Cette saison sera la dernière de Dwyane Wade. L’arrière, légende de Miami, l’a annoncé avant le début de ce qui sera son ultime exercice sur les parquets NBA. Un tremblement de terre, bien qu’attendu et logique pour un joueur qui arrive au crépuscule d’une immense carrière. Wade fêtera ses 37 ans dans quelques jours, rejoignant un peu plus les « vieux » de la ligue, Dirk Nowitzki et Vince Carter, d’ailleurs plus âgés que Flash. Deux autres dinosaures, dont la question d’une éventuelle retraite se pose plus que jamais. Sans annonce officielle de leur part, aucune certitude n’existe aujourd’hui sur une telle décision en fin de saison. Pourtant, il semble de plus en plus probable de les voir sortir du circuit NBA à l’issue de cette campagne. Imaginez, vivre les départs de Dwyane Wade, Dirk Nowitzki et Vince Carter le même été ?

Un remake de 2016 ?

Bien que Carter déclarait récemment qu’il ne s’imaginait pas raccrocher pour le moment (laissant planer une grande incertitude), les probabilités d’un tel scénario sont en effet très élevées, et il faut bien s’y préparer. Souvenez-vous l’année 2016, et une situation relativement similaire. A l’instar de Wade, Kobe Bryant avait annoncé sa retraite en début de saison, s’offrant un farewell tour hautement symbolique et représentatif de son protagoniste principal. Le chemin d’adieu de l’arrière du Heat lui, est bien différent, dans la manière mais aussi par la quête d’une dernière campagne de Playoffs. que n’a pas connu le Mamba. Et lorsque le terme de la saison 2015-2016 est arrivé, ce sont deux autres légendes qui ont acté leur clap de fin à quelques semaines d’intervalle : Tim Duncan et Kevin Garnett. Un semblant de doute planait jusqu’alors pour les deux intérieurs, tout comme pour Nowitzki et Carter, mais la raison l’emportait finalement sur la passion. Le temps d’un été, la NBA a vu partir trois de ses plus grandes légendes, et ce scénario pourrait bien se reproduire lors de la prochaine intersaison.

Pas de bagues pour tout le monde

Et si rien n’est encore acté pour deux d’entre eux, le prétexte est suffisant pour se pencher un peu sur ces trois monstres de la balle orange, qui partagent autant de points communs que de différences, jusque dans leur fin de parcours. Avec ses derniers grands représentants, c’est une génération qui se termine. Bien que Wade soit issu de la Draft 2003 et plutôt assimilé aux LeBron James et Carmelo Anthony, il n’en reste pas moins étiqueté années 2000/2010, lui qui a connu son prime à cette période, avant d’être rejoint par le King à Miami. Finalement, malgré les maigres années d’écart, Dirk, Vince et Dwyane ont vécu leurs plus belles saisons sur la même période. Wade et Nowitzki se sont d’ailleurs affrontés à deux reprises en Finales NBA, pour des joutes mémorables. En 2006, c’est Flash qui emmène son Heat au titre avec près de 35 pts de moyenne. Cinq ans plus tard, et alors que Miami fait office de favori, c’est Dallas qui créera la surprise, derrière un Dirk magistral en leader d’une équipe de soldats. Une belle histoire pour ces deux hommes, avec une bague chacun sur ces confrontations. Bien sûr, Wade possède deux titres de plus, acquis dans les années suivantes en compagnie de LeBron et Bosh. Mais la plus symbolique reste celle de 2006, en tant que Franchise Player de son équipe de toujours, à l’image de Nowitzki et ses Mavs en 2011.

Pourtant, l’allemand est le seul des trois à n’avoir jamais évolué dans une autre franchise. Enfin, rappelons qu’il a été drafté par les Bucks, avant d’être immédiatement échangé contre Robert Traylor. Depuis 1998, Dirk Nowtizki porte le jersey des Mavs, et n’en connaîtra jamais d’autre. Un chemin permis par ses performances et la confiance de son équipe bien sûr, mais aussi par d’incroyables sacrifices réalisés par le Wunderkind, notamment financiers. Le parcours de Vince Carter lui, est bien différent. Aujourd’hui chez les Hawks, le joueur en est à sa huitième franchise. Il en a marqué plusieurs, surtout les deux premières, Toronto et New Jersey. Ce n’est qu’au début des années 2010 qu’il entame son road-trip NBA. Il a d’ailleurs évolué aux côtés de Dirk à Dallas pendant trois saisons. Lorsqu’il rejoint les Mavericks, ces derniers sont champions en titre. Mauvais timing pour Carter, qui n’aura peut être jamais la chance de remporter une bague, contrairement à Wade et Nowitzki.

Un joueur, une franchise… Ou presque

Un constat qui ne semble pas dramatique pour le meilleur dunkeur de l’histoire, qui enchaîne les signatures dans des équipes qui n’ont rien de favoris au titre (Memphis, Sacramento, Atlanta). Loin d’une chasse à la bague, Carter préfère aider les jeunes dans des équipes en développement, et continuer à s’éclater. Et s’il restera certainement le seul non bagué des trois compères, ce ne sera pas une question de mérite. Le plus titré demeurera Dwyane Wade, qui a rapporté pas moins de trois bannières au Heat. Et s’il aurait pu imiter Nowitzki en ne portant qu’un seul jersey tout au long de sa carrière, un désaccord avec le management (Pat Riley en tête) l’a poussé à s’aventurer hors de ses bases. Chicago puis Cleveland l’ont accueilli, sans succès probant pour Wade, qui reviendra bien vite sur ses terres floridiennes, pour un moment inoubliable sous les ovations de son public. Même s’il a donc côtoyé d’autres équipes, Wade reste, comme Nowtizki, affilié à une seule et unique franchise. Dans (trop) peu de temps, leurs jerseys seront accrochés aux plafonds de leurs salles respectives, et leurs numéros retirés.

Mais qu’en est-il pour Vince Carter ? Indéniablement, l’arrière a marqué la franchise de Toronto. Un impact identitaire et médiatique dingue pour les Raptors à l’époque, et des saisons statistiques de haute volée réalisées au Canada, pourtant atténuées par des campagnes collectives souvent décevantes. Surtout, la fin de l’idylle entre Vince et Toronto a laissé un mauvais souvenir aux fans. L’incapacité des Raptors à atteindre les Playoffs a déclenché la frustration de Carter, dont les relations avec le management se sont considérablement tendues. Résultat, le joueur a fini par demander son transfert au terme d’un bras de fer avec la franchise et le coach Sam Mitchell, et prendre la direction de New Jersey. Carter y réalisera d’autres belles saisons aux côtés de Jason Kidd, pour un nouveau bilan collectif légèrement supérieur. Suffisant pour retirer son maillot chez les Nets ? En tout cas, l’intéressé en rêve selon ses propres dires, dans les deux franchises. Et si certains considèrent encore que le maillot de Carter ne doit pas figurer au plafond de la Scotiabank Arena, les relations se sont nettement améliorées avec les Raptors avec les années.

Symbole de cette affection retrouvée, les encouragements réservés par le banc de Toronto lorsque Vince a passé la barre des 25 000 points face à son ancienne équipe, sur un dunk bien évidemment. D’ailleurs, nos trois protagonistes (Carter, Wade, Nowitzki) ont déjà vécu des moments qui s’inscrivent bien dans ce scénario. De ceux dont on se souvient lorsqu’on évoque la dernière saison de légendes. On garde en tête l’ultime rencontre entre Flash et LeBron au Staples Center de Los Angeles, et une chaleureuse accolade en fin de match, pleine d’émotions pour deux joueurs issus de la même draft et grands amis. Souvent, on voit également Wade échanger son maillot avec la star adverse, le dernier en date étant Giannis Antetokounmpo. Pour Dirk Nowitzki, c’est un moment unique que nous ont offert les fans des Mavs, avec une standing ovation magistrale lors de l’entrée du Wunderkind sur son parquet,la première cette saison après une longue blessure.

Quelle fin ?

Une saison régulière qui sera jonchée de moments tels que ceux-là, qui n’enlèvent pourtant rien aux enjeux de chacun. Encore une fois, le chemin de Carter est différent, lui qui n’a strictement rien d’autre à jouer que la construction d’une base solide avec les Hawks, et l’accompagnement des jeunes une fois encore. En revanche, Wade et Nowitzki luttent à nouveau pour emmener leurs équipes en Playoffs, dans des rôles de vétérans précieux. Flash réalise encore une saison plus que correcte dans son rôle de 6ème/7ème homme, tandis que Dirk commence à peine à jouer. Mais son travail de tuteur a déjà commencé, notamment auprès d’un certain Luka Doncic. Des fins de carrières plus ou moins similaires pour ces trois légendes, à l’image de leurs parcours. Et quelles que soient les décisions de Carter et Nowitzki en fin de saison, il n’y a aucune excuse pour ne pas profiter au maximum de ces géants de notre sport.