé par cette période, Paul George pourrait bien décider de se coltiner Mitchell. S’il réussit, alors l’attaque du Jazz devra trouver de nouvelles ressources pour surprendre offensivement. De cet affrontement potentiel pourrait dépendre de nombreuses fins de matchs.

Steven Adams vs Rudy Gobert :

Malgré les arrivées en trombe de George et Melo, Adams est souvent apparu comme le meilleur lieutenant de Russell Westbrook. Néanmoins, face à lui se trouve une des présences défensives les plus physiques de la NBA. Cet affrontement risque d’être extrêmement brupt, et si un des deux joueurs en sortait triomphant, cela pourrait faire basculer la série. Néanmoins, les voir se rendre les coups est le plus probable.

Carmelo Anthony vs lui-même :

Carmelo Anthony n’a pas réalisé de pointes au scoring mirifiques cette saison. A vrai dire, alors qu’il n’est plus que la 3ème, voire 4ème option offensive, il n’a pas réussi à profiter du surplus d’espace pour prendre des matchs à son compte sur un sursaut d’adresse. Pas une fois cette saison, Melo n’a atteint la barre des 30pts. A ce niveau-là, difficile de considérer que les défenses adverses sont la cause de cette gabegie offensive. Lui qui n’a pas joué de playoffs depuis 4 ans, a l’occasion de monter en pression et jouer le rôle de facteur X.

A quoi s’attendre ?

Il faut s’attendre à voir le Jazz chercher à emballer les matchs. Drôle à lire lorsqu’on se souvient de cette équipe ces dernières saisons, mais s’ils entrent dans une guerre de tranchée, ils risquent de manquer de talent offensif face à une équipe qui peut sûrement monter en pression défensive… et possède beaucoup trop de talent en isolation. L’enjeu pour eux sera de mettre un maximum de paniers faciles et de conserver une bonne circulation de balle. Si elle arrive à jouer avec rythme sans se faire perforer par les transitions de Westbrook – et mieux, à le limiter – alors elle se mettra dans de bonnes conditions pour l’emporter.

La tâche est loin d’être simple, puisque grâce aux rebonds défensifs que prend Russell Wesbrook, le Thunder est une équipe intenable en transition. Sans évoquer le fait que le Jazz malgré sa nécessité, selon moi, de jouer plus vite, à une PACE inférieure à celui de son adversaire.

Le Thunder lui doit se mettre au niveau défensivement, surtout face à la forteresse du Jazz. Mais la vraie puissance de ce Thunder, selon moi, c’est simplement le fait de se lâcher sur les minutes de jeu de son 5. Avec une rotation réduite et des gros temps de jeu pour leur grosse lineup, nous pourrions toucher au plein potentiel de cette équipe. On devrait avoir une série, si pas magnifique en termes de jeu proposé, qui sera en revanche très âpre dans le combat.

Un autre point d’ailleurs pour le Jazz, sera de prendre soin du ballon. Avec un Westbrook qui prend beaucoup de risques pour l’interception, et des défenseurs très intelligents, le Thunder est l’équipe en NBA qui vole le plus de ballons – et met le plus de paniers sur ces ballons usurpés. Dans une série qui s’annonce très intense physiquement, continuer à prendre soin de ses possessions est un véritable challenge,  surtout dans les fins de matchs.

Calendrier 

Game 1 : Lundi 16 Avril à 00h30 @ OKC

Game 2 : Jeudi 19 Avril à 2h @ OKC

Game 3 : Dimanche 22 Avril à 4h @ Utah

Game 4 : Mardi 24 Avril à 4h30 @ Utah

Game 5 (si nécessaire) : Mercredi 25 Avril @ OKC

Game 6 (si nécessaire) : Vendredi 27 Avril @ Utah

Game 7 (si nécessaire) : Dimanche 29 Avril @ OKC

Pronostic

Thunder 4 – Jazz 2

La plupart des matchs devraient être très disputés. La série peut clairement basculer des 2 côtés, sur un pépin physique, sur une équipe qui passe à côté de sa rencontre, sur quelques mauvaises décisions en fin de rencontre. Malgré un rookie comme pièce centrale, l’équipe a des ressources et pourra compter sur des joueurs intelligents, très certainement mieux coachés que leur adversaire. Néanmoins, on veut encore croire que cette équipe du Thunder peut montrer son vrai niveau de concentration et d’implication maintenant qu’ils sont en playoffs. Le Jazz peut écraser énormément d’équipes physiquement, mais ils ont probablement un des groupes les plus impressionnants de la grande Ligue en terme de qualités athlétiques en face. Si Quin Snyder peut faire du mal à OKC, on peut aussi imaginer que Paul George va être très, trop, dur à contenir pour le Jazz.

Bref 4-2 en faveur du Thunder, mais clairement une des séries les plus indécises de ce premier tour.