Voilà un sujet que la NBA semble souvent botter en touche. Oui, un jour le format stable que nous connaissons depuis maintenant longtemps évoluera. Comme tout service, la NBA devra étendre ses frontières pour accroître son business. Cela veut dire qu’un jour, il n’y aura peut être plus 30, mais 31, 32 franchises. Une rejoindra la conférence Est, l’autre la conférence Ouest. Si elles existent toujours.

Une expansion du nombre de franchises s’accompagnerait d’un évènement dont vous n’avez probablement jamais été témoins : l’expansion draft. Pour ceux qui découvriraient ce terme, comment définir cet évènement ? L’expansion draft est un évènement qui permet aux nouvelles franchises de faire leur marché chez leurs concurrents. C’est-à-dire que les 30 franchises actuelles vont libérer un certain nombre de joueurs avec qui elles sont sous contrat. Les nouvelles franchises pourront sélectionner ces joueurs pour construire leur effectif de départ. En théorie, les équipes peuvent protéger 8 joueurs.

Qu’est-ce que cela veut donc dire ? Hé bien, que cet évènement comme tout autre évènement représenterait un enjeu stratégique majeur pour l’ensemble de la NBA. Si on peut y voir aux premiers abords une forme de pillage des ressources actuelles, ne vous y détrompez pas, c’est une véritable opportunité pour les franchises impliquées. Y compris celles qui abandonnent des joueurs. Contrat dont se délester ? Joueur avec qui il y a mésentente ? Ou simple joueur qui peut partir sans moindre mal… ?

Côté équipe draftant, l’objectif est de construire une base correcte sans récupérer les contrats boulets d’autrui. Récupérer du talent avant de participer à la véritable draft, puis, dernière étape, tenter un coup sur le marché des agents libres. Néanmoins, l’objectif de cette série d’articles sera d’imaginer quels joueurs les franchises sacrifieraient. Quelles seraient leurs stratégies ?

Comment ça marche ?

Les anciennes franchises vont pouvoir protéger un certain nombre de joueurs (8, en principe, je le rappelle). Ce nombre est évidemment variable, c’est-à-dire qu’il va différer en fonction du nombre de joueurs sous contrat mais surtout du nombre de franchises qui seront impliquées dans l’expansion draft. Nous allons nous mettre dans une situation où cela se passerait à l’été 2019, soit la prochaine free agency. Et nous allons partir du principe que les équipes doivent libérer 3 joueurs si elles ont un effectif important, 2 si beaucoup de joueurs libérés.

Nous allons essayer de définir qui il serait le plus intelligent de laisser libre, sachant qu’un joueur non sélectionné le soir de l’expansion draft revient évidemment dans sa franchise.

L’expansion draft de la division Atlantique

Quelles sont les équipes de cette division ? Toronto Raptors, Boston Celtics, Philadelphia 76ers, New-York Knicks et Brooklyn Nets.

Toronto Raptors

Les Raptors aborderont l’été dans une situation délicate, et l’objectif sera sûrement de prolonger Kawhi Leonard ou de débuter leur reconstruction. L’idéal pour convaincre l’ex-Spur sera d’avoir du cap space et de jouer la compétitivité. Donc de ne pas abandonner de jeunes prometteurs et éventuellement laisser un contrat lourd libre.

Admettons que la franchise ait toujours ces objectifs, il faudra pour moi essayer de se délester d’au moins 1 des joueurs surpayés de l’effectif. Y ajouter un joueur qu’elle ne cherchera pas à développer. Pour moi, Kyle Lowry et Serge Ibaka doivent être proposés. Ce sont des joueurs qui peuvent contribuer, mais pour construire quelque chose de nouveau, se débarrasser de l’un des deux serait un atout considérable. Le meneur émargera à + de 33M de dollars l’an prochain pour sa dernière saison, tandis qu’Ibaka sera à 23M pour sa dernière année. Néanmoins, il faut prendre en compte le risque de repartir dans une ambiance délétère si aucun ou un des 2 n’est pas pris et qu’ils reviennent pour leur dernière année. Surtout après l’affaire DeRozan qui a déjà fait des vagues. Le risque en vaut-il la chandelle ? Je pense que oui.

  • Kyle Lowry : Parce que le meneur peut attirer une équipe qui souhaite séduire son public dès la première saison. D’autant que la franchise pourrait ensuite le prolonger pour beaucoup moins cher.
  • Serge Ibaka : Car il ne lui resterait au fond qu’un an et une franchise peut être tentée de construire une base et de se délester de ses 23M pour l’été suivant.
  • Malachi Richardson : S’il n’est pas trop utilisé cette année et que sa progression semble bloquée.

Boston Celtics

Voilà une équipe qui serait bien embêtée de devoir participer à une expansion draft. La raison est simple, l’équipe est formidablement bien gérée et ne possède ainsi pas de contrats boulets investis sur des joueurs moyens. Par ailleurs, Brad Stevens a la main sur un effectif où tout le monde semble avoir sa place et il faudrait donc faire des choix stratégiques.

En outre, des scénarios un peu plus polémique pourraient être envisagés. Par exemple, Gordon Hayward pourrait être diminué à son retour de blessure, ceci en étant payé 32M l’année. La situation avec Terry Rozier et Kyrie Irving pourrait poser des questions également. L’ex-Cav n’a donné aucune garantie sur sa prolongation aux Celtes, même si la franchise cherchera à le sécuriser à long terme. Dans le même temps, Rozier a montré qu’il pouvait demander un rôle plus important en NBA, or le laisser partir avant d’être sûr de conserver Kyrie apparaît délicat. Bref, c’est compliqué. Alors que faire ?

  • Brad Wanamaker : Le meneur sortira de sa première saison avec les Celtics. S’il ne sera certainement pas un mauvais élément, il peinera peut être à s’imposer en raison de la forte concurrence. Aussi, au moment de proposer un joueur, il apparaît comme une pièce sacrifiable.
  • Semi Ojeleye : L’intérieur a su se faire une place relative dans la rotation Celte. Mais s’il faut abandonner un joueur dont l’absence sera facilement remplaçable, il sera probablement élu par le front office.
  • Robert Williams : Le joueur à peine drafté apparaît comme un possible steal. Mais diverses rumeurs circulent à son égard, tant sur sa santé que son éthique de travail ou sa motivation pour le basketball. Pas forcément de quoi en faire un élément majeur pour l’avenir.

On part du principe que tout se passera bien et que Gordon Hayward ne se retrouverait pas sacrifier par Danny Ainge. Le scénario paraît trop improbable.

Philadelphie Sixers

Les Sixers ont terminé une longue reconstruction et sont maintenant en train de forcer leur chemin pour conquérir leur conférence. Une expansion draft qui les pousserait à lâcher des joueurs les mettrait dans une situation délicate, aussi, il ne faudrait pas s’attendre à voir des noms « connus » du circuit NBA s’ils participaient à une expansion l’année prochaine. Avec beaucoup de joueurs en fin de contrat, ils n’auraient par ailleurs pas besoin de laisser 3 joueurs libres, selon toute vraisemblance :

  • Landry Shamet : Le joueur devrait avoir peu de temps pour faire ses preuves. Il ferait sûrement office de fusible pour la franchise.
  • Furkan Korkmaz : Bien que prometteur, il n’est pas un joueur majeur et à moins que tout se passe de travers avec Zhaire Smith, Kormaz serait sûrement le deuxième joueur que la franchise puisse se permettre de lâcher.

A moins que les Sixers prêts à tout pour signer un top free agent tentent d’abandonner les cap holds de JJ Redick, Wilson Chandler et proposent Robert Covington en expansion draft – qui intéressant – serait sûrement sélectionné et libèrerait 11M supplémentaires. La perte serait tout de même lourde pour l’équipe.

New-York Knicks

Voilà une franchise qui verrait dans l’expansion une réelle opportunité. Elle a quelques intouchables : Kevin Knox, Frank Ntilikina et Kristaps Porzingis. Autour de ces joueurs, beaucoup de contrats lourds dont tous apparaissent comme vraiment dispensables voire certains particulièrement encombrants. Mais quelle stratégie aborder au moment de l’expansion ? Chercher à se débarrasser du contrat le plus gênant, qui apparaît impossible à transférer ? Ou d’autres joueurs qui moins inutiles occupent une place importante dans le cap ?

En effet, je ne suis pas sûr que proposer Joakim Noah soit la meilleure stratégie, alors que d’autres sont plus facilement évacuables. Personnellement, je tenterai de sortir d’autres joueurs :

  • Tim Hardaway Jr : L’arrière est certes un bon joueur mais son prix est clairement exorbitant pour son apport. Surpayé, il n’en reste pas moins que pour une franchise qui construit le prolonger moins cher à l’issue du contrat pourrait être intéressant. Ce qui ne serait pas l’optique des Knicks dans celle de prolonger Porzingis dès l’été prochain et lui proposer un entourage digne de ce nom.
  • Courtney Lee : Joueur solide, l’arrière vieillit et même si son contrat n’est pas une catastrophe, s’affranchir de ses 12M pourrait offrir un peu plus de flexibilité à New-York.
  • Emmanuel Mudiay : Comme 3eme joueur, les Knicks pourrait proposer Emmanuel Mudiay en lui offrant une qualifying offer.

Brooklyn Nets

Les Nets ont conduit leur reconstruction pour pouvoir obtenir un bon choix de draft en 2019, puis tenter un gros coup sur la free agency du même été grâce à la masse salariale. Dans ce contexte, il ne resterait plus beaucoup de joueurs sous contrat à proposer dans l’expansion draft. Avec seulement 1 joueur à libérer, la stratégie de la franchise paraît évidente. Le seule dernier gros contrat qui devrait rester sera Allen Crabbe qui bénéficie d’un énorme contrat 18,5M.

  • Allen Crabbe : Avec un peu de chance, une équipe tente la pari comme avec Hardaway Jr.

Fin de l’épisode, alors, vous feriez quoi à la place des franchises concernées ?