C’est une véritable bombe qui a frappé le paysage NBA en début de semaine. Demarcus Cousins, considéré comme le meilleur pivot de la ligue, a en effet décidé d’offrir ses talents aux doubles champions en titre, décision qui a immédiatement provoqué l’émoi chez les plus grands spécialistes de ce sport :

Pourtant, si ce choix est vivement critiqué par les fans et une partie de la presse, on ne peut pas dire qu’il en soit de même au niveau des joueurs. Certains d’entre eux, inspirés par l’acte courageux de leur camarade et désireux de marcher dans les pas de Kevin Durant, le gourou, seraient même prêts à franchir le pas dès cet été et auraient contacté Bob Myers. Toujours premier sur les actualités brûlantes et bénéficiant de sources au plus près des vestiaires de la grande ligue, QiBasket vous propose un entretien exclusif avec l’un de ces joueurs prêts à tout pour une bague. Afin de le préserver de la violence des réseaux sociaux, nous ne dévoilerons pas son identité.


Bonjour, et merci de nous recevoir dans votre villa. Première question, quel est votre ressenti sur la saison écoulée ?

Bonjour. À titre personnel, cette saison est une réelle satisfaction pour moi. J’ai été sélectionné au All-Star Game pour la première fois de ma carrière et j’ai été épargné par les blessures tout au long des 82 matchs. J’ai plusieurs coéquipiers qui ont également bien progressé et cela nous a permis de participer aux playoffs. Malheureusement, notre aventure s’est arrêtée au premier tour. Mais nous avons achevé la saison avec un vrai sentiment de réussite.

C’est légitime, d’autant que peu d’observateurs vous voyaient aussi performants au début de la saison. Pourtant, alors que vous entrez dans vos meilleures années, vous semblez croire que l’herbe est plus verte en Californie. Pouvez-vous expliquer cela ?

Nous pouvions réaliser de belles choses ici. Mais ce qui compte, quand on est un compétiteur comme moi, ce sont les titres. Tous les joueurs qui ont marqué l’histoire de ce sport ont remporté des titres, c’est vraiment la condition indispensable pour avoir une legacy (sic) respectable. Et en tant que compétiteur, mon devoir est de maximiser mes chances d’obtenir une bague, quitte à mettre les sentiments de côté. Partant de là, Golden State est apparu comme une évidence.

Ne craignez-vous pas d’avoir un temps de jeu limité ? L’effectif est déjà pléthorique…

Je pense pouvoir faire mes preuves. Pas de là à entrer dans le cinq majeur, évidemment, mais jouer 5 min quand les gars mèneront de 80 points est tout à fait envisageable. Même sans jouer beaucoup, j’estime pouvoir apporter des choses positives au collectif. Vous savez, dans une équipe de basket classique, les chauffeurs de banc sautent de joie sur les dunks, secouent les serviettes et tapent dans la main des titulaires lors des temps morts. Alors que chez les Warriors, les chauffeurs de banc sautent de joie sur les dunks, secouent les serviettes et tapent dans la main des titulaires lors des temps morts mais ce n’est pas pareil car c’est une vraie bande de copains. Quand Draymond m’a téléphoné pendant que je jouais à Candy Crush sur mes toilettes pour me parler du projet, j’ai tout de suite senti cet esprit de camaraderie qui fait la beauté de cette équipe. Il n’a pas eu besoin d’argumenter beaucoup pour me convaincre ! (le joueur nous montre alors, les larmes aux yeux, un selfie réalisé avec Draymond Green lors de la rencontre des deux équipes cette saison)

Tout de même, le sentiment que vous aurez lors de la montée sur le podium au mois de juin risque d’être particulier.

Il n’existe pas de plus grande joie dans notre sport que le gain d’un titre. Dans l’ivresse du champagne et du bonheur, je n’aurai aucune place pour les regrets ou les arrière-pensées. Je serai champion NBA et je pourrai l’afficher sur Twitter et Instagram en remerciant Dieu et mes coéquipiers, ce qui représente ce pour quoi je me bats au quotidien. Les gens se souviendront de moi comme un vainqueur, et j’aurai ma place au firmament de la NBA.

Ne croyez-vous pas que la manière de gagner soit aussi importante que la victoire elle-même ? Ne préféreriez-vous pas que l’on se souvienne de vous comme le patron d’une équipe, quitte à ne pas gagner, plutôt que d’être la quinzième roue du carrosse d’une dynastie, si vous me permettez l’expression ?

Non. Entre nous, qui se souvient des joueurs qui ne gagnent pas de bague ? Comme l’a si bien expliqué Shaquille O’Neal sur TNT, quand on n’a pas de titre on ne vaut pas mieux qu’un joueur d’université. La victoire finale est ce qui compte le plus. Peu importe les statistiques, peu importe le contexte, un champion est un champion. Votre John Clapton ou je sais pas comment il s’appelle, tout le monde s’en fiche. Alors que Quinn Cook a gagné 50 000 followers depuis le sacre. CQFD.

Au risque d’aller sur un terrain glissant, comment cela va se passer financièrement ? Les Warriors paient déjà la luxury tax et n’ont pas grand chose à vous offrir…

C’est un sujet que j’ai abordé avec Bob Myers. Nous avons consulté le CBA et nous avons vu que l’on pouvait utiliser la slave level exception. Je ne vais pas entrer dans les détails mais en gros je réalise des tâches utiles comme amener les enfants des gars à l’école, passer la serpillère ou laver les chasubles de tout le monde après l’entraînement. Et si je fais tout ça bien, j’aurai le droit à ma bague en fin d’année. J’ai conscience que ce sera compliqué au début mais les petites tapes sur l’épaule, les chest bump et le sentiment d’appartenir à une vraie bande de copains sont bien plus valorisants qu’un salaire.

C’est donc officiel ? Vous rejoignez les Warriors ?

Je dois encore attendre les résultats de la visite médicale. Ils doivent vérifier que mon niveau de dignité est suffisamment bas pour appliquer la slave level exception, mais Bob m’a dit que c’était en bonne voie.

Merci pour ces précisions et ces réponses. Quelques mots pour conclure ?

Si ça ne tenait qu’à moi, on ne ferait qu’une seule équipe de copains et comme ça on serait tous champions comme des copains.