Le premier tour s’est achevé il y a déjà quelques jours pour les Warriors et les Pelicans. Passées toutes les deux sans grande difficulté à la deuxième étape de la postseason, les deux franchises s’apprêtent à se livrer un beau duel au meilleur des 7 matchs. Focus sur la série qui va avoir l’honneur de donner le coup d’envoi des demi-finales de conférences !

Le bilan après le premier tour

Pour les Warriors, le tour précédent a été sans encombre. Une victoire 4-1 face aux Spurs, qui a été maîtrisée de bout en bout. Seul le game 4 a échappé aux hommes de Steve Kerr devant un sursaut d’orgueil des Spurs, mais pour le reste c’est un sans-faute. Toute la défense californienne est montée en intensité comparativement à la saison régulière, notamment avec l’aide de Draymond Green qui termine la série en double-double et avec une énorme présence au rebond. Côté attaque, en l’absence de Stephen Curry, Klay Thompson et Kevin Durant ont porté l’équipe comme attendu. D’ailleurs, si certains avaient des doutes sur l’arrière des Dubs, Klay les a fait taire tranquillement avec 22.6pts de moyenne mais surtout avec des pourcentages phénoménaux : 52% aux tirs, 51% à 3pts et 100% aux lancers-francs. Quand à côté KD tourne en 28-8-6, ça facilite forcément les choses aussi.

Pour les Pelicans, que dire. Héritant des 3ème de conférence, les Blazers, nul ne doutait qu’une équipe qui avait Anthony Davis dans son roster allait avoir des arguments à proposer. Sauf que les copains d’AD ont tout bonnement sweepé ceux de Lillard, en bonne et due forme et sans qu’aucune contestation ne soit possible. Avec un AD chaud bouillant, qui a envoyé 33pts à 57% aux tirs, 11.8 rebonds et 1.8 steal et 2.8 contres par match, New Orleans a été létal sur ce premier tour. Plus que Davis seul, les Pelicans ont dégagé une vraie âme d’équipe sur ce premier tour : Holiday (27-4-6 sur la série) et Rondo (11-7-13, le retour de Playoffs Rondo) en plus d’être excellents offensivement, ont complètement éteint le backcourt adverse. Mirotic a profité des largeurs de la défense adverse, et tous les role players ont appliqué le plan de jeu de leur coach Gentry à la lettre. Avec ça, c’est logiquement que tout New Orleans s’est embrasé.

Les match-up clés

Stephen Curry vs l’infirmerie :

Pas de premier tour pour le chef d’orchestre de l’attaque des Dubs, comme prévu par son coach à la fin de la saison régulière. Curry a repris les entraînements depuis quelques temps déjà, et l’annonce de son retour n’est plus qu’une question de jours, voire d’heures. Steve Kerr l’a annoncé comme incertain pour le game 1, confirmant toutefois que Curry avait bien réagi aux entraînements de jeudi dernier. S’il continue comme ça et que les entraînements se passent sans aucun pépin et aucune alerte, Stephen Curry pourrait être de retour dès le game 1. Avec les pitbulls défensifs que sont Jrue Holiday et Rajon Rondo, ce qui est sûr, c’est qu’il vaut mieux pour lui qu’il revienne à 100% de ses moyens physiques. Si tel est le cas, ça ne sera pas la même bête que les Pelicans devront affronter…

Kevin Durant vs Anthony Davis :

Comme attendu, sur ce premier tour, les deux joueurs ont rempli les feuilles de stats de chiffres beaucoup trop important pour le commun des mortels. Autre point commun ? Ils sont tous les deux des problèmes sans solution pour l’équipe adverse sur ce deuxième tour.

D’un côté, Golden State n’a pas les armes pour arrêter Anthony Davis – et commencez pas à me sortir Zaza Pachulia, on parle de basket là. Bon, à vrai dire, personne en NBA n’a les armes pour arrêter le monosourcil. Les Warriors ont une très, très, très bonne défense collective, mais aucun de leur joueur ne peut s’opposer frontalement à AD pour le limiter autant qu’il faudrait. Il est trop grand pour Draymond Green, trop puissant pour Kevin Durant et trop fort pour tous les autres. Sur les 2 matchs qu’il a disputé cette année face à eux, il tourne en 32-13. Il faudra sûrement s’attendre à la même chose sur la série.

De l’autre, les Pelicans n’ont pas non plus les armes pour stopper KD. Là aussi, le constat est le même : personne ne peut vraiment l’arrêter. Pas pour rien que le monsieur est fréquemment citer quand on demande en NBA qui est le joueur le plus dur à défendre. KD est long, mobile, peut tirer sur la tête de n’importe qui, excellent en drive, mais également de loin. Bref, une équation à lui seul. Sur les lignes extérieures, les Pelicans sont bien fournis en bons défenseurs… Sauf sur le poste 3. S’il a un Mirotic sur lui, il va en faire de la poudre à canon. Et ça vaut aussi pour Moore, Hill, et toute la compagnie.

Backcourt vs backcourt :

Dans l’hypothèse d’un Curry présent dès le game 1, ou même seulement au game 2, on a hâte de voir l’affrontement des deux backcourts.

D’un côté, Rajon Rondo et Jrue Holiday ont été énormes durant le premier tour, surtout le second nommé, et ce autant en attaque qu’en défense. Éteindre le duo Lillard-McCollum d’un côté, tout en parvenant à organiser l’attaque d’une main de maître pour l’un et de planter 27.8 pts de moyenne à plus de 56% aux tirs pour l’autre, c’est forcément quelque chose de fort. Les deux lieutenants d’Anthony Davis ont retrouvé un vrai niveau. Holiday est de retour au niveau all-star qu’il a connu, et si New Orleans veut tenter quelque chose sur ce deuxième tour, il faudra qu’il continue de la sorte. Le backcourt des Pelicans sera surtout attendu défensivement après sa prestation contre les Blazers. Une chance pour eux : les deux sont plutôt du genre débrouillards dans le domaine. Mais attention, cette fois, le backcourt à affronter n’est pas vraiment du même acabit…

Côté Warriors, Klay Thompson pourrait hériter après son premier tour du même adjectif que ses homologues précités : énorme. D’une précision chirurgicale aux shoots, Killa Klay va très bien. Les Spurs auront pourtant tout tenté pour enrayer la machine : trappes, Patty Mills en sangsue, Danny Green, … Mais le sniper d’Oakland était en feu sur ce premier tour, et toujours avec cette même impression de ne rien forcer. Faisant plus qu’épauler Kevin Durant, il sera une nouvelle fois un élément-clé pour les Warriors face aux Pelicans, peut être plus du côté défensif cette fois, pour stopper Jrue Holiday. Reste à savoir qui il aura à ses côtés sur le backcourt : Iggy, ou Curry de retour ? S’il est associé à son Splash Brother… Les dégâts peuvent être colossaux. Stephen Curry, ce n’est un secret pour personne, est le dépositaire du jeu offensif des Warriors. On peut être épaté du jeu des Dubs par séquence et de l’impact de KD, mais le vrai patron à Golden State porte le numéro 30. Avec lui, le duo Rondo-Holiday voit un gros, gros problème s’ajouter à l’équation. S’il est bien à 100% de ses moyens, attention, car quand un Chef revient en cuisine, c’est souvent pour taper du poing sur la table.

A quoi s’attendre ?

Défensivement, après avoir dévoilé un plan parfait contre Portland, que va nous réserver Alvin Gentry ? Il ne faut pas se leurrer : s’il compte appliquer la même chose pour les Warriors, on ne donne pas cher de la peau de ses joueurs, surtout avec un Curry de retour au premier plan. Trapper sans cesse celui qui porte la balle dans le camp d’attaque, et tout miser ensuite sur la concentration de joueurs à s’appliquer dans les aides et pré-rotation, ça passait contre les Blazers, mais contre les Warriors, leur jeu en mouvement, leurs coupes incessantes, … No way. Il va falloir ajuster le plan défensif général, autrement les Pelicans vont prendre l’eau. Autre question pour les Pels défensivement : que faire sur Kevin Durant ?  Ils ont potentiellement les armes pour gêner Curry et Thompson, mais KD … Est-ce qu’il faut à tout prix mettre un plan anti-KD pour le stopper ou c’est peine perdue ? Qu’on soit clair : ils n’arriveront pas à le stopper. Mais rien n’empêche de le limiter, ou de le bouger de sa zone de confort (ça marche toujours avec KD, c’est dingue). Alors, que faire pour gêner l’ailier ? Lui coller Jrue, bien trop petit pour lui ? Jouer les trappes suicidaires ? Coller Mirotic et jouer sur les aides ? Autre problème, quelle défense proposer à Curry s’il s’avère de retour ? Même si Holiday a fait déjouer Damian Lillard au tour précédent, on parle là d’un garçon qui a déjà montré qu’il avait un sacré QI offensif (oups, pardon Dame, elle était gratuite celle-là) et qui s’est tapé les pires défenses sur lui depuis un bail, surtout en playoffs. Si on le trappe, il n’hésitera pas à lâcher la gonfle : et dans le corner, ça ne sera pas Evan Turner, mais Klay Thompson. Gentry va devoir bosser son dossier comme il faut…

Offensivement, Jrue et AD ont été les piliers pour le premier tour. Mais encore une fois, entre la défense des Blazers observée sur le premier tour et celle des Warriors, il y a un écart assez conséquent. Il faudra déjà que Gentry et son staff observent comment les Dubs vont s’ajuster sur Davis. Si Kerr décide de trapper AD, comme ça a été le cas sur Lamarcus Aldridge au premier tour, il faudra que les role players des Pelicans soient d’attaque. Avec sa vision de jeu et ses mains, AD peut trouver les décalages pour les shooteurs. Dans le domaine, Mirotic devra saisir sa chance, de même qu’Holiday ou Darius Miller. Au game 4, quand les Spurs ont mis leurs tirs extérieurs, les Warriors sont tombés : CQFD pour les Pelicans s’ils veulent exister.

Le problème qu’ont les Pelicans avec KD se pose également pour les Warriors avec AD. Décalé au poste de pivot, AD fait des ravages et ce n’est pas la défense des Dubs, au demeurant très bonne, qui arrivera à le faire passer pour tonton Marcel. Au premier tour contre les Spurs et Aldridge, Kerr avait décidé de trapper autant que possible LMA lorsqu’il se retrouvait en isolation au post-up, ce qui obligeait ce dernier à trouver des tirs compliqués ou à lâcher la balle. S’ils veulent limiter l’impact d’AD, il est fort possible que les Warriors tiennent le même plan de jeu. Avec des mains actives et des rotations efficaces, le jeu peut en valoir la chandelle, car les Pelicans ne sont pas l’équipe la plus menaçante à 3pts. Problème toutefois : Anthony Davis est bien plus mobile que ne l’est Aldridge. Alors qu’Aldridge est dans sa zone préférentielle au poste bas, ce qui est plus facile pour amener les prises à deux en défense, AD lui est à l’aise… à peu près partout sur un terrain de basket. Et également dans les airs. La relation qu’il entretient avec les deux joueurs de son backcourt va être l’autre axe central de la défense des hommes de Steve Kerr : s’ils parviennent à gêner cette relation, qui construit l’essentiel de l’attaque des Pelicans, c’est tout bénéf’ pour eux. Sur le premier tour, la titularisation d’Iggy permettait au backcourt constitué avec Thompson d’être ultra-défensif. Avec le retour de Curry qui se profile, on peut sans doute penser que c’est à Klay Thompson que reviendra la charge de s’occuper du cas Holiday et de gêner au maximum cette relation, quand Curry s’occupera plutôt de Rondo. Mais qui sait ce que nous réserve Steve Kerr…

Offensivement pour les Warriors, l’arme principale qui vient en tête se nomme Kevin Durant. Comme dit précédemment, aucun joueur d’en face ne peut le stopper. Toutefois, ce serait étonnant de voir Durant enchaîner les isolations. Pour se défaire du marquage collant d’Holiday ou Rondo, nul doute que le jeu tout en mouvement, en écrans et en coupes des Warriors sera mis à contribution. Si les Pelicans jouent le jeu des trappes, il va falloir que Golden State se gave de jeu sans ballon. Nul doute qu’avec des joueurs comme Klay Thompson et Stephen Curry dans le roster, les lectures vont se faire très rapidement pour sanctionner New Orleans, et on peut assister à un déroulage en règle. Autre donnée à prendre en compte… Stephen Curry, évidemment. Si le dépositaire de l’attaque des Warriors fait son retour à 100% dès le game 1 ou en cours de série, Kerr et son staff auront beaucoup moins de travail à faire en salle de scouting. Pourquoi ? Matez moi les replays des matchs des Warriors depuis quelques années, vous comprendrez. Fixation, création, menace en drive, à 6, 9, 12 mètres, c’est un poison permanent. En chef d’orchestre du tempo offensif, Curry est une pointure. Point bonus : tout en étant à la traîne tout au long du match 4 face aux Spurs, Golden State n’a jamais été décroché au score pour la simple et bonne raison que leur jeu en transition est inarrêtable. Quand ils appuient sur l’accélérateur, le run peut faire très mal. S’ils ne veulent pas être embêter par les défenseurs acharnés que peuvent être Holiday et Rondo sur demi-terrain, les joueurs de Kerr ont tout intérêt à pousser la balle le plus vite possible vers l’avant et à déployer leur force offensive en transition.

Pronostic

Warriors 4 – Pelicans 2

Il est fort probable que mon pronostic soit biaisé par l’impression laissée par la bande d’Anthony Davis au cours du premier tour. Les Pelicans ont les armes pour donner du fil à retordre à Golden State.

Déjà, on va avoir droit à un AD monumental, qui va se pointer avec une envie de tout déchirer monstrueuse. Déjà monstrueux toute la saison durant, il a encore hausser son niveau au premier tour. Nul doute qu’en chef de meute de son équipe, AD va vouloir montrer l’exemple et confirmer qu’il est un top 5 NBA indiscutable. On peut clairement avoir une série de sa part du même acabit que contre Portland, en 33-14, les doigts dans le nez. Rien qu’avec ça, les Pelicans peuvent en prendre un, surtout à la maison. Autre élément en faveur de New Orleans : les Warriors sont favoris (il m’a fallu beaucoup de lectures pour arriver à cette conclusion, je vous remercie de soulever la pertinence de l’analyse). Plus sérieusement, les Warriors vont devoir se méfier, car les Pelicans adorent le rôle d’underdog dans lequel ils sont depuis la mi-saison. C’est avec cette étiquette qu’ils ont réussi à se qualifier en playoffs, après la dure perte de DMC. C’est encore avec elle qu’ils ont réussi à sweeper le 3ème de la conférence Ouest avec une marge considérable à chaque match. Après une saison qui a vu un groupe naître et se renforcer dans la difficulté des épreuves, Holiday, Rondo, Davis, Mirotic et compagnie préfèrent désormais agir dans l’ombre, sous les radars, et ne sont jamais aussi bons que quand on les envoie au placard trop vite. Ils n’ont rien à perdre dans la bataille. Face à des Warriors qui peuvent parfois paraître suffisants, ils ne se priveront pas de tenter leur chance.

Mais plusieurs éléments plaident tout de même en faveur de Golden State. Déjà, si AD sera sans doute impeccable, on peut imaginer qu’Holiday aura beaucoup de mal refaire la même série offensivement que contre les Blazers. La défense que va lui proposer les Warriors sera toute autre, et il n’aura pas autant d’espaces cette fois-ci pour naviguer comme il le souhaite. On fait largement confiance au joueur observé les 15 derniers jours pour avoir l’intensité nécessaire en défense, mais offensivement il devrait toutefois baisser de régime. Il y a également le fait que les Warriors restent les Warriors… Il y a trop de talents et d’expérience des deux côtés du terrain. Après 82 matchs passés à attendre les playoffs, ils ne vont pas se laisser écraser par les Pelicans comme ça. Klay Thompson est capable de continuer sur des standards absolument dingues en termes de shoot, et même sans ça, il reste un poison pour les défenses et pour les attaquants adverses. Draymond Green était lui aussi très en cannes au premier tour, dans un rôle d’homme de l’ombre qui lui va parfaitement. KD fera ses stats et continuera de tutoyer les 25pts de moyenne avec facilité. Rajouter à ça le retour de Curry, et l’équation devient vite beaucoup trop complexe pour les Pelicans, comme pour le reste de la Ligue. Si Golden State arrive avec un roster à 100% de ses moyens, des joueurs concentrés du début à la fin des matchs sans période de suffisance, les Pelicans seront priver d’espoir, tout simplement.

On peut clairement avoir une série avec des matchs assez serrés à chaque fois, mais en termes de talents individuels, de jeu collectif, d’expérience et de basket pur et dur, les Warriors restent devant, et semblent bel et bien partis pour une énième Finale de conférence.

Allez, bonne série à tous et à toutes !

Calendrier :

Dimanche 29/04, @Golden State, 4h30