Et ils ne furent plus que 4. Boston, Cleveland, Golden state, Houston.

Offensivement les équipes se ressemblent peu, les Warriors sont sur un mix d’isolation pour Kevin Durant, et du jeu en mouvement fait d’écran pour ses shooteurs. Les Cavs ont leur fameux système aussi célèbre que le jeu en triangle, le LEBRON JAMES. Les Rockets profitent des switch pour créer des décalages avec Harden ou Paul, et allume en moins de 7 secondes à 3 points dés qu’ils en ont la possibilité. Les Celtics multiplient les écrans au porteur, et profite de back door, ou du retard créé pour chercher les drives.
Défensivement cependant, même si il y a évidemment des différences de qualité en fonction des effectifs, tous ont cédé à la mode imposé par les Warriors, meilleure défense nba, depuis 3,4 ans dés que les finales NBA approchent. LE SWITCH.

Je ne vais pas vous apprendre grand chose, le switch c’est simplement lorsque vous changez de joueur en défense avec l’un de vos coéquipiers généralement sur une pose d’écran adverse.

Mon point est le suivant : les Warriors pratiquent le switch permanent parce que leur effectif est quasiment parfaitement adapté à cette défense, mais eux même sont conscient des limites de cette défense, en fonction des physiques et des profils défensifs.

On en parle depuis le début de l’année, les Dubs et leur 5 de la mort : Curry-Thompson-Durant-Iggy-Green. Peu importe le 5, Golden state est capable d’avoir un niveau offensif hallucinant. Je pense même que le 5 avec Green et McGee, est peut être supérieur en attaque au cinq précédemment cité. C’est en défense, que le cauchemars pointe pour les équipes adverses. Ça switche de partout sans que le bas blesse. Je sais qu’un joueur dans ce cinq est peut être plus faible dans ce domaine que les autres, et j’y reviendrais plus tard pour expliquer la différence d’attitude dans ce cas entre les Warriors en défense et d’autres.

Cette réflexion me vient après le match 4 de la série Celtics-Cavs. On a vu pour moi, tout ce qu’il ne faut pas faire avec le switch, et bizarrement par Brad Stevens, excellent dans son coaching depuis le début de l’année.

Défensivement donc les Celtics avaient choisi de changer, sur tout et n’importe quoi. Souvent à peine sur une amorce de pick, les celtes switchaient. James ne s’est donc pas fait prier pour demander systématiquement un pick avec le joueur défendu par Terry Rozier. Et on se retrouvait donc avec un match up physiquement à l’avantage de James, qui jouait son iso tranquillement en poussant le petit Terry jusqu’à l’arceau. La réponse apporté était parfois de tenter de changer avec Horford ou Baynes quand LeBron se mettait à jouer poste bas, mais le décalage créé était bien souvent trop grand, ce qui permettait au King de trouver facilement ses shooteurs. Sur ce genre de défense, les Celtics ont encaissé un nombre de points faciles incalculables sans jamais s’ajuster.

C’est pour moi la première grosse différence avec les Warriors. Kerr a compris que Curry allait être ciblé, sa réponse est simple, alterner. Souvent, Curry ICE sur les pick. C’est à dire que lorsque le joueur qu’il garde porte le pick, il monte sur le porteur de balle, le contacte pour lui fermer le drive et essaye d’aller récupérer son joueur qui a porté le pick ensuite. Parfois les Warriors essayent d’empêcher le switch et le joueur défendant le porteur (souvent Harden) tente de surpasser le pick, la réponse de l’attaque est souvent simple, recommencer à poser les pick pour obtenir le switch voulu. Mais rien que cet effort, permet à la défense de gagner une dizaine de secondes sur la possession, ce qui n’est pas négligeable. Les rotations sur le switch, ou lorsque Curry perd le porteur d’écran sur l’ICE, sont ensuite vraiment très bonnes, l’aide vient de l’opposé du porteur évidemment, et Curry a immédiatement ce réflexe de sprinter vers l’opposé pour récupérer le joueur du coéquipier qui a fourni l’aide défensive. C’est un réflexe qu’ont tout les Warriors, et on assiste parfois à une cascade d’aides défensives parfaitement exécutées. Bien sur ils encaissent parfois des paniers faciles. C’est ainsi qu’on voit la difficulté de fournir une défense pareil.
C’est la polyvalence en NBA qui rend très difficile les rotations défensives. Désormais du meneur à l’intérieur tout le monde peut shooter, ce qui écarte considérablement le jeu, ainsi il est difficile désormais de passer sous l’écran puisque personne n’hésitera à sanctionner de loin. Le switch est une réponse à cette polyvalence offensive. En fait, si on réfléchit bien c’est une réponse à une polyvalence offensive par une polyvalence défensive. Les écarts physique entre les joueurs NBA se réduisent beaucoup, ce qui fait que désormais un 1 peut souvent défendre sur un 5. On peut prendre l’exemple de Kevin Love par exemple qui peut être bien défendu par smart au poste 1. Love pour s’adapter à cette nouvelle NBA, a du perdre une quinzaine de kilos ce qui rend son avantage au poste bas plus réduit, Smart lui aurait surement joué 2, si ce n’est 3 vu son poids. Ce qui rend ce match up 1-5 absolument pas ridicule défensivement, que ça soit d’un coté ou de l’autre. L’avantage existe bien sûr, mais il n’est pas aussi important que si Damon Stoudamire switchait sur O’neal en 2000.

Cependant, je reste persuadé que ce n’est pas l’unique solution comme Golden State le prouve. Les Spurs l’ont démontré en particulier sur la saison 2016/2017, en devenant une des meilleures défenses NBA en pratiquant beaucoup moins le switch. Le défenseur subissant l’écran, essayait de passer au dessus, et de récupérer son joueur le plus rapidement possible, l’autre défenseur impliqué fournissait une aide à distance, qui ouvrait le tir mi distance. Il y a deux composantes qui explique que cela ait pu marcher pour San Antonio, de bons défenseurs extérieurs, et intelligents, Leonard, Ginobili, Mills… mais surtout qui avaient la volonté de tout donner pour surpasser cet écran et aller récupérer leur joueur le plus vite possible. Cette volonté, faisait que le joueur ayant profité du pick se retrouvait souvent a prendre un tir mi distance certes légèrement ouvert, mais tout de même compliqué avec un défenseur juste derrière lui et souvent un intérieur en face lui interdisant l’accès au cercle, mains actives pour gêner ce tir.
La seconde composante est un constat simple dans la NBA actuelle. Les joueurs sont moins forts et moins habitués à prendre ce fameux tir mi distance, quasiment banni chez Mike D’Antoni par exemple. Utah pratiquaient cette défense, avec Rudy Gobert. Elle a été très efficace toute la saison. Je pense simplement que Houston était plus fort.
Je ne pense pas que le switch soit à bannir, bien au contraire. L’attaque dans la grande ligue est devenue un hybride, où les pivots crossent et shootent, et ou les meneurs jouent poste bas. La défense doit désormais suivre, en autorisant par exemple le switch sur certains joueurs, et en défendant le pick d’une autre manière pour d’autres, comme pour le cas Rozier/James. Encore une fois les Warriors sont encore en avance sur ce point. Mais comme tout le monde s’ajuste sur les principes des meilleurs, les autres devraient bientôt suivre. Il n’y a pas de solutions miracles, en attaque vous aurez toujours un avantage, il s’agit pour une défense de le limiter au maximum. Et dans ce cas je préfère largement donner un tir mi distance à James, que de le laisser enfoncer un petit poste bas. D’ailleurs je ne pense pas que ça soit une coïncidence, si la dernière défense à avoir réussit à légèrement contenir James est celle des Spurs.

Docteur Brad, à toi de nous montrer que tu es vraiment un des meilleurs coach NBA désormais et de trouver une solution à tout cela.

Article par « Michel Duncan »