24 avril 2018, fin du match 5 de la série entre Spurs et Warriors au 1er tour des Playoffs. La saison des Spurs vient de se terminer et c’est un sentiment étrange, entre fierté et soulagement, qui s’empare des fans. Enfin cette saison 2017-18 se termine. Qu’elle fût longue.

En début d’exercice, tout semblait pourtant aller normalement. On savait que Tony Parker et Kawhi Leonard allaient avoir besoin de temps pour revenir aux affaires, mais on ne se faisait pas plus de soucis que ça, pour eux et pour les Spurs. Les rivaux de l’Ouest s’étaient adonnés à une course à l’armement un peu folle, mais San Antonio avait pour elle la stabilité, l’expérience et le fond de jeu nécessaire pour continuer à lutter.

Si Tony Parker était bien de retour après un mois sur le banc, le dossier Kawhi Leonard traînait en longueur : et ce n’était que le début. On va vous la faire courte, car cette histoire a suffisamment bercé nos journées et nos nuits de fans NBA : c’était le chaos autour de la situation de l’ailier. Quand certains affirmaient que son retour était imminent, d’autres criaient haut et fort qu’on n’était pas prêts de revoir le numéro 2 de San Antonio de sitôt. Finalement, Kawhi a pointé le bout de son nez en décembre, jouant tant bien que mal pendant un petit mois, avant de repartir sur le banc, voire même en coulisses. A partir de là, pas une journée ne passait sans sa petite rumeur sur l’état des relations entre Kawhi et le front-office des Spurs, sur les voyages de l’ailier à New York, sur les commentaires des vétérans du vestiaire, sur le tonton flingueur, les incertitudes autour de sa blessure, etc… Un marathon de nouvelles éprouvant pour les fans, pas habitués à composer avec tout ce folklore. Sans compter que l’ami Kawhi ne daignait pas ouvrir une seule fois la bouche de la saison pour dire quoi que ce soit, rassurant ou non. Tellement muet que parler avec un tabouret ce serait pareil. Au final, il a fallu s’y résigner : on ne reverrait pas Kawhi, rideau.

Sur le terrain, les Spurs n’ont pas pris cette excuse en prétexte pour balancer leur saison, loin de là. Amenés par un LaMarcus Aldridge tout simplement phénoménal du début à la fin de l’exercice 2017-18 (23.1pts, 8.5 rebonds), qui a porté parfois seul à la victoire les siens, les Spurs arrivaient au All Star Break sur le podium de l’Ouest, derrière les intouchables Warriors et Rockets. Assez dingue compte tenu des circonstances, sans compter que Popovich devait composer avec un effectif différent quasiment chaque soir. Après la pause festive de février, les choses se sont lentement écroulées : sur une série de 3 défaites avant le All Star Game, San Antonio va continuer dans ce mauvais rythme en perdant 6 de ses 8 matchs suivants. Une série noire qui les fera descendre jusqu’à la 10è place de l’Ouest : urgence dans la maison Blanche et Noire. C’est une nouvelle fois LaMarcus Aldridge qui va enfiler son costume de super-héros pour sauver ce qui est devenu sa franchise (27pts et 9rebonds de moyenne sur la période). Les Spurs vont terminer la saison avec 10 victoires pour 5 défaites, s’assurant une place en playoffs quasiment au buzzer, avec le 7ème spot.

Durant la saison, si LMA a pris sa place en tant que franchise player en l’absence de Leonard, d’autres changements ont vu le jour, et pas des moindres : à la mène, l’ère Tony Parker a pris fin. La prise de pouvoir du jeune Dejounte Murray s’est faite durant le mois de janvier. D’un commun accord avec son coach, TP a accepté de filer sur le banc pour laisser s’exprimer à plein poumons Murray, propulsé dans le grand bain. Un poids que le gamin a su gérer tant bien que mal, avec quelques déchets en attaque mais une activité défensive déjà au-dessus de la moyenne qui lui vaudra une sélection dans la All-NBA Defensive Team.

L’effectif des Spurs étant troublé une grande partie de la saison par les blessures, les ajustements ont été de mise. L’équilibre des rôles a été perturbé, et c’est ainsi que Danny Green ou Patty Mills ont hérité de plus grandes responsabilités, de même que Kyle Anderson. Dans cette saison plus que mouvementée, si les Spurs terminent pour la première fois depuis 20 saisons avec moins de 50 victoires, ils en engrangent 47 : à trois victoires des 50, sans leur franchise player initial, on a connu pire.

En playoffs, les Spurs héritent de Golden State, et on se doute assez tôt du sort de la série. Après deux défaites inaugurales à Oakland, ils tombent également dans le match 3 à la maison. Un événement dramatique allait alors venir frapper l’institution Spurs, lorsque la nouvelle du décès de la femme de Gregg Popovich tombe. Le mythique coach texan n’assurera plus ses fonctions sur le banc pour le reste de la série. Décidément, cette saison 2017-18 est bien trop longue pour les Spurs… Remobilisés par ce malheur, ils vont remporter le game 4 de la série, portés par un Manu Ginobili étincelant en fin de match. La série prendra fin au game 5, de retour à Oakland. Il était temps pour les Spurs, qui avaient fort à faire avec l’été à venir.

Résumé de l’été

Le moins qu’on puisse dire, c’est que pour une franchise habituée à mener des étés calqués sur le train de vie d’une noix de St Jacques, il y a eu du mouvement. Prenons les choses dans l’ordre, histoire d’y voir un peu plus clair.

Tout d’abord : la draft. Avec le 18è choix, les fans étaient heureux : quand votre équipe est habituée à avoir des picks 25, un pick 18 c’est déjà un petit festival pour vous, et je suis sûr que certains se sont mêmes peignés pour l’occasion. Le soir venu, Lonnie Walker IV sera choisi par RC Buford et son staff. Alors qu’on le voyait pris aux alentours des picks 11-13, le jeune arrière descend finalement jusqu’au tour des Spurs, qui ne loupent pas l’occasion. Athlétique et fort défenseur sur l’homme, Lonnie Walker est plein de promesses et s’apprête à découvrir le vrai monde au sein des Spurs. Et le vrai monde, il va chez le coiffeur, déjà.

Mais pour les fans de San Antonio, une bonne nouvelle cette saison, c’est suspect. Le 6 juillet, via le compte Twitter de Nicolas Batum, la bombe est lâchée. Après 17 ans de bons et loyaux services, Tony Parker signe un contrat de 2 ans chez les Hornets. Free-agent, TP n’a pas été convaincu par l’offre proposée par les Spurs. Alors qu’on ne lui promettait que le rôle de 3è meneur, les Hornets lui assuraient d’être le back-up de Kemba Walker. Si pour la culture de la franchise ce départ est très dommageable, sportivement il n’est pas illogique, malheureusement. Si ensuite, Rudy Gay et Davis Bertrans resignent pour 1 et 2 ans supplémentaires, les fans n’étaient pas au bout de leurs peines, le prochain dossier concernant celui dont-on-ne-voulait-plus-prononcer-le-nom : Kawhi Leonard.

Que fallait-il faire ? Kawhi étant éligible à une prolongation XXXL, les Spurs avaient l’opportunité de rétablir les relations avec ce dernier d’abord, puis de lui proposer le max du max ensuite. Mais on a vite compris que les choses n’allaient pas être si simples, tant le dossier avait traîné toute la saison. Puis un beau jour, la nouvelle tombe : Kawhi ne veut plus jouer aux Spurs, il ne voudrait jouer qu’à Los Angeles. Tout s’emballe, et chacun cherche à deviner la future destination de l’ailier. L’horloge tourne, et rien ne se passe : les Spurs n’ont définitivement pas l’air d’avoir envie de céder à la pression mise par le camp du joueur. Ils prendront le meilleur deal et basta les envies de Kawhi. Le 18 juillet, ça bouge enfin : Kawhi et Danny Green sont envoyés à Toronto en échange de DeMar DeRozan, Jakob Poetl et un tour de draft 2019 protégé 1-20. Le calvaire Kawhi était enfin terminé. Mais l’été lui, loin de là.

Quelques jours après, ce sont successivement Dante Cunningham et Marco Belinelli qui s’engagent en faveur des Spurs, pendant que Bryn Forbes resigne. Brandon Paul est laissé free-agent, et Chimezie Metu, rookie, est signé pour plusieurs années avec un objectif évident de formation long terme.

Pour finir, toute la Spurs Nation était dans l’attente d’une décision : qu’allait faire Manu Ginobili ? Silencieux tout l’été, rien n’avait filtré. Après le départ de TP et de Kawhi, on se raccrochait à l’idée que Manu pourrait continuer. Le 27 août, c’est par un communiqué qu’El Manu avertit la planète basket de sa décision. A 41 ans, après s’être battu comme un lion pour atteindre les PO, Manu dit finalement au revoir aux Spurs, à la NBA et au monde du basket. Et c’est tellement mérité. Au contraire du départ de TP, ici la perte est à la fois culturelle et sportive, tant Gino’ se battait soir après soir comme un diable sur le terrain et contribuait encore. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, Popovich va coacher sur le banc de San Antonio sans un seul membre de l’historique Big Three des Spurs. De l’équipe victorieuse en 2014, il ne reste que Patty Mills. Les choses vont vite en NBA, s’il fallait vous le rappeler.

Voici donc le roster des Spurs au jour de sortie de cette preview :

Meneurs : Dejounte Murray, Patty Mills, Derrick White

Arrières : DeMar DeRozan, Bryn Forbes, Marco Belinelli, Lonnie Walker IV, 

Ailiers : Rudy Gay, Dante Cunningham, Quincy Pondexter

Ailiers forts : LaMarcus Aldridge, Davis Bertans, Chimezie Metu

Pivots : Pau Gasol, Jakob Poeltl

Jeu & Coaching

Que nous réservent les Spurs pour cette saison 2018-19 ?

Offensivement, les Spurs sont comparables aux histoires d’Astérix. Dans une ligue où le 3 points est l’arme fatale, où les mots d’ordre sont « spacing« , « small ball » et « PACE« , les Spurs résistent encore et toujours l’envahisseur. Au spacing, San Antonio préfère le midrange ; à la PACE, le demi-terrain (28ème PACE l’an dernier), et au small ball, Pop préfère une association de grands sous le cercle, notamment pour défendre.

San Antonio est l’une des rares franchises où le midrange shot a encore du sens et de l’intérêt, là où certains l’ont prohibé. Pourquoi cet intérêt persiste alors que l’évolution du jeu tend vers le tir à 3pts ? Mathématiquement, les plus futés sortent l’argument de rentabilité : mieux vaut shooter un 3pts qu’un 2pts longue distance. Certes, ce raisonnement se tient en partie quand vous disposez dans votre écurie de bons shooteurs réguliers à 3pts, et de shooteurs assez médiocres dans la zone intermédiaire. Mais quand vous disposez dans votre lineup de deux joueurs qui, l’an dernier, ont marqué plus de tirs midrange que 5 équipes NBA au complet, vous vous priveriez de cette arme ? Non, bien sûr. C’est ce qu’ont les Spurs cette année avec LMA et DeRozan, deux shooteurs d’élite dans le périmètre. Ainsi, si les Spurs pouvaient vous paraître assez anachroniques avec leur tendance à favoriser les tirs à 2pts plutôt qu’à 3pts, il va falloir vous y faire cette année plus que jamais. Les Spurs conserveront leur jeu demi-terrain, pour trouver les zones préférentielles d’Aldridge et DeRozan. Si l’an dernier ils ont pu se retrouver parfois bloquer quand LMA était en difficulté, l’arrivée de l’arrière devrait normalement les soulager grandement dans le domaine.

Si le jeu demi-terrain et le midrange seront des armes utilisées en priorité à n’en pas douter, les Spurs aiment également s’appuyer sur des shooteurs réguliers. Cela leur permettait, malgré le fait d’être une des équipes shootant le moins à 3pts de la Ligue, d’avoir l’un des meilleurs pourcentages de réussite. Mais l’an dernier, rien de tel : l’adresse a été en berne pour les tireurs, ou du moins la régularité leur a fait défaut. Cette année, San Antonio devrait répéter le même schéma : avec Belinelli, Mills, Bertans, ou Forbes, les shoots à 3pts seront à prendre avec parcimonie, mais réussite.

Popovich aime s’appuyer sur sa défense pour déterminer son attaque. Si le midrange est de mise chez les Spurs depuis autant d’années, c’est parce qu’il limite les transitions adverses, principe fondamental chez Pop. Le coach texan aime également associer deux tours dans la raquette pour s’assurer du rebond et de la protection de cercle. Cette saison, on le verra plus tard, LMA devrait récupérer le poste 5, comme la saison dernière la majeure partie du temps (78% de son temps de jeu). Ainsi, la défense devra se réorganiser notamment autour de ce choix. Ce sera à Popovich et son staff de trouver la clé, pour palier aux absences de Green et Anderson, tous les deux partis, qui amenaient une énergie et une assurance défensive que les Spurs n’auront plus cette saison. Mais on y reviendra…

Quel 5 majeur ?

L’arrivé de DeRozan le propulse directement dans le cinq. S’il évolue à sa position naturelle, il devrait former avec avec Dejounte Murray le backcourt de la saison 2018-19 pour San Antonio. Troisième larron qu’on retrouvera avec certitude : Aldridge. Mais à quelle position ? En 2017-18, il a donc joué 78% du temps en poste 5, et les Spurs en ont bien profité. Cela permettait à Gasol (38 ans) de sortir du banc, en attaque ça ne change pas grand chose et en défense cela permet à Aldridge de rester plus près du cercle, sans avoir à sortir au large. Popovich devrait se rappeler à ces bons souvenirs et conserver LMA en pivot titulaire.

Par la suite, que faire de Rudy Gay ? L’an dernier, il a commencé la plupart des matchs sur le banc. Si le physique tient il peut être une option offensive en relais du duo DMDR-LMA, même si son jeu semble trop similaire à eux, à savoir une préférence pour le poste bas et l’isolation. L’idéal pour les Spurs serait de le voir sortir du banc, afin de renforcer la second unit et d’avoir un meilleur équilibre des rôles. Malheureusement, San Antonio dispose de peu d’alternatives au poste 3 cette saison. A vrai dire, si Rudy Gay se retrouve sur le banc, le choix est simple, il faudra décaler DeRozan ou un autre arrière en poste 3 : peut-être que c’est là la chance de Lonnie Wlaker à terme, Belinelli n’ayant plus les cannes et Mills ayant son meilleur rôle en sortie de banc. DeRozan peut également évoluer au poste 3 (40% de son temps de jeu à cette position l’an dernier), mais risque de trop exposer les Spurs en défense à ce niveau-là, du moins contre des 3 titulaires. Rudy Gay en 3 titulaire ou un décalage pour faire de la place à un arrière ? Tel est le dilemme que devra résoudre Pop.

En partant du principe que LMA conserve le rôle de pivot, qui lui mettre à ses côtés en 4 ? Si Rudy Gay est installé au poste 3, ici on est assez séduits par l’option Davis Bertans. Si le backcourt ne bouge pas et reste composé de Murray et DeRozan, les Spurs sont en évident déficit de tir longue distance, chose que peut apporter le letton. On peut également envisager de mettre Rudy Gay à cette place, dans une option small ball où on mettra davantage l’accent sur le physique et la défense.

Allez, puisqu’il faut trancher, voici le cinq majeur pour lequel on opte chez QiBasket :

Dejounte Murray  – DeMar DeRozan – Rudy Gay – Davis Bertans – LaMarcus Aldridge

Certes, le must aurait été d’avoir à la fois Patty Mills et Rudy Gay sur le banc pour renforcer la second unit. Mais le peu de profondeur sur le poste 3 oblige en quelque sorte à titulariser Gay. On se réserve une option sur une titularisation à terme de Lonnie Walker si ce dernier fait ses preuves assez tôt : le backcourt alors formé avec Murray pourrait être un enfer défensivement, le tout en ajoutant un peu de playmaking. A suivre.

A noter que si Popovich décide de replacer LMA en 4, le poste 5 reviendrait à Pau Gasol ou Jakob Poetl. Dur de l’imaginer toutefois : Gasol est trop vieux, et Poetl encore trop bleu. A choisir, on préférerait peut-être le second, plus apte à défendre que Gasol, mais ce serait au détriment du spacing, nécessaire à Aldridge en attaque et où Gasol apporte un peu plus.

Forces du roster

Si vous êtes coach de l’équipe adverse, qu’est-ce qui peut vous faire suer en jouant les Spurs ?

On l’a déjà dit plus haut mais on le répète brièvement : le midrange game des Spurs sera leur principal atout. Toutefois, ce jeu demi-terrain doit, pour être efficace, être construit avec intelligence et patience, et ce sera une nouvelle fois de mise, sauf surprise. C’est là un autre atout de l’effectif texan : avoir des joueurs intelligents, d’expérience (Mills, Belinelli, Gasol, LMA, DeRozan, Gay), qui sauront se montrer patients dans l’exécution. On pourrait donc avoir une équipe des Spurs létale sur demi-terrain, à condition que la mayonnaise prenne et que l’exécution soit proche de la perfection.

Ce choix du demi-terrain et du midrange a également un autre bienfait, celui des pertes de balles. En shootant plus près du cercle avec une efficacité assez haute, vous évitez les pertes de balles rapides et, coup double, vous diminuez ainsi considérablement les occasions de contre-attaques adverses. Dans l’optique défensive de Popovich de limiter les transitions adverses, on devrait retrouver les Spurs parmi les équipes perdant le moins de munitions à la fin de la saison.

Pour faire plus court et gagner du temps, je vous épargne le couplet annuel sur Gregg Popovich. Le meilleur entraîneur de l’Histoire sur un banc, forcément, c’est un point fort.

Faiblesses du roster

Si vous êtes coach et que vous affrontez les Spurs ce soir, sur quoi pouvez-vous miser ?

Premier élément : la protection de cercle. Si effectivement LMA récupère le poste de pivot titulaire, Popovich ne pourra plus se reposer sur une association de deux intérieurs pour protéger le cercle. Les postes 4 que sont Bertans et Gay ne sont pas assez dissuasifs dans le domaine pour devenir une protection équivalente. Le meilleur fit défensif serait d’associer Poetlt et LMA, et donc re-décaler ce dernier en poste 4. Par séquences, on devrait le voir, mais pas la majeure partie du temps tant Aldridge fait du bien offensivement à ce poste.

Deuxième élément : les shooteurs. Mills, Forbes, Bertans, Belinelli, voilà les shooteurs des Spurs. Tous sont des tireurs longue distance en capacité de scorer de loin. Mais ce dont aura besoin San Antonio dans son jeu, c’est de shooteurs réguliers. Si l’attaque texane était aussi forte les années précédentes c’était notamment car le % de réussite de tirs lointains était parmi les meilleurs en dépit du peu de tentatives par match. L’an dernier, ce ne fut pas le cas (26ème). Inconnue donc sur les shooteurs cette année, et les adversaires ne se feront pas prier pour leur laisser le champ libre en cas de panne d’adresse.

Troisième élément : faire péter les transitions. San Antonio a perdu Danny Green, Kyle Anderson et Kawhi Leonard. Si le jeu intermédiaire des Spurs vient à être contrecarrer, ou si les shooteurs ne sont pas en réussite régulière, les texans s’exposent à des transitions adverses. Or en la matière, le seul joueur pouvant reprendre le flambeau laissé par Green est Lonnie Walker, le rookie. En dehors de lui et Dejounte Murray, les Spurs disposent de peu de moyens de stopper des transitions adverses. Si le tempo s’accélère et que les transitions fusent, attention aux dégâts.

Le joueur clé : Dejounte Murray

Alors oui, évidemment, DeRozan et Aldridge sont les joueurs-clés des Spurs pour cette saison 2018-19. La réussite du collectif texan passera par eux en premier chef. Mais ils devront être aidés, et c’est pour ça que Murray sera à surveiller.

Non pas qu’on attend de lui 20pts par match, mais parce qu’il va devoir confirmer qu’il a suffisamment de talent pour driver cette équipe. Propulsé dans le cinq majeur l’an dernier au mois de janvier, il avait déjà montré quelques progrès offensivement : moins de déchets sur les transitions, moins « tout-droit-va-vite », et même quelques progrès au tir extérieur. Cette saison, il devra continuer de produire défensivement, voire de mener les siens dans ce domaine. Avec sa rapidité et son envergure, il peut tenir la plupart des meneurs adverses, même en leur rendant quelques kilos. C’est offensivement qu’il va devoir passer un cap, en se montrant plus agressif sur ses prises de pick quand la défense lui en donne l’opportunité, et continuant d’apprendre à gérer le tempo. Aller Dejounte, cette année, objectif 11-6-4. Comment ça, ça parait pas beaucoup ? L’an dernier il n’y a que Russell Westbrook et Ben Simmons qui y sont arrivés chez les guards, alors hein.

La problématique de l’équipe : se renouveler dans la compétitivité.

C’est une problématique un peu particulière, je vous l’accorde. Mais pourtant, c’est celle qui baigne les Spurs depuis quelques mois, voire quelques années désormais. Les cadres vieillissants, il fallait renouveler cette équipe. Chose que le staff texan fait petit à petit, tout en continuant de viser le plus haut possible.

Quand la saga Kawhi approchait de son dénouement, on entendait des voix par-ci par-là dire que les Spurs en demandaient peut-être trop en échange de l’ailier. Ils n’étaient pas intéressés par les picks, faisaient les fines bouches. Finalement, Buford et Popovich ont eu ce qu’ils souhaitaient : un joueur de calibre All Star, engagé sur le long terme – si tenté que cette notion ait quelconque valeur encore en NBA -, un jeune intérieur qui ne demande qu’à progresser et un premier tour de draft 2019.

D’aucuns critiquent le choix de DeMar DeRozan, mettant en avant tantôt son salaire (27 millions), tantôt son incompatibilité présumée avec Aldridge. Pour le second point, s’il est à vérifier au fur et à mesure de la saison, des solutions existent et nous l’avons déjà abordé plus haut. Pour le premier : oui, DeRozan coûte cher, c’est un fait. Mais le choix était assumé côté Spurs. Il était hors de question de balancer Kawhi contre une flopée de picks, même de premier tour, pour la simple et bonne raison que c’était condamné l’équipe à prendre une route qu’elle ne veut plus revoir : celle de la compétitivité par le bas. Pas vraiment un grand marché, San Antonio pèse de tout son poids dans la Ligue par l’histoire qu’elle s’est forgée les 20 dernières années, et les dirigeants savent bien qu’il faut capitaliser dessus, au risque de retomber dans l’anonymat d’un petit marché NBA.

San Antonio se devait donc d’obtenir en échange de Kawhi un joueur d’un calibre élevé, pour continuer à pouvoir se développer en tant que franchise compétitive. A ceux qui répondraient « Oui enfin c’est pas DeRozan qui va faire gagner un titre« , on serait tenté du côté texan de répondre que collectionner les picks non plus, ça n’a jamais fait fleurir le palmarès. Il va donc falloir assumer ce choix jusqu’au bout côté Spurs, celui de continuer à être compétitif malgré les pertes et les départs en retraite. C’est là tout l’intérêt et l’enjeu même de la saison pour Popovich : continuer d’intégrer les jeunes pousses que sont Murray, Walker, White, Poeltl, autour d’un noyau dur de joueurs expérimentés, qui permettent à la franchise de regarder vers le haut plutôt que vers le bas.

Mais comment s’ajuster concrètement ? Comment trouver la bonne recette quand on veut fonctionner ainsi alors que la distinction « titre ou tank » semble être de plus en plus de mise en NBA ? Ce sera à Popovich et son staff de trouver les réponses sur le terrain.

Alors forcément, ça fait bizarre de l’assimiler après plus de vingt ans d’histoire en ce sens, mais il faut bien le comprendre pour saisir ce que font les Spurs : non, le titre n’est plus forcément l’objectif chaque année. Les Spurs se reconstruisent, à leur manière.

Pronostic

5è à l’Ouest – Entre 46 et 51 victoires

Les Spurs ont les moyens de retrouver la cinquantaine de victoires, oui. Si l’an dernier, amputés de Kawhi Leonard, avec une adresse extérieure en berne la plupart de la saison et une pelletée de blessures ils ont réussi à atteindre les 47, ils peuvent cette année viser les 50. Toutefois, cette condition ne sera remplie que si les troupes de Popovich sont en bonne santé, si toute la mayonnaise prend – si l’exécution tactique et technique est de bonne qualité – et si tout le monde avance dans le même sens.

Le début de saison pourra être poussif, notamment en novembre, où les Spurs joueront 15 matchs dont 9 à l’extérieur. Le groupe devra donc se forger une identité dès le début de saison, et arriver à performer directement, même si les automatismes ne seront pas immédiatement parfaits. Evidemment, dans la folle course aux playoffs qui s’annoncent au sein de la conférence Ouest, on ne peut être sûrs de rien, et l’écart peut être infime en fin de saison entre le 6ème et le 9ème au classement. Si le titre ne semble pas – on l’a déjà évoqué plus haut -, l’objectif prioritaire, San Antonio a tout d’une tête de trouble-fête.

L’avis des comptes FR (@FRASpurs ; @SpursSAFR ; @SASpursFr)

Quel bilan tires-tu de la saison passée ?

@FRASpursHonnêtement avec tous les soucis que l’on a connu en interne (le retour de TP après sa blessure, la gestion des autres blessures, le cas Kawhi) on peut dire que c’était assez compliqué et que finir avec 47 victoires c’est assez exceptionnel. Dommage de n’avoir pas tenu sur la fin, ce qui nous place 7è vs les Warriors au 1er tour.

@SpursSAFRUne saison très compliquée, sûrement la plus compliquée depuis l’arrivée de Popovich. Des blessures récurrentes, Tony qui n’arrive pas à revenir en forme, Gay qui a raté une bonne trentaine de matchs, sans parler de l’absence prolongée de Kawhi. La plus grande satisfaction de la saison c’est évidemment LaMarcus Aldridge, qui s’est imposé en tant que Franchise Player alors que beaucoup le pensaient fini, il a sauvé notre saison et nous a fait gagner beaucoup de matchs et il mérite toute la reconnaissance possible. On peut aussi parler des jeunes qui ont éclos cette saison, Kyle Anderson a fait une superbe saison grâce à son QI et malgré ses problèmes de vitesse, et Murray a été propulsé titulaire au poste 1.

@SASpursFrForcément mitigé. L’équipe s’est admirablement battue au vu des conditions qu’on connait mais comme on pouvait légitimement espérer un peu mieux qu’une sortie dès le premier tour des playoffs au début de saison, on ne peut pas dire qu’il est totalement positif. Reste que l’ambiance autour de l’équipe a été polluée par l’histoire Kawhi Leonard tout au long de la saison et que malgré tout, l’essentiel, à savoir la qualif’ en playoffs, a été assurée, c’est déjà pas si mal.

Que penses-tu de l’été de la franchise ?

@FRASpurs : Je ne vais pas y aller par 4 chemins et je pense que tu es comme moi : TP qui file aux Hornets (ça encore ça peut se comprendre avec son envie de jouer et qui plus est avec MJ et Batum), le départ de Kawhi (bof) et la retraite de Manu. Plus Kyle qui file à Memphis…. Après nos rookies me plaisent bien et présentent un bon potentiel. Et il va falloir faire confiance à Dejounte.

@SpursSAFR : Après l’été dernier qui nous a mené à re-signer Mills et Gasol pour 50M/4 ans et 48M/3 ans millions (sauf erreur), on a dû se débrouiller avec peu de moyens tout en devant gérer l’affaire Leonard en parallèle. Affaire Leonard que l’on a, à mon avis, très bien géré en restant patients et en obtenant la meilleure contrepartie possible au vu de la situation. C’est quand même pas commun d’obtenir un All-Star en échange d’un joueur top 5 certes, mais qui n’a pas joué de la saison et à qui il reste 1 an de contrat. L’arrivée de DeMar DeRozan est inespérée et va nous apporter une seconde source de scoring à côté de LaMarcus. Seule inconnue : on fait quoi avec le shoot à 3pts ? J’attends de Popovich qu’il trouve une solution pour faire tourner cette équipe avec un jeu plus proche du début des années 2000 qu’un jeu actuel. Surtout en ayant retiré de l’effectif un shooter en la personne de Danny Green. Danny Green d’ailleurs (vive les transitions), qui sort d’une saison compliquée mais qui reste un défenseur élite. Il a été malgré lui impliqué dans ce trade en échange de Jakob Poeltl, qui est un profil que l’on attend depuis le départ de Dedmon, un jeune pivot bûcheron à fort potentiel. On peut aussi noter le retour de Belinelli va apporter quelques bombes en sortie de banc, et les arrivées de Quincy Pondexter et Dante Cunningham vont aussi renforcer notre banc, si Dante rentre ses shoots et si Quincy règle ses problèmes de genou.

@SASpursFr : L’essentiel était pour moi de se débarrasser le plus vite possible de ce poids mort qu’était devenu Kawhi Leonard. Si un joueur veut partir, il faut à tout prix s’en séparer le plus rapidement possible, surtout s’il fait partie de la caste des superstars. La contrepartie est franchement plus qu’acceptable au regard des circonstances de son départ donc je dirais que l’été est déjà satisfaisant rien qu’avec ce transfert. Pour le reste, on n’a pas fait de folies mais on n’était pas vraiment en position pour en faire de toute façon. Si le départ de Tony Parker est une énorme perte sur le plan sentimental, cela ne changera pas grand-chose sur le parquet. L’impact de Manu Ginobili est en revanche inquantifiable tant il était encore performant (presque) soir après soir. Globalement, je dirais qu’on a limité la casse. Il faudrait s’en contenter pour cette année.

Quelles sont tes attentes pour la saison prochaine (dans le jeu, et en termes de résultats) ?

@FRASpurs : Avoir un beau jeu. Que le duo LMA/ DeMar fonctionne, que l’on atteigne les Playoffs et que l’on aille le plus loin possible.

@SpursSAFR : J’attends une amélioration dans les résultats, plus de stabilité, et un jeu plus serein et préparé par rapport à la saison dernière. Fini les incertitudes Leonard, on va pouvoir jouer à fond et avec plus de sérénité. Reste à voir comment Pop gère le manque de 3pts. On devrait retrouver les 50 wins et se placer à la 4è ou 5è place de la conférence Ouest.

@SASpursFr : J’espère qu’on pourra de nouveau franchir la barre des 50 victoires et je pense que ce groupe en est capable même si l’incroyable densité de la conférence ouest pousse à rester mesuré. Dans le jeu, on a définitivement tourné une page avec le départ des deux derniers membres du big three historique et de celui qui incarnait la franchise depuis deux/trois saisons. Alors inutile de vous dire qu’on part dans l’inconnu le plus total. Ici, on fait confiance à Gregg Popovich pour trouver la meilleure façon de faire jouer l’ensemble, mais impossible de dire à l’heure actuelle à quoi ça ressemblera.

Quel scénario préfères-tu voir pour l’équipe actuelle la saison prochaine ?

@FRASpurs : Le titre. Non plus sérieusement, que l’on fasse comme on l’a toujours fait : gérer la SR, se qualifier en PO et jouer notre Spurs basketball.

@SpursSAFR Un jeu assez différent de ce qu’on voit actuellement en NBA, se servir correctement du midrange, Patty Mills qui retrouve son niveau, des jeunes qui évoluent et de la régularité. Dans l’idéal, un titre mais pour rester réaliste on va dire 54 wins, une 4è place et une petite demi-finale de conférence.

@SASpursFr : Plus ou moins 50 victoires et une qualif’ en playoffs. Cette série de qualifications qui dure depuis 1998 me tient à cœur et j’ai beaucoup de mal avec le tanking sauvage répété sur plusieurs années. Ça a marché pour Philadelphie, mais au prix de trois années catastrophiques pour la franchise et la NBA en général. On sait qu’on ne se battra pas pour le titre, si au moins on peut jouer les poils-à-gratter, ce sera déjà bien…