4h30 heure française, dans la nuit du 1er au 2 juin 2018, Game 1 des Finals NBA. Le score est de 107 partout, il reste 5 secondes à jouer. George Hill est sur la ligne pour la gagne, mais rate. JR Smith chipe le rebond offensif, il n’a plus qu’à pousser la balle dans la panier. Contre toute attente, il se met à dribbler et sort de la raquette. Le buzzer retentit, prolongation. Le monde du basket reste sans voix devant cette action à peine croyable. L’image de LeBron, incrédule, tendant les bras vers le panier devient virale, et Smith une fois de plus la risée des réseaux sociaux. En mondovision, sa dernière folie fait couler énormément d’encre, d’autant qu’elle s’ajoute à une (très) longue liste. Depuis son arrivée dans la ligue, sur le terrain, sur Internet ou en privé, il a multiplié les erreurs. Il a parfois fait sourire, quand il annonce sur les réseaux sociaux s’être acheté un tank pour « faire la guerre aux haters », parfois pleurer, quand il tue accidentellement un ami dans un accident de la route. Mais l’histoire de Earl Joseph « JR » Smith III est beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire.

Les jeunes années de Earl : Entre enfance dorée et bullying

Elle commence à Millstone dans le New-Jersey, dans la maison familiale des Smith, que son père a fait construire à quelques lieues de celle de son propre père. Il est l’aîné d’une famille de 6 enfants : 4 garçons et 2 filles. Il eut une enfance aisée, son père devenant rapidement millionnaire grâce à l’entreprise de maçonnerie qu’il a montée. Celui-ci se lancera même brièvement dans les courses hippiques, comme propriétaire de chevaux. Ancien basketteur à l’école, il fut notamment le coéquipier de l’illustre badboy Vinnie Johnson au lycée. Il portera ensuite les couleurs de Monmouth University avant de retourner dans sa ville natale. C’est lui qui apprit à JR à tirer des lancers francs à seulement 3 ans, puis plus tard emmené dans les meilleurs gymnases des alentours. Il emmenait souvent son fils au travail, mais ce dernier n’aimait pas se salir les mains. « Travailler comme ça, été comme hiver ? Nan, c’était pas pour moi » dit-il aujourd’hui. Il avait décidé : il jouerait en NBA. L’école n’était pas facile pour le jeune Earl, il n’était pas un bon élève. En CM2, il a même été mis dans un cours de math «spécial». Il devient la risée de sa classe, ses camarades se moquaient de lui. Il rentrait à la maison et pleurait dans les bras de sa mère, elle même pleurant régulièrement avec lui. À propos des moqueries, il dit aujourd’hui : « Je ne voudrais pas faire ressentir à quelqu’un ce que j’ai ressenti. Même à cet âge-là, je savais que ce qu’ils faisaient était mal. Je détestais être là-bas, vraiment ». Très vite, le basket va devenir son échappatoire, et ses coéquipiers ses seuls amis, ses frères. Toute sa scolarité, Earl était donc plutôt introverti, loin de l’image de clown qu’on lui connaît aujourd’hui. Il joue ensuite au lycée, à Lakewood High School puis Saint Benedict’s Preparatory School. En Avril 2004, il est sélectionné pour le McDonald’s All-American Game réunissant les meilleurs lycéens du pays, duquel il sera élu co-MVP avec Dwight Howard. Il décide alors de se présenter à la Draft sans passer par la case universitaire, reniant ainsi son engagement signé quelques mois plus tôt avec les Tar Heels de North Carolina.

L’arrivée dans la ligue : une adaptation difficile

Drafté 18è par les Hornets, il atterrit donc à New Orleans. Sa famille l’accompagne et le chouchoute, son père gérant ses finances et l’accompagnant même à l’entraînement pendant sa première présaison. Sportivement, sa saison rookie se passe bien, il tourne déjà à 10 points de moyenne, et même si son équipe finit seulement avec un bilan de 18 victoires pour 64 défaites, il est élu Rookie du Mois à l’Ouest trois fois de suite entre janvier et mars. Cerise sur le gâteau, il participe au Slam Dunk Contest où il finira troisième derrière Amar’e Stoudemire et Josh Smith.

Mais intérieurement, JR bout. Superstar au lycée, il a un nouveau rôle en NBA, et mettra des années à l’accepter :

« Je pensais que je savais tout. Que j’avais juste à faire comme ceux que j’admirais : Kobe, T-Mac, Bron. Ces mecs qui sont arrivés du lycée et ont eu des carrières incroyables. Mais c’était pas mon cas. Je ne serais pas ce gars autour de qui on construit, et il a fallu l’accepter »

Les choses se gâtent dans sa deuxième saison, sa moyenne chute à 7.7 points par match, et surtout il ne s’entend pas avec son coach Byron Scott, qui lui reproche ses mauvaises prises de décisions. Celui-ci lâchera même en plein match à un de ses assistants « I can’t wait to ship his ass out of here ». Ça se passe de traduction. Ça se passera le 14 juillet 2006, quand il sera tradé aux Bulls contre Tyson Chandler, puis échangé dans la foulée aux Nuggets. Il tombe alors sur George Karl, avec qui ça ne se passera pas mieux, c’est le moins que l’on puisse dire…

Denver, Karl, et l’Accident

Sa première saison à Denver, il tourne à un honorable 13 points de moyenne, mais son coach ne l’aime pas et le lui fait comprendre. Après ses 4 premiers matchs de Playoffs, il n’a toujours pas réussi à rentrer un tir à 3 points. En conférence de presse, George Karl se lâche et annonce que le shooteur ne jouera pas le match 5, lui reprochant ses mauvais choix, notamment deux shoots dans la fin de match :

« Il est foutu. Je n’ai aucune idée d’où sortaient ses shoots. Et puis alors celui à 8 secondes de la fin, de 15 mètres… J’adore voir la dignité du jeu insultée comme ça devant mes yeux. ».

Si aux Nuggets son coach ne l’aimait pas, il pouvait compter sur ses coéquipiers, et notamment Chauncey Billups avec qui il a joué entre 2008 et 2011. Quand il est sorti d’un match par son coach en 2009, Smith passe devant le banc et file directement au vestiaire. Quand il se retourne, il trouve Billups derrière lui, qui l’avait suivi. Il lui dit « Swish, t’es sérieux mec ? Tu vas nous abandonner ? Nous ? Ceux qui nous entraînons avec toi tous les jours ? Pourquoi tu nous quitterais ? On a rien à voir avec lui ! Putain non. ». La frustration un peu retombée, il acceptera finalement de revenir sur le banc, Billups expliquant à Karl qu’il devait aller aux toilettes. À propos de Karl, l’arrière, amer, dit aujourd’hui :

« J’avais un coach qui me défonçait tous les jours… Il m’a collé une étiquette, et les gens qui me connaissent pas ont supposé que s’il ne m’aimait pas, c’est que je devais être terrible… Mais il faisait ça avec tout le monde. »

Encore maintenant, il refuse de prononcer le nom de son ancien coach. Et comme souvent dans ces cas-là, quand ça ne va pas sur le terrain, JR est incontrôlable en dehors. Il est impliqué dans une bagarre de bar en octobre 2007, pour laquelle il sera suspendu 3 matchs. Il est également impliqué, et même à l’origine, d’une bagarre générale au Madison Square Garden. Il sera cette fois-ci suspendu 10 matchs. Mais cela semble mineur comparé aux événements du 9 juin 2007. Ce jour-là, JR a commis la plus grosse erreur de sa vie. Ce jour là, il a commis l’irréparable.

Cet été-là, il le passe, comme toujours, à Millstone près des siens. Le 9 juin, il conduit sa Yukon, roulant vite pour être à l’heure à la réunion des anciens élèves de son lycée. Il arrive à une intersection, grille un stop et s’encastre dans une Jaguar. Lui et le passager sont projetés en dehors de la voiture. Le passager, c’est Andre Bell, son meilleur ami. Il mourra deux jours plus tard des suites de l’accident. Smith ayant un historique plus qu’important (entre avril 2005 et janvier 2006, il est arrêté 7 fois pour des entorses au code de la route), il plaide coupable et ne peut échapper à la prison. Il passera 24 jours en prison, mais les remords mettront des années à le quitter. Il y a un mois, il a déclaré à ce propos :

« Je n’avais jamais vraiment réussi à me pardonner pour ça. La famille l’a fait, les amis aussi, mais moi non. Maintenant, je pense que je peux dire que je peux vivre avec ça, grâce au pardon. ».

De « prisonnier » en Chine à chouchou du Garden

Dans les années suivantes à Denver, il passe malgré tout quelques très bons moments. Le 13 avril 2009, il bat son record en carrière avec 45 points, et surtout 11 tirs à 3 points marqués, ce qui égalait à l’époque un record NBA. En dehors du terrain, JR fait du JR. En 2009, il a une fille avec sa petite amie de toujours, Jewel Harris, qu’il va quitter quasiment dans la foulée et avoir une autre fille avec une autre femme. Des années plus tard, à Cleveland, il retournera avec Harris, qu’il épousera en 2016.

Son histoire à Denver se terminera à l’été 2011. Cet été-là, la NBA est paralysée par le lock out, et « Swish » décide de signer en Chine, aux Zhejiang Golden Bulls, avec un beau salaire à la clé. Mais comme il n’a pas de clause de départ dans son contrat, il doit attendre la fin de la saison du championnat chinois avant de retourner dans la grande ligue. À son retour, il signe aux Knicks, où son excentricité va vite en faire le chouchou du Garden. La saison suivante, 2012-13, reste à ce jour sa plus aboutie sportivement.

Il participe grandement à la meilleure saison des Knicks depuis 2000 (54 victoires), en remportant le titre de meilleur sixième homme de l’année. Mais malgré tout, il continue de se faire remarquer, sur le terrain comme en dehors. Le 27 avril 2013 il est suspendu pour le match 4 de sa série du premier tour contre les Celtics pour un violent coup de coude sur Jason Terry. En septembre de la même année, il est suspendu 5 matchs pour consommation de marijuana. En janvier 2014, il reçoit une amende de 50 000$ pour ce qui reste sans doute le motif le plus absurde de l’histoire de la NBA : en effet, il a essayé, à plusieurs reprises, de défaire les lacets de ses adversaires lors de lancers francs. Il sera donc épinglé pour comportement antisportif. Mais surtout, pendant sa période new-yorkaise, Smith se fait remarquer pour ses bourdes sur les réseaux sociaux, des problèmes qui le toucheront beaucoup.

JR l’incompris : les réseaux sociaux

Déjà en 2009 il fait scandale sur Twitter et finit par supprimer son compte après avoir été accusé de reprendre la typographie des Bloods, un gang de Los Angeles. Il remplaçait notamment les « c » par des « k ». À New York, il va enchaîner les boulettes.

En mars 2012, il poste une photo de la mannequin Tahiry Jose avec la description « The Girl with the biggest ass ever. ». Problème, la modèle en question n’a pas consenti à la publication, et il se retrouve donc au milieu d’un scandale. Une autre fois, c’est avec Rihanna qu’il s’embrouille par réseaux sociaux interposés, après une brève relation avec la chanteuse. Encore une autre fois, c’est une capture d’écran d’une conversation privée qui choque, quand il demande à une femme si elle « essaie d’avoir son pénis » (pénis n’est pas tout à fait le terme utilisé). Et même quand il veut faire bien, il est maladroit. Et finit moqué. Le 11 septembre 2013, sur Instagram, il veut « célébrer » les victimes de 2001. Le NY Post ouvrira son article sur le sujet par « JR, what are you smoking ? ». Deadspin par « Oh, JR. You poor son of a b** » Pas besoin de traduction.

Mais contrairement à ce que beaucoup pensent, le joueur est très touché par son image désastreuse sur les réseaux sociaux. « Je suis une personne sensible. J’étais fatigué que tout se passe mal. Ces trucs me touchent. Je suis probablement le mec le plus sensible que je connaisse. » Il poursuit sur l’incident du 11 septembre : « Les gens savaient ce que j’essayais de dire, mais évidemment tout le monde réagit parce que c’est moi. Et là, je dois rencontrer le GM, j’ai le coach qui me demande ce que je fous sur les réseaux sociaux… Un putain de mal de crâne. » Mike Woodson, son coach de l’époque : « C’est surtout à cause de son passé, de choses qu’il a pu faire… Ils se rappellent des vieux trucs d’il y a 6 ou 7 ans… Mais on ne peut pas apprendre de ses erreurs ? Je lui disais d’éviter de se mettre dans une position qu’il pourrait regretter. Que tout le monde le regardait. D’arrêter les réseaux sociaux. Et chaque fois qu’il faisait une connerie, je lui disais, ‘je te l’avais dit’ ».

Aujourd’hui JR s’est presque retiré des réseaux sociaux, il ne tweet que des highlights des Cavs, des vidéos de golf ou de ses filles. Pourtant, il est toujours inquiet :

« Je suis toujours inquiet d’une nouvelle boulette. C’est une manière de rester vigilant. Ça n’influe pas sur ma vie de tous les jours, mais j’y pense encore. ».

Maintenant il s’inflige une règle simple : s’il doit y penser à deux fois, c’est mieux de ne pas poster. « Des fois je demande à ma femme, ou à un ami. Mais si tu as besoin d’un second avis, c’est que tu devrais pas le faire ». La faute aux réseaux sociaux et à des performances sportives en baisse, JR n’est vite plus désiré à New York.

« JR est carrément un frère » LeBron James

Au tout début 2015, les Cavs réfléchissent à un trade pour le faire venir. Mais David Griffin hésite. Il demande avis aux joueurs, LeBron James en premier. Le talent de Smith est indéniable, mais son imprévisibilité effraie les Cavs. L’argument qui fera pencher la balance est le désir ressenti de l’ancien sixième homme de ne pas décevoir LeBron. L’arrière dit au GM : « Griff, si j’étais toi, j’aurais peur aussi. Mais si tu fais ce deal, j’arrive ! ».

En effet, LeBron et lui sont proches, depuis longtemps. Et d’un point de vue personnel, il vivra ses meilleures années aux cotés de son grand ami qui le calme, le guide. Leur relation commence à l’été 2002, dans une université du New Jersey où 120 des meilleurs lycéens du pays sont réunis. LeBron s’assoit par hasard à coté de Smith, et les deux s’entendent tout de suite. À la suite de ça, l’été suivant, alors que LeBron s’apprête à disputer sa première Summer League, il invite le jeune Earl, encore lycéen, à s’entraîner dans sa nouvelle maison d’Akron. Ils ont gardé contact jusqu’à se retrouver un an et demi plus tard au All-Star Game 2005 à Denver. Là bas, le kid de l’Ohio va jouer le rôle du grand frère avec son ami. Lors d’une soirée de gala à cette occasion, le roi LeBron entouré de sa célèbre cour (Maverick Carter, Rich Paul et Randy Mims) surplombe la foule. JR, encore rookie, est à ses cotés écoutant religieusement LeBron lui montrant qui est qui, les personnes qu’il devrait connaître, celles de qui il devrait rester éloigné.

Les deux amis se sont donc retrouvés à Cleveland, et ont pu passer beaucoup de temps ensemble, retrouvant ainsi leur relation fraternelle. Les deux s’affichent régulièrement ensemble. En novembre 2016, ils étaient ensemble dans une loge pour le Game 7 des World Series. Encore ensemble 4 jours plus tard, au meeting d’Hillary Clinton à Cleveland. Leur complicité saute aux yeux quand les Cavs sont reçus par Obama, ce même mois de novembre.

James est un repère dans la vie de Smith, qui explique : « On fait plein de trucs ensemble… Mais mes moments préférés c’est de juste s’asseoir, regarder un match et parler de la vie. Il m’apprend encore plein de trucs que je ne sais pas… Ses horizons sont tellement larges, j’en apprends tellement avec lui, que ce soit à propos du basket, ou de la vie en général ». Sur ce qu’il apporte à LeBron dans cette relation, il dit : « Je sais pas si ce que je dis a un sens pour lui… Mais ça à beau être le King, ça reste un humain. Il a des émotions, comme tout le monde. Il y a des jours où il n’est pas au top, donc c’est mon job de lui rappeler qui il est. ». LeBron lui même est plus qu’élogieux sur l’arrière :

« JR est carrément un frère. Sa famille est la mienne. Ses filles sont comme mes nièces. Quand tu rencontres quelqu’un d’aussi spécial, d’aussi vrai, tu sais que tu as trouvé un ami pour la vie ».

Quand LeBron s’en va de Cleveland après la boulette du siècle, les mauvaises langues se délient : JR est-il en partie responsable du départ du King ? À la vue de leur relation personnelle, la réponse semble évidente. Le joueur s’est d’ailleurs exprimé dessus : « Je sais quelle relation j’ai avec lui, il sait ce que l’on ressent l’un pour l’autre, donc je ne laisse pas cela nous affecter. Je l’aime, c’est mon frère. ». Sur cette erreur, il n’en fait pas une montagne, et jure d’ailleurs que tout le vestiaire est resté soudé derrière lui. « C’était dur, mais c’était pareil après les matchs 2, 3 et 4. Ça n’a pas été plus dur parce que j’ai fait une erreur. On en fait tous. Mes coéquipiers le savaient et m’ont soutenu, ça m’a aidé. J’ai parlé aux coachs, et tout le monde me soutenait. Le truc c’était de dire, ok, t’as pas shooté, mais si tu n’avais pas eu le rebond, alors quoi ? C’était pareil. J’aurais aussi pu shooter et rater… Je veux dire, c’est une erreur honnête, tout le monde fait des erreurs. »

Il relativise d’autant plus facilement que la naissance difficile de sa troisième fille Dakota, en janvier 2017, lui a rappelé que la vie était plus importante que le basket.

Enfin assagi ?

Dakota est née 5 mois prématurément, et pendant plusieurs semaines après sa naissance, le couple Smith ne savait pas si leur enfant pourrait vivre. Le hasard a bien fait les choses pour JR qui s’était blessé pour plusieurs semaines juste avant la naissance prématurée, ce qui lui a donc permis de rester près de sa femme. De toute façon, il ne pensait plus au basket. « Quand un bébé est dans cette situation, tu ne veux pas jouer au basket. Tu ne penses plus à rien. Ma femme m’a beaucoup aidé. Elle a pleuré avec moi, elle a parlé avec moi, elle m’a engueulé… Elle a fait tout ce qu’elle devait faire ».

Plus le temps passait, plus les Cavs réclamaient son retour avec l’équipe, mais pour la première fois, le basket n’était plus la priorité dans sa vie. Depuis, il a retrouvé les terrains et Dakota est en parfaite santé. Mais cet événement l’aura marqué profondément. « Pendant tellement d’années, je pensais seulement basket, basket, basket… Maintenant, mon état d’esprit c’est d’être le meilleur père de famille possible. Être un athlète n’a plus vraiment d’importance. Je veux dire, je veux être le meilleur athlète possible, mais c’est pas ce qui m’intéresse en premier. ».

Quand il regarde sa vie avec le recul d’aujourd’hui, c’est le même état d’esprit qui ressort.

« Je ne prétends pas être un ange, j’ai fait ces erreurs. Je les ai faites. Je ne serais pas qui je suis sans. Mais si je pouvais revenir est-ce que je les referais ? Bien sur que non. J’ai commencé à réfléchir sur moi même, sur qui je suis. C’est comme si j’avais deux personnalités. JR est comme un personnage que je joue. Mais Earl Smith est l’homme de famille, casanier, plus détendu, décontracté, et qui ne sort pas. Je crois que c’était en moi toute ma vie, mais j’ai vraiment réalisé quand je suis arrivé ici (à Cleveland). Tu commences à te regarder dans un miroir, à chercher qui tu es, et ta vie commence à changer ».

Mais JR restant JR, il ne peut s’empêcher de faire parler de lui. Quelques jours avant le début des derniers Playoffs, il est suspendu un match pour avoir jeté un bol de soupe sur un des assistants de Tyronn Lue. Pire, il attend d’être jugé après un incident de sortie de boite de nuit survenu durant l’été, dans lequel il aurait jeté le téléphone de son accusateur. Le vétéran a expliqué à ce propos que la personne le filmait, et qu’il ne voulait pas l’être.

Personnage complexe, JR Smith est bien plus que le clown des parquets que l’on connaît. S’il a des regrets, il dit n’avoir plus de remords, assagi par sa paternité et sa relation retrouvée avec LeBron. JR semble être redevenu Earl, même si ces vieux démons le rattrapent de temps à autres. En instance de transfert, il espère pouvoir de nouveau relancer sa carrière loin de Cleveland, devenu un bateau en plein naufrage depuis le départ du King.

Article par Octave.

Sources :

https://theundefeated.com/features/deconstructing-cavaliers-guard-j-r-smith/

https://theundefeated.com/features/how-jr-smith-cleveland-cavaliers-bounced-back-from-nba-finals/