Énigmatique. En un mot, voici comment on pourrait décrire la saison 2017-2018 des Los Angeles Clippers. Conclue avec un bilan légèrement dans le vert (42-40), elle s’est avérée, malgré l’avalanche de blessures, assez similaire aux saisons passées.

Durant l’époque Lob City, les Clippers étaient l’exemple d’école de l’équipe qui ne se rate jamais contre les équipes faibles mais a énormément de mal contre les équipes plus solides… Et cela n’a pas changé. Contre les équipes qui n’ont pas fait les playoffs cette année, les angelinos ont signé un bilan très honorable de 28 victoires pour 8 défaites. Là où cela a une fois de plus péché, c’est contre les équipes de playoffs: 14 victoires pour 32 défaites.

Ce phénomène s’explique assez facilement par le fait que vu que les Clippers ont un effectif très homogène pour ce qui est du talent individuel, quand ils affrontaient des équipes faibles ils disposaient toujours des 3-4 meilleurs joueurs sur le terrain, ce qui leur donnait un avantage écrasant. A l’inverse, contre les équipes de playoffs, ils se retrouvaient exactement dans la même situation que les petites équipes contre eux : complètement exposés.

Sur le plan des individualités, on pourrait isoler deux faits marquants qui ont eu lieu cette saison pour les co-locataires du Staples Center : d’abord le départ surprise de Blake Griffin (même si sportivement et financièrement ultra logique), qui était annoncé comme le nouveau visage de la franchise et ensuite la transformation de Lou Williams en véritable torche humaine qui a porté son équipe comme jamais il ne l’avait fait durant sa carrière, ce qui aurait pu (dû ?) lui valoir une place au All-Star Game. Finalement, même s’il n’a pas été récompensé d’une étoile, notre ami polygame pourra toujours se consoler avec un trophée de 6th man of the year plus que mérité.

A l’issue de cette saison, les dirigeants pouvaient nourrir de nombreux doutes : Lou Williams ne fut-il pas l’arbre qui cache la forêt ? Si cette équipe avait été en santé, aurait-elle vraiment fait mieux ? Quid du cas d’un Danilo Gallinari qui est cassé d’absolument partout (dos, genou, fessier, ischios) ? Au final, la seule certitude qui a émergé fut à l’endroit du coach. Oui, Doc Rivers est bien l’homme de la situation et pouvait prétendre au titre de COY. Bien évidemment, l’homme a ses limites. Mais il a prouvé cette saison qu’il offrait de très bonnes garanties pour ce qui est de maintenir son équipe à un niveau honorable malgré un effectif décimé par les blessures.

Voyons un peu comment The Logo a manœuvré pour répondre à toutes ces interrogations.

Résumé de l’été

La tâche de Jerry West s’annonçait des plus ardues. Commençons par la draft.

Sur une cuvée de prospects qui contenait 11 joueurs intéressants, les Clippers avaient le malheur d’avoir.. les choix 12 et 13.

Avec le 11e choix, les Hornets eurent la malice de sélectionner Shai Gilgeous-Alexander, le flegmatique meneur de Kentucky, que le front office de LA voulait, dans le but de récupérer quelque chose des Clippers. L’affaire fut assez vite entendue : Alexander rejoindrait bel et bien les rangs des Clippers contre deux second tour de draft et le 12e choix, à savoir Miles Bridges.

Avec le 13e choix, étonnamment, ce fut encore un guard qui fut sélectionné, mais qui portait lui la marque de Jerry West… qui visiblement n’était absolument pas emballé par l’idée de prendre un énorme risque avec Michael Porter Jr.

Même avec cet indice, personne ne pensait que l’élu serait Jerome Robinson. Nul ne le voyait drafté aussi haut. On aurait pu imaginer que les Clippers choisiraient Robert Williams pour anticiper le départ de DeAndre Jordan, Kevin Knox pour avoir un ailier supplémentaire, Donte DiVincenzo pour améliorer le spacing et apporter une polyvalence intéressante, on parlait aussi de Lonnie Walker, Zhaire Smith, Troy Brown.. mais non, ce fut la gâchette de Boston College qui fut choisie.

Pour resituer les choses encore un peu plus dans leur contexte, Jerome Robinson était attendu au 26e choix par Jonathan Givony (ESPN). Un tel reach mérite que l’on approfondisse la réflexion.

On peut voir la chose de plusieurs manières, mais celle-ci est clairement la plus lue :

  • Jerry West a déniché un joyau auquel personne ne portait grand intérêt.

C’est possible, mais cela importe peu dans une draft. Le but du jeu étant d’avoir le meilleur joueur possible avec le choix le plus bas possible en récupérant autant d’assets que possible, tout l’enjeu est au final de bien masquer les joueurs que l’on veut avoir et de deviner ceux que les autres franchises veulent. Dans cette optique, on en arrive à une forme de conclusion logique mais toujours insuffisante :

  • Le reach est énorme, à ce compte là il fallait descendre le pick encore et encore jusqu’à ce que cela ne soit plus possible.

Naturellement, mais d’une part on ne sait rien des intentions de franchises qui auraient pu être intéressées vers les places entre 20 et 25 voire avant et on ne sait rien non plus de la valeur des contreparties qui ont pu être proposées en échange de ce 13e choix. Au final, le plus probable est que quand West a fait la balance entre le risque de voir le joueur lui filer entre les doigts et le bénéfice qu’il pouvait en tirer, il en est arrivé à la conclusion que bluffer serait compliqué au vu du flop et qu’il était donc préférable de choisir directement le joueur qu’il voulait.

Justement, que voulait West en sélectionnant Robinson ?

La réponse est en réalité assez simple: un deuxième volume scorer pour épauler Lou Williams qui puisse évoluer aux postes 2 et 3. En effet, à Boston College, Robinson, alors même qu’il assumait un Usage % très important (27,1%), a réussi à atteindre une efficacité assez hors normes : plus de 60% aux tirs réels, presque 6 à l’offensive box +/-, bref, le garçon a été étincelant. Or les Clippers (du moins sur le papier vu que l’équipe n’a jamais été au complet) manquaient cruellement de ce genre de profil dans le 5 majeur. Seul problème, il ne pèse vraiment pas lourd (82kg) pour sa taille (2″01) et sa défense risque d’être très problématique malgré des capacités physiques dans la moyenne NBA. On en arrive à la conclusion que ce qui a dû emporter la conviction de Jerry West, c’est que outre cette capacité à assurer un volume au scoring assez important, le garçon a une marge de progression assez intéressante, notamment pour ce qui est du jeu en pénétration et qu’en plus il a une capacité à créer pour les autres qui est tout aussi intéressante. Si un trou noir comme peut l’être Lou Williams correspond parfaitement en sortie de banc pour alimenter la marque juste avec de l’isolation, cela ne suffit pas pour évoluer efficacement dans un 5 majeur car cela rend le jeu de l’équipe extrêmement prévisible et stéréotypé. D’où le choix d’un profil plus complet pour être titulaire au poste 2.

Sur le choix de Shai Gilgeous-Alexander, l’explication est beaucoup plus simple : d’une part il fallait absolument un meneur remplaçant derrière Patrick Beverley (à l’époque conserver Teodosic n’était pas vraiment envisagé) et d’autre part assurer une transition avec ce dernier, qui a 30 ans et sera libre de s’en aller l’été prochain. De plus, Beverley lui-même revient d’une grosse blessure et Teodosic, lui aussi assez âgé, est loin d’être une assurance tous risques de ce côté là. Dès lors, la draft de l’ex meneur de Kentucky devenait assez logique, il fallait un meneur au profil pass-first, qui puisse contribuer tout de suite, fasse peu d’erreurs et qui aie une grosse marge de progression sur le plan défensif pour équilibrer avec la masse de scoreurs de l’effectif. Peu importait dès lors qu’il puisse ou non contribuer au spacing de son équipe, même si c’est toujours un plus.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’avec un pitbull comme Patrick Beverley, il ira à bonne école. On imagine aisément les sueurs froides du rookie quand la piste Tony Allen a été évoquée.

Cinq jours plus tard, Marcin Gortat a été récupéré en échange d’Austin Rivers pour combler les besoins au poste de pivot tout en libérant une place parmi les guards. Seul problème, la désormais enclume polonaise est à des années lumières du niveau de DeAndre Jordan, notamment au niveau du rebond. Il était donc naturel de prolonger Montrezl Harrell.

Après cette très bonne draft, la free agency a été bonne, sans plus. La venue de Luc Mbah A Moute apporte une polyvalence défensive très intéressante sur les postes d’ailier et accroît encore une profondeur d’effectif très conséquente et l’arrivée de Mike Scott offre une option supplémentaire pour améliorer le spacing de telle ou telle lineup.

Côté resignatures, outre l’extension signée durant la saison par Lou Williams et la resignature citée plus haut de Montrezl Harrell, Avery Bradley a lui aussi été resigné pour 25M sur deux ans, ce qui est finalement assez logique car malgré la présence de Beverley, l’ajout d’un stoppeur supplémentaire accroît là aussi la profondeur d’effectif et offre des possibilités de lineups assez intéressantes.

Meneurs : Shai Gilgeous-Alexander, Patrick Beverley, Milos Teodosic, Tyronne Wallace, Jawun Evans

Arrières : Lou Williams, Jerome Robinson, Avery Bradley, Sindarius Thornwell

Ailiers : Wesley Johnson, Danilo Gallinari, Luc Mbah a Moute

Ailiers forts : Mike Scott, Tobias Harris, Montrezl Harrell, Jonathan Motley (two way contracts)

Pivots : Marcin Gortat, Boban Marjanovic, Angel Delgado (two way contracts)

 

Jeu & Coaching

Quel 5 majeur ?

On pourrait déblatérer des heures sur ce sujet, en vain. En effet, vu la situation, le sujet n’a qu’une importance très limitée car non seulement aucun titulaire n’aura de temps de jeu équivalent à celui d’un All-Star mais en plus il évoluera très vraisemblablement au fil de la saison.

En conséquence, voici ce qui, du moins au sens de l’auteur de ces lignes, devrait être le 5 majeur le plus viable des Clippers cette saison :

Patrick Beverley – Jerome Robinson – Danilo Gallinari – Tobias Harris – Montrezl Harrell

Les points forts

Comme cela a été souligné plus haut, les Clippers disposent d’une énorme profondeur d’effectif. Tous les postes sont doublés voire triplés et surtout, chose bien plus précieuse, les profils sont variés et la polyvalence des joueurs qui composent le roster est très intéressante.

Le poste de meneur ? Un pitbull, un gestionnaire et un génie. Le poste d’arrière ? Un volume scorer, un 6th man de rêve et un stoppeur. A l’aile ? Des scoreurs relativement efficaces, des défenseurs capables de switcher sur au moins 3 positions et des spacers. Dans la raquette ? Un jeune joueur hyper athlétique avec une belle marge de progression, un géant parmi les géants pouvant se révéler très efficace s’il est bien utilisé et un vétéran vieillissant mais qui devrait faire le job.

Tout cela aux ordres d’un coach compétent. Cerise sur le gâteau: la plupart des joueurs étant en contract year, ils ont tout intérêt à performer à fond, notamment Tobias Harris qui a récemment refusé de signer une extension.

Les points faibles

Malheureusement, presque tous ces ajouts ne font au final que renforcer le niveau plancher de l’équipe, pas son plafond. Or on l’a vu, les Clippers n’ont que peu de marge de progression face aux petites équipes avec seulement 8 victoires supplémentaires à aller chercher contre 32 face aux autres.. d’autant que la conférence Ouest s’est encore renforcée et que leur division n’est plus aussi faible qu’elle a pu l’être par le passé.

Attention aussi à l’état de santé de ses cadres, car quand on y regarde de plus près, presque tous reviennent de grosses blessures. Entre Berverley (micro fracture + ménisque endommagé, saison terminée en novembre), Gallinari (ACL il y a trois ans, n’a joué que 21 matchs, lésions aux muscles fessiers + alertes répétées à la hanche + fracture à la main droite, chirurgie), Mbah a Moute (épaule luxée deux fois la saison passée), Teodosic (déchirure sur la voûte plantaire presque deux fois d’affilée lors du dernier exercice, saison terminée en mars) et Bradley (Aine, abdominaux, adducteurs, chirurgie, saison terminée en mars), c’est peu dire que les joueurs majeurs de l’effectif offrent très peu d’assurances quant à leur retour à leur meilleur niveau…

Outre toutes ces incertitudes, si on en revient au plan purement basket, le gros point faible de cette équipe est le poste 5. Harrell est très irrégulier, Gortat est désormais plus une enclume qu’un marteau et Marjanovic ne peut pas rester très longtemps sur le terrain à cause de son absence totale de mobilité.

Ce n’est qu’une supposition mais on peut facilement imaginer que ce vide est volontaire et que Jerry West vise Jontay Porter pour la prochaine draft… ce qui collerait parfaitement avec la construction d’équipe et la probable place des Clippers à la draft. L’équipe est bien trop forte pour tanker et comme West lui-même l’a dit : cette option n’est absolument pas envisageable.

Pour terminer, on en arrive à la conclusion assez malheureuse que.. le seul véritable défaut des Clippers, au delà d’une question de poste faible, c’est de n’avoir aucun joueur de calibre supérieur ni de point fort qui le soit suffisamment pour les porter sur la durée.

Défensivement cela tiendra la route, offensivement cela devrait fonctionner et le banc devrait offrir une production tout à fait honorable.. mais quand LeBron James, Kevin Durant et compagnie seront au menu, l’addition risque d’être très salée pour feu Lob City…

Le facteur X

Là aussi, les possibilités sont nombreuses. Le choix est donc à la discrétion de l’auteur et dépend de sa vision de la situation.

Ce dernier s’est donc intéressé à la question du volume de scoring qui peut être assumé par le quatuor Robinson-Williams-Gallinari-Harris. Ce n’est pas comme s’il n’y avait aucune interrogation présente ou à venir sur la situation des quatre concernés. L’état de santé de Gallinari, le statut de Jerome Robinson et la potentielle instabilité d’Harris voire de Williams sont des choses qu’il faut clairement anticiper. En effet, il est probable que Jerry West lui-même ait déjà fait son deuil de l’italien et que le choix de Jerome Robinson, effectué dans le but de soulager Lou Williams, est par extension un choix destiné à tout bonnement remplacer l’ancien Nugget… ce qui en réalité résoudrait une partie du problème.

Il est très compliqué pour un coach d’installer comme titulaire un rookie qui sort un peu de nulle part comme Robinson au détriment d’un joueur référencé en NBA comme Bradley. Quand bien même ce serait le meilleur choix sportif. Or si Gallinari se blesse ou qu’il ne revient pas au niveau attendu, Robinson glisse au poste 3 et le problème est réglé. A l’inverse, si tel n’était pas le cas, il faudra alors prier pour que Doc Rivers fasse le bon choix, à savoir celui de l’audace, et impose sa volonté. Apportons toutefois une nuance : Avery Bradley, s’il revient bien, peut tout à fait être échangé contre un joueur dont le profil colle plus aux besoins de l’effectif ou un asset intéressant, ce qui résoudrait le problème précité.

La défense était problématique l’an dernier (19e de la ligue), mais cela s’explique facilement par la perte sur blessure de tous les meilleurs défenseurs de l’équipe.

En revanche, l’attaque a étonnamment bien marché (8e avec 107,7 points pour 100 possessions) au regard de la situation dans laquelle se sont retrouvés les Clippers après le départ de Blake Griffin. En effet, avant son départ l’équipe était 12e attaque et elle s’est retrouvée.. 8e. On peut penser que c’est dû au fait que Griffin avait le double défaut d’obliger tout le monde à jouer pour lui tout en ayant une efficacité extrêmement douteuse. Plus les années ont passé, plus Blake Griffin s’est s’éloigné du cercle et moins il a été efficace.

Pour ceux qui auraient des doutes, voici l’ampleur du phénomène amorcé il y a déjà un moment:

Voici ce qu’il en était au tout début:

 

Et voici l’évolution:

 

Ce qu’il en est aujourd’hui ? Préparez vous, c’est douloureux à voir.

Si on combine le fait que cette tendance à se reposer de plus en plus sur son tir coïncide avec le rythme de ses blessures et la diligence avec laquelle Jerry West l’a expédié ailleurs… Le moins qu’on puisse dire est que la question mérite vraiment d’être posée.

Perte crève cœur ? Peut-être.

Sacrifice nécessaire ? A coup sûr.

Pour en revenir, on peut aussi expliquer cette surprenante efficacité par le carnage qu’a fait Lou Williams mais pas que. L’équipe a vraiment bien tourné de manière générale, ne serait-ce qu’avec des moyennes au scoring très élevées sur une période non négligeable.

Pour le coup, tout le crédit en revient à Doc Rivers, qui a vraiment bien su pianoter avec les maigres atouts dont il disposait. Or si les Clippers ont aussi bien tourné avec seulement deux contributeurs vraiment réguliers au scoring, jusqu’où cela peut-il aller avec quatre ?

La problématique de l’équipe : Les Clippers peuvent-ils être une attaque d’élite ?

Toute la question est là. Jerome Robinson sera-t-il prêt à assumer ce genre de responsabilités à l’étage supérieur ? Lou Williams peut-il refaire une saison comme celle qu’il vient de faire ? Tobias Harris va-t-il encore passer un cap ? Danilo Gallinari peut-il redevenir le joueur qu’il était à Denver ?

Si tout va bien, cela peut donner une attaque dans le top 5 de la NBA, derrière les intouchables Warriors, Rockets, Raptors et Celtics. Il suffira alors aux Clippers d’être une défense juste moyenne pour avoir des ratios très largement dans le vert et donc se mêler à la lutte pour les playoffs voire mieux.

Si en revanche cela ne devait pas marcher, par le jeu des vases communicants, cela pourrait faire couler la défense… et les Clippers avec.

Pronostic

13eme à l’Ouest (Entre 30 et 36 victoires)

Si tout va bien, que l’attaque tourne à bloc et que les blessés ne s’accumulent pas trop, ces Clippers ont la profondeur d’effectif pour continuer de dégommer les petites équipes tout en prenant beaucoup plus de matchs aux contenders et ainsi pourquoi pas aller en playoffs.

Si en revanche tout va mal, que tous les éclopés de la saison dernière ne reviennent pas ou à l’état de fantômes, la saison peut vite virer au cauchemar pour les angelinos. L’effectif est riche, mais il n’est pas illimité non plus. Avec 5 joueurs très endommagés parmi les 10 qui devraient composer la rotation, le moins qu’on puisse dire est que la profondeur d’effectif constituée par Jerry West pourrait être mise à l’épreuve plus tôt que prévu.

Au final, le plus probable c’est que les Clippers se retrouveront une fois de plus dans la pire situation possible pour une équipe NBA : une équipe moyenne qui stagne dans le ventre mou. En outre, il est difficile d’imaginer que tous les cadres reviennent au sommet de leur forme étant donné niveau d’usure, et dans une Conférence Ouest où il existe un scénario de playoffs pour 12 voire 13 équipes, cela ne pardonne pas. D’où il suit que l’on voit difficilement comment les Clippers pourraient faire mieux que d’être dans le 3eme tiers de la conférence.

Avis du Compte FR (@ClippersFR)

Quel bilan tires-tu de la saison passée ?

Malgré la chute attendue et logique du nombre de victoires des Clippers, je pense que les fans, moi y compris, garderont un superbe souvenir de la saison passée. Certes, on ne retourne pas en Playoffs, et bien sûr, il nous aura fallu faire l’immense deuil du départ de Blake Griffin, mais malgré ces points négatifs assez importants, c’est avec le sourire que l’on peut tirer le bilan de l’exercice 2017-18 : Lou Williams qui nous sort une saison historique en sortie de banc, Milos qui nous régale même avec très peu de temps de jeu, l’arrivée de Tobias Harris et du génialissime Boban, le trashtalk incessant de Pat’ Beverley pendant sa convalescence, des joueurs sortis de nulle part qui cartonnent dans le cinq… Franchement, on s’est vraiment éclaté à suivre cette équipe totalement transformée depuis le départ de Paul. Mais ce qu’on retiendra au-dessus de tout le reste, c’est le changement de mentalité de nos gars : d’une équipe (parfois chouineuse) privilégiant le spectacle, on est passé à un groupe de combattants comme rarement vus auparavant dans l’histoire de la franchise. A l’aube des Playoffs, manqués de peu avec un bilan pourtant positif, nos Clippers se sont battus comme jamais, aussi bien dans la victoire que dans la défaite. Alors oui, on a perdu de nombreuses stars, mais on a gagné une belle brochette de bagarreurs qui ne lâchent rien jusqu’au buzzer final, le tout orchestré par un Doc Rivers avec plus d’un tour dans son blazer. J’ai rarement été aussi fier de mon équipe depuis que je les supporte.

Que penses-tu de l’été de la franchise ?

On ne va pas se mentir, après le départ attendu de DeAndre Jordan à Dallas, on a eu le droit à un été extrêmement calme du côté des Clippers. Quelques arrivées notables nous auront quand même fait plaisir, comme le grand retour de l’ami Luc Mbah a Moute venu renforcer notre défense, ou bien la Draft de prospects intéressants tels que Shai Gilgeous-Alexander et Jerome Robinson. Avec du recul, le trade qui nous ramène Marcin Gortat contre Austin Rivers n’est pas non plus pour nous déplaire et colle bien à la direction prise par la franchise. Mis à part ces quelques moves, rien de bien plus croustillant à se mettre sous la dent. On pouvait s’y attendre, les Clippers sont finalement passés à côté de tous les gros poissons de cet été… pour mieux préparer l’été prochain, à en croire les ajustements financiers de notre front-office. En effet, on devrait se ramener avec un joli pactole à l’été 2019, de quoi aller séduire quelques superstars. Jerry West et Lawrence Frank avancent leurs pions sur l’échiquier, on va tâcher de leur faire confiance.

Quelles sont les attentes pour la saison prochaine ? Quel scénario te convient pour l’équipe actuelle ?

Les experts de Vegas prédisent environ une bonne trentaine de victoires pour les Clippers la saison prochaine. Honnêtement, vu le niveau attendu à l’Ouest cette année, ces prédictions peuvent paraître assez légitimes, et ce malgré le fait qu’on aura encore une équipe de chiens enragés dès la rentrée d’octobre. Tout dépend également des débuts de nos rookies, et surtout du petit Shai, que l’on espère voir briller tout au long des mois à venir. Ça m’étonnerait franchement qu’on atteigne les Playoffs, mais si on pouvait essayer de rester aux alentours du Top 10, cela me suffirait. Avec un tel groupe, le tanking est interdit : nous sommes en droit de nous attendre à une équipe qui fera tout son possible pour gagner soirs après soirs. Je pense réellement que les fans des Clippers vont adorer ces gars-là !